‹ Relation complète du sacre de Charles X, avec toutes les modifications introduites dans lesChapitre 11 sur 28 · JOURNÉE DU ^9 MA.I · texte numérisé non relu

JOURNÉE DU ^9 MA.I

Cérémonie du Sacre. — Festinf royal

DÈS quatre heures du matin, tout était en mouvexnent dans la ville de Reims comme au milieu de la journée. Les équipages parcouraient déjà les rues. Avant cinq heures, malgré l'extrême froideur d'un temps pluvieux, une foule de dames, en parure de cour, avec des barbes pendantes à leur chevelure, et une foule d'hommes en habits à la* française ou en uniformes assiégeaient les avenues de la cathédrale. L'entrée par le portail était réser* vée aux personnes ayant des le ttif es closes ; les autres entraient par les petites portes latérales.

A cinq heures et demie les portes ont été ouvertes, et la foule s'y est précipitée. On se pressait tel-» lement dans le vestibule , que les cris de quelques dames ont causé un moment d'alarme ; mais les précautions avaient été prises de manière à prévenir tout accident. Les gardes à pied et les gardesdu-corps veillaient à l'entrée , les premiers à l'extérieur, et les autres dans l'intérieur.

Une fois dans la cathédrale^ la foule se divisait, et ebacun se dirigeait vers la tribune indiqifée par son billet. On s'y rendait par un escalier couvert d'un tapis. Celles des princesses et des ambassadeurs étaient précédées d'un petit salon éclairé par un lustre.

A sis: heures un quart les tribunes étaient déjà garnies, sans être toutefois entièrement pleines. Leurs premières banquettes, occupées exclusivement par les dames , offraient le coup d'œil le plus riche et le plus varié. On n'aparcevait guère de toutes parts que des visages qu'on se souvenait d'avoir vus à Paris. On remarquait, dans les tribunes du chœur qui avoisinaient celle du corps diplomatique , madame la baronne de Damas, mère du ministre des affaires étrangères ; madame de Chabrol , madame de Clermont-Tonnerre , madame de San Carlos, madame de Lépine, madame de Béthisy ,* madame la duchesse de Guiche , mesdames de Crillon , de Maillé et de Noailles; madame de Villèle , madame de Bracchi , madame de Berthier, madame deCaraman, madame *** , fille du maréchal Moreau ^

La musique de la chapelle du Boi, au nombre de deux cents personnes, était réunie à six heures dans le vaste parquet, élevé derrière l'autel.

Mademoiselle Delphine Gay a reçu , dit-on , une lettre close du Roi , ainsi que M. Abel-Hago et autres litténiteurs.

46 BELATION COMPLEXE

MAC. les Députés sont arrivés sàccessiyement , et se sont placés sur les banquettes de velours oramoiai disposées en amphithéâtre dan& la croix de réglise, du coté de TÉvangile ; MM. les Pairs de France se plaçaient sur les banquettes en fisice, du coté de l'É» pitre.

En avant des Pairs de Finance et des Député^^ de chaque côté, étaient, aussi sur des gradins, les ministres detat, les lieutenans-généraux et gramls di«> gnitaires, les cordons -bleus, les députations des deux chambres , et les députés des ordres royaux de Saint-Ijouis et de la Légion-d'honneur,

Les premiers présidens des cours royales, les procureurs'généraux^lès préfets et les maires des bon" nés villes y occupaient des stalles de cliaque coté dans Je chœur. .

A la droite du fauteuil du Roi, sur den sièges-, étaient placés les ministres secrétaires d'étaf , dans Tordre suivant: M. le président du conseil, M» le garde des sceaux, M. le ministre des affaires étrangères, M. le ministre de la guerre, M. le ministre de la marine, M. le ministre de l'intérieur, M. le ministre de la maison du Roi, et M. l'évêque dUermopolis,. sur le dernier siège du coté de l'autel, laissant, entre lui et M. le ministre de la maison du Roi, trois sièges vacans, destinés aux deux cardinaux assistant S. M. et au grand-aumônier.

Les avenues de l'Église étaient garnies des députations des corps de la garde et de la ligne réunis au

lt.o^ΣWtdÙJb

C0mp. Chaque députatk)n> composée de dix lioni-* tues et du colonel y avait un dtapeau; Lorsq^ue les pcKTtes ont été ouvertes les colonels ont pris en main les drapeaux et ont été se ranger au pied du trône , ceux d^ la cavalerie à ^uche , et ceux de l'infanterie à droite , se prolongeant depuis le trène jusqu'au sanctuaire. -

Des grandâf^gradins^ dti citoeur, on apercevait dei> rjère l'autel les vases sacrés ^ en or, de forme anti>-> que, ciselés; la couronne en diamans du Roi,» surmontée dû Régent , placée sur ud caârreau <le velours fleurdelisé et les autreis attribut» de b^ royauté.

De magnifique^ candélabres d'or s'élevaient sur l'autel construit en marbre vert veiné très -précieux.

Au milieu de la croix de l'Église on voyait suspendu à la voûte, au-dessus du &uteuil et du priedieu duBoi, un dais itômens«e en velours cramoisi , orné de fleurs de lis d'or et surmonté d'un trône revêtu de même.

Vers sept heures , le corps diplomatique , ayant à sa tête le nonce du pape , est introduit et conduit à sa tribune par les aides des cérémonies^Ijes niem-^ bres prennent place dans l'ordre suivant : Au pre^ mier rang , le nonce , les ambassadeurs du Pape , de Naples , de Russie , d'Autriche , de Prusse , le prince de Wolkoriski , ambassadeur extraordinaire de Russie ; le duc de Northumberland ; le prince

cVEstherazy, ambassadeur extraordinaire d'Autriche ; les envoyés de Portugal et de Sardaigiié ; dans le second rang , M. le duc de San Carlos , les ambassadeurs des Pays-Bas , de Danemark , de Suède et Sidi-Mamouth. Leur réunion offre un brillant assemblage de costumes européens et asiatiques. On remarque M. le duc de Northumberland , M. le prince d'Estherazy et M. de Wolkonlki par la richesse de leur costume et par les décorations en diamans qui brillent sur leur poitrine \

Un instant après , madame la Dauphine , accompagnée de M. le duc de Lévis , pair de France et Madame duchesse de Berry, madame la duchesse d'Orléans et mademoiselle d'Orléans, suivies de leurs dames d'honneur, sont introduites et montent à leur tribune. Messieurs les ambassadeurs se lèvent , saluent les princesses et ne s'assoîenfque lorsque leurs Altesses Royales ont rendu le salut et se sont assises. Avant de s'asseoir, les Princesses s'agenouillent et font une courte prière.

Tous les regards se portent sur leurs Altesses Royales et sur leurs magnifiques parures. Madame la Dauphine avait une robe brodée d'argent sur un fond d'or et portait un diadème étincelant de dia-

' Parmi la nombreuse suite qui marchait derrière les ambassadeurs se trouvait M. de Rotscbild , portant un uniforme rouge et deux épâulettes. M. de Rotscbild est consul général de Tempereur d'Autriche. ^

DU Sache m: chables x. 49

mans» Madame , dachesse de Betrf^ avait uhe robe rbse lamée d'argent ; elle était coiffée encheveux \ Areù une eouronne de roses mélééB de diamansi Jl^dame la duchesse et Mademoiselle d'Orléans étiaient têtues de robes blanches brodées d'argent^ et tioiffêes avec des toques blanchos / surmontées de fH urnes de la même couleur.

• ' Plus dé dix mille bougies allumées dsËas toutes h» jiartSes de ce vaste édrfice::9Îoutaia)t eneoorp à leclat de ses olrnemens et& celui des iaupmbrablefli diamans . dés broderies étiacelarUes et des costulÀes d!oret d^argent, qui. de toilOes. parts ébloui»!* saient les yeux.

Tei était eu ce mouHttitla.dispè^itîon et.Iâ.CQup tfi^il général de l'assemblée; .: . ■■ . , ..

A sepjt heures et demie , le clergé arrive àrl'égliae. Moiaseiguevr le coînté de Latil }\, archevêque de Reims , s'avactee ven^ lautel^ prâcédé dëimessieiiri Jea évéques de Spissoûs * et.d'AmîieQS ?, eu mitre , £Diisai\t ks fonctioua dé diaei^ ei de aotis-dÎMre :^

et de messieurs rarrche.véque<ije Besançon S l'aijclipr

^ M. le comte de Latil, ( Jean-Baptîstê-Marie-Annê-A h« toifie), talr de fràtace, est né atiit ilfes Saibtè-lttaifgoîôfitfc le 6 mars 176 r, et a été sacr^ 4e 7. avril ïSi6. *

' M. de Simony.

'M. de Chabons, sacré- le 17 n'oveinfare iBas-

* M. Fï-^re de Villefrtricon , Phir ife France , lacfé en

5o RELATION COMPL^.TE

véque de Bourges % Tévéque d'Autun ^ et Tévéque d'Évreux ^j nommés pour chanter les Litanies. A leur entrée, Torgue et la musique du Roi se font entendre. Après avoir fait sa révérence à Tautei , Tarchevéque s'assied au milieu du sanctuaire , le visage tourné vers le chœur, dans un fauteuil placé vis-à-vis le prie-dieu du Roi. Les évéques de Sois^ sons et d'Amiens se placent à ses côtés, et lés archevêques et évéques qui doivent chanter les Litanies prennent place au côté droit de l'autel.

La cérémonie s'ouvre par l'hymmë Rectofpotens veraxDeus^ etc. On chante ensuite le psaumes de Sexte.

Pendant ce chant , vers huit heiures moins un quart, les cardinaux assistans (MM. le due de Clérmont-Tonnerre, pjiir de France, archevêque de Toulouse et de Narbonne et le duc de Lafare, pair de France, archevêque de Sens et d'Auxerre ) , tous deux en chape ^ étole et mitre , sortent de l'église , précédés du chapitre en chape, et vont chercher le Roi à son appartement.

Le chapitre arrive à la porte de la chambre où se trouve Sa Majesté avec monseigneur le Dauphin, monseigneur le duc d'Orléans , monseigneur le duc

' M. de Villèle, Pair de France, sacré en 182a. • M. de Vichy, Pair de France, sacré en i8ig. 'M. le comte Salmon-Duchatellier, Pair de France, sacré en 1822.

DU SACRK DE CHARLES X. 5l

3e Bourbon , les grands-officiers de la couronne m ceux qui les représentent , les grands-officiers ie la maison du Roi , les premiers officiers et officiers de la maison de Sa Majesté ayant fonction à la cérémonie du sacre ou étant de service. Alors le grand-chantre de la cathédrale frappe à la porte , et le grand-chambellan dit à haute voix : Que demandez-yous ?

' Le cardinal de Clermont-Tonnerre , premier des

cardinaux assitans ( comme le plus ancien ), répond :

Charles X que Dieu nous a donné pour ÈoL »

Les huissiers de Sa Majesté ouvrent lés portes ;

les deux cardinaux s'approchent du Roi , qui se

lève de son fauteuil à leur entrée, et ils saluent Sa

Majesté , qui leur rend le salut *.

* C'est ici la première modiGcation, et ce n'est pas la nioins importante. Voici comment cette même cérémonie s'était passée au sacre de Louis XVI. . *

«. Arrivés à la ch^pibre du Roi , qu'ils trouvent fermée . le chantre y frappe de son bâton. Le grand^cbambellan , sans ouvrir la porte , dit : Que demandez-ifous ? L'évêque de Laon répond*: Le Roi; le grand- cbambellan réplique : Le Roi dort. Le cbantre -frappe de nouveau -/févêque demante une seconde fois le Roif et le grand- cbambellan fait la même réponse. Mais à la troisième fois, le cbantre ayant frappé, et le grandchambellan ayant répondu de même , l'évêque ajoute ; JVous demandons Louis XVI que Dieu nous a donné pour Roi. Aussitôt lies portes de la cbambre s'ouvrent, et le grand-maître des cérémonies conduit les deux évêques auprès de Sa Majesté , qu'ils

Ss ^ RXLÂTIOir GOMPLÉTR

Alors les princes partent pour Téglise.

Vers huit heures, monseigneur le Dauphin,

saluent profondémeot. Le Roi est conehé 8«r un Ut de (Mfsde; i'évéque de Laon lui présente de Teau bénite et récite use oraison , puis les deux évcques soulèvent le Roi de dessus son lit et le conduisent processîonnellement à l'église. »

Le sens moral de cette cérémonie est évident. Le Roidaii^ et ce sont les prêtres qui l'éveillent ; U Roi est couehéy et ce sont les prêtres qui le loutèvent. N'est-ce pas etprimer ti» clairement que possible que le Roi n*cst rieà tant que lès pÉétrès ne l'ont pas fait quelque chose , que le Roi n'est Roi qu'en vertu de l'onction sacrée ?

Aujourd'hui tout cela a disparu. Le Roi était couché, sur oa lit , il est assis sur un fauteuil; le Roi était soulevé par Tévêque, il se lève de lui-même pour se rendre k l'église. On a fait précisément tout le contraire»

Des personnes prétendent que cette cérémonie faisait seulement allusion à un principe qui fut en vigueur jusqu'au donzième siècle, principe d*après lequel les princes qtii ëaocédaient au trône n'étaient reconnus Rôiflf que le jour de leur sacre. Avant cela , le Roi dormait^ disent les vieilles chroniques y et l'autorité demeurait si absolument aux grands et an régent , que leur nom seul était marqué sur les actes.

Ces personnes accordent par cela même ce qu'elles scmll^' raient vouloir nier ; car notre première explication n'est autre chose que le développement et la conséquence de ceUe qu'elles donnent elles-mêmes. '

D'ailleurs , si cette cérémonie n'avait pas eu en effet le sens étrintention que nous indiquons, si elle n'avait pas consacré une Usurpation pallr trop révoHitnte du clergé sur la royauté^ pourquoi l'aurait-ou modifiée?

Di; SlCltS DU CHABL£S X. 5$

monseigneur le duc d'Orléaas ei monseigneur le duc de Bourbon , portant tous trois U Goaronne de prince et des manteaux à tTè8*-Io]3gU6 queue, eatrent dans la cathédrale conduits par AL le grand-mattre des cérémonies, précédés et suivis de leurs premiers offi4îiei«*

Qudquas înstans après^^la Roi se rend à Féglise par la grande galeriô couverte construite le long du côté droit de la cathédrale* Le cort^ sayance dbns Tordre suivant :

Le dbapitre de la métropole ;

Les garde& à pied ordinaite^ d4i Roit marchant sur deux files en tate ;

La musique;

Les hérauts (Parmea ' ;

Le roi dVmes ; ,

Les aides des cérémonies ; ^ ^

Le grand-maître des cérémonies (M. le marquis de Dreiuc-Brézé, pair de France ) ; '

Les quatre chevaliers de TQrdre dû Saint-Esprit destinés à porter les offrandes ^

M. le duc de La Vauguyon , le vin dans uq vase d'or;

. M» le duc de Larochefoucault , le paia d'argent;

M. le duc de Luxembourg, le pain d'or;

' MM. de Yanzelles, le chevalier de Marada9> Gordier de Saint- Elne , le chevalier Fahvre , le baron Latpé et Leconte.

M. le duc de Grammont, l'aiguière d'or remplie de médailles ;

Les pages du Roi sur les ailes ;

Le maréchal Moncey , duc de Conégliano , faisant fonctions de connétable ( comme le plus ancien maréchal de France), tenant à la main son épéc nue , et ayant à ses deux côtés deux huissiers de la chambre du Roi portant leurs masses '.

En arrière du connétable , sur le côté à droite , M. le duc de Mortemart, capitaine-colonel des gardes à pied ordinaires du Roi, et M. le duc de Bellune , major-général de la garde royale ; *

En arrière du connétable , sur le côté à gauche , le maréchal marquis de Lauriston * , le comte de Cossé et le duc de Polignac , nommés par Sa Majesté pour porter la queue du manteau royal; ^ »

Le Roi paraît ensuite, accompagné des deux cardinaux;

A 3a droite , le cardinal de Clermont-Tonnerre ;

A sa gauche , le cardinal de Lafare ;

Sur les ailes, à la hauteur du Roi , six gardes de la Manche , trois de chaqpe côté ;

' * Au s^cve de IVapoléon , M. le maréchal Moncey portait la corbeille qui devait recevoir le manteau de l'impératrice, *

" Au sacre de Napoléou , M. le maréchal Lauriston ( alors général ), marchait comme aide de camp à la gauche du grandchambjellaQ , et madame de Lauristou figurait parmi les dames du palais 4^ l'Impératrice^ çutre madame de Talhouet et madame la maréchale Ncv.

DU 6A.GRE DE CHABUEiS X. 55

Derrière le Roi, adroite et à gauche, M. le marquis de Rivière et M. le duc d'Havre de;Croï, capitaines des gardes-'du-dorps;

Le major des gardes-du-corps, marchant derrière

le capitaine des gardes de service ;

Le chancelier de France ( M. d'Ambray ) ;

Le duc d'Uzès , représentant le grandHHaître de France, portant le bâton de grand-maître à la, iriain, haut levé ;

A sa droite, M. le prince de Tallejnrand , grandchambellan ^ ;

A sa gauche ; M. le duc d'Aumont , premier gentilhomme de la chambre;

A droite, un peu en arrière du grand-chambellan , M. le marquis' d'Avarai remplissait les fonctions de grand -maître de la garde-robe , à la place de M. le comte Curial, que son accident a empêché: d'assister à la cérémonie ;

Les deux gentilshommes de la chambre, l'im derrière le grand-chambellan , l'autre derrière le premier gentilhomme de la chambre ;

Les offîciers des gardes-du*corps dé service , suivis d'un détachement des gardes-du-corps.

Les gardes à pied , en entrant dans la nef, se mettent en haie des deux côtés.

* M. de Talleyrand remplissait les mêmes fonctions au sacre de Napoléon , et portait la corbeille destinée à recevoir le manteau de l'empereur. •

• l»e c^pitrc s'ai^éte -à T^efltrée^ de la neù IjBs gardes de k Mafidie ^ les hérauts ti^armjpB s'avancent et se placent 'éiti bas ées degrés du êânc-

 l'arrivée du Roi à litres de l^égli^è , le dardi-' nal de L^fare dit cette opâisan ' :

û Dieu qui saveâs que le genre humain ne f^ut ^ûbsifiiier par ea propre vertu! accorder votre «ècours à Charles , votre serviteur, que vous aveGi^nils à 3a tête de votre peuple, afin qu*iï puisse lui-onême secourir et protéger ceux qui lui softt sa«Httlis« ^

On chante àlovs en faux lK>irdon le péautne : Domine^ in virtute iuâ iéBiabiiur Htffs , ' et « let Bèi a'aSranoe'à pas le^ts vers l'aucel , toujouift eia^lre les deux cardinaux ,' et ittveUi d'une simple oamisole de satin blanc (figurant une chemise), de -muiits l>ianohesiui|i*pied$i(6Q' guise de pantoufles)^ ^t d'une toque de velours noir , surmontée de pluia^s blanches «tnoiires*' '

> . XiB plus pisofonid silende règne idans l'assemblée, et l'expression d'tta^aeniîment' pénible se peint sur toutes les physionomies. L'humble vétemesit du Roi , au milieu des omemeus éclatans dont il est en* jtowé, et à côté du réaplendissant arcftievéque^, fait

* Toutes ces' braisons sont récitées en latin.

' Quelques instans après , l'arehevêque va -se revêtir de ses omemens podÂfiowx qui 1i(>itt eu of brochés sur %xà food d'or. La mitre est enrichie de pierreries^ " . '■■■•■

DU.^4CM l>E CHaiEUA X. 59

un étrange contracte ^ et produit da6s tous; les coeurs une émotioa méiée d'étooDcoient ^ ^ * ' v^ .-.

Arrivé au pied 4e l'autel ^ le RorVageiiouièie^ et rar<;hevéque de Reims, debout et sans mitre v^t sur S. M. l'oriubioii suivante : •*

ce Dieu tout- puissant (jui réglez tout ce qui est au-dessus dfe nous, et qui avez daigné élever au trône votre serviteur Charles , nous vous supplions de le préserver de toute adversité, de le fortifier du don de la paix ecclésiastique, et de le faire arriver, par votre grâce , aux ioi(^ d'une paix ,ét|Brnelle. »^

Après cette' oraison , le Roi , toujours eooddit par les deux Cardinaux , s'atdDoe JQsqu'âli fauteoii qtA lui a été préparé sous le dan au milieu du sanctuaire. ' • ••

Le Roi étant i son fsiuteuil ,- la séatiee est ainsi disposée:

Monseigneur le Dauphin , monseigneur le duc d'Orléans , monseigneur le duc de Bocerbon à dvoite de Sa Majesté sur le o6té , ayant leurs couronnes ducalessurlatéte; >

• Derrière le Roi :

A droite et à gauche et debo«it deux capitaines des gardes^du-cor ps ; un peu plus en arrière et plus sur les cotés , à droite , le capitaine ^ colonel des

* A. ton entrée dans J'^glise , Oi'afK>léaii éuit revvta det oraemens impénsnu. ....

58 RELATfOeC COMPLiTK

gardes à pied; à gauche^ parallèlement, le major^ général de la garde royale aussi debout;

Sur le mètne alîgnemeùt , malaf un peu plus sur le oàté, le maréchal marquis de Lauri'ston , le comte de Cessé, le duc de Polignac, debout;

Le major des gardes-du-corps se tient en arrière du capitaine des gardes de service près de la première marche du sanctuaire.

Le grand-maître , le maître et les aides des cérémonies se tiennent debout à droite et à gauche en avant du prie-dieu du Roi.

