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donner connaissance d’une chose qui m’est arrivée mardi dernier étant à la charrue. J’ai entendu une voix qui m’a parlé, sans avoir vu personne, et on m’a dit : Fils de Japhet ! arrête > et fais attention aux paroles qui te sont adressées. Au même moment, mes chevaux se sont arrêtés sans que j’aie rien dit, parce que j’étais bien surpris ; voilà les paroles qu’on m’a dit : Dans cette grande région , un grand arbre est planté , et sur la même souche , il en est planté un autre qui est inférieur au premier . Ce second arbre a deux branches , dont ly une des deux a été fracassée , et aussitôt après elle s’est desséchée par un vent furieux , et ce même vent ne cesse de souffer. N la place de cette branche , il en est sorti une autre branche jeune , tendre , qui la remplace y mais ce vent qui est toujours agité, s’élèvera un jour avec de telles secousses , . . .
. . et après cette catastrophe épouvantable y les peuples seront dans la dernière désolation. Prie , mon fils , que ces jours soient abrégés y invoque le Ciel , que ce vent fatal , sortant du Nord-Ouest , soit barré par des barrières puissantes , et que ses progrès Fuient rien de fâcheux. Ces choses sont obscures pour toi , mais d’autres les comprendront facilement.
Yoilà, Monsieur, ce qui m’est arrivé , mardi dernier 23 janvier , vers une heure après midi ; je ne comprends rien à cela ; vous marquerez si vous y comprenez quelque chose. Je n’ai parlé à personne de tout cela , pas seulement à ma femme
car je ne veux pas qifil en soit mention , car le monde est mécliant. J’étais résou à garder tout cela sous silence ; mais je me suis décidé à vous écrire aujourd’hui , parce que cette nuit je n’ai pu dormir, et j'ai toujours eu ces paroles dans la mémoire , et je vous prie d’en garder le secret, parce que le monde s’en moquerait. Monsieur! on m’a traité de fils de Japhet ; je ne connais personne dans notre famille qui porte ce nom ; on peut bien s’être trompé , on m’a peut - être pris pour un autre.
Monsieur ! j’attends ; de vous une réponse le plus tôt possible ; vous ia remettrez à Ar*** ; comme cela , ca sera sûr. Monsieur ! en attendant de vos
nouvelles, je prie le Seigneur qu’il ne vous arrive rien de fâcheux. Je me fie à vous , ne parlez de ces choses à personne , pas même à Mad. G. . . ., et j’attends une réponse dimanche soir, 4 février.
Signe Thomas Martin. x>
8 février 1821.
cc Monsieur ! j’ai reçu dimanche votre lettre ; je vous avais défendu de parler de ce que je vous avais marqué ; j'ai eu tort , parce que cela ne peut pas rester caché, il faut nécessairement que cela passe devant les grands et les premiers de T Etat , pour qu’on voie le danger dont ils sont menacés , parce que ce vent dont je vous ai parlé , avant peu va faire de terribles désastres, car ce vent tourne toujours autour de l’arbre; si on n’y fait pas attention , avant peu il sera renversé ; dans le
même moment , l’autre arbre , avec ce qui sort de lui ^ éprouvera le même sort. Hier la même parole est venue me parler, et je n’ai rien vu, et il faut nécessairement le faire savoir , mais il faut le confier à ceux qui ne font pas grand bruit. Vous connaissez des gens sa vans qui pourraient bien vous dire tout comme vous pourrez vous y prendre. Si Versailles n’était pas si loin de Gallardon , j’aurais été vous voir pour vous dire tout ce qui m’a été die ; mais c’est trop loin ; j’ai mon ouvrage à faire , et il n’est pas possible de quitter. Toutes ces choses m’inquiètent beaucoup , et je ne sais pas comment entendre parler et ne rien voir en plein jour ; je remets tout entre les mains de Dieu.
