‹ Relation abrégée de quelques missions des pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-FranceChapitre 7 sur 37 · CHAPITRE IL DBsORiPTiojr nv fats des HuBoifs · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL DBsORiPTiojr nv fats des HuBoifs

E pays des Hurons^ situé entre le 440 et le 45 ^ de latitude, est une partie de la NouveUe-France.

Eu longitude il est à trois quarts d^heures à l'Ouest de Kébek (V)> et à plus de six heuiea entières de Rome. A l'Ouest d*été^ il y a un lac de 1200 milles environ de circonférence. Nous P appelons mer douce {^). On y voit

(t) L'Auteur dooue pluabas 35^ tetilement de diat&nco horaîro eotre Qi^êbec et lea Harona^ «t c'est 1& Traie distance. T.

{ 3 ) Aujourd'hui Lac Suron. Le capitaine Bayfield lui doïoie 240 miUes Anglais de lougj 1 86 de large^ et 1000 de circoofêreace* La dîSËrence que l'an troure, ici et ailleurs^ entre lee chîfires d^ cet habile géographe Anglaîa» et ceux de notre Antear, inexpliqué sans peine par la difficulté qu'il 7 a^ait à prendre dee mesurée à cette

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RELATION ABBÊGÊE.

le flux et le reflux (^), chose rare ailleurs que dans la mer. Ses îles sont très-nombreuses. Une d'elles qui a 200 milles de circuit est habitée par des Sauvages nommés Ondatawawat (^).

Au couchant, sur les rivages de ce lac, se trouve la nation que nous appelons nation du Petun, parce qu'elle en cultive en abondance. Elle n'était éloignée de nous que de 36 à 40 milles. Au Sud, en tournant un peu vers l'Occident, on rencontre la Nation Neutre. Ses premiers villages n'étaient qu'à 100 millesdes Hurons, et son territoire avait 160 milles d'étendue.

De la Nation Neutre, en tirant un peu à l'Orient, on allait à la Nouvelle-Suède, où habitent encore les Andastogenranona («), peuple allié de nos Hurons, et qui parle à-peu-près la même langue. En droite ligne, ils étaient à environ 600 milles de nous.

Presque directeinent au Sud de la Nation Neutre, se trouve un lac de 600 milles de circuit, qu'on appelle lac Erié (*). Il est formé par les eaux de la mer douce. Il se décharge luiépoque reculée. Plusieurs d'entre elles, pour des pays tout-à-fiiit inexplorés, ne peuvent être qu'approximatives. H est probable en outre que le P. Bressany s'est servi du mille Italien qui est<pluB petit que le mille Anglais. T.

(1) Cette erreur géographique a été longtems répandue, et Chateaubriant luimême Ta adoptée. On reconnaît maintenant que tous ces grands lacs du Canada n'ont ni flux ni reflux, proprement dit Ha subissent cependant quelque fois des variations de niveau assez considérables. H fiiut les attribuer, il parait, à des causes locales et accidentelles, à la violence ou à la constance des vents, à l'abondance ou à la force de certains cours d'eau. T.

(2) Nous trouvons le nom de ce peuple écrit de bien des manières, même dans les plus anciens manuscrits cont.emporains. Voici ses principales variantes : Otawas, OutaoïKU, Outaotiais, OtttaouakSf AndtUahûuats, On lea appelait aussi nation des Cheveux BeUvéê. Cette île des Otawas porte aujourd'hui le nom d'île Manitoualin. T.

(8) Oe peuple est aussi appelé Andeutoeê ou Andastoerotuionê dans les anciennes Relations. Il demeurait à l'embouchure du Susquehanna, et comptait seulement 800 guerriers. H était renommé pour le commerce du Wampum T.

(i) Ce lac, dit le capitaine Bayfield, a 266 milles de longueur, 68 de largeur, 658 de circonférence, et 40 à 45 brasses de profondeur. Dans une géographie moderne, on ne lui donne que 18 à lY brasses de profixideur. T.

RELATION ABBÉGÉB.

même par une cascade très-élevée (*) dans mi troisième lac encore plus grand et plus magnifique, nommé toc Ontario ou beau lac. Nous Pavons appelé lac St. Louis. Sur les rives méridionales du premier dé ces deux lacs, habitait autrefois* un peuple que nous appelon# la nation du Chat ; mais il a été forcé de s'enfoncer dans les terres pour fuir les ennemis qu'il a à l'Occident ( 2 ) . Cette nation a des villages, cultive les champs et parle une langue qui se rapproche de la langue Huronne.