Le maréchal duc de Conégliano , représentant le connétable, est placé aubas des degrés du sanctuaire, au milieu , sur un tabouret.

A ses côtés sont les deux huissiers de la chambre du Roi, debout et portant leurs masses.

Le chancelier est placé aussi sur un tabouret, à environ trois pieds derrière le connétable ;

Le duc d'Uzès , représentant le grand-maître de France , le grand-chambellan et le premier gentilhomme de la chambre , sont tous trois sur un même banc, le grand -maître au milieu, le grand -ohambelianà sa droite, et le premier gentilhomme de la chambre à sa gauche.

Sur un tabouret , à droite et un peu en arrière du grand «- chambellan , le premier chambellan , maître de la garde-robe.

Deux gentilshommes de la chambre sont sur des tabourets , l'un derrière le grand-chambellan ,

DU SACBE DE CHARLES X. Sq

l'autre derrière le premier gentilhomme de la chambre. . . •

£a arrière de xnoQ^e^neur le Datiphin se tient le lieutenant des gardes-^du-corps du Roi,**de Service auprès de sa personne.

Les quatre chevaliers des Ordres destinés à porter les offrandes sont placés dans le chœur; deux du côté de l'Épître, deux du côté de l'Évangile ■ atix premières, hautes stalles les plus près du sanctuaire. • La séance étant prise, l'archevêque se lève et va présenter l'eau bénite au Roi , qui se découvre pour la recevoir. L'archevêque donne Teau bénite à l'assemblée et se retire ensuite derrière l'autel pour se revêtir, de ses habits pontificaux. Pendant ce temps le chœur diante Sexte.

L'archevêque revient à l'autel, apportant la sainteampoule \.

' La cérémonie de la sainte-ampoule , qui eut lieu au sacre de Louis XVI, a été supprimée.

La sainte-ampoule était apportée de Saint-Remy en procession par le grand-prieur de l'abbaye, monté sur un cbeval blanc de l'écurie du Roi , et placé sous un dais porté par quatre barons , et accompagné du vicomte de la Rochefoucault , du comte de Talleyrand y du marquis de Rocbecbouart et du marquis de la Rocbe-Aymond , otages de la sainte-ampoule. L'archevêque de Reims allait recevoir la sainte-ampoule des mains du grand-prieur.

Le 6 octobre ijqS, la saitite-ampoule fut brisée par un commissaire de la convention stir le piedestalde fa statue do

'JJCJ

60 EBLATIOIf COMPLETE

Après avoir salué l'autel et Le Roi , il quitte U mitre et entonne le Feni Creator. Sa Majesté reste \ genoux pendant la première strophe»

Le Veni Creator chanté , l'archevêque reprend sa mitre et s'avance vers le Aoi , accompagné de sei deux assistans portant l'un , le livre des Évangiles , et l'autre la vraie croix. L'archevêque prend le li* vre des Évangiles sur lequel il pose la True croix et le tient ouvert devant Sa Majesté en lui présentapt les formules de sermens placées aussi sur le livre des Évangiles. - ^

Charles X , assis et couvert , la main pasée} sur le livre des Évangiles et sur la vraie croix ^- lit les sermens suivans d'une voix assest forte pour être entendu de ceux qui lentourent.

Serment du Sacre.

ce En présence de Dieu , je promets à mon peuple » de maintenir et d'honorer notre sainte religion , » comme il appartient au Roi très-chrétien et au » fils aîné de Téglâe ; de rendre honne justice à , » tous mes sujets ; enfin de gouverner conformé-

Louis Xy \ mais on a lu dans tous les journaux comment on parvint à recueillir des fra^ens de cette sainte-ampoule^ et une partie du baume qu'elle renfermait. Ce fait est constaté dans un procès -verbal déposé an greffe du tribunal de Reims i et ces précieux restes sont aujourd'hui renfermés dans un reliquaire de vermtil donné p«r S. M . Cb^l^ X. .

DU SACRE DE CHAatES X. 6l

» ment aux lois du royzvme et à la Charte con- » stitutîonnèUe ^ que je jure d'obs^yer fidèlement : » qu'ainsi Dieu me soit en aide et ses ^iuts f^Y.au- » giles. »

Serment du Boi comme chef et souverain grtmd-mtdtre

de ï Ordre du Saint-Esprit.

c Nous jurons à Dieu le Créateur de vivre et de » mourir en aa sainte foi et religion catholique ^ ^ apostolîqiM et romaine; de maintenir TOrdredu » Saint-Esprit , sans le laisser déchoir dé ses glô- » rieuses prérogatives ; d'observer les statuts dudit 3» Ordre et de les faire observer par tous ceux qui j> sont pu serDOtt reçus :.nous réservant néanmoins j> de régler les conditiioas d'admission selop, lei^ien ji de notre service. »

Serment du Roi comme chef souverain et grand-maître de r Ordre royal et militaire de Saint>iMiis et de î Ordre royal de la Légion-^t honneur,

' « Nous. juroBs aolennellement à Dieu de maintenir » h jamais , sans laisser déchoir leurs glorieuses » prérogatives , l'Ordre royal et militaire de Saint- » Louis et l'Ordre royal de la Légïon-dTionneur ; » de porter la croix desdits Ordres , et d*en faire » observer les statuts : ainsi le jurons et promettons aur U sAinte «iroîx et rar les saipt^- Évangiles \ i>

.■II,». Il, I l n n li n i t' *É*i^»»i '■ "' fj !■»*»« > n !<»■ il t > ■ ' ■ ■

■ On a rematqtté'qdè 8. M. à «p|nlyé<t*ttiie4n«oi^n> imite p»r-

6l RELATION COMPLÈTE

Les sermena prêtés, Varchevéque se place à son siège au ka$ daVautelu 'Lé Roi est conduit à Tau tel

ticulière sur les mots; Cliarte constiiiutipnnelle et l'ordre royal delà Zegion-d Honneur. CelsL est si vrai, que beaucoup de personnet qui étaient placées trop loin pour pouvoir entendre le serment, et qu'on interrogeait avec curiosité à leur sortie de Téglise , répoûdaient : « Je n'ai point entendu le serment, mais je rais sûr que le Roi a parlé de la Charte couititationnelle et dé la croix de la Légion^d'tjLonneur; car j'^i eAtendadiitincteiaent ces deux mots, j* • .» . ■ '

Voici le serment tel qu'il fut prêté par Loui» XVIt L'archevêque, après avoir fait la révérence à l'autel et aU Roi, * va s'asseoir sur son fauteuil devant Tautel , et puis, assisté deë évêques de Laon et de Beauvais, s'api^roche de StrMÀjeSté et lui fait la requêté suivante , pour totttes les églîses< dé- Franche : fc Nous vous demandons de conserver les privilèges cânonit||^et, les droits et la juridiction dont chacun de nous, et les* églises qui nous sont confiées, sommes en possession, et de tous charger de notre défense, comme ua Roi le doit dans son royaume à chaque évêque et à l'église qui est commise à ses soins. » Alors le Roi , sans se lever de son fauteuil, et la tête couverte, répond. ainsi : « Je promets de conservera chacan de vous et aux églises qui vous sont confiées le» privilèges canoniques , les droits et la juridiction dont vous jouisses; , et de vous protéger et défendre, autant que je le pourrai » avec le secours de Dieu , comme il est du devoir d'un Roi dans son royaume de protéger chaque évêque et l'église qui est commise à se» soins. »

Ensuite les deux évêques suffragaus demandent aux Princes et au peuple s'ils acceptent Louis XYI pour leur Roi? Le consentement de l'assemhlée ay^^^t -été re^u par un respectueux

>ar les deux cardinaux âssitans, et dometirant deboiit quitte sa première rpJbi6;.Qllc}lutiest ô^e^par M. le

silence ( cette circonstance a été supprimée ) , l'archevêque demande au Roi le senuent du royaume. Sa Majesté assise , la tête couverte ,: le prononce tout haut en latin', et tenant les mains sur le tivrédes Évangiles. « Je promets, au nom de Jésus- Christ, au peuple chrétien qui m'est soumis, i*. de faire conserver en, tous temps , à l'église de Dîen , la paix par le peuple chrétien ( îi®- d'empêcher les personnes de tout rang de comm«lt^ie.*def .jrapm^si et des hidquités de quelque nature quelles soient ; 5°. de faire observer la justice et la miséricorde dans tous les jugéiaélis , aûn que Dieu , qui est la souc'ce de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur voua aussi-;.. 4**« ^e m'appliqner sincèrement, et de tout mon pouvoii: , àîftxterâàiner , de toutes les terres soumises à ma donlination,rleà. hérétiques nommément condamnes par TÉglise. Je confirme- paF serment toutes les choses énoncées ci-dessus : qu'ainsi Dieu <et ces saints Évangiles me soient en aide. »

Voici le serment qui fut prêté par Napoléon le jour de son sacre , la main levée sur T Évangile et la couronne sur la lête: •

. « Je jure de maintenir llntégrité du territoire delà république , de respecter et de faire respecter les loîé du concordat et la liberté des cultes ; de respecter et de faire respecter Tégalité des droite , la liberté politique et civile , TirrévocabiUté des ventes des biens nationaux ; de ne lever aucun impôt , de n'établir aucune taxe qu*en vertu de la loi ; de maintenir l'instituUon de la Légion>d'Honnenr ; de gouverner dans la seule vue de l'intérêt , du bonheur et de la gloire du peuple francais. V :...'.••

Ce serment ne fut prêté* qii* après ^intronisation et sur le trône même. Il termina kr cérémàlne.

64 RCLATioif eoMKin

premier gentilhomme de la ehambre , c{ut la remM au premier Talet de chambre.

Sa Majesté donne sa toque au premier charobel- 1^, maître de la garde-robe , qui la remet au phis ancien des valets de chambre.

Le Roi n étant plus revêtu que <le la camîsotede satin rouge avec des galons d'or sur les coutures , reste debout pendant que Farchevéque dit l'oraison suivante : . s

tt O Dieu , qui êtes Tauteur ineffoble' du monde'^ le Créateur du genre humain y qui goUveitiez 1^ empires et en êtes le soutien » , Comblez 'de Vos bénédictions , par Fintercession de la bienheureuse Marie mère de Dieu et de tous les saints , votre serviteur notre Roi Charles * ! affermissez-le sur le trône ^ , et faites que ses sujets lui gardent la fidélité, que les grands de son royaunie vivent en patlL, qu i

^ Dans l'oraison qui fut récitée au sacre de Louis XVI , il y savait ici ces mots : « qui avez, choisi dcuts lu race dAèrOhcun , notre patriarche y votre fidèle ami , un ^m qui dewùtfiUre'le bottr heur des siècles à venir, , ' - ' ■ '

^ On a retranché ici c^s mots^ avec son armae ( Dobi eiiet^ citup.suo. ) -^ :.

^ A cet endroit on a retranché tout ce qui suit ! f Yill^ tez-le de voire présence comme vou^avez visité Mdïse daofik buisson ardent , Josué, (ils de Navé , dans le coHihat ; GécbÉMi au milieu d'un champ ; Samuel dans le temple. Envoj^z.A'Ai haut sur lui cette rosée de votr^lxénédiction céleste . q«i ékÈo»» la sagesse ; cette bénédiction qyc le saHli rpi -Davji4 a«eçiw''#i

.iiimentia charité , quits s'ab^iennont <^ b cupidité, que là justice soit dan^ls^rv^iichei^tqu'ilsgatdeÊN; iaJt^érité; que ^piipe^iplç^^ pourri dé vds bénédic^ tiQqs, se inultipiie d€^pUj$.eU'plu^.j| et que, rapérieur à ses ennemis , il goûte le^idoucewrsde la pbix :'que celui quijrçgrtô.ftv€|C votiSydafiSf k suite dèsiàièfeles , daigue luiaçco^deijçétteigrâQe.'iJi .

Après l'oraison , on apporte le fauteuil du Roi cti fece de celui de rarchèvéque. Alors le grand^thàmbeUîiM .qMitt^v$P{ plfic^fel Vft chausser a Sa Màjifisté lep lK)t^in«&)4e Tiç^ojLUtôï violet y semées de ûeimtk li;$ d!o^ ep ^h^;^ç}^ï^^ , » que Je grand-maître diéîa-cé^ rémiwifi^iyÂftntideipreudFe ftur l'autei.

» Xe pr/enii^RjV.alpti dô cbambm retire la chaussus^e de mules que leRùi a quitté^. ■ , En.ïf^^^^'Mmj^^'h. grafid^jaaaitre dès cérémonies h^avaucejttc»» monâeigneur le Dauphin et l6 conduit auprès du Roi. Il va prendre ensuite lek éperons sur l'autel, et les présente à monseigneur le Dauphin, qui les met au Roi et les lui ôtç aussitôt. Le; Prince i^ remet au,g^r$ï^-maîti;edeajcérémoiii«af qui le$ reporte sur l'autel.

% i^ - . ■ I - | , . I i TT 1 I I - "• I r j -> | - . I - f ^..^-^^A^ - I - r' - ]-' -

eiel en composant ses psanmet , ainsi que l'a reçoe Salomod èên'fils. Sdiyez âa cniirasse ébiitre lés armées de ses enttemis , Sdn casqfùe dané'l- adversité^ son dtadèiné dans la prospérité, et son bouclier dans son voyage et dans ses démarches. » ' Att sacfe de Nàpolê6h Toï^ikoti ffet réfeîtée par le Pape , telle <ïfl'éHe l'avait é^é au saci^ dé' Louis XVL Les supp^essiôut cidessus indiquées n^tftftent ^a^^ièii. ' .

65 EELâTION COMPLiTE

Bénédiction de Cépée M. le maréchal duc de

Coo^liano , faisaDt fonctioDs de connétable , après avoir quitté son épée ^ s avance vers le Roi par le coté droit Sa Majesté se lève et s approche .de laotel, où Tarchevéque monte en même temps , lait la bénédiction de Tépée de Charleoiagne , alors dans son fourreau et déposée sur lautel, en disant. loraison suivante :

ce Exaucez nos prières^ Seigneur, et daignez bé* nir de votre main cette épée dont votre servitew' durles veut être ceint , afin qif elle puisse lui servir à défendre et protéger les églises , les veuves et les orphelins , et tous vos serviteurs \ et que cette épéè inspire la crainte et la terreur à quiconque osera tendre des pièges à notre Roi. b

La bénédiction terminée, Tarcfaevéque coînt lepée au Roi et laluiote aussitôt ; puis lavant tirée dn fourreau, il la présente au Roi en disant , la Hiitre entête:

ir Prenez cette épée qui vous est donnée avec la bénédiction du Seigneur , afin que par elle et par

* Dans la même oraison récitée an sacre de Louis XVI , U j avaH ici ces mots : comire la meckamaét des ùifidèlts ( coii'« tra sôrvidam paganemm ). fls ontété retrandiés, ils étaiejBti»compatibies avec Tarticle S de la Charte, qni consacre la libem des cnkes.

An sacre de K^oléon » dans cette mène oraison léàtée pat le pape , ces cqiresmns Inxent conservées. Senlenent on pbça le mot pmgmmowvm par cehû mfidtiimm^

la force de Tesprît saint vous puissiez résister à tous vos'erinémis et !es vaincre ; protéger et défendre la sainte église et le royaume qui vous est confié '. Prenez cette épée , afin que par son secours vous exerciez la justice, vous protégiez avec bonté les veuves el les orphelins ; que vous repariez les désordres , que' vous conserviez ce qui a été rétabli , que vous affermissiez tout ce qui a été mis dans l'ordre, afin que vous couvrant de gloire par la prà-

' Jci.oA A r^tcanché les passages suivans qui se trouvaient dans Vorai$on, tejle qu'elle a été récitée au sacre de Louis XV^ :

« Prenez ^ dis-jc , de nos mains consacrées parrautori^def., saints apôlrès, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu'on a ceint les rois , et qui , bénite par notre niinistcre, est

destinée de Bien; pour la défense de sa sainte église. Souvenezvoas de <»él*4 dont le ^roph^te David a parlé ainsi dans ses' ' psaumes : s^pus qui été* le fort dhràcl , prenez 90tre tpét et diè^ ' posez-vous au combat , aûn que par son secours vous exerciez la justice, yous brisiez la muchcire des injustes, que vou9 protégiez et défendiez la sainte église de Dieu et ses enfans j que vous n*avez pas moins d'horreur pour les ennemis secrets du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous travailliez à les perdre. »

Ces paroles, qui tendraient à établir en France l'inquisition et la conversion àes hérétiques par les échafands, étaient aussi incompatibles avec Varticlc de la Charte qui garantit la liberté des cultes et la toléi-ance religieuse.

Cet mêmes expressions avaient été textuellement consei*vées I dans VoraîsoTt prononcée par le Pape' entremettant l'épée à Nai poléon.

68 RELATION eOMPLÈTR

tique de toutes les vertus, en faisant régner la justice, 'VOUS méritiez de régner avec œlui dont vous êtes rixnage. »

Pendant que l'archevêque remet lepée nueentrt les mains du Roi , le chœur chante cette antienne; u Armez-vous de force et soyez toujours homme de cœur ; gardez les lois du Seigneur votre Dieu ; marchez dans ses voies , observez ses préceptes, ses * ordonnances et ses jugemens, et que Dieu soit votre appui en quelque circonstance que vous soyez» »

Et , dans le temps que le Roi tient Fépée 9 Tar- (chevêque debout et sans mitre dit cette oraisoo sur le Roi , qui est aussi debout et ten^|it.^'éj)ée la pointe en l'air : a O Dieu , qui réglez avec sagesse tout ce qui se passe dans le ciel et sur la terre ! soyez propice à notre Roi très-chrétien ; que toutt la force de ses ennemis soit brisée par la vertu de votre glaive spirituel ; combattez pour lui, et ils seront entièrement détruits. »

A la fin de l'oraison , Sa Majesté monte à l'autel , baise l'épée et la pose sur l'autel en se mettant à genoux. Alors l'archevêque reprend l'épée et la met une seconde fois entre les mains du Roi, qui la refoit à genoux et la donne aussitôt ^ M. le maréchal duc de Conégliano. Immédiatement après , M. Taréhevêque dit sur le Roi, toujours à genoux, les oraisons suivantes : *

((Jetez, Seigneur, des regards favorables sur votre serviteur Charles , qui est ici environné éft^

l'éclat de la royauté. Doigtiez le combler des bénédictions dé vôtre grâéef ^pîtitticlle , et revêtez-le ai» la plénitude de votre puissance ; que sous son règne les peuflles jouissent de là santé' ; que la paix règne dans le royaume, et que la splendeur de la puissance royale éclate dans le palais de nos Rois; qu'il soit le ptiissant protecteur de la patrie et le consolateur dès églises; qu'il aime à répandre des grâces, et que toujoiii*s aimable et bon pour les grands et les fidèles de son royaume , il soit craint et aimé de tous \ Enfin , qu'il soit digne de gouverner sagement ses états, et, qu'après un règne glôi^îeux il lAétîté Ad jouir de la be'atitude éternelle. »

Deuxième oraison. — « Bénissez, Seigneur, notre Prince , et dans la confiance où nous sommes que vous nous l'avez donné pour le bien de votre peu-

* Voici cette même oraison , telle qu'elle a été récitée au lacre de Louis XVI. Les passages soulignés ont été retranchés :

« Jetez , Seigneur, des regards favorables sur votre serviteur Louis, qui est ici environné de l'éclat de la royauté ; etcommû vous avez béni Abraham , Isaac et Jacob , daignez le comblet* des bénédictions de votre grâce spirituelle , et revête«-le de la plénitude de votre puissance ; que la roste du ciel et la gtnisse de la terre procurent dans ses états une abondance de ble\ de vin et d'huile , et que , par vos divines largesses , la terre soit couverte de toutes sortes de fruits pendant de longues années , afin que , sous son règne , les peuples jouissent de la santé ^ que la paix règne dans son royaume ; que la'Sjilendéur* Âé la

70 RELATIOBT COMTPLèTE

pie, tlotfûeÉ-luiutte' longue vie', tme santé vîgou* reuse, qu'il arrive à une heriféuse vîèlllea(sé tet enfin au bonheur éternel. »

, T(rHéième oraison. — (cQac Dieu le Père, i^triliiràgoe éterneliement^ soit votreaide et votre protedtéor;'qfie le XQUt-Puissant vous béuisse; qu il exaucetospriéres en toutes choses, et qu il vous accordeame longue smt0 <ie jours; quil affermisse de plus M' phlà votre trône ; qu'il conserve à jamais votre nati^dn et votre peuple ; qu'il couvre de confuskiDTOs* ennemis; que Jésus-Cbrist soit sanctifié eaivottsy afin que celui qui vous a donné sur la terre kiiteàipire, vous donne dans le ciel une réâotnpêhsé' éternelle ^ » . ' l>^i* i

pliifSaQce royale éclate dans le palais de nos r&\É\'lqu'étle brille aux yeux de tous avec la wacile' e'blouissaBte des éciairs» Faites qu'il soit le puissant protecteur de la patrie , le consolateur des églises et des saints monastères ; quils se ressentent de sa piété et de ses libéralités royales ; quil soit le plus puissant des l'ois ; qu'il triomphe de ses ennemis ; qu'il assujettisse les nations rebelles et idolâtres ; que sa puissance roj^ale le rende la terreur de ses ennemis ; qu'il se plaise à répandre ses grâces sar les grands de son royaume , etc. m .',;:-

On. a i^etr^Qohé ici non-seulement ce qui était contraire à la tolérance religieuse ; mais encore ce qui avait rapport à des idées de guerre et de conquête.

