DE LA SIGNATURE DE QUELQUES MISSIONNAIRES DES HURONS
tIII.(p.8«).)
La curienBe description de New-York et d'Albany que nous insérons id, a été écrite en 1646 par le P. Jognes loi-méme, après aToir échappé des mains des Iroqnois. Ce précieux autographe, trouvé dans les archiyes de Fanden Collège des Jésuites à Québec» a paru pour la première fois dans la riche et savante collection des Monumens Historiques, publiée par le gouvernement de New-York, sons la di> rection halnle du Dr. 0*Callaghan.
L'amitié autant que la reconnaissance aiment à signaler id un mérite qu'on peut appder spédal, et qui révèle le goût et la juste apprédatiou des études historiques. Nous sommes redevables à sa persévérante sagadté, de la rectification d'une foule de noms propres mutilés dans notre histoire, et du rétablissement de la véritable date de ses prindpaux fidts.
APPENDiee.
ffOTVn BBLGIVn.
La Nouvelle-Hollande, que les Hollandais appellent en latin '* Novum Belginm **. en leur langue " Nieuw Nederland ** c'est-à-dire ** Nouyeanx Pays-Bas ", est située entre la Virginie et la Nouvelle- Angleterre. L'entrée de la rivière que quelques uns appellent la Rivière Nassau ou la Grande lUvière du Nord, pour la différence d'une autre qu ils appellent du Zud, quelques cartes ce me semble que j'ay vu nouvellement Bivière Maurice, eeit à ^ deg. 30 min. Bon canal est profond et capable des plus gros navires qui montfnt 4 Maohatjtes, isle qui a 7 lieues de circuit où est un fort qui devait servir de commencement à iine ville qui se deyait fiUre et que l'on devait appeler Nouveau-Amsterdam.
Ce fort qui est à la pointe de l'Isle environ 5 ou 6 lieues de l'embouchure s'ap pelle le fort d'Amsterdam, il a . 4 bastioBs régidlerB munis de plusieurs pàèces d'artillerie.
Tous ces bastions et les coqrtines n'estaient en.^an 1648 que de terasses qui la pluspart étoient tout éboulées «t par lesquelles on entroit dans le fort de tous les endroits, il nj avoit pcant de fo88aE,*il y avoit pour la garde du dit fort et d'un autre qu'ils avoient fiûct plus Ipîpg contre les incursiGns des Sauvages leurs ennemis, 60 soldats, on commençoit à revêtir de pierre les portâs^et les bastions. Dans ce fort il y avoit un temple basty de pic^rre qui étoit assez capable, le logis du Gouverneur qu'ils appellent le directeur Génésal bapty de .^riqne ^usez gentiment, les magaàns et les logements des soldats.
n peut bien y avoir en «ette Me de |<fanh«te atQC«nviroiis 4 a Ôaq cens hommes de différentes sectes et nations, le Directeur Gn^ meiiisoit qu'il y avoit de diz-huict sortes de langues, ils sont répandus deçà et ddà rivière en hau^ et en bas, selon que la beauté et la commodité des lieun ft Invité un diacun a se placer quelques artisans jiéantmoins qui travaillent de leur méfier sent vpx^s^ soubs le fort, touts les autres étants ei;pQfiec: ai;iz incursiopg des Sauviiges qui fxk l'an 1648 comme j'estms là . avoient bien tué ipne qq^nirtfiiiMt de HnlUndoiset bruslé b^mouf) de inaisons et granges pleines d^ bled.
La Bivière qui est fort droî^nrière et va règlement Nord et Sud est la^ge pour le moins d'une lieûe devant le Fort. Les navires j^nt a l'ancre en, une bftye qui fiûct l'autre costé de l'isle et elles peuvent estre défendues- du fort.
Peu de temps devant qne j'y arrivasse il y étoit venu 8 gros navires de 800 tonneaux pour diarger du bled, deux avoient eu leur charge, le 8e n'avoit pu être îdiargé A ocoae que les Saavages avaient bmilé me partie des grains ces navires étoient partis des Indes Oceidentaleeoa la Compagnie des West Ibdea entretient d'ordinaire dix sept vaisseaux de guerre.
AFPENPICi:.
n nj d*ezerciie de Religion que de la CalTmiUte et les ordres portent de n'admettre personne que OalTiniste, neantmoine cela ne se garde pas» j ayant dans cette habitatioii ouke les OalWaistes, Oatholiqaes, Puritains d'Angleterre, Luthériens, Anabaptistes qu'ils i^ellent Mnisies etc.
Quand quelqun tient de nourean pour habiter le pays, on le monte de dievauz, Taches etc., on îuy donne des rivres, il rend tout cela quand ils est accommodez et pour les terrçs an bout de dix ans U baille a la Compagnie de West Indes la dixième des biens qu'il recueille»
Ce pays a pour bornes du eosté d^ la NouyeUe^Angleterre une Eirière qu'ils appellent la BiTière Freache qui sert de borne entre eux et les Anglois, neantnmns les Anglois s^approehent fort deux, aymans mieux avoir des tnres chea les Hollandots qui ne leur demandent rien, que de dépendre des Millords Anglois qui exigent des redevances et qui veullent treneher des absolus. De l'autre coeté du Sud, vers la Virginie elle a pour limites La Bivière qu'ils appellent du Zud dans laquelle il y a aussi une habitation de Hollandois, mais a l'entrée les Suédois y en ont une extrêmement bien muni de eanôn et àti gens. On croit que ce sont marchands d* Amsterdam qui entretiennent ces Suédois, fascbez de ce que la Compagnie des Indes Occidentales a elle seule tout le commerce de ces contrées» C'est yers cette Bivi^ qu'on a trouvé a ce que l'on dit une mine d'or.
y<^ez dans le livre du sieur de Laet d'AuTers la table et le discours de la Nouvelle Belgie comme il l'iqjpelle quelquefois ou la mappemonde Nova Anglia, Noyû Belgîum et Ykginia.
H y a bien 60 ans que les Hollandois yint en ces quartiers l'an 1615 le fort fut commencé, depuis environ 20 ans on a commencé l'habiter et maintenant il y a déjà quelque petit commerce de la Virginie et de la Nouvelle Angleterre.
Les premiers venus y ont trouTea des terres toutes propres désertées autrefois par les Sauvages qui y fiûsoient leurs champs. Ceux qui sont yenus depuis ont défriché dans les bois qm sont pour l'ordinaire des chegnes, les terres sont bonnes. La chasse des cer& vers l'automne abondante. H y a quelques Iqgis bastys de pierre : ils font la chaux avec des coquilles d'buistres dont il y a des grans monceaux fidts autrefois par les Sauvages, qui vivent en partie de cette pesche.