Signe Thomas Martijï. »
21 février 1821.
cc Monsieur 1 j’ai eu une grande frayeur ce matin; il était neuf heures, j’ai entendu un grand bruit auprès de moi , et je n’ai rien vu; mais j’ai entendu parler après que le bruit a été apaisé , et on m’a dit : Pourquoi avez - vous eu peur ? Ne craignez point y je ne viens pas pour vous faire aucun mal y vous êtes surpris cV entendre parler et de ne rien voir y ne vous étonnez pas , il faut que les choses soient découvertes > il ne vous arrivera rien y je me sers de vous pour vous envoyer comme je suis envoyé. Les philosophes , les incrédules y les impies ne croient pas que Von voye leurs démarches , mais il faut qu'ils soient confondus. Ne craignez pas que Von dise que vous
avez quelque, maladie qui vous fasse agir ; ainsi je vous déclare que vous riavez aucune maladie , et que les Docteurs en médecine les plus habiles ne sauraient rien trouver en vous . JJous avez été jusqu à ce jour exempt de toutes mala dies , et c est pour cela que je me sers de vous. Demeurez tranquille , continuez dé être ce que vous avez été vos jours sont comptés , et il ne vous en échappera pas un seul . Je vous défends de vous prosterner devant moi , parce que je ne suis qiéun serviteur comme vous .
Je ne peux point vous marquer ce qu’on m’a dit encore , parce que l’annonce n’est pas bonne, et je crains que tout ce qui m’a été dit n’arrive. Il faut toujours prier et ne pas se lasser de prier pour apaiser la colère de Dieu, pour qu’il nous pardonne , et enfin, qu’il nous délivre des maux dont nous sommes menacés.
La première fois, j’étais à labourer aux vallées de Marolles ; la seconde fois , au chemin d’Armenonville à Marolles , et aujourd’hui au chemin d’Epernon.
Monsieur ! je suis bien en peine comment ces choses se passeront ; on m’a dit que celui qui a porté le coup à Charles-Ferdinand d’Artois ( voilà comme on me Fa nommé),, a été bien trompé; car celui qui lui a fait faire le coup lui avait toujours promis qu’on ne lui ferait rien , et qu’il ne déclare rien ; et il avait toujours cette espérance jusqu'au moment d’être exécuté , qu’il croyait que c’était une feinte pour lui faire découvrir qui lui
avait donné ce conseil , et ce même jour il ne devait point en échapper.
Monsieur! voilà ce qui m’a été dit; je ne sais point quelle est la personne qui me parle ; il a la voix assez forte et bien claire. J’ai eu la pensée de parler, mais je n’ai pas osé, à cause que je ne voyais personne. Signé Thomas Martin. »
26 février 1821.
cc Monsieur! c’est samedi dernier, 24 février, que j’ai eu une grande frayeur; j’ai encore entendu un grand bruit autour de moi, mais il n’a pas duré long - temps, et cette voix m’a clii que le crime était à son comble, et je n’ai encore rien vu. J’étais à labourer auprès ( du Climat ) de la. Justice , et vous voyez qu’il n’y a pas d’endroit qu’on ne me trouve. Monsieur ! vous me marquez que je ne vous ai rien marqué dernièrement , parce que l’annonce n’était pas bonne ; on m’a dit : çc qu’il n’y avait pas d’endroit que les iniquités cc étaient plus grandes qu’en France ; que la na~ c( tion était couverte de toutes sortes de crimes ; cc qu’ils ont porté leurs mains sacrilèges sur l’oint cc du Seigneur ; qu’on a porté le venin et le désorcc dre dans toutes les nations , et que toute la nacc tion est coupable , plus ou moins , des crimes cc qui ont été commis et qu’elle commet encore cc tous les jours. x>
On m’a dit : cc que Charles-Ferdinand a succombé cc sous le fer meurtrier dans les jours que se commet cc taient les plus grands désordres , et cette armée les
« crimes sont toujours les mêmes et encore plus cc grands , et que le coup était mortel sur-le- cliamp , <c mais qu’il a encore vécu outre le cours de la na- (( ture , ce qui a paru surprenant à tous ceux qui ont te été les témoins, parce qu’on m’a dit qu’il avait été <c frappé de la même manière que Henri IY , et <x qu’il n’a pu achever la parole qu’il voulait prononce cer et que son dernier soupir a été de se recom- « mander à Dieu notre divin Sauveur. »