Cette oraison ne fut point prononcée au sacre de Napoléon.

» Cette oraison est celle que récita le Pape en faisant les onotioii^ à Phnpëràtrice M^He^Louise,

DU S\C^ DE .CHÀai«£S X. 7I

Alors Sa JVI9 jiesté . çst . pçt^uite. à , soii iai^teuil par les deujç^çarcjiiiPaH^ ASS^sJ^U^. ri».!' >- ♦

Préparation du saint-chrême*-^ L'archevêque fait Quvriap le.i^QliquaireiieaferinaDt la sainte ^ampioule qui est tirée .d'un petit coffre d'or ; il «a retbe avec la pointe .d'une aiguiUe^'c» Une parcelle qu^il Âiéle avec du saiittw^hréme snr )a patène.^ .. Pemda^t oette cérémonie , le d]iOBur chante dette antienne :.;

« Le saimt éveque Rémi, ayant reçu dû ciel ce précieii<x baume , sanctifia l'illustre race des Français dansi les eaux du baptême , et les enrichit du don du.Saintr^Esprit» »

L'archevêque , debout et sans mitre., récite qtiel- [jues versets et ajoute :

« âeigi^eur, qui avez donné le bienheureux Rémi i votre peuple pour le ministre de son salut, fsiites que nous ayons pour intercesseur dans le ciel celui que nous avons eu pour docteur sur la terre, m

Alors les deux cardinaux assistans délient les ouvertures faites à l'habillement du Roi pour les onctions , et conduisent Sa Majesté à l'autel. Un grand drap de velours fleurdelisé est étendu sur 4e devant, et Ion place dessus deux carreaux de velours , l'un iur l'autre , de chaque côté.

Le Roi se prosterne très-profondément ayant la face contre ces carreaux. L'archevêque se prosterne de la même manière à dfçp^te 4i% %i9(Nif^^ ) ^^^^^^

J2 RCLÀTIOV COMPLKTK

qu« ie& deux cardioauK assistans restent debout à sa gauche.

£n ce moment un vif mouvement de curiosité s'était manifesté dans l'assemblée ; on voyait dana les tribunes toutes les têtes penchées vers le sanc* tuaire , et ce spectacle , qui s*est pi'olongé pendant plusieurs minutes , avait laissé sur les visages une impression qu'il serait difficile de caractériser '.

L'archevêque de Besançon , l'archevêque de Bourges , l'évêque d' Autun et l'évêque d'Évreux s'avaneetit au bas des marches de l'autel , et debout chantent les litanies, auxquelles le choeur répond. Après le -verset Ui obseqiiium serviùutisy l'arche véqilé se lève, la mitre en tête, sa crosse dans la main gaudie, et dit trois versets sur le Roi prosterné. Après ces trois versets, que le chœur répète, Tarchevequc quitte sa crosse, et se prosterne une seconde fois.

Les litanies continuées et achevées, les quatre prélats qui les ont chantées s'agenouillent et s'in*-

' Le roi élait exactement dans la position où les gravures représentent Louis XVI, c'est-à-dire couché sur les coussins. U est même amvc que Sa Majesté , fatiguée peut-être de cette postticMDi Qu croyant que les litanies étaient terminées , s'est rde^ vée un instant ; l'archevêque alors lui a parlé , sans doute poqr. lui faire observer qu'il n'était pas encore temps , et le Roi s'es^ étendu de nouveau sur le coussin jusqu'à la fin des litanies.

Voici comme la même circonstance se passa au sacre de >iapoléon : >

« Le Pape , les archevêques et évêques ayant la mitre «fin;

/ DU SA.011E BIS. cnAnij-ÉÉ X. 73

elineiit. L'archeirêque s'étant 'fdwé dit;^atis rtitre,' le Pater noster et les deux oraisons suivantes :

« Accordez, Seigneur, le secours de^votre grâce céleste à votre serviteur Gbarles , afin quSl «^bAs re-» eherche de tout son côeur , et qu'il mérite d'obtenit* ce qu'il vous demande humblement. »

« Nous' vous supplions, Seigneur, de pï^veliir nos actions par votre esprit, et de les conduire par une assistance particulière de votre grâce , afin que toutes nos prières et toutes nos œuvres sortent de vous comme de leur principe, et se rapportent à vouS'Cammç à leur fin. »

Alors l'archevêque se place à son siège, le dos tourné à l'autel. Le Roi est conduit près du siège de l'archevêque par les deux "cardinaux. S. M. s'agenouille, et l'archevêque, assis, la mitre en tête, dit sur le Roi cette première oraison :

« O Dieu, qui veillez sur vos peuples par votre puissance , et qui régnez sur eux par votre amour ^ donnez à votre serviteur Charles l'esprit de sagesse et celui du gouvernement , afin qu'en vous demeu-

téte ont récité à genoux les litanies , pendant lesquelles Leurs. Majestés sont restées assises sur le petit trône.

» Après le verset Ut omnibus Jîdelibus, Sa Sainteté' s'est levée^ et , tournée du côté de l'Empei^eur et de l'Impératrice , elle a récité les trois versets suivans et donné ses bénédictions^ pendant lesquelles Leurs Majestés se sont mises à genoux ei\ {'inclinant . »

74 BBTwiTKJïf comMÂrr. '

ratitmcaefaéitle^ toift'idowicaéUk*; il soît tobjours capable de'^égir Ron 'ro}i^€»Mi6;^qi]e "sdti^^séti'i^ègtie l'église^ouisse d'une p>teme tratiqmllîifér'^M ta' pieté réside datls ses iqemiit^s y 'âfid que , persévérait llahs les bonnes nenvres. il parvienne, '^oiis Vdtté^'tiMduiie^;«i royaume du cieL » : ii i.»mi -

L'arclievéque continne ensuite en disMt t^Wé Meonde oraison-: • ■ '••«i 'il ' »•]'

• a Que toute équité et tonte justice ilfAsfiiéilt ^6to son règne t qu'il soit le protecteur de ses knôfii'^le rempart de ses peuples contre ses enÀettitéV^iË.' ecttsolation des humbles; qu'il réprime les orgueilleux; qu'il soit une leçon pour les riches': qu'il spitcj^aritable envers les pauvres '; qu'il fos^e régner |[^pi^ii et la sûreté parmi ses sujets^, et que, coip|)lé ae

• Ici on a retranché ces mots : qui! soit le pacificateur dts nations étrangères.

Cette modification remarquable , qui n'avait encore été signalée nulle part , n'est-elle pas une sage protestation contre le droit d'intervention dans les affaires des autres peuples? L'intention est d'autant plus évidente que ce sont deux mots seulement qu'on supprime au milieu d'une longue" phrase. Dans Tovaison pi*emicre , on demandait à Dieu qne le Roi pacifiai les étrangers , et fît régner la paix et là sûreté parmi ses sujets- ( Peregrènis pacijicatio et pmpiiis inpatriâpax .et securitas. ) On a laissé la seconde de ces demandes , et on a retranché la pre^ inière.

• Dans l'oraison récitée au sacre de Louis XVI , il y avait ici ces mots : « Qu'il gouverne avec modération Us uns et les autres.

VOS grâp^, H.^eiicloft|i0-qiA^»dQ*»<93Lempà0$)depiétéi';

ses fdafs^içiS^yiAllJ^ttVwneMtQiiijowrs to»- peuplai avec p^i^,^;^yiBÇ.^§^e^i qu'il J0iiis(se.paF VQtoâiSâCiaiirs çVMpe^:jKi$/lQ![>gue^t(2b^u^eu»e; quelles |eups<^ toajojurs favorables pour luii, le conduisent ju&quàtune e^tf)âj^j ,iiijj^es&e ;^ > q^e. délivrà .desnUeiifii de .tout péché parles richesses de votre inisérioQrdev etarrjkVjé ^ 4iii^ 4l9 ^i^ /Q9tte vie périssabley il ; mérite de }oi^(.^e^l# jH^c^mpepse du bonheur. aansrântet de la,SjPgj[ét^j^^pelle avec les anges. »

'^uonséèralïdn dU Roi. — L'archevêque , la mitre en ^eVë'^ei (ï'^rié voix élevée, dit Foraison suivantb,

peÀa4nt4ffqùefle Sa Majesté demeure à g ■ -

« *Uièu tôui-puiésaht et éternel, qui

enoux qui gouvernez

çhaçijLn ^elon son état. ( Unumquemque sùcundiun suam mensuram moderatt gubernans. ) » •

Ces paroles étaient incouipatihles avec l'articlç i*'- de la Charte , qui consacre l'égalité des Français devant la loi j eUes ont été supprimées.

* On a retranché aUssi à cet endroit le pass.age suivant : « Que. marchant pai' la voie de la vérité av^c le troupeau quilui est soumis { cwn jgregc sibi s^bdito]^ il amasse aypç.ipodération les richesses qui lui sont nécessaires. Donnez^lui , Seigneur , tout ce dont il a besoin , non-seulement pour la santé du cpi-ps, mais pour celle des âmes. » . *

Les mots de troupeau soumis n'étaient plus applicables au peuple d•^ne ppaarchiq çpu^stit^tipnAçUe^ -.,

. Cette oraison ne fut pp^nt récitée i^u^wçre d^^ .

le ciel I qui ave^créé la terre; roi des rois, seigneur des seigneurs^ qui réglez lé sort des anges 'et dei hommes % écoutez nos très-humbles prières , et ré* pandez vos abondantes bénédictions sur votre serviteur Charles notre Roi ^, afin que doué de la fidélité constante d'Abraham, de la douceur de Moïse, de la force de Josué, de Thumilité de David, et otné de la sagesse de Salomon , il vous complaise en tbutes choses; qu'il marche d'un pas ferme et sûr dans le sentier de la sagesse \ et que, jouissant de lamour

• On a retranché ici les niolr, suivans, sans doute pour élaguer des longueurs inutiles : «Qui aVez fait triompher de ses ennemis Abraham , votre fidèle serviteur ; qui avez fait remporte^ un grand nombre de victoires à Moïse et à Josué , les chiels ae votre peuple ; qui avez tiré de l'obscurité David pour l'élever au trône ; qui l'avez délivré de la gueule du lion j qui l'avez fait sortir vainqueur du combat avec Goliath , échapper du glaive de Saiil et l'avez délivré de tous ses ennemis ; qui avez enrichi ^stlomon du don de la sagesse et l'avez fait régner en paix. »

' Il y avait ici , dans l'oraison récitée au sacre de Louis XVI, quelques mots très-remarquables que Mgr. l'archevôque n'a point prononcés cette fois. Les voici : « Votre serviteur Louis, que nous élisons pour le roi de ce royaume au milieu des prières que nous yous adressons ( quem supplici devotione in hujus regnirt' gem eligimus ). »

^ On a encore retranché ce qui suit : « Qu'il pourvoie aux besoins des églises de son royaume; qu*^!! en soit le moniteur et le défenseur 5 que par votre puissance il gouverne ses états avec toute L'autorité royale ; qu'il réprime tous ses ennemis visibles et invisibles ; qu'il n*abandonne point ses droits sur le»

DU fkKCtiE BE GAAJILES X. ')'J

dont il est digne, il affermisee et gouverne en paix par votre grâce le trône de ses pères pendant une longue suite de jours ^ Honorez-le de bénédictions' abondantes, et répandez sur lui l'onction du Saint* Esprit, »

Alors M. l'évêque de Soissons , faisant les fonctions de diacre > va chercher sur l'autel le s^int-* chrême et le présente à l'archevêque.

royaumes des Saxons , des Merciens et des peuples du nord et des Cimbres , etc. »

• Enfin , dans cette même oraison , on a supprimé le passage suivant . k Que toujours muni du casque et du bouclier de votre protection , et tout environné des armes célestes , il tripmpli6 heureusement , et selon nos souhaits , de tous ses ennemis^ que sa puissance inspire de la terreur aux infidèles. {Terroremquesu(& potentiœinjîdelibus inférât,) Que par ses vertus qui l'accompagneront dans les combats il recueille avecjoie les fruits de la paix. »

Cette même oraison fut aussi récitée par le Pape au sacre de Napoléon , et il est curieux de voir comment elle fut modifiée^ Au lieu de ces mots : « Que nous élisons pour roi (quem in regenr eligimus ) » le Pape dit : que nous allons consacrer pour empe^ reur ( quem in imperatorem consecraturi sumus).

Le passage relatif aux Saxons et aux Cimbres fut retranché comme aujourd'hui.

Le dernier passage : « Que toujours muni du casque et du bou-. clier de votre protection , il triomphe heureusement » , etc. , fut conservé. Mais au lieu de ces mots , qu^sa puissance inspire de la terreur aux infidèles ( infidelibus ) , le Pape dit : que sa p.msr. tance inspire de la terreur aux ennemis de la sainte croix du Qirist. ( San et» cruels Christi hostibus.)

78 IIELATIOW COMPLETE

' Le Roi à genoux , Tarchevéque de Reims assis , tenant la patène dor du calice de saint ftenii, sur laquelle est 1 onction sacrée , en prend avécle pouce droit et sacre le Roi.

La première onction sur le sommet de la tête, en Élisant le signe de la croix et en disant: «Je Vous sacre Roi avec cette huile sanctifiée , aiî nom du >) Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

La seconde sur la poitrine , les deux cardinaux tenant la camisole et la chemise ouvertes; la 3«. entre les deux épaules ; la 4®. sur l'épaule droite'; la 5*. sur l'épaule gauche; la 6% au pli du tiras droit ; la 7®. au pli du bras gauche, fâisàriiE^ a ctalque onction le signe de la croix et re'péîânt la même prière. M. l'évêque-diaore essuie les onettons-à-me* sure quelles sont faites.

Pendant les onctions , le chœur chante l'antî^saioe suivante : (c Le prêtre Sadoch et le prophète Nathan » sacrèrent Salomon dans Sion, et s'approchant de » lui ils lui dirent avec joie : f^içe le Roi étemelle^ » ment * / »

> Voici comme s^est passée ceUe même circonstance au sacre de Napoléon et de Marie- Louise :

»< S. Em. monseigneur Fesch , grand-aumonier de France,' et monseigneur le cardinal de Belloy , le premier des cardinaux français , archevêques , monseigneur de Rohan , premier aumônier de l'Impératrice , le plus ancien archevêque*, et monseigneur de Beauinont , évêqae de Gand , le plus ancwii

Dl/ SAÔR£ DE Ç|i;f fgL£$ X. Ji^

L arch^vêquei , to^ijo^ufis^ j^çis ^yw^^a ipîtr^ et le Roi à geno^ lui^ dit )e^oi^aison?^^^

« O Çnrist J sacrez vous-même, ce Roi pour le » gouvernement, ainsi que vous avez sacré l^s prê- » très, les. rois , les prophètes, les martyrs, qui par » la toi ont subji^gue des royaumes, ont accompli M les devoirs ne ïa justice, ont reçu l'effet de^ pro- » messes ; que cette onction çacréç se répande sur w sa tête , quelle pénètre jusque dans son âme ^t » dans le fond de son cœur, et qu'il mérite d'avoir » part aux promesses dont les rois fameux par leurs » victoires ont vu en eux l accomplissement , en sorte » quil règne heureusement dans le siècle présent , et » qu'il soit admis dans leur société dans le royaume

évêque , avertis par le grand-maître des cérémonies et par xnonsdxgbétnr l'abl>e de Prâdt , aumônier ordinaire d^ i'E^pereor {depuis évêque de Poitiers) , nommé par Sa Mi^esté maître des cérémonies du clergé pour la cérémonie du couronnement ^ se sont rendus auprès de Leurs Majestés , leuf ont fait une inclination profonde , et les ont conduites au ^ied de l'autel pour y recevoir l'onction sacrée. Personne n'a suivi Leurs Majestés dans cette marche. . - .

» Leurs Majestés se sont mises à genoux au pied de l'autel sur des carreaux.

» Sa Sainteté a fait à l'Empereur une triple onction, l'une sur la tête, les autres dansles deux mains, en récitant les prières, etc.

» S. S. a fait ensuite les mêmes onctions à l'Impératrice.

» Fendant cette consécration, la musique impériale a exécuté la même antienne ci-des^u^ indiquée. M

Bo Relation coMPLiTË

» des cieux. Nous vous le dernandons pàt tiotN! » Seigneur Jésus-Christ ', à qui appartiennent la viC" » toire, la gloire, la puissance. »

Deuxième oraison. O Dieu , qui êtes la forcé deà élus; qui , au commencement du monde , ay^ez youlit punir par les eaux du déluge les crimes des hommes , et qui avez fait connaître par une colombe portant un rameau d'olivier , que vous rendiez I9 paix à la terre; qui avez sacré prêtre votre serviteur Aaron par le moyen de l'huile sainte; qui paï cette même onction avez établi les prêtres , les rpi^^ les prophètes pour gouverner le peuple d'Israël; qui avez prédit par la bouche prophétique dc David , votre serviteur , que toute la face de votre église serait resplendissante par une telle onction î nous vous supplions, Dieu tout- puissant, de san(> tifier, par votre bénédiction et par FefFet dcî cette huile sainte , votre serviteur ici présent : faites que participant à la douceur de la colombe , il donne la paix à tout le peuple qui lui est confié : qu'il imite avec soin les exemples d' Aaron dans le service du Seigneur : qu'il monte sur le trône , assisté dant

' On a ici retranché ces mots : « Qui a été sacrée d*«né huile de joie d'tine manière plus excellente que tous eeux ifé participent à sa gloire , et qui, par la vertu de sa croix, * vaincu les puissances de Tair , a détruit Tenfer , triompha de Vempire du démon , et est monté vainqueur aux cieux w

BU SAQRE DE CHAAttÀ x: B^t

\ jugenkens des conseils delà science et de l'équité, le par votre bénédiction et par l'onction de cette lile sainte, la satisfaction et la joie éclatent toiiars sur son visage aux yeux de tout son peuple. » Que notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de ieu , répande sur votre tête , pat l'effusion decétlé lile sainte , la bénédiction du Saint-Efeprit , et qu'il i pénètre votre cœur; afin que, par ce don vi* aie et sensible , vous méritiez d'avoir part aux ens invisibles , et qu'après avoir gouverné aved le juste modération un royaume temporel , vous éritiez de régner avec celui qui seul , le ftoî des ►is, etsans péché, vit et e^t glorifié avec Dieu le Père.u

Le grand-chambellan s'avance alors et met à Sst [ajesté la tunique et la dalmatiqûe de satin violet *anioisi , semé de fleurs de lys d'or, que le maître : un aide des cérémonies viennent de prendre jr l'autel. Le grand-chambellan place ensuite paressus le manteau royal de velours violet, semé d^ eurs de lys d'or , doublé et bordé d'hermine.

Ainsi revêtu des habits royaux , le Roi se rhet à ;enoux; l'archevêque, assis et la mitre en tête, re^^ )rend le saint-chrême et fait les onctions aux pîttt-' nés des deux mains de Sa Majesté , en disant: <cQùé res mains reçoivent l'onction de l'huile sanctifiée ^ le laquelle les rois et les prophètes! ont été sacrés; ;t de la même manière que Samuel sacra le roi David, afin que vous soyez béni et établi Roi dans :e royaume que Dieu vous. a donné à ré^ir. ^

8a RBLATioir complAts

Alors le Roi , toujours à genoux , joint les maios devant la poitrine et reste prosterné dans un pnolùnd recueillement. L'archevêque se lève, quitte sa mitre, et dit cette dernière oraison : " \. ^^ 'A

« O Dieu, qui êtes la gloire des jâsttt, istqui faites miséricorde aux pécheurs; qiiiï avta ^WPVpjfé Totre Fils pour racheter le genre humam-^ ^poc^ scfa précieux sang; qui terminez les guerres ^'tXiÉ»battant pour ceux qui espèrent en vous ; bt^tift Cetite j sous l'empire de votre volonté toute la pniMSflfe I des rois! nous vous supplions humblement dtai bénir | sur ce trône votre serviteur Charles^ ioil' présèiit^ qui met toute sa confiance dans votre bQnté4iiem)e loi être propice. £t puisque votre prot«ptiialn«i|t Tobjet de ses vœux, faites qu'il soSlt> ^sujIérieiBiCI tous ses ennemis; qu'il en soit levainquetlr^^cpè le bonheur l'accompagne* Couronnez-^* de lorolûv' it>nne de justice et de sainteté , afin que^- pleine foi en vous, de tout son cœur et de toute soÉrâan^ il vous serve fidèlement , qu'il défende votre saittib Église ' , qu'il conduise avec équité le peuple ique vous lui avez confié , et qu'à l'abri de toute adver^ site il lui enseigne à pratiquer la justice. EnflanmiëE son cœur de l'amour de votre grâce, par l'effet de cette huile sainte, et qu'après avoir régné conomt 'lé meilleurs rois pendant le cours des années que voitf

* On a retranché ici ce mot, difficile à traduire i £t méiimet (et qu'il la mette au-dessus de tout).