Le climat y est fort doux. Comme estant a 40 deux tier9> il y a force fruits d'Siarope comme pommes, poires, cerises. J'y arrivé en octobre et j'y trouvé encore quantité de pesehea Montant le long de la Rivière jusques aux 43e degré vous trouves la 2e habitation a laquelle le flux et reflux monte et ne passe pas plus avant ; les navires de 100 et six vingts y peuvent aborder.
Il y a deux choses en cette habitation qui s'appelle BenseUerswick (1); comme
(l)Albany.
APPENDICE
qtd diroit lliabitatiQn de Benselaers qui est un nâa» marchand d'Amsterdam. Ftemièrement tm meschant petit fort nommé le Fort d*Orenge bastj de pieux ayec 4 ou 6 pièces de canon de Bretenil et autant de pierriers que la Compagnie de West Lides s'est réservé et qu'elle entretient Ce fort etoit liuiresfois dans une isle que £iict la RÎTiére, matntenant il est en terre fermé du costé des Hiroqoois un peu au dessus de ta ditte isle. Secondement une colonie qu'y a enrojé ce Rensdaers qui en est le Patron. Cette colonie est composée d'enTiron cent personnes qui demeurent en 25 ou 80 maisons basties le long de la Rivière selon que chacun a trouvé la commodité. Dans la principale maison est logé celui qui est de la part du "Ptkiron, le lunistre a la sienne a part dans laquelle se faict la Presdbe. H y a aussi comme un Baillif qu'ils appellent Sénéchal qui a somde la justice. Toutes leurs musons ne sont que de planches et couvertes de chaume. IL ny encor point de massonerîe, sinon dans les cheminées. Les bois portant beaucoup de gros pins, ibfont de planches par le moyen de leurs moulins qu'ils ont a cet efifect
Ils ont trouvé quelques terres fortes proches que les Sauvages avoient astresfois préparées ou ils sémetit du bled et de lavoine pour la bière et pour les chevaux dont ils ont grande quantité. H y a peu de terres propres pour estre labourées, etans pressez des coetes qui sont mauvaises terres cela les oblige' de s'éloigner les uns des autres et tiennent déjà deux ou 8 lieues de pays.
La traitte est libre a tout le monde, ce qui faict que les Sauvages ont toutes dioses a grand marché, un chacun des Hollandois allant au dessus de son compagnon et se contentant pourveu qu'il puisse gagner quelque petite chose.
Cette habitation n'est pas éloignée de plus de 20 (1) lieues des Agniehronons. On y va ou par terre ou par eau. La Rivière sur laquelle sont les Iroquois allant tomber en celle qui passe aux Hollandois, mais il y beaucoup de belles rapides et un sault d'une petite demie lieue on il faut porter le canot.
H y a plusieurs nations entre les deux habitations des Hollandois Soignée lune de lautre 80 lieues d'ÀUemagne cest a dire 60 ou 60 lieues Françoises. Les Loups que les Iroquois appellent Agotsagenens sont les plus proche de Ihabitation Renselaerswich ou du fort d'Orange. H y a quelques années que la guerre étant entre les Iroquois et les Loups les Holland<ns se joignirent a ces demien contre les autres mais 4 ayant été pris et bruslés la paix se fit Depuis quelques nations proche de la mer ayans tué quelques Hollandois de la plus éloignée habitaticn les Hollandois tuèrent 160 Sauvages tant hommes que femmes que petits enfens. Eux ayants tué a diverses reprises 40 Hollandois bruslé beaucoup de maisons et fidct un dommage estimé des le temps que jétois la de 200,000 deux cents mille livres. On leva des troupes en la Nouvelle- Angleterre : au commencement donc de l'hyver les herbes
(l)VoyeaNote8,p.26.
APPEHDICE.
étant abbatues et quelques neiges sur terre on leur donne la chasse de six cent hommes y en ayant toujours deux cens en course et se relayant continuellement les uns les autres de sorte quenfermez dans une grande Isle et ne pouvant senfuyr lestement a cause des femmes et des enfans il y en eut jusques a seiae cens de tues compris les femmes et les en&ns : ce qui obligea le reste des Sauvages a faire la paix qui continue encor cela arriva en 1648 et 16i4 Des 8 Rivières en la Nouvelle France, 8 augusti 1646.
EL. (p. 878.)
I>omine Jesu Chrîste, qui me Apostolorum sanctorum hujus vineœ huronicœ adjutorem, licet indignîssimum admaiibili dispositione tuse patemœ Providenti» voluisti, £^0 Natalis Chabanel impulsus desiderio serviendi spiritui sancto, in promovendâ barbarorum huronum ad tuam fidem conversione, voveo coram sanctissimo sacramento pretiosi oorporis et sanguinis tui, Tabemaculo Dei çum hcHuinibus, perpetuam stabilitatem in hâc missione huronicâ : onmia intelligendo juxta Societatis ■et Superiorum ejus interpretationem et dispositionem ; obsecro te igitur, suscipe me in servum hujus nûssionis perpetuum, et dignum effice, tam excelso ministerio. Amen.
Yigesima Die Junii 1647.
X. (p. 281.) PRÉCIS HISTORIQUE SUR LA MISSION HURONNE, ET SOR LES MI- GRATIONS DE CE PEUPLE JUSQU'À NOS JOURS.
En 1615 le P. Récollet Joseph Le Caron, jeta les premiers fondemens de cette mission. Il monta d*abord de Québec jusqu'au pays des Hurons avec 12 soldats que Champlain, le père de la nouvelle Colonie du Canada, envoyait au secours de ce peuple, en attendant qu'il pût aller lui-même les rejoindre pour marcher à leur tête contre les Iroquois ; mais ce Missionnaire fut forcé de descendre l'année suivante pour prendre la direction de toute la mission du Canada. H ne put retourner à son œuvre qu'en 1628. H conduisit avec lui le P. Nicolas Yiel, et le F. Qabriel Sagard, qui devait être le premier historien des Hurons.
Malgré le zèle de ces généreux ouvriers, les circonstances ne permirent pas de donner à cette entreprise une forme stable. Le P. Le Caron était de nouveau descendu à Québec avec une ambassade solennelle de Hurons, et il ne devait plus remonter dans leur pays. Le F. Sagard avait été rappelé en Europe, et le P. Yiel qui venait en 1628 chercher du secours dans la Colonie, après 2 ans d'absence, avait péri vie* time de la cruauté et de l'impiété d'un de ses guides. Le nom de Saut au RéeoUet est resté au rapide dans lequel les Sauvages le précipitèrent, au nord de l'île de MonkéaL
SIO
APPENDICE
Hais Fère la plus InrOlante de cette mission, est sans contredit celle que sniyit le retour des Français en Canada, après le traité de paix en 1682.