Le second de ces deux lacs, éloigné en droite ligne des Hurons d'environ 100 milles, n'a que 250 milles de longueur de l'Est à l'Ouest,sur 50 de large du Nord au Sud (») Il se décharge dans un grand fleuve, qui est un bras de celui que 'nous nommons Saint-Laurent.

Sur l'autre rive de ce lac St. Louis, mais un peu dans les terres, habitent les 5 nations Iroquoises, ennemies de nos Hurons. Elles occupent une ligne presque parallèle à la longueur de ce lac.

Au Nord des Hurons, on rencontre beaucoup de nations Algonquines, qui ne cultivent pas la terre, et qui ne vivent que de chasse et de pêche. Elles s'étendent jusqu'à la mer, dite du Nord. Nous estimons sa distance d'ici en ligne directe à

(1) C^ute de Magara, Sa hanteur verticale est de 164 pieds dans toute la largeur du fleuve. Le nom de Niagara ne so trouve pas dans les plus anciens auteurs. Ohamplain qui a indiqué le premier cette chute dans la carte de 1612, l'appelle simplement 8ault ^Eatt, Le P. Jér. Lalemant, dans la Relation de 1640^41, dit que cette rivière prenait son nom d'un village voisin nommé Onguiaahrck, Samson, dans sa carte de 1656, donne au saut le nom à\Ongiara, Nous avons trouvé le nom de Niagara^ dans la carte du P. Hennepin de 1682. T.

(a) n 7 a sans doute ici une erreur typographique, car les Iroquoîs, ennemis de tion du Chat, et qui finirent parla détruire presqu'entièrement, étaient à rOrient par rapport à eux. T.

(8) D'aprôa le capitaine Bayfield, la longueur de ce lac est de 172 milles, sa largeur de 66, et sa circonférence de 46*7, Il donne à sa plus grande profondeur 800 brasses. Des auteurs plus réoens lui donnent seulement 60, 90 on 100 brasses. T.

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RELATION ABBÉQÊE.

près de mille milles (^). Nxw Sauvages commerçaient avec elles, chaque amsée, pour les peaux de castors qui y oooX trèsnombreux.

( Le Oastok. )

Les autres nations, que nous connaissons encore, et qui habitent les bords de ce lac, sont des nations Algonquines. Elles cultivent la terre, mais bien peu. On en compte au moins neuf. L'une d'elles, la nation du Saut {^) ou de to Chute^ est éloignée de nous de plus de 300 milles. Nous espérons arriver par leur moyen à des nations plus éloignées, situées sur un lac (3) plus grand qae la. mer douce^ et qui doit lui fournir ses eaux. *I1 est dans la direction du Nord-Ouest.

Une péninsule ou langue de terre sépare ce lac de celui qu'on appelle Lac des Puants (*). Ce nom a été donné à la

(1) Cette estimation ne pouvait être que conjecturale. De chez les Hurons jusqu'à 1a Baie d'Hudson il n y a guère que 600 milles. T.

(8) Saut Ste. Marie. Du tems du Recollet Sagard, il s'appelait le SatUt de Gcuton. n a encore le même nom dans la carte du P. Ducreuz, 1657. Les Jésuites fondèrent en ce lieu, vers 1668, la Mission Ste. Marie, et les anciennes Relations la désignent sous le nom de Mission de Ste. Marie du Saut T.

(8) Lac Supérieur. Son contour est de 1500 milles, sa longueur de S60, sa largeur de 140, sa profondeur de 150 brasses. T.

(4) Ce nom appartenait à cette époque au lac Michigan tout entier {Voyez la carte de Ducrettx). n fut restreint peu après à la baie sur les bords de laquelle habitait la nation des Puants. Les Français Font pendant longtems nommée seulement Grande Baie, et on croit que c^est ce nom mal prononcé qui a été transformé par les Anglais en Green Bay^ et traduit depnis par Baie Verte. T.

EELATION ABRÉGÉE,

nation qui habite ses rivages parce qu'elle vivait anfrefois sur les boid» de la mer, que les Sauvages nommaient puante, Leui langue nous est toul-à-fait inconnue.

Par Mission Huronne^ nous comprenons toutes ces immenses contrées ; notre projet était de marcher toujours à la découverle de nouveaux peuples, et nous espérions qu'une colonie chez les Hurons en serait comme la clef; mais les jugemens impé* nétrables de Dieu ont renversé nos desseins»

( ià*QsaaMÂL. )

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