DU SA^CBUt BF €Hâfi£BS X. ^

aver Féglév U mérite J^dâaDrtiiier^ siusi |di«d^ iter-

Bénédiction des gcmis^la^ neuf onctions étant tarminées v ^ pi^toner valet de chsgaabre ^ ^'avance et pvéseji^eà monseigneur l^éiFéque'-dîajcre'iiiiepaicfe de gaQjtst;dur;un plat de^venneil, L'évéque pâ^^nl^le pkt etilesou^Qt pendant que l'archevêque^ debout et^saiA3iiaître,> asperge les gants d'eau bénite/ eà disant ;*•; r ^ 'c \~ • •» .^?,

« iDIeu tout^puissant, qui avez donné à Ubonraie ctuéé À'fvptD9 usaj^desmains < que voi» avez vonlo que l'on rQQnsei:fvait mnd tacbe^ afin qu!eUes^a69ei|t portei^^pouriiiinrsidire, une âme toujours drgnedé Dieuv ^] qu'eUes servissent d'instrument à la <^léï^ bratton de ivpa : saints mystères ; daignez bénir ce^ vétemensqto servent à couvrir les mains, afinqué les rois^ qui ^voudront en &ire usage ne moubri^it que de& œuvres pure^^ tant à l'intérieur <pi?à l'ed^ lieur. ->*^- ■-■> - -^ • ' ';

Après cette oraison, l'archevêque, assis et là mitre en této, met les gants aux mains du Roi, en disant :

cr Environnez^ Seigneur, les mains de Charles votre serviteur de toute )a pureté de Tfaoïiuné nouy

■ On a retranché ici cette plirasé de mauvais goût : « Et dont les doigts sont propres à divers suffrages- comme 4ift^ orgaUlé dct discernement pour bien agir < »

6$ REtAtîON COMPLiTE

rwù qui eât descendu du tiel , afin que comnie Jacob votre bien-aimé reçut la bénédiction patémélie, de même ce Roi mérite d'obtenir la bénédiction de votre grâce. »

TWidiiion de Vanneau^ *^ L'archevêque ae ic qjuitte la mitre et bénit l'anneau qui a été présenté par le premier valet de chambre du Roi à révéqoe diacre sur le même plat de vermeil où ont été plft* ces les gants. En faisant cette bénédiction , Fardie* véque dit :

] « O Dieu , qui êtes le principe et la fin d^^ ^Utt créature I répandes votte bénédictioa jsui: (S^jt fint neau : daignest le bénir et le sanctifier , afip qu'ont le signe Représentatif des honneurs de votre serviteur^ il le soit aussi de ses vertus; qu'il ait touJQUrt

l'esprit de disGernement ; qu'il brille de la a^eii* deur de la vraie foi. »

L'âçiuieau étaut bénit ^ l'archevêque s'assied ,. reprend sa mitre, et le met au quatrième doigt de \% cDaia droite du Roi en disant :

(( Recevez cet anneau , qui est le signe de la fd et de votre dignité royale , la marque de votre puissance» afin que, par son secours, vous triomphiez de vos ennemis S vous teniez vos siyets dans l'u-

' Il y avait ici : Vous détruisiez l hérésie (haereses desl^rti€fre ). Ces mctè ont été sapprimés.

Cetie «i%ifc6ifl ne fut point prononcée an sacre de Napoléon ; le>pape récita seulement la précédente.

DU SACa^ I>M CHABl^ES X. ■ ^

jnion» et demeuriez per^éyéramiaentt f^t^qhé ^]||;&^ catholique^ »

Tradition du sceptre, — L*archevêquè ayant' i*èinis sa mitre , remonte à l'autel, prend le sceptre et le met dans la main droite du Roi , en disant : « Recevez ce sceptre qui est la marque de là puissance royale % pour vous bien conduire, et vous-même e^ la sainte Église et le peuple chrétien qui votis e^ confié; pour la défendre des mëchans par vidlnd autorité royale; pour corriger les percera, pour pacifier les bons et lesi aider à marcher dana; \^ ^entiers de la justice, afin que, par le s^oi^r^ A^ celui dont le règne et la gloire s'étçndept 4^n^ tqU9 les siècles 3^ vous passiez d'un royaume teis^po^^l II un royaume éterneL » >

Ensuite, ayant ôté sa mitre, il ajoute: «Dieq toutr puissant^ qui êtes la source de tous les bien^ », Taur teur des progrés qu on fait dao^ la vertu, fokitfl^ (^i|e votre serviteur Charles use avec sagesse de sa dignité. Donnez-lui la force nécessaire pour soutenir l'honneur de la royauté , dont vous lui avez fait' part ; faites-le respecter % comblez-le de vos béné-

* On a retranché ici cea mkO%B : appM sc^pir^ dç dro^iurç t^t rèçle de la vertu^

a A cet endroit on a retranché ces wwts ; Plus qu^tQU^ l*is Rois de la terre. (Prae cunctis regjibu^ terrap- \

La première de ces deux oraisons fut avss^i récitéf^ pa^ le pape au sacre de Napoléon pendant la tradition du sceptj;e,.

86 RELATION GOXFLira

dictions , affermissee-Ie sur son trtoe , aeeo»des4m une longue Tie ; que la justice fleurisse 90^19 sùn ti* gne, et qu'il soit couvert de gloire et comblé de joie dans le règne étemel, n

Tradition de la main de justice. -^ Puis j remet* tant sa mitre , l'archevêque va pareillement prendre sur l'autel la main de justice, qu'il met ^ànsla main gauche du Roi, en disant :

«t Recevez ce sceptre (virgam) de vertu et d'équité; qu'il vous apprenne ' à remettre dans le droit chemin ceux qui s'égarent , à tendre la niain k ceux qui sont tombés, à confondre les orgufiiUepx, à relever les humbles; afin que Jésus-Christ nQtre Seigneur vous ouvre la porte du ciel , lui qui a dit de lui-même : a Je suis la porte ; si quelqu'un entre par moi , il sera sauvé ^ ; » afin que vous méri*» tiez de suivre en toutes choses celui dont le pro-

* On a retranché ici ces mots , à user de douceur envers les gens de bien , à vous faire craindre des mechans. ( Mnlcere pios et terrere reprobos. )

* On a encore retranché ce passage : « Qu'il vont iecooft

lui-même qui est la def de David , le sceptre de 1» maîio^

d'Israël ; qui ouvre , et personne ne ferme *, qui ferme , et ]piss^

sonne n'ouvre | qui tire de prison le captif assis dans les ténè*

bres et 1* ombre de la mort. »

Cette oraison fut recitée sans modification au sàcrè dé Ki^ poléon. ... . ^ ■ ■

ô Dieu^l ^ 4ia4rQoe éternel, et le sceptre de votre ^upirè e$iî un sceptre d'équité; n et que vous imitiez celui qui dit : « Parce que vous avez aimé la justice et haï l'iniquité, Dieu vous a sacré d'une huile de joie : » à l'exemple de celui que Dieu avait sacré avant tous les siècles , d'une manière plus excellente que tous ceux qui participent à sa gloire ; savoir, ngtre Seigneur Jésus-Christ. »

Alors Sa Majesté se lève, et Tarchevêque s^assiedl

Ccnrànfièmëtit. — Le chancelier, averti par te grand-tnâître des cérémonies, quitte sa place et monte à Tautel pour prendre les ordres du Roi , pbis s'avançant vers monseigneur le Dauphin eCvers monseigneur le duc d'Orléans et monseigneur le duc de Botirbon , il indique par un salût fait à char can de ces princes de s'approcher de Sa Majesté.

Les princes s'étant avancés près du Roi j se jdacent à la droite et à la gauche de Sa Majesté , selon leur rang.

L'archevêque, la mitre en tête, prend à deux mains sur l'autel la couronne de Charlemagne , et la tient au-dessus de la tête du Roi sans qu'elle touche* Aussitôt les princes y portent la main pour la soutenir. L'archevêque ne la tenant plus que de la main gauche , dit en Élisant la bénédiction de la main droite :

ic Que Dieu vous couronne de la courom:ie de

88 RELATION COMPLtTE

gloire et de justice ; qu'il vous arme de force et de pourage , afip qu'étant béni par nos mains , plein de foi et de^ bonnes œuvres , vous arriviez à la couronne du règne éternel. »

Alors , l'archevêque pose seul la couronne sur la tête du Roi * ( les princes y portant une seconde fois la main comme pour la soutenir), et dit : . « Recevez la couronne de votre royaume , au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin que, rejetant les prestiges de l'ancien ennemi des hommes , et vous gardant de la contagion de tous les vices, vous soyez si zélé pour la justice , si accessible à la ppinpassion , et si équitable dans vos jugemehs , que vous méritiez de recevoir de notre Seigneur Jésus-Christ la couronne du royaume éternel dans 1^ société des saints. Recevez donc cette t^ouronine, çt faites, qu'elle porte les marques glorieuses et honorables de votre piété et de votre courage =*, afin que , orné de toutes les vertus , et couronné de la Récompense du bonheur éternel , vous régniez glorieusement avec Jésus-Christ, notre Rédempteur et

X Au même instant le roi a poité la main à la couronne pour inici^x l'assurçr.

* Dans l'oraison récitée an sacre de Louis XVI se trpwyaiklP passage suivant : « Et sachez que c'est par elle que vous^ parM' cipez à notre ministère, et que de même qu'on nous regarde 'comme les pasteurs et les conducteurs des âmes dans les choses spirituelles , de même vous preniez notre défense contre* les 'eanemis de Téglise; que , par le ministère de nôtre bénédic-

DUv^ACEB DE CHARLES t,. 8g

notre Sauveur » dont on tous regarde comme le lieutenant : lui qui, étant Dieu , vi^ et règne dans tous les siècles des siècles '.

, Ensuite , larchevéque debout et sans mitre fait plusieurs bénédictions.

Intronisation. — Le couronnement étant terminé, l'archevêque soulève le Rqi par le bras droit et & Majesté marche en cortège vers le trône , soutenue à droite par larchevéque et ayant à sa gauche les trois princes du sang. Eljie y monte par les degrés 4^ jubé du côté de FÉvangile , s'arrête devant le fau» teuil et s'y place debout , l'archevêque la tenant par le bras droit *.

tioQ , et t2^dis que nous faisons en cette partie la foiictien des apôtres et de tous les saints, au milieu de i^os^cai^tique» , vont vous montriez le protecteur et le ministrç 64^1^ di^ rojaujne qui est confié à vos soins , etc. »

■ Voici comme se passa cette cérémonie du couronnemei^t an sacre de Napoléon i

« L'Empereur a remis la main de justice à Farchicliancelier et le sceptre à l'architrésorier , est monté ^ l'autel y a pris la couronne , et Ta placée sur sa tête ; il a pris ^Viii ses mains celle de l'impératrice , est revenue se mettra aiipvès d'elle» et l'a couronnée. ( C'est le sujet d'un tableau 4^]D^yid.) L'Impératrice a reçu à genoux la couronne. Le papç 9^ fait la prière du couronnement ci-dessus rapportée. »

* Yoici comme cette intronisation a eu lieu an fii»çr^ de Napoléon :

« L'Empereur , entouré des princes et dignitaires, précédé

90 EELATIOV COHPLÉTB

En ce moment, l'assemblée ja8qoalotit»pflnible et silendeiise, prend un aspect à la fois- phw^ninié et plus imposant. Des crisdet^iwle HoitvéteÊtàh sent long^temps et de toutes parts dans èetfunKte église; les dames agitent leurs moudioits blancs; la cérémonie est suspendue pendant un quatt^d'heon et les acclamations recommencent de miiMDe an minute. Le trône présente un magniflqae 'spMtade, qu'on ne peut se lasser d'admirer. Les princessas et les ambassadeurs sont tournés comme tous les spectateurs , vers le jubé , et leurs regantb-Tefteat attachés sur le Roi.

Quel contraste frappant! ce même RçA^ qjakiù voyait tout à l'heure dans un étatd-hunMiîlé'M'dto soumission , qu'on voyait couché entre deàx'cardi-^ naux debout, apparaît tout à coup, dans toute' la splendeur souveraine, revêtu de ses habits royaux, tenant le sceptre et la main de justice et dominanttout ce qui l'environne ! Tous les yeux de l'assemblée , constamment baissés jusqu'alors vers l'autel .

des grands-officiers qai portaient ses honneurs et ceA'xte Charleroagne , et soîtI par les colonels- gébéiwix de la gîrat » ayant pris le sceptre et la main de jnstice » a mimhé aatrftacr/

» Le Pape , précédé par le maître des cérémonie^ da deifé » et entouré de cardinaux , a suivi l'Empereur jusqu'au gnuu^ tronc.

Sa Sainteté , après y être montée » et Leurs Majestés étant assises , a baisé l'Empereur sur la joue, et se tournant Vert m assistant , a dit à haute voix : Fivat Imperator in taientum T '

PU &4CiJi^ BB CMâiRiJEs X. gr

et ie |me»cUea' ^ se lèTentiiiaînlehafiÉ *fers le trâôè pour y contempler le Monarqae/'L^enftfaoQsiasme et la joîe ^brillent àur tous les visages, auparavant erapreintside Iristesseek de surprise.Oi éprouve une satisfactîod intérieure en voyant la royauté , échap* pée en <|uelque sorte à la domination sacerdotale, et remise enfin à sa place.

En> arrivant au bas des degrés du trône ^ le Roi d'armes et les hérauts^ d*armes s'y étaient arrêtés et étaient rangés sur les cotés à droite et à gauche- Trots ^gardes de la manche étaient rangés de di-^ stance en distance sur chacun des escaliers.

JLieSf chapelains portant la croix et la crosse de l'archevéqtie s'étaient arrêtés au bas des degrés du trône , à droite et à gauche.

Monseî^ieur le Dauphin , le duc d'Orléans et le duc de Bourbon , sont placés sur des ployans à droite du RoL '

Les deux cardinaux assistans sont sur des ployans à la gauche de Sa Majesté-

£n avant et au-dessous de l'estrade du trône , à droite du Roi est le grand-chambellan.

A droite, un peu en avant et sur le côté, le premier chambellan , maître de la garde-roba

En avant de l'estrade du trône, et au milieu, est le connétable tenant l'épée de Charlemagne nue à la main , assis sur un tabouret , ayant à sa droite et à sa gauche les deux huissiers de la chambre du Roi , tenant leurs masses;

93 W^TiiXSf Çp^^ïAx^

Un peu en avant du connétable , et à sî^ droite*, U chancelier sur un tabouret; ^ Ua peu en avant du connétable, à -^a gauche » pa^ rallèlement aq chancelier, le grand^fi^ître de Fmaee sur un tabouret.

Les capitaines des gardes, le capitainefQolQTOl des gardes à pied et le major général de là gairde royale se tiennent derrière le Roi , sur les eôtéài

Le maréchal marquis de Lauristôn > le comte de Cossé et le duc de Polignac sont $ur lea cotéà, fai^ sant face au petit autel construit siir le coté, à droite de Sa Majesté,

Le grand-maître de^ cérémonies se tictnt debout au haut des degrés du trône , à droite du Roi»

Les séances prises , et chacun étant debout, l'archevêque tourné vers l'autel , et tenant le Roi, debout , par le bras droit , dit ces paroles ; « Demeurez ferme et maintenez-vous dans la place que. vous avez occupée jusqu'ici comme ayant succédé à vos pères , qui vous a été transn^ise par droit d'héritage, par l'autorité du Dieu toutrpuissant '. n

* Monseigneur l'archevêque s'est arrêté à ces mQt9< t'oiÀîson récitée au sacre de Louis XVI continuait ainsi; « Et dont nous vous mettons en possession , nous et tous les évêques , et tous les serviteurs de Dieu ; et comme vous voyez le clergé plus près des saints autels que le reste des fidèles , aussi vous devez avoir plus d'attention k le maintenir dans la place la plus honorable en tout lieux convenables, afin que le médiateur de Dieu ' et des hommes vous établisse le médiateur du clergé et au peupk.

DU SACRE DP. CHAKUS X. ^S

L'arçhevCqué , toujours dans la même position , ïécite en tore l'oraison suivante :

fx O Dieu , qui avez alBPermi le^ mains vtctôriebâês

JL^

( £!t quanta clerum propinquiorem sacrt's aUaribus prospicis , ianib ei potiorem in locis congruentibus honorem impendere mC" ntineris,)

Mais l'oraison latine , telle qu'elle a été récitée par motiseigneur l'archevêqtie de Reims , contieiit atitte chose que la Utidnction française. L'oraison latibe àè termine aàtm , pkh aucioriiatfem Dei omnîpoténtis , et per prœsentem traditwntm nôti*tram. Dans l'Qraison française , on a traduit les quatre premiers mots ; mais on n'a pas traduit les suivans^ qui signifient que la royauté a été transmise non-seulement par droit d'héritage ( hœHditario jure ) , non seulement par l'autorité du Dieu tout-puissant { per auctoritatem Dei omnipotentis) ; mais encore parle ministère des prêtres, parla consécration { per prœsentem traditionem nostram). Si ces mots sont en contradiction avec le principe même de la légitimité, avec le principe qui a motivé les autres modifications introduites dans les prières, pourquoi les conserver dans l'oraison latine? Et puisqu'on les a conservés dans l'oraison latine , pourquoi les retrancher dans l'oraison française , qui en est la traduction? Quelle misérable et jésuitique supercherie ! La raison veut que la même autorité qui a exigé le retranchement de la fin de cette oraison , exige aussi , et pour le même motif , la suppression de ces mots iùconvenans et destructifs de la légitimité royale.

Les plus importantes de ces modifications ont été rapportées le jour même delà cérémonie par le Constitutionnel ^ et répétées ensuite avec éloge par le Journal des Débats et par le Journal de Paris,

V Aristarque français a dit dernièrement que d'illustrëf pré-

g4 KSLhTlON comnÀTE

de Moïse dans la prière % ait^iioea nosiprièreÀ et af-^ fermissez TouVrage de nos mfûns. 'Fere> saim^fieos avons pour inter<;resseur auprès de \oi»i<2ésti»« Christ notre Sauveur, qui a étendu potihrti^iife'Sijf inains sur.la croix. C'est par lui que nEOas^^GipàS'^diip plions d'anéantir l'impiété \ Faites ^ gcfuid fiiè»] que votre peuple, libre de toute craipte'^ia^pDènfif à ne craindre que vous seul. » - îs ^.^qwoiJ

^: Ççs prières achevées, l'archevêque qui;;tél»pq[ife tre, £^t une profonde révérence a2i.B<ràvtl^âiaiBeI) et dit à haute voix par trois fois : P^ii^af rcûP in cetemum! -

Ce vimû est à 1 instant répété par les,;sp,ei^tff:§]^

, , ', I . .. , îii nn 'r\M »

lats avaient réglé le formulaire des sermens et a^terminé les modifications que les formes de notre gouvernement et t[état actuel de la société pouvaient réclamer , et c[ae les minû^s avaient pris connaissance de ce travail.

Ce qui est certain , c'est que l'original du cérémojiia} | miA j'ai lu , porte ce titre : Cérémonial du sacre approuvé par l^ RoL

( L'oraison ci-dessus rapportée ne fut point récitée au sacre de Napoléon. )

' Ici on a retranché ces mots : « Lui qui , quoique avancé en âge , n'en était pas moins infatigable dans le combat , a^ qu'après avoir vaincu l'injuste Amalec , après avoir subjugué, des nations profanes, et exterminé les étrangers , il rendît iVOtrç

peuple possesseur d'une vaste étendue de pays. »

' Ici on a retranché ces deux mots , de tous ses ennemU/f i ( impietas universorum hostiiim, )

Cette oraison fut récitée au sacre de Napoléon immédiate-

DU SACIK DE CHARI/ES X. ^5

au milieu d'une mitô&qae ]béteiiti$sàhté % et tèiité rassead[ïlée est>èn minivetnent. Lès fanfares se fcmè

entendra V ^^^ "S^^^. ^ ttiousquetérié 'iont tirées par la girâe rçyale y let l'ai^tiUefiey répôilU de^ reim parte tde la^^le ; l^ dédies ^ônt en' br^^hlèrOn voit flotter kflUfM^s db' tk'ône les drapeaux bfanc» déi gardesj^jkifGdrps^ <lé la garde royale; et^^ tcmtes léi troupes du camp, qui sont rassemblés èh'eé iîeà'î et pcutéspar le& icoloneis des régiment. Le^ hérabts d^rmesi dist Abœnt des médailles, et les oi$eleuJ^

ment après le Te Deum , et les passages ci-dessus rapportés farènt'è'rraètémént «conservés.

TVIf^ia nn fit ^ ^ gpj±fi époque un autre retranehement c urie ux à observer , puisqu'il indique tout à la fois et le caractère des-^ potique de Napoléon , et la basse flatterie de ceux qui donlièrent leurs soins à ces suppressions.

On retrancha ces derniers mots, qui avaient été pro-

nonces au sacre de Louis XYl , et qui Font été au sacre de Charles X :

« Faites , grand Dieuy que votre peuple , libre de toute crainte^ apprenne à ne craindre que vous seul, ( Populusque tuus , ces-

santé formidine , te solum timere condiscat, ) »

■f-. - - ■ ' Toutes les cérémonies diverses du sacre ont été accompagnées de chants et de morceaux de musique exécutés par messieurs les musiciens de la chapelle du Roi , et composés par M. Lesueur , surintendant du service de la chapelle, qui, dans cette grande circonstance, a justifié sa réputation. L'orchestre , composé de plus de deux cents personnes , était dirigé par M. Plantade , sous l'inspection de messieurs Lesuèur et Chérubini. t ^

g6 AELITIOU COMPLETE

lâchent dans Téglise plusieurs centaines de moineaux et de colombes qui vohigentautourdu trône, des lustres et des tribunes ^

Tout à coup une agitation tumultueuse se manifeste à l'entrée de la nef, et des acclamations nombreuses se font entendre. Cest le peuple , auquel on vient d'ouvrir les portes ^ , et qui se précipite au-devant du trône, aux cris de i^ii^ le Bail Le Rot se retourne vers cette multitude , et en ce moment surtout un air de joie et de satisfaction brille sur sa 6gure.