Le P. de Brebeuf fut chargé de la réorganiser. Il Tavait visitée sous les Récollets en 1626. Comme eux, il avait été obligé de Tabandonner, après la prise du pars par les Anglais, et de retourner en Europe. En 1634, il lui fut donné de reprendre cette œuvre avec le P. Daniel et le P. Ambroise Davost, et il en jeta les fondemens dans le village d'Ihonatiria, que par dévotion pour le premier patron du pays, il surnomma Si Joseph»
Depuis ce moment jusqu'à la dispersion de la nation Huronne, en 1650, les Missionnaires Jésuites n'ont jamais quitté ce poste, le plus avancé dans les conquêtes de la foi, à cette époque reculée, mais aussi le théâtre des plus rudes et des plus glorieux combats. Les progrès de l'Evangile au milieu de ce peuple étaient cependant loin d'être en proportion du nombre et du caractère des apôtres qui l'évangélisèrent Des difficultés de toute nature et sans cesse renaissantes, paralysaient le plus sou' vent tous les efforts de leur jsèle. Eux-mêmes par une mesure de prudence qu'ils ont trouvée plus tard excessive, ne voulaient pas d'abord baptiser les Sauvages adultes, à moins qu'il ne fussent en danger de mort Retenue qui a échappé sans doute à quelques écrivains modernes prévenus ou mal informés, puisqu'ils ont calomnié plus d'une fois sur ce point la conduite des Missionnaires.
Les Missionnaires étendirent peu-à-peu leurs excursions apostoliques dans tous les villages des Hurons, alors au nombre de 16 ou de 18. Dans les uns ils formaient des établissemens permanens qui devenaient comme des centres d'action ; dans les autres, ils ne venaient qu'à certaines époques pour y soutenir la ferveur des néophytes. Mais malgré leurs déairs et leurs effi)rts, ils ne purent réaliser au milieu des Hurons les plans admirables de républiques chrétiennes qu'offiirent les Réduction^ du Paraguay dignes de l'admiration de tous les âges. Les noms de Saints attachés aux villages Hurons n'étaient qu'une pieuse industrie de leur sèle, pour leur donner des protecteurs.
Dès 1641 leur sèle poussa plus loin ses oonquête& Deux de ces hommes apostoliques le P. Isaac Joguee et le P. Raymbault ( i ) ont eu la gloire de pénétrer les pre-
(1) Le P. Raymbault retourna peu de tems après à Québec, et y mourut d'une maladie de langueur. On raconte de lui ce trait touchant. Dans ses derniers jours il voulut essayer de gagner un chef Algonquin qui réaLstait depuis longtems à la grâce : *' Mangouch, lui dit-il d'une voix éteinte, tu vois lÂen que je vais mourir. ** Daus ce moment je ne voudrais pas te tromper. Je t'assure qu'il y a là bas un ^ feu qui brûlera éternellement ceux qui ne veulent pas croire." Cette vérité que le Sauvage avait entendue bien des fois sans en tenir aucun compte, le frappa comme un éclair en passant par la bouche d'un mourant H demanda aussitôt le baptême et devint un fervent chrétien.
APrBxmoB.
miers dans les régions de rOuesi Us allèrent planter la Croix au Saut Ste. Marie, an miHeu d'an nombreux concours de Sauteux nommés alors Ouichibauees.
Cependant cette Mission Huronne ne devait avoir qu'une courte durée. Notis avons déjà asôsté aux combats et à une partie des désastres de ce peuple mfortimé. Ce n'était pas encore le terme de ses malheurs. En quittant un sol tout hideux de ruines et de sang, les Hurons cherdièrent leur salut dans une dispersion complète. Les uns trouvèrent tbi asile dans la colonie Française à Québec^ les autres s^enfuirent àaxis toutes les directions. Nous suivrons dans leinrs nouvelles retraites, les cinq prindpales ^ifisions qui se lormèrent ; c'est ce qui achèvera de fiure oocmaitre leur histoire*
I. La première bande de Hurons fugitifs se retira dans les îles du Nord du lac Huron, et surtout dans la grande ile appelée alors JflMêttM&n, et plus tard MûuUt&uaiin, où depuis 9 mois on avait essayé de planter l'Evangile. C'étaient alors d'arides solitudes» et ces infortunés espéraient bien que les Iroquois n'auraient jamais la pensée d'y aller troubler leur repos. Us avaient mal compris jusqu'où va la haine dans le cœur d'un ennemi acharné*
Nous connaissons nne curieuse épisode de cette lutte sanglante, où la ruse et la cruauté du Sauvage se peignent au natnreL Quelques Ir oquoi s étaient parvenus à découvrir la retraite de ces Hurons fugitife, et vers la fin de l'automne voyant qu'ils ne pouvaient réussir 1 les vaincre par la force, â cause de leur petit nombre et de la vigilance de leurs ennenus, ils résolurent d'attendre une occasion plus favorable, mais sans quitter leur poste d'observation. Us construisirent un petit fort sur le continent voisin pour suivre avec moins de danger les mouvemens des Hurons.
Us parvinrent à en surprendre quelques uns et à les faire prisonniers. De ce nombre se trouva Etienne Annaotaha, homme distingué parmi les siens, et chrétien fervent Au moment d'être pris, il se mit en devoir de se défendre pour £ûre acheter chèrement sa vie, et mourir en brave ; il est bien surpris d'entendre les Lxxiuois lui déclarer qu'ils ne sont pas là comme ennemis, mais qu'ils viennent avec des préseas pour obtenir la paix, et offiir un aûle traaqtdlle et sûr aux restes laiiguissans de sa nation. ** De nos deux peuples, nous voulons, lui dirent-ils, n'en for- " mer plus qu'un, qui héritera de la gloire que diacun avait acquise. "
Le Biaeoa^ aussi rusé que ses ennemis, soupçonna quelque fraude dans ce langage hjpoerite, mais voyaat que sa seule rw^wtee, en présence d'un pareil ennemi, était de fiûre jouer ruse contre ruse, il feignit d'accéder avec joie à sa proposition; il mit bas les armes et entra daois le fort
Oo lui montre les pféseds en qoestioa pour l'engager à les ùân valoir aux yetDE de ses compi^j^jy^ftes. ** H ne me convient pas, dit Etienne, d'usurper la gloire d'une ** si heureuse négeéiatioii. Noos eomptona parmi nous plusieurs vieillardi» e'eat à « eox qtt'a|fpartieirtradiBimstnktioa des afiairee pnUîqaes. Snvoyei le» des am-
Ni
APPENDICE
** baasadean ayee tos préseDs ; je resterai ici en otage. La nation se Boumettra à ** ce qu'ils décideront. **
Cette réponse était si adroite, que les Iroqoois cmrent qu'il parlait sincèrement : ** il Tant mieux, lui dirent-ils, que tu accompagnes toi-même les ambassadeurs, pour ** faire Taloîr ce projet Tes compagnons resteront ici en otage. "
En effet il se charge de conduire les trois députés Iroquois. A leur approche du Yillage Huron, Etienne pousse un cri de joie, et tous les guerriers accourent. " Le ** Ciel est pour nous, leur dit-il, nous avons trouvé la yie dans la mort. Les Iro- " quois sont changés à notre ^;ard. D'ennemis ils sont devenus nos amis, nos pa- ** rens et nos libérateurs. Ils ont creusé notre tombe, les voilà qui la referment. ** Us nous offi'ent leur amitié, une partie de leurs diamps, et une terre plus fertile ** que ce sol ingrat Nous n'aUons plus former qu'un seul peuple nombreux, indus- ** trieux et guerrier. **
Son langage plein d'assurance, éloignait tous les soupçons. Cependant les autres diefs Hurons ne pouvait en croire à leurs oreilles, cherchèrent à le voir en secret pour avoir l'explication de ce mystère. H eut le tems de les instruire de son projet, et ceux-ci dissimulant à leur tour avec adresse les sentimens de leur cœur, poussent des cris de joie, et excitent l'allégresse et l'enthousiasme des femmes et des enfans.