Pendant cette scène d'enthousiasme, monseigneur

' En rapportant cette circonstance , le Drapéaiè^Minc avait ajouté l'observation suivante :

a On a remarqué que la plupart de ces oiseau soat venus se brûler à la flamme des lustres et des candélabres. On 9 est généralement communiqué à ce sujet une réflexion qui se présente d'elle-même à l'esprit , sur le funeste usage que fait de la liberté un peuple qui la reçoit tout à coup et avant qu'on ait éloigné ce qui peut lui nuire. »

Voici ce que lui a répondu le lendemain le Courrier français :

a II est probable que les spectateurs se sont communiqué cette réflexion plus naturelle et moins ambitieuse, qu'il vaut mieux pour des oiseaux être lâchés en plein air que dans un lieu fermé où il y a des lustres et des candélabres. »

> On avait placé devant le portail une toile qui cachait au peuple la vue de l'église : elle s'est tout à coup déchirée avec fracas , et a ouvert une large voie à la multitude. Les sentinelles qui n'étaient pas prévenues ont voulu d'abord , mais inutilement , s'opposer à son entrée.

le Dauphin et les princes ayant quitté leur? co^ronaes s'avancent vers le Roî^ et chacun d'eux reçoit ['accolade de S. M. , en disant : Vivat rex in ceter-lum !

Au moment où monseigneur le Dauphin veut fléchir le genou devant S. M. , le monarque tend les bras vers son fils , et le presse quelques instans contre son cœur. Les cris de i^içe le Boi! çii^e le Dauphin ! retentissent avec plus de force encore dans l'assemblée.

M. l'archevêque se rend à l'autel, où il attend que les acclamations aient cessé pour entonner le Te Deum.

Pendant ce cantique, les cris de f^eVe le Roi! ont encore retenti et se sont mêlés plus d'une fois aux sons d'une musique pleine d'élan et d'énergie. On eût dit que M. Lesueur avait composé son TeDeum sur cette invocation , qui termine le Te Dewn de M. Lamartine :

Et toi qui , relevant les débris des couronnes ,

Yiens du trône des rois embrasser les colonnes ,

Rêve des nations , qu*ont vu passer nos yeux.

Que le Christ après lui fit descendre des cieux ,

Liberté ! dont la Grèce a salué Faurore ,

Que d'un berceau de feu ce siècle vit éclore !

Viens ! le front incliné sous le sceptre des rois ,

Poser le sceau du peuple au livre de nos lois !

Trop long-temps l'univers, lassé de tes orages,

Aux mains des factions vit flotter tes images ;

Trop long-temps l'imposture, usurpant ton beau nom,

T'invoque et te maudit » t «<^9i7€ et ^ b^»«p)^ipfj, Et comme ua nouveau culte aux liumaiiis ioApifé » Ne peut fixer encor ton symbole sacré !

. . Je ne sais quel instinct , plus sûr que respéra^cet , Présage aux nations ton r^gne qui s'avance !

L*opprimé , l'oppresseur te rêvent à la fois : Un peuple enseveli ressuscite à ta voix ; Le voile qui des lois couvrait le sanctuaire Se déchire , et le jour de tes yeux les éclaire. Les partis triomphans, «i prompts à t'oublier. Se couvrent de ton nom comme d'un boucfiçr; ^, . Chaque peuple à son tour te possède ou t*espèr]l) .^ Et ton œil cherche en vain un tyran sur la terre I Tiens donc ! viens , il est temps , tardive LViUTaV Que ton nom incertain par le ciel adopté , Avec la vérité , la force et la justice , Du palais de nos rois orne le frontispice !

Que ton nom soit scellé dans les vieux fondement De ce temple où la foi veille sur leurs scrmens ^ Et que l'huile en coulant sur leur saint diadème Retombe sur ton front et te sacre toi-même !

Règne ! mais souviens-toi que l'illustre exilé Par qui , dans ces climats , ton deuil fut consolé , * Précurseur couronné que salua la France , T'annonça dans nos maux comme une autre espérauee; Et t'arrachant lui seul aux mains des factions , Fit de tes fers brisés l'ancre des nations ! ' Que ton ombre régnant sur un peuple en délire^ Et victime bientôt des fureurs qu'elle inspire , Fit au monde étonné regretter les tyrans !

Que tu fus enchaînée au char des conquérans »

^ÊÊk

BU «ietÉr'M CRâRUS X. Hg

Que toa pied tn^è'éïKjèi^ lé» tm lete bi vnftQire A ces aniieftttii ddrës qiitv^^wét la gloire »

Et qaè'ft^r'affèrtiiir et <ïbii$acréT tes droits,

Ton tfeftn^fe lé pîtrt sâr est lé cœttr des bons rois * !

liC Te Ûéuni achevé, là grand'ihesse comnié'Àce. et un chapelain de Sa Majesté dit en même te^ips une messe basse au petit autel construit sur un6 estrade du trône, à droite du.Ro|.

Au moment où l'évêque-diacre commence Tétan-

gile de la grand'messe , le Dauphin ôte sa couronne

et la posei^tir son siège; le duc d*Orléans et lé duc

ourbb'îi'font dé même. Les cardinaux assistans

ôtent leurs mitres.

Le Dauphin , va ôter la couronne du Roi , qu'il pose sur Fappui du prie-dieu de Sa Majesté.

Après 1 évangile , le Dauphin remet la courotme du Roi sur la tête de Sa Majesté, retourne à sa place, reprend sa couronne , la remet sur sa tête , ainsi que les autres princes.

L'évêque-diacre remet le livre des Évangiles au grand-aumônier, qui le présente ouvert à baiser au Roi.

Offrandes. — Pendant que le chœur chante Fof- Certoire et que l'archevêque fait loblation , le roi d'armes et trois des hérauts d'armes vont prendre

• Le Chant du Sacré , ou la Veille des Armes.

4^^ R/OATION OOMPLiTR

près du inaitre*4utç]l les.qfir^iif}^ ejt ^ anportept

sur destai^yçle^ ^ MJBft^ *

Tordre du^nt-Espri/b,

le vin dan» ,utt va^e d'or,.à,]^f. Jle duc ,de' I^|^<>db^

foucault J|è. pam d'argent , à M. le duc de JLiUJem-

bourg^ le pain d'or, à M. le duc de Gpjji^^nl les nié-

d^îUea frappées à l'occasion du sacre. .'

Les quatre chevaliers s avancent au milieu on chœur, précèdes des hérauts d armes et des omciers de cérémonies; ils montent ensuite au trône et présentent les omrandes au Roi. , ^ .

£n ce moment tous les regards se portent avec intérêt sur un vieillard ( M. le duc de la VaugWôn) dont la faiblesse et le grand Age ralentissent h marche. Un de MM. les aides de cérénpoi^ies le soutient et porte avec lui le vase d'or contenant le vin.

Sa Majesté descend de son trône en cprtégç,et s'avance vers le sanctuaire. Après avoir salué l'autel, elle remet son sceptre à M. le maréchal Soult duc de Dalmatie , et la main de justice à M. le maréchal duc de Trévise '• Elle s'agenouille sur un carreau

■ Au sacre de Napoléon, la couronne de Cbarieniagnfc^ était portée parle maréchal Rellermann (mort) ; le scept^ de^CUàr-î lemagne, par le maréchal Pérignon (mort) ; l'épée de Gharlemagne, par le maréchal Lcfebvre (mort) ; le collier de Tempère ur, par Bernadotte (roi de Suède ), ayant à sa droite le' général Rapp, aide-de-camp (mort); Tanneau, par le .colonel-'génénl

siège :i|'â8^ f^i\iljîM%% !^ t**â*lè* :*f-

M. rarchévéqùe/i)aikânt à cbaqùè of&ande f «ftïifeaù du pfélak Officiant. E'àrckëVécpié, à nïestiiâ^tiull reçoit une offrâbfde dèà main^ du Roi, la^ pkeè^àns unbassin tÀiu'par tin <AanïJÎïte: Sa Majesté repifend alors son sceptre et sa main de justice ^ et rêtùonte à son trône. *

Pendant le lever^-Dîeti , Ta couronne est ôtéè au Roi par monseigneiîr le Daupnin , qui quitte aussi lasiéâhe, ainsi que les' princes ; ils* ht repWîinént après le Tever-Dieu.

Lors du Pàx domtnî, Tévéque^diacte , là! mitte en tête éi là crosse de l'officiant dans la main gaàché y se tourne vers Fautel, et annonce la bénédiction.

Alors rarchevêque , tourné vers le choeur et tenant sa crosse de la main gauche , dit les bénédictions.

Baiser de pais. — Après les bénédictions, le

Beanhamais (mort) ^ ayant à sa droite , comme aide-de-camp, M. le général Savary» aujourd'hui duc de Rovigo ; le globe impérial , par le maréchal' fierthier (mort).

Les o£Prandes consistaient en un pain d'argent, un pain d'or, un vase , et deux cierges incrustés de treize pièces d'or. L'un porté par madame d'Arberg , et l'autre par madame la maréchale Ney^

lOa BBLATIOV COMPLETE

grandHuatlre des cérémonits vient aYevtîr le gsukt* aomàAier d'aller prendre le baiser de paix pour !• porter au Roi. Le grând-aumônier ira prendre k baiser de paix de Tarohevéque et eosoite Ya le deir ner au RoL

Le Dauphin et les pHiice$, ayant quitté leurs eouronnes y Tiennent le reoevoir de Sa Majesté.

Le ckcBur chante ÏJgnut Dd et le iknmineuit' mmfac Regem. i

Communion du Roi. — Sa Majesté » tenant ^ ses mains le sceptre et là main de justice y^descçi^fl^ds apn trône et s'avance en cortège vers le chçeifjr ^ les yeux baissés avec recueillement vers la^tei^re.t.ef^^ili son d'une musique religieuse ^ En ^e. mqmpptt, quelques cris de vive le Rail se font entendre ixoaisi par sentiment des convenances^ on leur impose silence aussitôt.

Arrivé au pied de l'autel , monseigneur le Daur phin, après avoir quitté sa couronne , s'avance pour ôter celle du Roi, et la remet à M. le maréchal comte Jourdan^ Sa Majesté remet son sceptre au duc de Dalmatie , et sa main de justice à M. le duc de-Tréyise. Elle se rend ensuite au confessionnal > :dei7Îèr« l'autel , et y reste trois minutes. Pendant ce teppê on prépare la sainte table au bas de l'autel ; sur un

. ' Ltt JSk«rctMUi de> mu tique exécutés pendant la grand' sont de la composition de M. Chembini.

DU McrnU ne eAéàÈM x. à4i

siège et curofliii^ Elle est ieâite iltf ^té de IWtel par le gnmd-aimioiiier et par M. réTéq[tte dUênnor polis., premier raumônier du Roi, et du coté du Eoi pfœ monaeignearle Daapbîii et le di|c d'Orléans.

' ' A sofi 'retour du confessioBiial , Sa Majesté vient se mettre à genoux sur un carreau devant la:- samte table, o et dit' i»om ^Un{/lieor à hatlte voix« L'ardieyéque donn^ à Sa Majesté Tab^olutiôti dans la forme ordinaire , et le Roi communie soûs les deux es-

En «îfe ttomfent, tcWitè Fasseînbîée ert à gènouï.

AjirêS'ïà ïîctottiuttibik , mdriseigûènr le DàupbiA s'àppr6ebe*dd ftôî et lût t^èmet sa èôtirônhe. Sa Majesté re^le'^piéltiués instans à gëiWttx cfh prièrei L archêvô^lie ^'approche alors dti RôîV Itiî ôté là grande éôurôAiifè de Charlemagne, qu'il temét à M. le maréchal Jourdan pour là potter devant Sà Majesté, 'pttend star Tautél tiîlè cotîrrditfifié plui légère , ornée des 'plus beaux diaAiàti^ *, et la pose sur la tête du Roi. , • .:i

Le chœur entotiné le psautne i?:rA«ûÔaj/, elf lè cfiapitre de la métropole se met'eti niàrchê.

L'archeVéque apporte le corpoi^at à' baîseï^ au Rdï. ''' Le maréchal duc de Dalmatie et îé maréchal âiit

1 : ; * Cette couronne est évaluée plus de dix-huit millioiis , j

compris le Begent. EUe est remontée à n^itf à l'époque- dt chaque sacre. '

I o4 aSLATlOlf COMPILE

de IMirîse usjftppiocheiit* id»r Sa Majesté, <^i:^- reprend de leurs mains le sceptm^fet^la^ttfiadtt^'jlii-

. LBRojivf^tentletié^et^ayàiltnlùéil^gilfMlvb^ l'église- eir oortége. Il macbbe^ teoatit? en «èft^^àifas le sceptre et la main de justice, et soutenu. à droite par l'archevêque. ^'i-<i ^'

Des cris de vii^e le Roi 1 partent de chacune des tribuiiesv èi mesur» qoe Sa Majtâsté**piëMf Jetant elles. Le Hcn s'arrête quelquefois dans sai'kfeîlMhe pour saluer très-affectueusement 'rassemblétfi^4.b moment où Sa Majesté arrive devant le tronéV^ëtis les drapeaux sont inclinés à laibiS'4et^iift^élSe*^^Les cris de i^ive le Dauphin I retentissetit auâli'^âhdii'les tribunes au passage de monsîgfneur'le dtÉcii'An|f6tflème, et des cris de çif^ent les BourbowSi sa font entendre lorsqu'on aperçoit monseigneur .le duc d'Orléans et monseigneur le duc d4i''BourbûiU:I)és acclamations non moins vives accudïUeat ' le Roi et les princes hors de la cathédrale. ^ - ' -

La cérémonie, qui avait commencé à huitheor res , s'est terminée à onze heures et demie.'

\jQ Roi , en arrivant dans ses appartemens , a re^ mis le sceptre et la main de justice à MM. les âucs de Dalmatie et de Trévise , et s'est déshabillé *en partie. La chemise et les gants qui ont touché la sainte ampoule , et qu'il est dans l'usage de brûler, ont été remis au grand-aumônier.

L'archevêque de Reims et les aiSchevéques et

Dans cette audience , Son Excellence moméif}M,(Qler^^fi,£^Dessé lo^diaGOurS'Suiyant àSftilMlBJ^tâ: « Sirs, •' 'i^' i/'>;i'f ïi. I i4.«j

, . ^ J^'a^£ii|t^ péirémonie dii ;sMre :4(^ YotTeM9)iMté 4Lir^p9^4»i ]^i<iiapt; If) /bon^ur idam toui tel ccoui» ^anç^î^rt f^»* ^Ue; /^t joncore le triomphe. 4« la.x^

WS^^ft^îii'it jj iii/ . ...II.*-.».

. i^^J?|(¥Wi]i^ t)fM^emiè^ fois depuis un demfrsiécki, c^çt^ ,i;çlîgipp /^fUnfe^ vient de consacrer d'une niAr

J3ièT(^^())€^pf|yeUe:)0i^dest^^

J9 Le digne fila de sjiint Louis a reçu TooclMiti sainte 4^ mains du pontife du Seigneur : Votre Majesté a conquis ttot son héritage^

?i Le clergé de votre royaume , Sire, dont /ai llionneur d être Torgane , a offert au Dtett qui n^ gît les empires, les tronix les plus ardent p<rtir la prospérité du régne de Voire Ma|eslé« Jl k» ^^xau^ cera , Sire , ils sont ins(»rés par ramour, le Mspe^^it, le dévouement le plus entier. Ils $otêi fom$hi )^u$ un Boî dont la fiûM est aum vive qc^eUe e»t vr^ie^

M Votre Hajesté veut la n^UgiMi. Sioiis la M^if^ derons de tous les «ffi^s d'un ;^le f^rudent et éclairé. ^

i!» Puttse la sagiaMe de V«j<r^ Jla|erfe Mr Ifmv^

I06 aEtATION GOMPLàTB

aucun obstacle dans Texécution de ses desseins, pour accorder à l'Église de France une bienveillantt protection que sollicitent les besoins des peuples confiés à notre soUicitude pastorale.

» Pemettez, Sire, à un vieillard que sa longue carrière à placé à la tête de l'épiscopat, de déposer dans le cœur de Votre Majesté les vœux du sacerdoce français , qui se confie entièrement dans le» sentimens religieux de Votre Majesté. ' ' '

h Sire , je bénis le Seigneur qui m'a doitoé de voir Faurore des beaux jours de la religion; plus heureux que les patriarches de l'antique Israât je puis saluer de près d'aussi belles espérancesw Pénétré d'un si consolant espoir, j'avance 'avec, confiance vers la céleste patrie qui est le but efc le tetme des Rois et des sujets. »

Festin royaL

I^e Roi s'est de nouveau revêtu de son manteau ' et des insignes royaux pour aller au festin royal.

Sa Majesté s'est rendue dans la grande salle de* l'archevêché.

Les grands-officiers de la couronne avaient ét^ prendre le Roi dans ses appartemens, et l'avaient conduit dans la salle du banquet terminant la galerie latérale extérieure établie à la gauche de la cathe'drale.

' C€ niantean pè^c à Ini seal qiiaUc-viagtr quatre livreji.

DU yfsctm -ùk lUïAitLÉtf x. i&j

Ceife^saUe était dist^otèërdè lU'tt^iiièbef raivâtitfe : dâtiB l'uM' de "ftér extrèndité» tt troutâit sotis un dais richeiiient décoré la tftblé di^itîéê «Kti Roi et EUX princes. Le't>alYpiiiû erlè'VitfC déÔbuAôn à droite, le duc d'Orléans à gauche, pl^ tfiittè triboiie ou élaiéAC tes princés^s ■« ^

Sur le coté ^ à drbite 5 étaiefit dëuit tabler , là pt^ Klîère< destiné» au Oèrps diplDmàti<{ue', ^k dêMnide à MM. les paîrst ' . - -Sur le ôôté^à ^«che^ kl ptémière table destinée a»x ministres ) la-^eocnde, à MM/ le^' dénuées { M Y^utn eitt^émtté^ en face de lâi table du Roi , étaiii établie une autre table destinée à MM. les cardi-^ nàum,* arohèi/ièliieft ièl! éféquesf ^ai'assiMaient'ati festin en chapë^et efi mitre* — ' ' '^

Le Roi, les priâtes et aùtité autcrrités ont prié place.

Le Roi avait la couronne de diamans en tête, les princes leur couronne ducale en or. Les insignes royaux ont été déposés sur la table , qui a été servie par les grands-officiers et officiers de Fhôtel; les maréchaux de France étaient debout devant le Roi, et prêts à reprendre les insignesdéposéssurla table.

M. le comte de Cossé-Brissac présidait à l'ordonnance du festin.

» Au sacre de Louis XV, on avait dressé aussi une tribune , d'où les princesses voyaient la cérémonie du festin, ainsi qu« plusieurs princes étraogeri (pli y étaient incognUo.

io8 tiÈtiiibtf tSoiihittE

Les convives étant entrés et placés^ on jl fermé les portés^ et, quelques minutes après /les huissiers ont annoncé le service ^'^Jfp/f a 1 1 - \

Ce service, D&mpMe^cre hurt plats, était porté par huit pages.

Avant de porter le plat sûr la 'table, le premier maître d'hôtel le découvrait, et le pagje y goûtait

Quèi'^leà' minutes après le Koi est entré par la porte du milieu accompagné des princes et de monseigneur l'archevêque de Reims , qui a dit le àenedicile. Après avoir pris un bouillp^j Ip J^9Ji.^^t levé ; le prélat a dit les grâces et Sa- Af^e^^fl^ retirée. ••inuiï"

Pendant ce festin , qui a duré pr^.^'^f Jf^ll^' heure, au son d'une musique militaire ^,^\)sle^ convives étaient assis et couverts. r ; . . .

f"tj^i.i| tiilil II •( Cérémonie oë' la tenue du Chapitre des QnlifIt.dui&Qi't

^^' SEÏt^rTaii'ëléti ttôagë , le lendemain ou le •urleiH liëiîiàflS^frâ^sâërè est le joiir fixé pour cette céré* monie.

^^^l;k tmkiimetê^ ôffk été ouverte» & midi.

Là fôtile^èéâfe't^luâ considérable encore que h veille, et en que^ties iostans les triliuneu ont éîA entièrement remplies '. On remarquait dans le publii^ beaucoup plus dliabitans de U^ms que le jour d^ la cérémonie du sacre*

Quelques changemeos avaient été ùêitê (hm% Im dispositions intérieures. I>e tr^ne avait été démumd u ' du jubé et placé au milieu du cbow^ Un muir^i trône , où devait se £urie la réœptiou 4^ di^eva^ 1ers de Tordre du Saint ^ Esprit^ s^iélevait dans U^ sanctuaire à gnicbe sur une ettMdâi dât Uorn iwaiv

1 beare «etaiit ph» iMv^taéJUf^

IIP KKXJkXIOff C9MFUBU

ches , devant les gradins occupés par MM. les Députés* Le 4aU) qui le jour du sacre était suspendu au milieu du sanctuaire devant Tautel , était attaché à la voûte de la icroii: de Téglise au dessus du ëiu-* teuil de Sa Majesté. Les deux trônes , ainsi que leurs dais et les stalles hautes et basses da chœur, étaient revêtus d'étoffe de soie verte ornée des emblèmes des. ordres brodés en or. Le dais de l'autel aitisi que les marches étaient couverts de même étoffe. A droite du fauteuil du Roi , sur deux tables couvertes de velours cramoisi fleurdelisé étaient posés sur des carreaux de velours les insignes dé Tordre du Saint-Esprit. Â gauche au bas de Festrade était la table sur laquelle les chevaliers devaient signer leurs sermens. Yis-à-Vis du fauteuil du Roi ^ de l'autre côté de la croix, était le fauteuil de Tarchevêque.

Avant la cérémonie de la réception de MM. lés chevaliers dq Saint- Esprit , a eu lieu la réceptioû ' des chevaliers non reçus de l'ordre de Saint-Michel, qui a été faite par monseigneur le Dauphin de la manière suivante :

Monseigneur le duc d'Orléans,^onseîgneur le duc deBourbou; lesdeux anciens chevaliers, MM. les ducs de la Yauguypn et de Larochefaucault-Liancourt ; les quatre commandeurs, grands-offîciers, M. d*Anibray, sur-intendant des finances de Tordre; M. le marquis d'Aguesseau, grand-prévôt maître des cérémonies;^ M. le comte de Sèae, grand-trésormr ^

taire; le héraut roi d'aiônes , M* ):é<lcb<éV^iëè Dés- Qiaisoiis ,, eti Thuissier des ordres du Roi VM- le chevalier Tioli^, nespnt t'endu» dau^ les a{!>partQmens de monseigneur le Dauphin 9 revêtus du costume prescrit aipsi que > de leurs insignes.

Les chevaliers non reçus se sont rassemblés à la même heure dans la grande salle qui précède les appartemens du Koi et revêtus du costume complet» mais sans aucun insigne quelconque autre que la croix bn>dée en paillettes d'argent, qq iU conservent sur le côté gauche de Thabit par-devant , et sur le coté gauche du manteau par derrière.

Monseigneur le Dauphin s'est placé dans un fanteuil en avant du dais du Hoi , entouré deà princes du sang, des deux anciens chevaliers et dès grands officiers.

Les chevaliers récipiendaires ont formé devant Son Altesse Royale un cercle à quelque distance d'elle.

Le héraut d armes a Êiit l'appel des récipiendaires sûjc par six.

Monseigneur le Dauphin s'est levé , a 6té sori chapeau, puis l'a remis en tirant son épée , et a frappé successivement les deux épaules de chaque récipiendaire , en prononçant ces paroles : Ah nom du Roi^ de par saint Georges et saint Michel^ je vous fais chevalier. Il a donné ensuite l'accolade à chaque chevaUer, qui se relevant lui a fait une profonde révéreiice et a'est retiré. *

lin M^lflkTlQW COMPLÈTE

T0Uft la^ijmttp^ Técîpi€ii4aîreA ont suivi six par * six la marche des premiers.

Cette réception terminée , monseigneur le Dau-^ phin j précédé des pnncefi du sang , de tous les chevaliers et des grands et petits officiers, s*est rendu proces^kmnellement dans le cabinet du &bi pour y attendre Sa Majesté.

Le commandeur grand-prévôt maître des^cérëmonies ( Mv le marquis d'Aguesseau ) , après avoir ' pris les ordres du Roi , pour la marche de Tordre i ]a cathédrale , a fait ouvrir la porte du cabinet de $a Majesté par l'huissier de l'ordre et a ordonné au héraut de faire l'appel des membres de Tordre. Lés chevaliers se sont rangés sur deux colonnet^ ^* le cortège a commencé sa marche vers la cathédrale.

A une heure , les acclamations du dehors annon* cent l'arrivée du Roi. Sa Majesté porte le manteau de Tordre du Saint-Esprit , en velours noir , doublé de «oie verte brochée d'or. Le surplus du vêtement de Sa Majesté , est de drap d'argent , elle porte une toque de velours noir , surmontée d'une aigrette de héron. Pardessus le manteau est le grand collier de Tordre.

Le cortège s'avance dans Tordre suivant:

L'huissier des Ordes , seul en avant ;

Le héraut seul , derrière ;

M. le marquis d'Aguesseau , grand-prévôt , maître des cérémonies de TOrdre ; ayant à sa droite M. le comte de Sèze, commandeur grand-trésorier, et à'

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sv iàiâit'ifE t^àÈiÉÈ x. r r3

sia garffttg'MI'teniftt^^MyflylffiUéBètfit^^flftiiWjMliito,

secrétaire des Ofdres; »i3i.n-n(» c v.. -.,< ,, ,t. Le clUttëaîÉS?«ft«î .'vi.wm.i ... .t.,..,., Soivéïftaètbi! dmAàà ^iSmÉHièrti' <■>■' " .

'GplarinthUroi^. Càlatme à gauche.

.ri

V^' de Châteattbrtamt^ Dàc= dfe Sàll-CàrloS ,

Marqdië ' dé ' Gârtttnekn , Marquis l>e^Hb ,^ Maréchal màrciais de Vio-

tnénîi , Ducd'Avaray, Maréchal duc de Raguse ,

Maréchal duc de Tarente, Maréchal duc de Coné-

gliauo, Duc de Lévis ,

Duc de Duras, Duc d'Aumont, Duc de Luxembourg , Prince de Hohenlohe ,

Mftt

Miotpns de Tàlaru*, Dut de Doudeauville 9 Comte de Yillèlê, ' Maréchal marquis deLait

riston , O Charles de Damas, BaronPasquier,

Duc de Blacas d'Aulps ^ Marquis de RiTiière, Marquis de LatOttivMaubourg,

DucDecazes, • ^ . .

Maréchal duc de Reggio , Maréchal duc de Bellune , ? .

Duc de Dalberg ^ i Prince de Poix , Duc de Grammont,

Prince de Talleyrand ^

Il4 BELATION COMPLÈTE

DuG de La Yauguyon. Duc de La Rochefou-

çault '. .

Monseigneur le duc de Bourbon ,

Monseigneur le duc d'Orléans ,

Monseigneur let Dauphin ,

LE ROI accompagné de tous les grands- officiers de sa maison, et de MM. les commandeurs ecclésiastiques , monseignjeur le cardinal duc de La Fare , monsfeigneur le cardinal prince de Croï , monseigneur le cardinal duc de Clermont-Tonnerre , monseigneur Farçliçveque de Bordeaux , M. l'abbé duc de Môpte^^uoUi monseigneur l'archevêque de Reims. . , .

En entrant dans le chœur . les membriés. d,^ l'ordre se découvrent et les deux colonnes de cbeva* liers se déploient à droite et à gauche du trçme p et s'avancent jusqu'aux marches du sanctuab:e , les grands et petits officiers devant elles*

Les grands officiers , le héraut et l'huissier font les premiers, toiis ensemble, une révérence à l'autel et vont se ranger à leur siège en avant du trôi^e du chœur*

Les premiers chevaliers de chaque colonne, qui suivent immédiatement les grands officiers, font une révérence, et se séparant ensuite vont prendre leur place à droite et à gauche de l'autel.

■Alite

' M.' le duc de Damas li'a pu assister à la cérémonie à came de éon adddtttt. c

f^^l\. — T- - I mm ■

Toiis les antres dieTalio^ font soÊOoeseiwemeM la même manceu vre , et resteot debout et dëoouyeils^ chacun devant sa stalle.

Monseigneur le Dauphin , le duc dX)rléaiis el le duc de Bourbon, après aroir fait une lévérenoe à Tautel , montent aux hautes stalles et s'y {dacent.

Le duc d'Orléans est à la tête de la colonne gauphe des chevaliers;

Le duc de Bourbon passe à la colonne drmte ;

Le Dauphin se place le premier, de la colonne droite , auprès du duc de Bourbon.

Chaque chevalier est revêtu du nlanteau avec le Saint-Esprit en paillettes d'argent sur Tépaide gauche^ du grand coUier et de la toque couverte de plumes blanches. Les reverd du manteau, retroussés par devant, sont de velours vert semé de flammes d*or.

Le Roi, entouré de ses grands officiers, s'avance au milieu du chœur près des marches dti sanctuaire^ feit une révérence à Fautel et monte sur son trône , précédé du commandeur grand - prévôt , du héraut et de Fbuissier.

Sur des sièges au bas de Festradê à droite du trône , sont placés M. le ministre des afiEâires étrangères, M. le ministre de la guerre, M. le ministre de la marine , M. le minbtre de rintérieur , Mi le ministre des affaires ecclésiastiqueSé

M. le ministre des finances et M. le ministre de la maison du Roi sont parmi les chevaUer&

Il6 HELATION COMPLÈTE

M.' le garde-des-sceaux est en face, da côté des pairs de France, à la tête du conseil d'état.

La cérémonie commence. Lorsque le Roi est assis sur son trône et couvert , tous les grands et petits officiers quittent leurs places au bas du trône et s'avancent au pied du sanctuaire , où ils font successivement onze révérences, savoir : une à l'autel , une au Roi , une au clergé , une à monseigneur le Dauphin , une à madame la Dauphine et aux princesses de la famille royale dans leur tribune , une à monseigneur le duc d'Orléans , une à monseigneur le duc de Bourbon , une à MM. les ambassadeurs dans leur tribune, une aux commandeurs ecclésiastiques, une aux chevaliers de la droite, une aux chevaliers de la gauche.

Ces révérences finies , les grands-officiers retournent à leurs premières places au bas du trône du choeur.

Aussitôt le commandeur grand-prévôt se lève ainsi que le héraut et l'huissier, et, précédé de ces derniers, va seul au milieu du chœur près du sanctuaire , où il fait une révérence à l'autel. Il s'avance ensuite vers le* trône, se place près de la première marche^ d'où il salue le Roi, monte près de Sa Majesté, reçoit ses ordres pour commencer' les Vêpres , eV^à de suite les porter à l'archevêque prés de l'autel.

On chante les Vêpres.

Lorsqu'elles sont terminées, les quatre grands

DU SACRE DIS, GHAHL£S< X. TIJ*

officiers , précédés de l'héraut et de l'huissier, quittent leurs places et s'avancent près des marches du sanctuaire où ils font deux révérences, l'une à l'autel et l'autre au Roi. De là, ils naarcbent au trône du sanctuaire , où ils se placeat , selooi' leur rang, autour du fauteuil que le Roi doit occuper.

Le grand-prévôt, précédé du héraut et de l'huissier, se dirige vers la stalle de monseigneur le Dauphin, et l'invite par une révérence à en descendre. Son Altesse Royale s'avance au milieu du chœur, où elle fait successivement dix révérences, savoir : une à l'autel, une au roi, une au clergé, une à madame la Ûauphine et aux princesses royales, une à monseigneur le duc d'Orléans, une à monseigneur le duc de Bourbon , une aux ambassadeurs, une aux commandeurs ecclésiastiques, une aux chevaliers de droite, une aux chevaliers de gauche. '

Après ces dix révérences, le Dauphin s'avance vers le trône du sanctuaire, et se place sur le côté droit du trône, au bas et contre la marche de l'estrade.

' Le duc d'Orléans et le duc de Bourbon descendent alors de leurs stalles, répètent, l'un après l'au» tre, les mêmes révérences, au milieu du chœur, et vont successivement se placer à coté de monsei* gneur le Dauphin.

MM. les ducs de La Vauguyon et de La Rochers

Il8 RELATION OOMPLèTE

Foucault suivent en tout la même marche , et fool aussi tes mêmes réyérences , mais ensemble.

Alors le grand-prévot va chercher le Roi au trône du chœur y et le conduit auprès des marches du sanctuaii%.

Le Roi, au milieu du chœur, £aiit snccesÂvemcnt les neuf révérences déjà indiquées; puis & M. monte au sanctuaire , et va se placer sur le trône-, wftès avoir Êiit encore une révéréhce ^i passant devant l'autel.

Toutes les révérences terminées , on apporte sur Testrade du trône et devant le Roi un fauteuil tcMir* né du cêté de S. M.

L'archevêque de Reims mohte au trône^ et s'assied dans ce fauteuil.

On place devant le Roi une table décorée des attributs de l'ordre. Le commaijdeur secrétaire des ordres présente à S. M. le serment écrit et la plume. Le Roi signe le serment. Le commandeur secré*> taire reprend le serment et la plume. L'archevêque se lève, et, après avoir fait deux révérences au Roi, retourne à la sacristie pour s'y revêtir de ses habits pontificaux.

Le grand-prévôt descend du trône, et va préVe^ nir monseigneur le Dauphin de venir rendre hon^ mage au Roi ; S. Â. R. s^avance aussitôt en iace dil trône ; là elle &it une première révérence à l'autel; une seconde au Roi ; puis elle monte sur l'estrade; où elle fait encore une révérence au Roi ; elle va $e

oc fiâCBK BK rm^mw^ x. 119

meltfeii gemMiK

S. M.,«tiinfaaiieb]Bni.LeBm

Daapfaoi avec hcmmcomp daffectÎMiu

Le priiioe se relève, bit me wéwéxeoot an Xoi^ redescend de Testrade, Eût aa bas uœ aiAe léié* rence à &1L, me antre à faiitel,et revient se plaeer en télé de laciJomiedesdDq cfaevali«sanrifsreçns-

Afonseigneor le doc d'Orléans et monseigneor le d u c de Bourbon eKécotent ensuite Cm xprès Faotre les mêmes formalités, et le Roi l«ir serre aosn la main très-affectueusement.

MhL les duos de Lia Yauguyon et de La Rochefoiicault rendent ensuite hommage , toas deux ensemble , de la même manière.

M. le duc de La Yauguyon veut se prosterner, malgré son grand âge. Le Roi lui tend la main avec la plus touchante affîibilité, et le relève.

Cet acte se termine par l'hommage des quatre graudsH)ffîciers, du héraut et de l'huissier, qâ a lieu selon le rang qu'occupe chacun de ces ofiGciers.

Dès que les trois princes et les deax anciens chevaliers sont rendus à leurs stalles, monseigneur Tarchevêque entonne le f^eni Creator.

Pendant le chant de cette hymne, tous les dievaliers récipiendaires, à l'exception du princedeCastelcicala et du duc de San-Garlos ', descencteat

< Ces deux chevaliers , étant étrangers , doivent prêter un serment différent de celui des'ohevaliersJran^t. *

lao : KELA^Tioir complète

dans le chœur et viennent y former deux coloim^, qui s'avancent ensuite le long des basses stalles jus* qu'au sanctuaire , où elles s'arrêtçnt et se tournent en face l'une de l'autre. Elles restent stationnaires dans cette position. ' ^

Dans le même moment, les commandeurs ecclésiastiques récipiendaires s avancent de front dans le sanctuaire et se placent en face du Roi, dans la même direction et à la même hauteur que la- colonne droite des chevaliers. Ils demeurent dans cette position.

Alors a lieu la réception des commandeurs ecclésiastiques. Le grand-prévôt, après avoir pris les ordres du Roi , envoie le héraut d'armes prévenir les récipiendaires ecclésiastiques de venir au trône, et ; cet officier les amène. Là ils se rangent sur une même ligne en face du Roi. Le commandeur chanceher des ordres s'avance sur le devant de l'estrade, lit à haute voix la formule du serment des commandeurs ecclésiastiques, et retourne à sa place près le Roi.

Les récipiendaires ne répondent rien dans ce moment , mais ils montent aussitôt sur l'estrade , font une révérence au Roi , et s'agenouillent sur des - carreaux placés aux genoux de Sa Majesté.

Le chancelier des ordres prend le livre des Évangiles et le tient ouvert sur les genoux du Roi; il lit les sermens à haute voix ; les récipiendaires posent chacun leur main droite sur le livre , et prononcent : Je le jure.

DU SACRE DE CHARLES X. lHl

Le serment prêté , le Roi revêt chaque récipiendaire ecclésiastique de la manière suivante :

Ceux qui sont cardinaux et en grand costume de leur dignité, du cordon bleu, arrangé en sautoir, avec la croix d'or de l'ordre suspendue à la pointe; le Roi leur remet aussi un Itire (f Heures et le Dixaui '.

Ceux qui sont archevêques, évéques ou prélats, sans dignité ecclésiastique, d'abord du mantelet bu camail , ayant sur le côté gauche la croix de l'ordre brodée en paillettes d'argent , ensuite du cordon bleu , ajusté comme celui des cardinaux. Ils reçoivent aussi le livre (T Heures et le Dixain.

Les commandeurs ecclésiastiques rendent alors leur hommage au chef et souverain grand-maître des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel , en baisant chacun la main du Roi.

Il se relèvent , font une révérence à Sa Majesté ,

' Un des statuts de l'ordre du Saint-Esprit oblige les commandeurs et officiers de l'ordre a à communier les premiers jours de l'an et les jours de la Pentecôte ; à êtie catholique et gentilhomme de trois races paternelles ; de ne faillir deux fois fois l'an pour le moins , à se confesser à personne constituée ; d'assister chaque jour dévotement an saint sacrifice de la messe , et aux jours de fête à la célébration du servi<?e divin. .

Ils sont en outre obligés chaque jour de dire un chapelet d'un dixain, qu'ils doivent porter ordinairement sur eux, ainsi que les heures du Saint-Esprit.

Yoilà ce qui explique la remise des heures et du dixain.

I2ft Rï:LÂ.TIO]H a>MPLÈTE

descendent du trône et passent à uire table préparée à côté pour signer le serment. • >

On commence ensuite la réception des chevaliers non reçus. Le commandeur chancelier des ordres , après avoir pris le consentement du Roi , descend du trône et s avance sur les marches du 8anc* tuaire. Là, ce grand-officier annonce à tous les chevaliers récipiendaires j qu'il va leur donner connaissance de la teneur du serment que chacun d'«ax va prêter entre lés mains du Roi , et Ut à haute voix la formule du serment des chevaliers ^ Tous les ré*

* Pendant mon séjour à Reims , j'ai fait d'inutiles efforts pour obtenir la communication de la formule de ce serniént, et, malgré les réclamations du Constitutionnel^ le Mortiteurnt Ta pas encore publié. On ne conçoit pas quel peut être le riie^ tif d'un pareil mystère.

Yoici le texte de l'ancien serment, qui aura subi nécessaire* ment de grandes modifications.

« Je jure et voue à Dieu en la face de son église, et vous promets , Sire , sur ma foi et honneur, que je vivrai et mourrai en la foi et religion catholique , sans jamais rien départir , ni de l'union de notre mère sainte église, apostolique et romaine; que je vous porterai entière et parfaite obéissante , sans jamais y manquer , comme un bon et loyal sujet doit faire. Je garderai^ défendrai et soutiendrai de tout mon pouvoir l'honneur , les querelles et droits de Votre Majesté Royale envers tous et contre tous : qu'en temps de guerre je me rendrai ^ votre suite , en réquipage tel qu'il appartient à personne de ma qualité : et en paix, quand il se présentera quelque occasion d'importance'; toutes et quantes fois qu'il vous plaira me mander ptfor' Vous

r-*r..^L'j Miipt j. " t^'»

DU ^ACRE DE CHA&LES X. |m3

cipiçndaiFes entendeiiit cette lecture découverts. Lorsque le chancelier des ordres a repris sa place

servir contre quelque personne qui puisse vivre et mourir, sans nul excepter, et ce jusqu'à la mort : qu'en telles occasions jô n'abandonnerai jamais votre personne ou le lieu où vous m'aurez ordonné servir , sans votre «xprès congé et commandement signé de Vôti^ propre main où de belui auprès diiquel voua m'aurez <ordonné d'être , sinon quand je Ivi aurai fiait apparoir, d'ij^ne juste et légitime ocpasiop ^ que je ne sortirai jamais de votre royaume, spécialement pour aller au service d'aucun prince étranger , sans votre dit commandement , et ne prendrai pension , gages , ou état d'autre roi, prince, potentat et seigneur que ce soit, ni m'obligerai au service d'autre personne vivante que de Votre Majesté seule, sans votre expresse permission '; que je vous révélerai fidèlement tout ce que je saurai ci-* après importer à votre service, à Tétat, et conservation du pré-» sent ordre du Saint-Esprit, duquel iWous plaît m'honorer; et ne consentiirai nipermettrai jamais, en. tant qu'^ moi sera, qu'il soit rien innové ou attenté contre le service de Dieu, ni contre votre autorité royale , et au préjudice dudit ordre , lequel je mettrai peine d'entretenir et augmenter de tout mon pouvoir. Je garderai et observerai très-religdeusement tous les statuts et ordon-» nances d'icelui. Je porterai à jamais la croix cousue , et celle d'or au col , comme il m'est ordonné par lesdits statuts ; et me trouverai à toutes les assemblées des chapitres généraux, toutes, les fois qu'il vous plaira me le commander , ou bien vous ferai présenter mes excuses , lesquelles je ne tiendrai pour bonnes,, si elles ne sont approuvées et autorisées àe Votre Majesté, avec l'avis de la plus grande part des commandeurs qui seront près d'elle , signé de votre main , et scellé du scel de l'ordre ^ dont, je serai tenu de tirer ai!cte^ K

Iîl4 RELATION COMPLÈTE

au trône, le héraut appelle de suite les deux.pre-* miers récipiendaires de chacune des deux* colonnes. Ils s'avancent, et le héraut les conduit dans le milieu du sanctuaire , où ils font tous ensemble une première révérence à l'autel , et une seconde au Roi. Le héraut les dirige alors vers le trône.

Arrivés près de l'estrade , ils se rangent de front, font une autre révérence au Roi , montent sur l'estrade, où ils font encore une révérence et se mettent à genoux sur lès carreaux placés aux pieds du Roi.

Alors, le commandeur- chancelier des ordres prend le livre des Évangiles et le tient ouvert sur les genoux du Roi. Les quatre chevaliers récipiendaires posent la main droite sur le livre et prononcent ces mots : Je le jure.

Ensuite les quatre grands- officiers , aidés de l'huissier et du héraut , détachent par devant le manteaUyde chaque chevalier et l'abaissent par derrière. Le Roi passe sur les habits de droite à gauche, en forme de bandoulière , les cordons bleus avec la croix d'or suspendue au bas ; Sa Majesté porte la main aux manteaux , et les grands-officiers l'aident à les relever sur les épaules des récipiendaires. Le Roi place les colliers sur les manteaux, et enfin remet à chaque chevalier un livre d'heures et un dixain.