Les députés Iroquois tirent bon augure de ces joyeux témoignages, et croient leur succès assuré. Us sont conduits dans la plus grande cabane, et on leur fait festin.
Etienne profite adroitement de ce moment pour concerter son plan avec les chefs Hurons. Ne voulant pas se fier à des ennemis si acharnés, et si souvent perfides, ils décident de s'emparer eux-mêmes adroitement des Iroquois, et de les faire périr.
Cependant pour donner le diange aux ambassadeurs, les Capitaines annoncent à haute voix qu'il faut se préparer au départ dans 8 jours, pour suivre les Iroquois leurs alliés et leurs amis. ** Nous trouverons èhes eux, ajoutent-ils, la sécurité, le repos, l'abondance. "
Ces discours retentissent de toute part aux oreilles des Iroquois, et ils voient les ; hommes, les femmes, les enfans s'agiter en tous sens pour l'exécution de ce dessein.
Etienne ne cnûnt^plus de retourner avee confiance au fort des Iroquois et de leur annoncer son succès.
A la vue d'une proie si ardemment désirée, et qui allait leur être livrée saoa combat, les Iroquois ne peuvent s'empêcher de louer son adreflse,^ et de lui donner de grands témoignage» d'amitié. Sur ion mvitation, ils nliéfliteot même pas à aller au nombre de plus de trente, vcsr de leurs yeux les préparatift de ce voyage supposé, et enooorager par leur présence Tactivité ^t la bonne volonté de leurs Mon compatriotei.
Pendant qu'ils saDt disséminés dans U village sans aucune défiance, les Hurons, à -un signal donné, se précipitent sur eux, ellei maasaereiit tooi. Trais seidemint
APPENDICE
éehafipôreBt Us ne dorent leur aakit qii*à Etieime, qui YoaLui neomaître par là U bienfidi qu'il «a avait reça autrefois. Us lai ayaient saurô la vie, lonqna les Iioquois détruisirent les villages de Si Ig^nace et de St. Louis.
Ua des Iroqnois dit en mourant : " liTous aroas eu le sort que nous méritions. ** Vous nous avez traités comme nous avions dessein de tous traiter nous-mêmes. "
A la nouvelle de ce désastreux événement» les Iroquois restés dans le fort s'enfuirent avec précipitation.
Les Hurons iNissèrent ensuite quelques mois tnuiquilles daas cette retraite, mais ils pensaient bien que les Iroquois, justement envenimés par cet échec, ne manquejraiant pas de ^eair tôt ou tard venger la mort de leurs guerriers; ils le quittèrent peu après et allèrent rejoindre leurs compatriotes à Québea . n. La deuxième bande des Hurons fugitifia donna lieu à un des fûts les plus étranges qu'on Use dans l'histoire de peuples longtems ennemis et ennemis acbi^nés. Les habitans de deux villages Hurons, ceux de JSt MLcbel et de St. Jean-Baptiste, en appelèrent à la géiérosité de leurs vainqueurs, et avec une confiance dont nn cœur Sauvage paraît si peu digne. Ils leur demandèrent asile et protection. Bs furent accueillis en frères par la nation des Tsoonontouans, une des cinq nations Lroquoises. On les laissa former à part un nouveau village, auquel ils conservèrent le nom de village Si Midiel, en Sauvage ûandoufforue {i). Plusieurs d'entre eux étaient chrétiens, et néophytes fervens. Us ne laissèrent pas périr, dans cette nouvelle patrie, ^t au milieu de la gentilité, la précieuse semence de leur foL Bien que privés du secours des Missionnaires ils conservèrent leurs habitudes religieu^jes. Les chants sacrés, la prière en commun, l'enseignement de la doctrine chrétienne, se perpétuèrent dans les famillea Ces bons chrétiens ne se contentaient même pas d'entretenir parmi* eux ces pieux sentimens ; ils avaient le cèle de la foi, et cherchaient à la répandre. C'était du reste le spectacle qu'officient aussi un assez bon nombre de prisonniers Hurons réduits à la captivité, et qui étaient disséminés dans les diffîrens villages IroqucHS.
Quand les Missionnaises, plusieurs années apoàs, purent enfin pénétrer dans les cantons Iroquois, ik furent dans l'admiration en voyant ces heureux firuits de la grâce- "Je ne pouvais m'empécher de verser des larmes, dit un d'entre eux, en vopmt «ces ''.pauvres esdlés si fervens, et si coastans dans la fbi"
Un de ces chrétiens, François Tehonmhiogo, vieillard dune foidéproovée, qui avait aatrelGois reçu le P. Lemoîne daas sa cabane, avait sanctifié toute sa fiuniUe, at coaverti bien des payens. Mvé depuis 20 ans de l'assistance d*un prêtre, il demandait toujours à Dieu de ne pas mourir sans confiMsica. Il Ait exaucé. En vojant le P. Frémin, il s'écria : ** Enfin le Bon Dieu m*a «Eaueé ; confesse|Boî|et je meurs contenta"
(1) On lit aoisî Oûnncgame, Oaimon(fara$,
APPENDICE
XTn exemple prontera Hieureuse infinence des exemples de ces yertoeiix oéopUtes sYir leurs yainqueura payens. TTne èhréftenne Huronne aTait épousé nfi Iroquois. Son premier soin fut de lui inspirer son amour et son estime pour la prière âes Françaiê, Cest ainsi qu'ils désignaient b traie toL Elle le gagna de mftmêre à lui donner un ardent désir du baptême. Elle espérait toujours qu'elle rencontrerait un jour quelque Missionnaire pour lui procurer ce bonheur. Pendant qu'elle se trouyait à la pèche bien loin de son village, sur les bords du lae Ontario, la Phyridence conduisit un Missionnaire au même Heu. H était tems; son mari malade depuis 2 ans, n'avait plus qu'un soufiSe de Tie. A la nourelle que la Bobe Noire est près, de lui, il s'éTeille comme d'aï profond sommeil, et t^éerie; ** baptise moi^ tt je « meurs content Depuis 2 ans je dematMle à Dieu cette grâce arec instanee." fi n'en put dire davantage, et mourut peu après son baptême»
La bonnne Huronne rendit alors compte aci Ifissîonnaîre de ce qui s'était paâsé. " J'avais résolu, lui dit-elle, d'aller chercher une Robe Noire à 50 lieues dlet Le ** bon Dieu a préventi nos désira. Je me suit appliqué llnver dernier ft instruire " mon mari des dioees de Pautre vie^ du mietoc que j'ai pu. Je lui ai souvent dit " que pour être bon chrétien, il faut porter an ciel tons ses désirs, et y placer toutes ** ses espérances, qu'il n'y avait rien â regretter dans ce monde et quil ne lui res- ** tait plus qu*à obtenir par ses ferventes prières d'être du nombre des bienheurettz ** dans le cieL J'ai été exaucée."
m. La troisième bande des Hurons, eellé qui i^éloigna le plus du théâtre de tons ces désastres, chercha d'abord un asâe dans lUe de MichiUimakinac (1), île femettae dans les traditions mythologiques des Sauvages. Ha trouvaient près de là des terres fertiles, la chasse et la pêche abondantes. Mais les Iroquois ne les y laissèrent pas longtems tranquilles. Pour échapper aux coupe d'un ennemi qu'ils ne se sentaient pas capables de repousser, ils entrèrent dans la baie des Puants, et s'avancèrent jusqu'à Oj journées, au sud-ouest du Lac Supérieur, où ils forent bien accueillis par une nation nommée AlnnUvfec. (2), et ils ** s'arrêtèrent, dit la Bela- " tion, sur les bords d'un grand fleuve, aussi grand et aussi profend que le Si " Laurent."
Us ne fardèrent pa» à trouver là de nouveaux ennemis. Las K'adouessis on Sioux jouaient dans les plaines immenses de l'Ouest le même rêle que les IroqtMÙ dans le bassin du Sft Laurent De ne souffiraient pas de rivaux ni même de volshls un peu puissans. Les Hurons qui formident à peine 500 petlsonneé, dont le» malhêttrs avuent comme émoussé toute l'énergie naturelle, ne pouvaient pas s'aoconimoder de ces périia continueli. Ils avaient d'atHeura perdu l'eapêraiieê de rclr lea Hiasion-
(ORektâoB 1671-72.
(2) ReUtion 1650-iO.
APPENPIGE.
(1) Le P. Marquette, qae la déooaTerte du Mifleitsipi, eo 16^S, a immortalîaé^
tiairea a'établir dans ces contrées, depuis la fin déplorable de deux d'entre enz qui étaient allés an secoizrs de ces peuples sans pasteurs, sans pouY<Hr les rejoindre.
Le, P. Oarreau iîit blessé à mort près de Montréal, au moment de son dépari Le P. René Ménard put atteindre le Lac Supériem*, mais Tannée suivante, 1 641, il tronra la mort dans les bois.
Les Huîons se déddèrent donc à se rapprocher d'im village d'Ottawais situé an fond de la baie de Ohagouamigong au Sud du Lac Supérieur. Ils se placèrent sur une pointe roisine, nommée pointe St Esprit, et ils espéraient aussi partager (car ils étaient presque tous dnréttens} les smos des Ifisâonttaires qu'une députatioo nouvelle d'Ottawais avaient été chercher.
Le P. Alloués qu'on peut appeler avec raison le premier apdtre de ces oontréed de rOuest, et le fondateur de ses principales Misiâons, vint à ce poste en 1665, et y travailla trois ans. Il donna au Lac Supérieur le nom de Lac de Tracj, et ât le premier connaître ses richesses minérales.
Ses succès auprès des Hurons ne répondirent pis à son xèle ; malgré le précieux souvenir qi^ils avaient conservé de la mort du P. Charles Gamier, leur Missionnaire autrefois dans leur pays, il parait que la privation des secours religieux et rêloignement des Missionnaires, avaient fiût revivre parmi eux, tontes les superstitions et tous les vices du paganisme.
Le P. Marquette succéda au P. Allouea, en 1669, pendant que eelm-ci allait fan'der les missions du Saut Ste. Marie et celle de St François-Xavier de la Baie des Puants. Il devait après tm certain tems d'épreuves, auquel les œuvres de Dieu sont toujours exposées, obtenir des résultats plus consolai^ que son prédécesseur. Ilprésidaà une nouvelle émigration des Hurons. Les Sioux en effet ne les laissaient pas tranquilles, et semblaient chaque jours chercher de nouvelles occasions de querelle avec leurs voisins. Leur nombre et leur cruauté trop bien connue, les fesaient redouter. Les Hurons et les Ottawais se décidèrent à se rapprocher de la Oolonie firançaise, parceque la paix, Ûdte en 1666 avec les Lroquois, les avait délivrés de leur prkicipal ennemi. Les OttaWais vinrent reprendre TSIe de d'Ekaentoton, et y fondèrent la mission de St Simon.
Les Hurons qui n'avaient pas oubtié la position avantageuse que leur avait oflarte antrefois MichiUimakinas^ vinrent vem 1670 dresser près de là leur tente sous la conduite du P. Marquette, et ils y fonnèreoi la missioik 9t Ignaee qui a n^ sîsté Jusqu'à nos jours. Bâ se fixèrent sur la pointe vis-àrvis VÛb, ex ils protégèrent leur village par une palissade de ^ pieds de haut Cet intrépide Missionnaire ignorait alors que l'église doot il jetait les fond e me n t devait 6 ans après devenir
APPENDICE
Quelques Hurons de ce poste se détachèrent plus tard, et vinrent former plusieurs stations, les uns à Sanduské, les autres an Détroit, d'autres enfin à Sanwich. IL en reste à peine aujourd'hui quelques familles.
17. Les plus malheureux des Hurons fugitifs furent sans contredit, ceux qui demandèrent asile et protection à la nation des Errieronnons ou du Chat, qui occupait la côte méridionale du Iac Erié. Ds parlaient la même longue que les Hurons, dit le P. Bagueneau, et ils ayaient des demeures fixes.