Ces formalités remplies, les quatre chevaliers reçus rendent l'hommage au chef et souverain

DU SACSE DE rifi«T.gS X. IS3

grand-maître des ordres daSaiat-Esprit et deSant- Mic^el , en baisant la main <ia Roi; ikse relèvent ^ et passent à une taUe ]»eparëe à o&té pour signer le serment.

Ils sont sniris par quatre antres clieralias.

Ces quatre derniers sont : M. le comte de Villêle, M. le vicomte de Châteaubriant , M. le doc de Doudeauville et M. le marqois Talam.

Au moment où les récipiendaires se rendent an bureau pour signer le serment, M. de VHléle précède immédiatement M. deChâteanbriant, et cest M. le président du conseil qai remet ta plame à son ancien collègue. Ce rapprochement £ût sourire plusieurs spectateurs.

Tous les chevaliers sont ainsi reçns quatre par quatre, avec les mêmes formalités.

Quand la réception des chevaUers est terminée , un officier des ordres va inviter M. le prinoe d^ Castelcicala et M. le duc de San-Carlos k descendre de leurs stalles, et, après avoir observé les méiMê révérences que les précédens, il les amène ensemble aux pieds du Roi, où ils prêtent leur serment partir culier , et reçoivent les insignes des ordres*

Alors les quatre grands-officiers descendent da trône, se rangent sur une seule ligne au bas du trône , et font ensemble une révérence à Sa Majesté. Ils s'avancent ensuite devant lautel , auquel ils font ime seconde révérence, et font encore une révérence au Roi. De là ils descendent les marches dusanctiiairey

1^6 kËlATlON <ÛOMl»LiTË

et vont se remettre au bas du trône du éhd^ui^i

Le grand-prévôt monte au trône , et invité le Roi à le quitter pour aller s'asseoir sur son premier trône, et pour entendre les Compiles. Le Roi| arrivé au milieu du sanctuaire , fait des révérences à Tautel , au clergé , aux commandeurs ecclésiastiques , à monseigneur le Dauphin , aût princesses , à toute la ligne des chevaliers de droite et de gauche, aux ambassadeurs, et va s'asseoii' sur le trône élevé à l'entrde du chœur.

Aussitôt le grand-prévôt monte au trône et prend ses ordres pour commencer les Compiles. Il va ensuite dans le sanctuaire avertir l'archevêque par une inclination, et les Complies commencent. Pen« dant cet office , le Roi et tous les membres de l'otdre restent assis et couverts.

Les Complies finies , tous les membres de l'ordre reconduisent le Roi dans ses appartemens^ de la même manière et avec le même appareil qu'il a été amené à la cathédrale, et au bruit des fanBsures, dm tambours et des acclamations Cette cérémonie « duré jusqu'à quatre heures ^ . :

Le Roi, après la cérémonie^ a tenu un chapitre

' Pendant cette cérémoiûe , messieurs les musiciens de {^ chapelle du Roi ont encore exécute plusieurs morceaux à jprands chœurs , de la composition de M. Lesueur , ainsi qu'une mar" che guerrière et une marche religieuse de la composition de M. Gherubini , et un Salve Aegina , composé par M. Planude*

de Tordre da Soût-E^nt, djn& ^iBIBEi

a nommé ringt-on ooidoublos':

ducsdXzès^ deChtemMStj

de Loi^^yde XaibcwBe^de MaiHép

de Polignac, de lIoiteiiBzt , de ThlMiiir^ et Xm-

rise, le comte Jourdany les nonjub

de La Suze, de Biézé^de la FaroBajs, de

toret , le comte Just de Z^oaiUes, le TÎooBite dA^amàt

et JNI. Ravez.

Ce même jour, à dix heures do nntin, IDL les ^mibassadeurs et ministres éfraiyrs arnei^ été admis à £ûre leur cour aa Roi et à la £mulle rovale* Daos cette rémiîcm, S. Ém. 3L le noiioe apostoiii^ie a complimenté le Roi en ces tenues, an nom da corps diplomatique :

ce Sire,

» Le corps diplomatiqœ , encore énm de Tas* guste cérémonie dcmt il Tient d'éfre teMoia et de tous les souveniis qa'dle rappcUe^ ^empreise d'of&ir à Votre Majesté niommage de ses ftUdta^ tions.

» Apres de longues traverses , simrief d'évéoemens si merveilleux que vainement <m s'efforcerait de les expliquer par des causes purement humai* nés , un des rob vos prédécesseurs reçut dans cette

* I>a tenue de ce chapitre est d*i

jamais votre âme royale , la E^ijyj 4en^,Te^ *oopH>iBt4'p»eiiwrnèètà«>*WftftAns

relèvent encore l'éclat. • ■"^" "

. » En voyant la religion , qui seule affermit les trônes, consacrer les commencemens de votre règne, l'Europe partage les espérances que la France en a conçues , en même temps qu'elle forme avec elle les vœux les plus ardens pour le bonheur de Votre Majesté,' inséparable de la félicité publique, qui trouve , Sire , la plus sûre garantie dans votre sagesse, votre bonté et votre noble caractère. »

Le Roi a répondu :

« Monsieur le Nonce, dans une circonstance si intéressante pour la religion et pour la monarchie , je suis heureux de ine voir entouré ' par les représentans de tous les souverains de l'Europe. Je suis, Irés-sensible à tout ce que vous venez de me dire an nom du corps diplomatique. J'ai la ferme confiance que cette auguste cérémonie profitera au bonheur de mon peuple , et je ferai tous rues efforts pour maintenir la paix et l'accord qui régnent heureusement parmi toutes les puissances. J'espère que Dieu bénira mes efforts. Nous ne pouvons rien sans

BU SiLCAS DS CHAULES X. II9

lui. Messieurs, faites savoir, je vous prie^ à vos maîtres les sentimens dont je sois animé, et ma reconnaissance ponr la part qu'ils ont prise à mon sacre. »

Le soir, il y a eu réception chez Sa Majesté. A cette réception, le Roi a dit à M. le marquis de Rivière : « A propos , f ai oublié de te dire que je t'ai Êdt » duc.»

i3a ntx>*mm miimÀitfÈ

* •; fUcb - -m:' 'I P: r, .f\*f\ iîl> ')v^ U>n i^îh tltn^ f.^ /

;)..../,,.......■ ■ « ^ . ,. , . ; . .'.M )i-ii » :

Stations à Thôpital de Saint Marcoul et à Saînt-RéiÀ2!^ ^ Revue des troupes. -~ Yîtite «u Baù^; — ^Dép'ari/dii Roi. ■ •■■(..»{** ■»(! f = îf-

Le Roi , après avoir entendu la xeessei^dam f ses appartemens , est sorti à dix heures du. palais stffbir épiscopal) accompagné d'un brillant cortège i^)|Kiécédé par les hussards de la garde, par seà pages et suivi de son état-major.

Sa Majesté , en habit d offîcier-général , était sur un cheval blanc magniQquement caparaçonné. De riches broderies et des crépines en or ressortaient sur un fond de velours écarlate.

A la droite du Roi était monseigneur le Dauphio, aussi sur un cheval blanc richement caparaçonéi:

A la gauche du Roi , paraissait monseigneur le duc d'Orléans , revêtu du riche uniforme de colonelgénéral des hussards , monté sur un cheval gris pommelé. Monseigneur le duc de Bourbon , en habit d'offîcier-général ^ était à la droite du Dauphin siir un cheval bai.

A iashifé dùcdrt^ dùiltoi pât»à«teiît j dtfïis tine

à sa gauchie Mârfariié AVtthè*^é cfe Serry ^ et sur Icî detaiit Son Alt^fese lît^éfî^al^^e k dmihessé d'Orléans et mademoiselle d'Orléans. Gès priitcesséS étaiénlieiipilaBC ftveo déé ^KJiie^^lrttiea dé|dctoës.

Le cortège s'est dirigé Vers l^hôpital yé^gfîrit^ Mârcoul ^» * ' -'■' ■•'- .

Après- avoîi* fait sîsi pHèré'dsIftàlia'thapëUedemiô^ pital de Saint-Maitîoul , Sa Majesté est-monté^dàhs^ les salles 9 où se trouvaient réunis cent vingt^'un malades scrophuleux.

Le Rei4a été reçu psr Son Es^c. le graËMJ^aïamÔT nier y acconbpàgïié àe itions^gn^ur l'évéque ^iàe Nanci et d-àutre^ pt^lats, er eoiîdùit pîar M. ék Saint-FéBx j aide des CérémoriieS; et M. Vachék)t, secrétaire , à la chapelle , où Sa Majesté a ïiait ses prières. Dans les salles se trouvaient M. le docteur Alibert, premier médecin ordinaire du feoij M. le docteui* Dupuytren^ son premier chirurgieii^' et M. Thévenotde Saint-Bai^, aori premier -ehit^drgîeii ordinaire, qui ont iuticessivemeét' |]tréseti€é k Sa Majesté les malades. . ' ; .

» L'hôpital de Saint-Marcoul , ou des scrophuleux , fut établi

vers Tau i65o, rue dii BoUrg-Saint-Denis. On a attribué à la mauvaise qualité des eaux de puits, Taffireuse maladie' des' ^crouellfes, que lé istlmidré èhh\ii^ern%ù\ Û^^ disparaître en grande partie. "j^ ' ' «îu1î> •^*.

et en disant : Dieiç te guérisse, le Rahi^^^lmb€in}iét p^eiiiter;iBâdeoiBKte0àiti94fl)8;, ,9k*liel c^pîMin» ' des gardes -^e&'iiiafiiBM-'i' «f î s «i •' • ■/-/ui - ■ im.î-:, .t^?î>ji'?/! A>4-efvvtîès^maladesv>le Roi disait Vft^|M^:l'a<x£nt dUiiiiTeiiliAre intârét i «Me&ohersamifrvJo^^^tAitîtp;^ porte des; paroles de consolation : je désice bî^ti« )mnenli ^ue•.voll^ guérissiez ^ » Cette acenfiuilaii» chaqtd a^ excité viTement ia Decotinaissauaecde<«.CM

■ il s'est élevé à cet égard ube espèce dé cf^hait entre les joiirn^QX. Les Ms oat affirmé ^urèalà^ett^'iVifi^^i^^ miale «d- usage ; d'autres ont nié le fait. D'après les rappbHM^ téfe^M^Hlâires.; digaetJleM^^pM i^ «mtsaltéii^iipais , Sa Majesté aurait prononcé la fornmU)» 4'ttW^^^Ciy MW»!*^ fois , et aurait adressé aux autres malades des paroles de consolation.

Le Moniteur^ dans sa première relation , n'avait, points P^H^ du prononcé de la formule. La Quotidienne y dans une de 9Çi lettri^i, rapporte que k Roi a prononcé la formule ^ mais^.'dans une autre elle n'em fait pas mention^ et elle parait même lexgl&r, quer, pourquoi, W Roi ne s'est pas.conCornié enjtièreni«nt 4 Twi tique usbge» puisqu'elle dit : « Son esprit ^aste. lui |i fait se^r tir que, s'il ne pouvait porter remède aux plaies du corps ^ ijl^ pouv&it au moins adoucir les chagrins de l'âme. » .

:yoici-co0une,.cptte.sG;ène^e passait autref pis : , « Le.prepiçr,j^édecin app^^iaitsa main sur )a f ête ^le c)|;^cpji^ des malades , dont un des capitaines des gardes tenait Ji^s n^ÎJO^, joint^^L^Roi y,la t^te 4^ouy<u:^V l^.toaç\^ite%4^^^t,lA main droite 4u fooM ^ «»W«WbfV A'»n»>|ie^jkJl^u^^

^ 'U»id€b^malââës>, «nés bôtte^sitev ^sàikqiréiSa Majeslê était le premier médecin àésow v&jfiiai&ei\^

S9m«i4!kfàre0iil'<>tlt rëoà âe- là^^ôUdbfeicfGi^^là^rài'ii^ cçile 4i miadàmé la Diti^>hœ6 âes^^émbf^à^fd^ sfitiifacAkHa pdài^^totts !«a iièito 'q^'ell»)iîpfii(iti^^ a^ sohldgameht de l'iiuitâtifté ^oûffraJMe^'(^^H0^ ses soeurs .s« sont jetées aux^ du Roi et liiipht

demandé sa bénédiction ' et la fervenr dëiôi baiWr

c-icr^rMei^iceiifs^'tcnos aYés bien toin des pauVï^::

ifJ2lnttesîg;ne''dë'IJi crai, et i^ônôb^iit <^ pai-iylfesV i^jfeiir te giknsse\'hÂSttemcheï ' ' \ ' '■■' ' ' '

» Trois cbeFs'dë gobèrèft fcc trcrUvaîeUt à Feiïdrc/ît où fitiif li diètnier Vàngdés ihalà'des'; îlis tenaient; entre deva'âlétriéttès'd'di'; trots éér^itôttes Misées et niôuillëé» , l'ûnë ée'i4ii^i^e'/l^att«f« d^^ati côin'nléÀeV ^t fa troisième d'eaû de ftelii' d^ràvi^e% dont te Roi se lavait les mains. » • . ... «^ .. ....

Louis XIY'protionça 1& formulé deux mllte cinq débâi fMk -^ et les relations du lemps citent comme un trait remarquuïrfe* ; que ce grand Koî ne se ^p6s» que dentfbis pour prendne noverre 'd'eau/ '' ' ■• .....,.- . ,. , ,,.-.

' ^ Qcrètqiïe«:-Utie»de ces religieuses Mtlreçù en t^^SUhéni^,

diction d)& Louis XVI i^éUiiilrWItake oirîBèAiitiixeè.^>i >>^ ' tn.

l34 REtiATIOK COMPLÈTE . .

Le Roi^i ^ivi de spa çov^èé^^ .s'est eosaite n^du à Fabbay^ Saiat-^Remi ». • i » i oj ».

Le Roi a été reçu k l'entrée de l'église par monseigneur rarcheyéc[ue de Reims.

a dit Voffîoe et lui a préseiité les reliquçs.4Aî^ipJi> que Sa J>][aje3té a touchées avec yénération, Ç^J^ cérémonie q a duré que peu d'instans ; ma^aqaej la Daup^ne^ les miains jointes , les yeux levés yers le çffil j a chanté à hautç voix et d'un tojK j^ftélré , fe

Jî.e px)i^ en fprtant de. S^nt-l^^çi^îi^^^^^ petite chaussée de la rue des Martyrs, ^t Sa ^it^ffiié

< L'abbaye de Saint-Remi , l'une .degp^ft4|^<»e|lci9i^|4g^l^ de Reims , date de la fin du onzième siècle » et n'était, d^ns son ori^ne , qu'une petite chapelle dédiée à- saint ChrîsVdph'ë, inartyr de Lycie : elle existait dès le commencement diji qua-. trième siècle. L'archevêque Guy de Châtillôn en fit \k cll^diçfce à saint Rémi , et le pape Léon IX la consacra. Qn y yoyait le superbe tombeau de saint Rémi , surnomnié VApÇtre des. Fnm*; çqis. Il était dû à Robert dq LépionçQuil:, abbé, de Siaint-Re^ i^ il fut commencé en :(55i , et continué en iS^Spai* ni^ a^^UI; abbé du même nom.

Ce inonument tombait en ruines. Lçs réparations étaient éva-= lué^s à 225^000 francs. Le Roi a ordonné que les deux tiers de cette soDOime se^^ient acquittés par les ministères de la maiffçtn du Roi et des affaires ecclésiastiques , à condition quç la viUe.de de Reims fournirait l'autre tiers de 1^ dépense, Lea ti^ajQj^ qoinniencèrcnt aussitôt.

DUtBACSa DE/CBAMiES X. %'â5

est.wriv^Àiitiidi-à b^^fue du ès^mp Sâiot«]«^éàiiairi '. Les deux batteries de droite >et. de* gattcb^^ftil; fan;

feu. ■ • ; '«i. i.- i .r * .\ i " .. . ■ -• ' . i I" ■

»*»^i*<M I II ■ 1 i ■■

* Ce Camp était situé à une portée de caûon de' la Ville, dans une vaiié pîàifJé , ïé'lbnjf' dé'^là'riVièi^e dé Vesle , à dhoite dé la fotiité^èe t^^ObÀs/ S tftâlt Ulûftefe^uù} pùitsAléi6ffpmàûe de

.JterjrÂn (|«'U (]|(:ovyi|4l«y4it :^il<^éâi,9go.û:aa(»;.^^ àê* gats.d^n^ 1^8 champs envjrpnnans ont été payés à raistpB.d^ ;i:Oo fijançs .par iour de terre (mesure dap^^s qyjL.éqi^a^t à un arpent et dçmi. ) • . .

Chaque tenté, surmontée d'un petit drapeau biaitc y renfermait l'^éli'mfAîgê ttVirA^j^êJ^rà'.' les ïdlfges blkémiAs qui' sépàndent leftr tet^t^itiigtiété' dër ètia^t^lèf' cMé,^tâteiit'K^kii^; fiables et biM^lés- 4^ g^sc^flCbiSoj: iaiisièrç ^U^tstsip , létf sofclàU atméntS dessj^né (}f^ y^^fflf ^t -^^ présenliatijçt .im .srgréilkrdoilp d^vil ^ et des col^njOLes^de yierdure ^s^x^l^^^«ll^. était, plaidé 1^'^u^ en ])lâtre de Charles X. Ici se dessinaient en blaets les noms de madame là Dàuphîhe, de Madame, duchesse de Berry , de MadempiscUe ; )à se relevaient en gazon ou en ikonsse , ftili^tift fdtÉd' sablé , les noms de Châties X , de mOnèeigneiit lé 'Davphîfer, '^' du duc de. Dordeatfx. :

, Dans uA de. ces partertes y on yôjâit te «faiffire de CHdfifë» X c#tre deux sabres en croix ^ avec cette' devise :lPR^ te Xô^ Charles X ! Vivre pour le servir } mourir pour ledétferidre f'

Devant le 6o«. de ligneyon.liBalit ces mot^^i^ift ëkibléùîé^, au-rdessous dm buste àa. Roi : Un inxtant dtms nàiH càinp , et dans nos- cœurs tot^owt. •

Devant le 1 4®. , on voyait une large couronne avee ces mots : Dieu la lui a donnée y nous devons la lui constfih^r.

Le quartier de la gaide étuit dîitribttè ett plésieUrs mes pov-

l36 . KtlsAJlOR COyLPlàrTS

Le Roi, s'est .açrété à :1a hauteur d^un- jptflH9fbir> construit, au (cep|xe . et a co^$ïdéaté VéuBiSÊàhlff An camp. Les troupes étaient rangées len^ bataiile de**ia manière suivante : , ... ,:■.■., > » ♦ :.»•:•

Une batterie d'artillerie à cheval de }d gafrà? royale ^, un ^at^i[Ioa de d^iaçim.des huitrég^lsbi de la gar^e royalq,, huitJhiatjjjUpffs. deidifFélpeiA té*^ gim^nsde la ligne (le« 1,7^, 4?% 33?, §4% S-Vifio^,^*^), un bat£»llon du gë»ie et uiie haiteiar à' ^i^ld^dt^'làî

'À là gauche de FînÊuiterie se trduvidt'fe'i^àVâ^ lerie . rangée aussi en ligiae dançt rordre^sfâiviaitf r

Quatre escadrons des gardfiArdu^eorpft^^ ^lèin - fe»cadi^on d|çi^ igjeq^^f™^,^ 4'élite ^idM ^eMâien'^^Hdfes^' cuirassiers,, des dragons , des chaissenrs^^ dëftlÀl!i^^' ciers et des hussards de la' garde rojale^ et un escadron deis gendarmes , des dragoois

tant 'le« nojBS.dbi J2at , du Dauphin , de la Dauphine , dé Bor^ deaux^ d^^.tffofutfur^ de.la FidéliU' y des Dahes.

Le corps du génie avait figuré en avant- de Mf tîntes , dtfl* fortlQcations en gazon paorfaitement exéeatéef. L'attîllerte'à'vàît deaiiné sur une butte ^ avec des bluets et des coquelicots , «»' canonnier qui met lefeu àsa pièce.

Au milieu du camp s'élevait un autel.

Les troupçji,^ aa nombre de -dix milftie hommes environ, étaient commandées par M. le lieutenant*^épéral- Lion ^ ayant sous ses ordres les généraux Delcambre, Watier , et PiqaeC de Bois-Guy , commandant rinfanterie, l^ji. cav^derie etrartîtteM rie. La cavalerie était cantonnée' d^às les luUages voisins. ' * '

DU ftAOBB'pE CHARLES X. 1^^

cuii^4ia9»9)?f y^de» iaticlëifs^t itlés htl^tdsde la ligne. , . (Jo!^ iffmaàei mallitâde ^ cDUvrâlt la"' ptàine en face des tîroupea^ iics jours précédens^ , (Tans la ville et surtout dans la cathédrale , on Tseci'oyàît plutôt à ¥w^ ^^'& iRdmid ^ oh* ne rencontrait presque que dçi,pQf»^)<JLsagHiSïile<XNiDftt96anceqt/oti avait Fhabitude de .XQÛ^ndwa. los fmiàeriàée^ et dànàr lés spectales de la cafitltala.. Le Jouir devlà' revue c'était tout le cQ|ititEÛt^fbAélJBaogers'ëtRierït perctusVlajis la foule , des Rémois et: surtout dés faabitaus delà cani{>agliLv ve{i^^]ar|^Itïp9Fl de bfeûses bleues etpoHanf^ selon l'us^g^^^Mpay^^dtgxIâlds' bâtons en guise dé caniiiesv

S4 JVf^e^à» d'^bof^^trâ^ersèlà plarrfe , au milieu d^ |[>9n^aiià9f^iwrlan)ati<His V étVest Tëridue à la* droÂ^e d(9s tcoupes.'' ^ r. " - * 'vr:-.*' * i' '* •

Le JElq^a parcoio^u touleJà ligue en s approchant aus$i près que {X)ssible des soldats. Il était suivi dés princes, des princesse&^et^d^tHrbriHaiit étàt^inajor, où se trouvaient M. le mimstrede la guérr», M.4è^ lieutenant général barpa de Damas,* mini^tr^' dés affaires étrangères; MM.: les maréchaux due de Co* négliano, duc de Bellune , duc de ï(àguse et marquis de Lauriston y M."lèdûc de Pbiignac, preupiér' écuyer, MM. les lieutenants généraux etmâréûlaïauK.