La présence des Hurons au milieu d'eux excita la jalousie, et peut-être la crainte des Lx)quois, leurs voisins, ayee lesquels ils ne fintemisaient pas. Ceux-ci cherchèrent là un prétexte de guerre, ou plutôt une occasion de massacre. Malgré leurs 200 guerriers, malgré leur habilité à manier Tare, qui leur permettait de lancer 8 ou 10 flèches pendant qae Tennemi tirait un coup d'arquebuse, les Errieronnons forent défiiits, et presque tons massacrés avec les Hurons. Leur nom ne yit plus aujourd'hui que dans Thistoire.
y.^La cinquième bande des Hurons qui survécurent au désastre de leur pays, est la plus intéressante à suivre et à étudier, EUe se compose de ceux qui se retirèrent dans la Colonie Française, les uns. en 1650, avec leurs Missionnaires, les autres quelque tems après. La mission qu'ils fonnèrent alors a persévéré jusqu'à nos jours, bien qu'elle ait changé plus d'une fois de nom, et de lieu. Nous ne donnerons qu'un court rédt des phases qu'elle a subies, et des épreuves par lesquelles elle a passé. Le port où cette nation^ toujours malheureuse, venait chercher un asUe ne fut pas pour elle un port tranquille. Des malheurs de toute nature vinrent encore souvent fondre sur ses enfans, mais ce fut toujours pour drâner un nouveau lustre à leur vertu, dont ils offrirent pendant de longues années un admirable
mourut en 1675 sur les bords solitaires du Lac Michigan; mais ses osaemens furent transférés à Midullimakinac, le 19 mai 1677 (Manuscrit du P. Alloues.)
Dans quelques journaux et autres publications récentes dans les Etats-Unis (the Shepherd of the Yalley, Demoeratie RevUwt mai 1844, Vie de Mgr» Flaget), le fait et la date de cette découverte ont donné occasion à des erreurs historiques qu'il est juste d'arrêter, avant qu'elles se répandent Elles remontent toutes à la même ori- ^e. Un Manuscrit considérable du Rév. F. X. Noiseux, ancien Gr. Vie de Québec, sous le titre de ; Abrégé ehronol, et histor. de totu les prêtres qui ont desservi le Canada., . Jusgu*en 1828, a été la source où on les a puisées. Cet ouvrage que l'antorité d'un nom respectable a fiiit admettre sans examen, se mérite pas ime confiance aussi aveugle. Ses assertions sans preuves, sur le point ici ea question comme sur tant d'autres, ne peuvent rien contre les actes officiel^ du Gouvernement, contre des Manuscrits autographes contemporains, contre les Relations annuelles et détaillées des Missions, enfin contre la concession de Ifle d' Anticosti accordée an Sieur Jolliet, compagnon du Mifwîonnahre, comme une récompense pour sa découverte.
APPENDICE
tableau. Ces heureux fruits inspiraient à un des Missionnaires ce sentiment de joie : '* StUtttem ex inimieis nosirit, Noire salut vient de noe ennemis. Nos Hurona ** doivent leur changement à la perte de leur pays, et à leur transmigration dans le '* nôtre. Dieu est admirable dans ses desseins ! Qui aurait dit que pour rendre " les Hurons chrétiens» il ûillait les eztermmer ! Je pleurais autrefois leur défaite et ** maintenant j'en loue Dieu."
Les Hurons qui avaient hiverné à Québec en 1649, ne voulurent pas remonter dan^ leur pays lorsqu'ils apprirent les désaslares de leurs compatriotes. Les Je* suites les placèrent sur leurs terres de Beaup<»i» mais qi^and les Hurons âigitife descendirent aussi à Québec pour y trouver un asile, ils les suivirent an mois de Mars 1651, dans Tîle d'Orléans, sur les terres de Mlle de Orand Maison, qu'on avait adietées pour eux. La charité avec ses prévenances et ses sacrifices, cherchait tous les moyens de leur faire oublier leur exil. On éleva auprès de leurs cabanes d'écorce, la maison de la prière, la modeste habitation des Missionnaires, et un fort en pieux semblable à celui de File St. Joseph, pour les protégei^contre leurs ennemis. L'He d'Orléans reçut même le nom d'Ile Ste. Marie, pour perpétua un nom toujours cher à leurs cœurs.
Cependant les Lroquois n'avaient pas déposé leurs sentimens de haine héréditaire ou de secrète jalousie. Quelques uns même avaient spéculé sur l'avantage qu'ils pouvaient tirer des Hurons, en les attirant dans leur pays, et en les incorporant à leur nation, pour combler les vides que les guerres continuelles.fesaient dans leurs rangs. Ils employèrent tour à tour la ruse et la force ouverte, des tcaîtés de paix simulée et des attaques imprévues» afin de les forcer à les suivre ou afin de les détruire. Us en gagnèrent un assez grand nombre. Les succès qui couronnaient leurs efforts, les avaient enhardis, et ils ne craignûent pas de se montrer, même en plein jour, jusque sous le canon du fort de Québea Void quelques uns de leurs méfaits : £n 1661, ils massacrèrent le gouverneur de Trois-Bivières, M. Duplessis Bochart et les 16 Français qui l'accompagnaient dans un coup de midn mal concerté. En 1663, ils enlevèrent le P. Poncet, mutilèrent ses mains et l'emmenèrent dans leur pays. En 1662, le P. Buteux pérît sous leurs coups près des Trois-Rivières. En 1666, le P. Garreau est blessé & mort près de Honiréal, et ils enlevèrent dans l'île d'Orléans 71 Hurons qu'ils massacrèrent inhumainement En 16((o, 40 guerriers Hurons, l'élite de la nation, se mettent en campagne avec quelques Fhmçais, et périssent presque tons de la main des Ltiquols dans la désastreuse afifiure du Long Saut, un peu au-dessus de Montréal. Les Hurons n'attendirent pas tous ces malheurs pour pourvoir plus eflScacemént à leur sûreté. Us voulurent se rapprocher de Québea Le Gouverneur D'AQleboust leur offrit un asile temporaire sur une des places de la ville. Us vinrent y dresser leur tente vers 1668 et ils y passèrent plusieurs années.
APPSH0ICB.
Quand ]a paix fut eo^ coaduB arec les Iroquois, après TexpéditioQ du marquis de Tracy, les Huroos se transportèrent à une lieue et demie de la TÎlle, et fondèrent là, en 1667, la Missioa de K, D. de Foye (l). Oe nom lui fut donné à Voecasion d'une Statue de la Bte. Vieige, enrc^ée par les Jésuites Belges pour être honorée dans une Mission Sauvage. Elle était faite arec le bois du cfaéne au milieu duquel on avait trouvé la Statue miraculeuse de N. D. de Foye, près de Dinan dans le pays de liége.
' Le 29 décembre 16^8 (t), les Hurons durent encore s'éloigner de cette résidénee. Ce n'étaient plus lès orajntes que leur inspirait Tlroquois, mais le besoin de se rapprocher du Ixns et d'avoir des terres plus étendues. Ss trouvèrent à une Meue et demie plus loin, un air pur, un terrain avantageux et des eaux abondantes. Les Kisaionnaire» disposèrent ayec symétrie toutes les cabanes autour d'une place quarrée^ an m£lieu de laquelle ^élevait la maison de Dieu. Le P. Chaumonot jûgnit à l'église une chapelle en l'honneur de la très-Sainte Yieige, parfintemeat semblable pour la formel les matériaux, les dimensions et Fameuldement à la célèbre Oata Sancta de Lorette en Italie. Cest ce qui Talut au Village le nom dé K. D. de Lorette, connu aujourd'hui sous le nom d'Ancienne Lorette. Il est à regretter iqu'en reconstruisant cette église, il y a quelques années» on n'ait pas respecté dayantage les proportioas et les détails qui donnaient à cet ancien édifice un caractère historique et pieux, que la grandeur et la richesse du temple nouveau ne peuvent pas compenser.
Bien des années plus tKtà cette misôon dut subir un fiouveau changement de lieu, et ce fat le dernier. On la transféra à une petite distance, et on forma le iràllage appelé la Jeune Lorette, O'est là où on troure de nos jouis tout ce qui reste de cette nation jadis si célèbre. Après avoir perdu son pays, sa langue, ses habitudes, et une partie de sa nationalité, elle disparaît peu à peu chaque jour. Elle ressemble à un arbre qui n'a jamais pu prendre solidem^it radne sur le sol où en l'avait transplanté. Privées de la sève vivifiante ses feuilles desséchées se détachent les tmes après tes autres, sans qu'il puisse espérer un nouveau printems pour lui rendre la fimicheur de ses jeunes années. Il ne restera lûentôt d'autre trace de cette nation puissante qu'un n^nii justement célèbre dans noa annales.
(1) l^ar uûe Crt^eur du tme négligence peu excusable, cette dénomination, n respectable dans son origine, a été dénaturée môme dans les actes publics, sans qu'on puisse dire à quelle époque^ et ce lieu n'est plus conAu que soos le nom de VUlage ieSte^Fn.
(S) Manuscrit du P.Dablon.
APPENDICE
XI (p. M.)
Notes sur la Géographie aBeienne du Canada.
Kou8 rétmisëbns ici sons la foime d'un Dietioimidre Géographique (i) les prindpaaz noms que l'on tronre dans la Carte da Canada d'autrefois, et qui peuvent intéresser son histoire. Nous avons voulu essayer de remonter à leur origine en indiquant quand et par qui ils ont été donnés, ou bien les auteurs qui en ont parlé les premiers. Les nombreuses variantes que ees Okyms ont quelquefois subies donneront une idée de la négligence des auteurs, cm de Tignorance dès copistes et des protes de cette époque.
Yoici les prindpauz ouvrages consultés : J. Quartier ( Edlt 1848) ; Thévet, (1586); Wytfliet, (1607); Lescarbot (1617) ; Cîhamplaîn (1612—1682); Sagard (1632) ; Jean de Laët (16?2) ; Waseenaers (1688) ; Sanson (1657) ; Duoreuz (1640); Mercure Français (1605 — 1654); Relations des Missions de la Nouvelle-France (1682 — 1679) ; quelques Manuscrits contemporains.
ABËNAQUIS. Champlain écrit Abenaequiouiet et Abenaçuioit, Dans des Manuscrite très-anciens, on lit A^anaqiM, Abnaquioiê, Owxhanahù Cette nation habitait au Sud du 3t. Laurent (Champlain).
4-CADIE. Jean de Laët et Lescarbot écrivent La Cadie et VAe^dU. Dans les chartes de Henri IV (1698), on lit souvent La Cadie, Le roi Jacques d'Angleterre, dans sa charte de 1621 en ûiveur du sieur Guillaume Alexandre, donne à cette contrée, ainsi qu'à YUe du Cap Breton, et â une partie du continent voisin, le nom de Nomelle-Seosêe, Guillaume Alexandre appelle la péninsule Nawfelle OaUdomê,
ALGOUMÊQTJINS, ^/^omml^W ( Champlain--âagard ), Algtmgmnê {"Loècarbot), JBkaukeronons (Relation 1688-89), Kiehesipirini (Relation 1689-40), Kîjenpiininiouaehf Kkhesipirinoueek ( Relation 1645-46). Sagard dit que le nom à^Algonmêquin était générique pour les Almouchiguois, les MontagnaiSy la Petite Nation, la Nation de Vide, les Micerinys, Champlun limite cette dénomination aux peuples qui habitaient sur l'Ottawa. On trouve aussi Adirondake, c'esiÂ-dire
(1) Nous avons été ûdé dans "ce travail par G. R Faribault, écujrer, bien connu par ses ccHmaissances en histoire et par son aôle à développer ces études dans notre pays. C'est à lui que nous devons l'encouragement que la Législature Provindale a bien voulu donner à la publication de cet ouvrage du P. Bressany. Le Parlement du Canada a rendu à son talent un just^ et bel hommage de confiance et d'estime en lui donnant l'honorable et importante mission d'aller en Europe former une Bibliothèque pour notre Province, et réparer ainsi la perte de celle qui était devenue la proie des flammes dans le désastreux incendie de 1849.
APPENDICE
mangeur» cTarbreê. Ce nom leur a été domié par les Iroquois pour 6e moquer de leur jeûne à la cbassè. Il a été transformé plus tard en celui d* Algonquins ( Bressany ).
ALMOUCHICOIS, AlnumekiçuoU (Champlain). Lescarbot les nomme Armouchiguoiê, et les place depuis Ktnibeki (Bit. Kénébec) jusqu'au cap MaUharre. Cbamplain les place sur le Eénébec.
ANDASTOGERONONS, Andattoei, AndastoeronoM (Relations), Natio Pertiearum ( Ducreuz). Nation de la Virginie dans la Nourelle-Suède entre le Chesa. peack'et la Rivière du Sudi Champlain ajoute à la suite de leur nom : " Nation qui &it la porcelaine. **
ANUCOSTL J. Quartier dans wm deuxième voyage en 1685 donna à cette île le nom de VAuomptionf parcequ'il j arriva le 16 août Le pilote Jean Alphonse en 1642 la nonmia YUe de VAseennon, Son nom Sauvage est NatUcotec (J. de Laët). Les Français, dit J. de Laët, en ont fait Antieostu Une rivière au Nord de rîle porte encore aujourdliui le nom de Natiicoiee.
ASISTAGUERONON, Chns du Feu (Champlain).
BERSIAMITES, ( Champlain 1682 \
BRETON (Ilk nu Cap X ( Champlain ). Son nom fUt d'abord, dit J. de Laët, Ue des SretanSy à cause de son cap oriental nommé Cap Breton. Mais elle a porté, ditil, le nom à'Ue 8t, Laurent parcequ'elle ferme son golfe, et ile de Baeulos, à cause àê la pèche de la morue. Lescarbot la nomnui lie des BacaUhs/
CANADA, J. Quartier ( 1684 ) donne ce nom à la contrée qui commence à Vue d'Orléans près de Québec, et remonte le fleuve. Bans son second voyage (1685) il répète'Bouvent |>ay« de Canada, Province de Canada, Jean Alphonse applique le nom de Canada au lieu où est Québea Selon Lescarbot le peuple de ce pays s'appelait Canadoqua. D'autres disent que Canada vient de l'Espagnol et signifie pays où il fCy a rien, ou d'un mot Sauvage qui veut dire amas de cabanes, et selon d'autres village.