' Ces rassembiëmetkft ne sont point co'inparal>les à ceux de Paris dans les jonrr de fêteï à ceux, par exewpte , 4**"^Â^. voyait dans le fauboarg. Saiat-Deais et à la Villettc sur. lçj»q&sage du Roi lors de sa Vèiitréb da'tis la capitale.

1^8 . MLATlOir CpMBliàXE

de c^pip.P^rtQunieaux., duc de Dmo^^ de, Afâilté M un grande nombre d'officiers étrapgers, 4e ;l{i duite des amhayi^deurs. .,! .♦!:». m. f. ,.. ,

, L^ q.Matre priucesstes, en culèche j|oat au^ par* couru toute la ligne et à chaque instant LL. AÂ. B£. s^l^iai^Ht trés^affectueuçemeot les «oldats^^^^Mei" 8f?^2* •If Pauphia donnait fréquemment. de^' marques dé souvenir ù ses compagnons d'avmeçtf t. . .,j^ç lipii^ été ensuite se placer^enava&ticte'la4Mte qui lui avait été préparée. En ce moment^ lie$ ooiIq^ nels ont Ëiit sortir des rangs les Jreirt^iniaQuf .(Oiffiçiers f^t 14$ trenterneuf sous-officierset fbold^ts »yqui ^eivaient recevoir les crois de SaîiilrLo»i%«^:>dji..la ]^gion-<l'IJonBeiftr ', etles ont' coaduÂts aiifparYfl* Ion du Roi. Sa Majesté leur a remis ^snccemy^PieOt (\e sa maintes décorations, en leur adressant; des paiipples bienveillantes. : i,.*

« Vos blessures vous font-elles souffrir ?. s» fl 'demandé.. le Bx)i, à M. de Bâillon officier du sixième régiment de la garde royale , qui a dix-huit ans de service et sept campagnes. aNon^Sire,» a répondu loffîcier. -^ (c Vous pourrez donc n^ servir longtemps? Ji. — ce Ah ! Sire , de bien bon coeur. »

/Apxè& la distribution 9 M. le maréchal duc de Bellune a pris les ordres duJElQi.pour Le défiiéaXia.Ji-. gne s'est rompue par un arrière à droite, s'est mi^

• * Le Roi avait accordé depois peu de jours àenx croii à cha^ que bataillon et escadron présens au camps.

DU SACRE J[)£ <}UARL£S X. (39

çn colonne par divisioii et a dé&ré**<î0t^tl Sa Mftf

jesté-Vlfe^ucVle'Rélllinè tnarcha^tèntfte^ \. i;

Envoyant défijLer l£s quatre e$c0drpT)$ àe^ gfttd^s-

bons. » . \ '

I^'ordre «lu jour adressé par M- le ni^ré^id: duc de j^Uunè aux troppes qpi oQ^osiieat ;le . cans^ qPjCLtQi^aiedt ces paroles teinar<|uahles : *

« Mpo^eur le )ttaréd;(al ^ listes à jmcb [troupes ^Uo )^ ;^^ .(ju'eil^ >pi^n): nuast coûtentet^ de xatA j^ue je suià 5a«îàfr:^î.jÇeJ|es :^ .. 'î :;.-::• : ; V • , f A trois' heures te Roi e$t ï^nfenéîdMs Reims 4(tec soj^ ;çê«rl3êg^ pàt j^ port» :de. Difur-Lunôère-:; *îI'«l iiijitii^lç^ ri«efe de PiÉiti*I.iffW , halle SaintvBwriv (^. là Qr^sse^^ncluvoe:, d<» fGHoeatix vdiss Bâri^âtesV de rtjtriv^t^ijii^ji ^e Saiiijb-BtieiMMi.vi la Perrière:, la; place iÇfOyale pjÙL. ^ Majesté ^snetsit arrêtée devaqt la s.tatue 4^ touîs !]^V. * • . ^ .-■ • ,, ;

Le cortège a continué par le Marché îBuk'Bléaiy la rue du Tambour, la place de THôtel-de-YiHe.

Là, s'était rétinï Si. le roairç et le co;rps nifinî^ cîpal. Le Roi s'est arrêté, en voyant ces magistrats s'avancer. M. le maire s'est approché du cheval du Roi et a dit â Sa Majesté : « Sire, cet Hôtel-dfe-Ville a été commencé . sous le règne de Louis XIII, et viçpt d'être acl^eyé ^ôus le règne do

* Dans celte revue , M# led uc -de T révise a reçu tm coup de pied de cheval à la jambe. Lf nlyi^cftftla'ététrafisporléc^t'^^iii-

plus fayorables. » ^w^«M•.•l-i«"^ ^H:^>i^^

« Quel est, a dit le Roi, ^ee gimnd-b&tinientique je viens de voir sur eette ptadè (*hioiitmtit^*^^Iace Royale)? » . '

« Sine, c'est Tafecierinfeflôtiâiïè'i'â^^ répondu le maire; et la ville changerait d'aspect et. serait? 6^ embellie , si Ton pouvait fisiire une percée, qui tmt' lHôtel-de-Viile en regard 9è ce ^a^iJ b&titnent. »

S. M. a approuvé (Seite idé,e et a témpigpê qpx'ieUè en verrait avec plaisir raccom|>Us$èiaesrt.'^-'

Kenftôt le Roi est arrivé au Bazar rémois. On avait icomtruit sxtrlé bôufkïgï^tf^ës |>toi^e^^ un à^ei: vs^t^ amphitéàîi^ êiillëdj^unl,'^^

dëûôràticm dans laquelle était pëibV^lëpdf^ pied du Roî , k-evcta ^dé sfeô drhéniènîi^ifejT^ sàrtnonté d'iJh drapeau iV)Oge 'rè^résëiiltànt^* l'om flamme. A côté de ce portrait on àtjàîtiliis raisiSîpH tioh 'suivante' :■ •^" -^^ —'-•.••- ■ ,^-i^--^--*i -^i--

^ -i:- ■■..*.' ./. . .w '- .: -.. . '*-■-' '*' r"'' «^^Vf '^

La douce pai]( répand .tous les hiens à la fois,;. > r / r

L olivier fut toujours le laurier des bons rois.

Et au*dessous ceur-'ci: r '

Sa bouche dit toujours , d'accord 9Lvec sobi c<Mnr,. ; ^^ « ^ Le .mot qui réjouit où le mot qui console ; ...

Son regard promet le bonheur,

£t son règne tiendra parole.

' D'a|>rè8 les dessins de M. Isabey.

à. gauche cette inscription : ,. .p^ , rjjno ...: , -n

•r/^lffMl<lrfB»W<T»^terite-■Jln»ét■l[l1chaMplttt^', •■i) c '

Comme l'on aime à respirer - > ,

îu:^ {liî» O'"'.' '»^1 •'^ = 'r : "'. ^» ' "• • -"*■ r. .•:••• wV ' ^IJu travail le brillant génie . ^ . . ,

^ Unre partout a vos regards

^>iHA*Pti^S^S Wrlés^A ci'miherce et des' art's 1

, if,,.,, • ■ «■

ftli > . /.V^^^^!•* * *':.LU..\ .t.'f ■ ■' -îc ^- ■■ .-rv- ,

:^€rM Jé'boiiÀtôét de 1 itidustHe.

* n^M^fe"^^ départemem.pAy,vpyîat

une foul^ il'ôtojff^^ de flaaellçs^L:versçSiv

dont ^W.^Djrix sont si variés, quiïs efi , per^çtJtent Tusa^e au pau^yre , comme au riche. Ces flaneUi^.^ objet principal du commerce de ce dép^t^voeut^ avaient un grand débit en Espagne avant la guerre; mais depuis, l'exportation a cessé; elles n'ont plus de débouchés, et les. Rémois disent avec raison qu'il faut en attribuer la cause à Tabseace d'iM. traité de commerce avec l'Espagne.

De très-beaux tapis dé pîed fixaient aussi fàttention générale. Une des toges était consacrée à des chapeaux en forme de chapeaux de paille , faits en bourre de soie , de la fabrique des demoiselles Manceau , d'Epernay, dans le^ pri^ dç i5 fr^nç^^îus^^'à

âoo francs. On ejoaitiinait àvéosurjitise des meiiiles très-élégans , fabriqués pat M^Tbétiantâveciè bois d'un arbt/e dc^.prpmei^ade^ 4^ Béûma;. les iSfieolateurs s'arrêtaient aussi devant lesi pokripicifi 4 Jrieendie de la fabrique de M< Fauvean , raécanicietr de Reims. L'école royale de« arts et UtiétieiB- deGhâlons avait fourni beaucoup d'objets curieux à cette exposition. Parmi les ouvrages d'horlogerie, on Tem2iTqu2Lit une pendule-cali^aire ^ surmontée d'un crucifix ; d'un côté de ce crucifix la pendule ind^ue les phases de la lune et les jours de la semaine ; sur l'autre les mois, et au-dessus le quantième. On y remarquait encore une pendule astronomique gui marque à la fois les phases de la lune, lés années- bif&sesr tiles , l'équation , les jours de la semaine^ les: beurres , les minutes , les secondes , et qui peut restèî' six mois sans être montée. Cette pendule , d'ilne invention toute nouvelle , et qui n'est pas même encore achevée , est , comme la première , de la composition de M. Henriot.

Chaque fabriquant était placé dans la loge où il avait fait son exposition. Un grand nombre de dames et d'étrangers se ])romenaient dans l'enceinte, où ils allaient être témoins d'un des plus intéressahs spectacles de la journée. On voyait parmi ces pei^ sonnes, en simple habit bourgeois , M. deChabixJ, ministre de la marine, M. Dambray, M. Rave^, M. Becquey, M. de Saint-Cricq , et beaucoup d'àuttes pairs et députés.

f\ &w arrmknt^^etitréé'diiBëMeiÉï', lé fi6\ ; les pi^iiiees^ ks ."princesse^ j eV )ês priitèrpdAx loflBciërs de lieor seite, oM'iiiil; pied àiten^ et se'soht a^ncés dans» l'amphitfaéàfi^.

M. le maire , à la fête du corps miidiicipal , a adiressé' an Roi le discoun' suivant : '

tt Sire 9

» Le comilicïrce de Reims et du département ^ dont j'ai Vhonnenr d'être l'organe, expose aux regards de Votre Majesté les produits variés à Finfîni de fse^ tnânufecîtuifes. IlpiS^ rètJfcVôîr de la visité que Vous -daignez lut acscordéir urfêr^fibùvelle vie. Ces produits , presque tous à rûsàg;ë ïra jpieuplé , ont le flàérite de la solidité et du bas pi^ix. Ilà sont connus jusque dans les régions les plus éloignées. La protection édairéé que Votre Majesté n*a cessé de donner au commerce la relevé de ses ruines. Il ne petit manquer de prendre un nouvel essor sous le règne de Votre Majesté ; que Dieu le prolonge pendant de longues années pour le bbnheùr de vos fidèles sujets , heureux de vivi*e sous le gouvernement du meilleur dès Rois.

» J'ai rhonheur de présenter à Votre Majesté les membres de la chambre du côtamerce et mM.' les commissaires qui ont donné leurs soins à l'exposition. »

' Sa Majesté a répondu a qu'elle voyait avec beau* coup d'intérêt les produits de l'industrie de la ville

}44 REXiATION COMPLfeTE

(le Beims et du département de la Marne ; qu'elle ferait tout ce qui dépendrait d'elle pour le service des manufactures ; qu'elle avait vu avec quel zèle les manufacturiers s'étaient empressés de concourir à cette exposition.

Le Roi a chargé M. le maire de leur en témoigner toute sa satisfaction.

Sa Majesté a fait le tour de l'amphithéâtre , et s'est arrêtée dans chacune des loges ^ examinant avec soin les divers objets exposés, et questionnant avec beaucoup d'intérêt les fabricans sur l'état du commerce. Elle TlrnMHiriiit ^fe'tout , ainsi que monseigneur le Dauphin , à la plupart d'entre eux , s'ils employaient beaucoup d'ouvriers; et lorsqu'ils répondaient af&rmativement, elle en témoignait toute sa satisfaction.

Arrivé à l'établissement de MM. Assy et Givelet, le Roi leur a dit :

u Messieurs, je me suis long-temps servi de.flanelles anglaises ; maintenant je me sers de flanelles françaises , et je m'en trouve bien. Dans ce genre , comme dans tant d'autres , la France n'a plus rien à envier à l'Angleterre. »

Sa Majesté a remarqué aussi les ouvrages de M. Ferrembach , horloger, et a surtout loué le beau travail d'une horloge à cadran lumineux. Ayant reconnu des gardes nationnaux à cheval qui, au sortir de la revue , s'étaient rendus en toute bâte au Bazar, le Roi leur a dit : .

i)U SÀCRB DE CHABLES X. J^S

ce Vous avez donc changé de poste, messieurs? » M. (îivelet, Tuu d'eux, a répondu que leur poste le plus chei* était partout où ils pourraient voir Sa Majesté.

Le Roi a remarqué et a acheté une très-belle tiable faite par M. Thiérion , avec la racine d'un orme de la promenade de la ville ^ et un nécessaire contenant plusieurs objets de coutellerie en or et eh nacre.

Plus d'une fois le Roi et les personnes de sa suite ont déclaré avec surprise qu'ils n'auraient jamais cru que le département de la Marné fut aussi riche de productions indigènes» ' •

«c Je vois avec plaisir, a dit lè Ébî, que vous avé!^ des étoffes à tout prix, et qtfon peut chez vous Se vêtir à bon marché. »

Le Roi ayant interrogé un dés fabricans sur l'usage des étoffes dites circassiennes ^ célm-ci a répondu qu'elles avaient rivalisé avec avantage contre les nankins , et qu'on en faisait des exportations dans les Indes. Sa Majesté lui à démandé aussitôt s'il avait des commandes nombreuses pour ce pays, et le fabricant lui ayant répondu affirmativement: « J'en suis bien aise , a ajouté le Roi ; c'est la nouvelle la plus agréable que vous puissiez me donner. J'espère- que mon sacre portera bonheur au commerce, et je le désire de tout mon cœur. »

En ce moment, M. Anot, jeune professeur de rhétorique du collège royal , s'est avancé vers Sa

ï46 RELATION COMPLiiTE

Majesté , et lui a présenté un exemplaire des Élé^ gies rémoises, qu'il a publiées, en lui disaitft : i( Sire, daignez accepter l'ouvrage d'un volontaire royal , d'un jeune homme qui fut votre soldat à nné époque où malheureusement Votre Majesté n^n avait pas beaucoup. »

« C'est yrai , a dit le Roi avec bonté , il y av?ût alors du courage à se montrer; mais aujourdliiii tous les Français sont animés du même esprit. »

Le Roi a pris l'exemplaire et a engagé l'auteur à en offrir aux princesses, qui étaient près de Sa Majesté. M* Anot en a présenté trois à madame la Dauphine^ à Madame , duchesse de Berry, et à mademoiselle d'Orl^ns. « Vous n'en avez donc pas pour madame la duchesse d'Orléans ? lui a dit alors le Roi, » Le jeune homme s'est excusé , en faisant observer qu'il ne s'attendait pas à cet honneur ^

Les gardes nationaux de la ville de Reims étaient en armes autour de l'enceinte. Sa Majesté a parié très-affectueusement à plusieurs d'entr'eux.

Au moment où le Roi venait d'adresser quelques mots flatteurs à un fabricant , l'un de ces gardes nationaux , comme pour le remercier, lui présente les armes très- vivement. Sa Majesté se retourne et lui dit en souriant : « Est-ce que vous êtes aussi

■ Comme toutes les loges communiquaient entre elles, j'ai pu me trouver constamment très-près du Roi , et recueillir moi-même toutes ces paroles de la bouche de Sa Majesté,

DU SKCKE DB CHiLRLES X. ^47

fiabricaiit, M. le garde national? — Oui, Sire, répond celui-ci , et je m'en fais honneur. — Tant mieux , lui réplique le Roi , vous avez bien faison.j»

Quelques instans après , un garde national s'a«> vance vers Sa Majesté.en lui présentant. led wraies , et lui dit : a Sire, je vous demande, au nom laitons mes camarades , l'honneur de monter dfàpwaia la garde auprès de votre personne. »

« Je vous remercie beaucoup ,. répond le Roi, et je vous prie de remercier de ma part tous vos camarades ; mais je ne puis accepter votre oÉËre; je pars demain de très-bonne heure, et je ne veu^ pas vous réveiller si matin. » . ;

M. Dérodé-Géruzet, membre de la chambrai du commerce a présenté à Sa Majesté un mémoire^sur la navigation de la rivière de Vesle. « J'apporterai , a dit le Roi, une attention toute par^ticulièiie à la. leo* ture d'un projet que je conçois devoir être d'un haut intérêt pour votre ville ; mais votre rivière a-t elle assez d'eau pour permettre d'y établir ^ine navigation ?» M. Dérodé ayant répondu àSaJ^ajesté que l'examen fait par les ingénieurs ne laissait aucun doute à cet égard , et que , si elle daignait seconder ce plan , Reims pourrait bientôt communiquer avec la Meuse et la Seine : « Tant mieux î répliqua le Roi, votre ville peut compter que j'irai au-devant de tout ce qui pourra être utile à son commerce. »

Pendant cette revue commerciale et' industrielle,

T48 HfiLATlDIC OOMMÂtH .

qti4 a duré f>tès trois quarts d'heure , M. le ntimstre de FintéFieur n'était pas malheureusenient'aiiprèb ûe Sa Majesté. Deux des ambassadeurs étrân^rs s'y trourarëht : c'étaient le duc de Northumberland et to»t Orativitle , ambassadeur d'Angleterre. Ce dei^hier'R longrtemps questionné avec beaucoup d'att^âi^ôn un des fabricans sur une machine des^ tinée à porter le gaz.

' Mais au moment; même où le Roi attirait à lui tous' les coeurs pair des paroles de bienTeiliance 'euvers le commerce et les comrmerçans , pat i£gt solli* citude pour le bien-être des classes pauvres et laborieuses de la société^ le public du dehor$ é6ût témoin d'une scène révoltante. Deux agens de police ( Car il y en avait beaucoup à Reims , et qui n'étaient pas Rémoiâ ) , venaient d'arrêter , on né sait pour quel motif, un jeune homme fort bien vétfi , et le traînaient au travers de fa foule , èù Taccablant de coups , en le maltraitant avec une infâne brutalité , quoiqu'il n'opposât aucune résistance, l^endant la revue , un autre jeune homme avait aussi été arrêté par deux ageos , décorés de la croix d'hon'neur, ou du moins portant le ruban rouge. Au lieu de voiturerses suppôts en fiacre jusqu'à Reims aux frais des contribuables , la police n'aurait-elte pas dû au contraire , par pudeur , les tenir soigneusement éloignés d'une ville où se célébrait le sacre du Roi de France? Devait-elle choisir une époque si mémorable pour introduire l'espionnage dana las*

mors des RéiAo» ^et afiBiger leurs regards d^ scandales qu'il traiae toujours à sa ^vle '? . A

 la sortie da Roi , les aodamations qui n'araie^l cessé de retentir autour de lui ont éclaté avec une nouvelle force. Dans aucun moment de cette jouraée elles n avaient été peut-être aussi vives , aus^i pro*" longées. On applaudissait universellement k ce. té* moignage public et solennel, rendu par le monarque à l'industrie, aux arts, au travail; et parmi toutes les drconstances du saore de Charles X , sa visite au commerce de Reims sera certainement une 4€i celles qui laisseront dans les cœurs rémois et dans tous les cœurs français les souvenirs les plus précieu]K et les plus touchans.

«c Adieu , mes enfans , a dit Sa Majesté , em re^ moptant à cheval , j'espère que je vous porterai bonheur. »

' Depuis mon retour à Paris, j'ai reçu une lettre dans laquelle un habitant me confirme ces faits , et il ajoute :

<( Les soldats dé la garde royale , plaeés en sentinelles dans » ies dixers postes, mettaient la plus grande douceur daû^ » Texécution de leurs cousines. On exit ^t qu'ils sentaient » que y placés plus près du B;oi , ils devaient se conduire avec » plus de réserve et de décence. C'était un Contraste parfait » avec les agens subalternes de la police parisienne , qui se^ » donnaient des airs d'importance, et se trahissaient euik- M mêmes par leur brusquerie , leur grossièreté et leur arro- V gance. Les Champenois ont été enrayés dé celte bande àoirè,, » qui liéur était inconnue, et il& en conserveront ^n sotiirénir » fâcheux. »

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