CANZEAIT, CaneeaUf Conseaiu (Champlain), ChampseaUj Campseau (Lescarbot). Cet auteur dit que ce nom est un nom Sauvage. Thévei^ dans un Manuscrit de 1686, dit qu'il vient de celui d*un navigateur Français nommé ** Cause ".
CAP-ROUGE (Riv. du). Thévet (Manuscrit de 1586) dit que son nom Sanyage est Senaga.
Caf-Rouoe (Fobt nu). Quartier, dans son troisième voyage (1641), érige un fort près de cette rivière et lui donne le nom de CharsUhourg Royal. En 1642, Roberval vint s'y établir et changea ce nom en celui de Franoo-rcy.
APFENDICB.
CHALEURS (Baib des). Quartier y entra le 8 juillet 1584, eflui donna le nom de Ghlphe des Chaleurs,
CHAMPLAIN ( Lac ). Champlain lui donna son nom quand il le découvrit et qu'il nUustra par sa première yictoire sur les Lroquois en 1609. Une carte de 1616 le nomme Lac des Iroquois, Son nom Sauvage était Cauniden-guarurUe (les lèvres du pays) et Petawabouque (Altematùm d'eau et de terre ) (Qéogr. de Spafford). H a porté aussi ^le nom de Lac Oorlar,' en mémoire d'un Gk>uvemeur Anglais de ce nom qui j périt en 1665.
CHAUDIÈRE (Saut dx la) (Lescarbot), chute sur la rivière de TOttaifa. En Sauvage Astieott, c'est-à-dire Chaudière (Lescarbot;.
CHAUDiBaiB (BiviàBx), près de Québec. Champlain (1613) l'appelle iîmère Bruyante.
CHESAPEACQ, CHESAPEAK (Bade dx) (Champlain). Ce nom est Sauvage (J. de Laët).
CHOUACQUET,CHOUACOIT(Riv.dk,Baœde), (J. de Laët), Ohauakœt (Lescarbot). Sur cette rivière, dit J. de Laët, étaient les Almouchiquois. Aujourp'hui JRivière JSaeo,
DELAWARE (Bais), (lettre d'Argal de 16^2). Le lord Delaware y était entré en 1610.
ERIÉ ( Lao). Zae JDerie (Champlain), Lae d'Mrié ou du Chat (Sanson 1668), JSriechronons ou Nation du Chat (Sanson), Laeus Erius seu Felis, natio Felitm (Ducreux), JErrieronons (Relation de 1647-48). Hennepin le nomme Lac de Conti, et dit que les L-oquois l'appelaient Terocharontiong» •
ESQUIMAUX. (Champlain).
ETCHEMINS, Eschemins (Champlain), Etechemins (Lescarbot). Us s'étendaient, dit-il, depuis la Rivière St. Jean jusqu'à Einibeki. Sagard les place maladroitement sur le Saguenay.
ESCOUMINS ( Biv. des ), (Quartier, Champlain, Lescarbot). Les Fapinachois l'appelaient Esseigiou (Relation 1664).
FEU (Nation dd), Atsiitamhrononit Aststaffueranon (Champlain 1682), Atsistarhanon, Assistagueronans ( Sagard), Assistaeronons ou du Feu (Sanson), Maskouteneh (Relation de 16'71-72).
GASPË (Bais de), Gaqfé (Routier de Jean Alphonse). On trouve plus souvent Gachepê (J. de Laet, Lescarbot, Charte de Henri lY (1608), Gaspey (Champlain).
APPENDICE
Leecarbot dît qne Gachepé est un nom Sauyage. Les Montagnais l'appelaient Hongnedo (Leacarbot), Honguedo (Quartier).
GASTON ( Saijt db ), (Champlain, Bucreiix, Sagard). La carte de Ducrenz (1660) porte Baltw Astiaius, Un journal Jéstûte de 1668 le nomme Saut Skiae, D'après Sanson le peuple yoisin s'appelait SfciaeranoM, Anjourdlini Saut Ste. Marie. Voy. Bte, Marie,
GRAND C ALtJMET (Ilx). Sagard et les RdaHmB la nomment sovrent VUê, la Nation de nie, VUe du Borgne (à cause d'un de ses plus fiuneuz Oapitaines, qâ était borgne.) On voit aussi dans la carte de 1648 Ile de Teêouae.
HUDSON (Riv.). Nommée par Hudson (1608). Elle a porté différées Horth Eiver et Bivi^e Manhatte^ JUvière de la Montagne (J. de Laët» le Nomeau Monde, 1625), Hivière Ma/imee ( Deyries ), lUvière Montagne, rio de Montagne (Wassenaers)» Bivière Montaigne par les Français et par nous, Bivihre Maurice (Wassenaers), Çahotatea,Maeguaa^KUi (YaDderdcok), Orosie Bivière, rio Montana (Sanson), la Grande Bivière (Robert Juet, Journal du Voyage d'JBudeon), Rinèro Nasseaa
HOCHELAGA, village Sauvage visité par Quartier dans 1*% de Montréal. H donne ce nom au fleuve St. Laurent.
HURONS. Champlain les appelle St»ron$, Ochatêguina, Oehatagin, Attigouantane, Atignonaanitane, Attigncuantan, Attigouotans, Attignouaatitane. Sagard les nomme jffouandtOes, Us étaient divisés en S tribus, La Corde, le Bocher et VOurs (Sagard, Relation 1669). !<> Les Attignaouantan» (Relation 1689), Atingyahointan (Sagard). 2<> Les Atigagmmgueha (Sagard), Altignenongkae (Relation 1686), Atignenongaeh (Relation 1637), Attigneenonguahae (Relation 1689), Attingueenongnahak (Relation l^l), Attiniatoenten (Relation 1649). Z^ Les ffenarhonona (Spgard), Arendoronona (Relation 1686), Jrendahronom (1689), jSrendaenronone.
Hdboic (Lac). Zae Hviron (Relati<m 1640). Champlain Ta nommé Grand Lae, Mer douée, Lac des Attiguantanê, { Les Attigouantans étaient une des tribus Hurennes.) Hennepin lui donne le nom de Lae d'Orléans. Sanscni marque sur sa carte Karegnondi (1). Lae Caniatare (Oolden).
IROQXJOIS. On comptait autrefois cinq nations Lroquoises, les Agniers, les Oneiouts, les Onnontagués, les Goiogœns et les Tsonnontouans, Les Anglais les ont
(1) Nous voyons dans une lettre manuscrite du P, Charles Gamier, Missionnaire alors des Hurons qu'un des villages de la nation du Fetun se nommait Eharenniondi ou Su Matthias.
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