CE QUE SONT LES METIS
Pour relater biièvement leur histoire, je dirai qu’en 1669, il se forma une compagnie à Londres, sos la direction de Prince Rupert dans le but -de faire le commerce des fourrures dans les territoires avoisinant la Baie d'Hudson. Cette compagnie obtint du Roi Charles IT, une chart - leur ac. cordant, à eux et à leurs successeurs, sous le nom de “Le Go ivernoeur et la Compagnie d'Aventiriers faisant le commerce à la Paie d'Hudson,” le, droit exclusif de faire le commerce dans tout le pays arrosé par les rivières se déchargeant dans la Baie d'ITuson. Cette charte les autorisait égale. ment à construire et équiper des vaisseanx de guerre, à édi er des forts et à empêcher toute autre compagmie de faire la traite avec les naturels dans leurs territoires et exigeait d'eux qu'ils fissent tout en leur pouvoir pour faire des découvertes. Cette compagnie faisait souvent venir d'Angleterre et d'Ecosse ses employés dans les postes de traite et aussi pour faire la chasse et agir en qualité de trappeurs. Ceux-ci contractérent des a‘hances avec les Indiens et leurs descendants formèrent cette population maintenant connue sous le nom de Métis-anglais ou parlant la langue anglaise.
Durant l’année 1783, il se forma une autre compagnie composée de canadiens-français de Montréal, laquelle commença a faire le e mmerce des fourrures plus à l'est et au nord du Lac Supérieur, sans l'autorisation du Gouvernement. Cette compagnie employa, dit-on, cinq mille hommes à une certaine époque. Finalement. il s'éleva de- ditficultés entre la compagnie de la Baie d'Hudson et la compagnie Canadienne, et il y eut même quelques fois effusion de sang.
Les deux compagnies rivales s’amalgamèrent en 1821. Les canadiens français contractèrent aussi des alliances avec les Indiens, et leurs descendants furent appelés métis-français—il y a de celà plus d un siècle—d: sorte que tous ces métis constuèrent. pour ai:si dire une race distincte.
Ces métis sont civilisés. Etranger, j'ai vécu et demeuré au milieu d’eux et toujours je les ai trouvés nbl'igeants et hospitaliers, et je puis le dire à leur honneur, je n’en at vu aucun aussi grossier et aussi méchant que quelques uns de nos canadiens. Partout où 11 y a des établissements l’on voit des écoles et des églises, ainsique je l'ai déjà dit, et j'ai été anformé par un officier du Recensement qu'ils savaient presque tous écrire et lire. Leurs maisons de dimensions petites, sont construites au moyen de pièces de bois rondes, et de la manière suivante :—pour une maison de
16 par 24 pieds, on pose les soles, ensuite six poteaux équarris, un à chaquecoin et un au centre sur lu longueur; des rainures de deux pouces sont pratiquées dans les poteaux sur lesquelles on place les sablières pour les soutenir. Le bois est alors coupé de la longueur voulue et on y fait dus trous de deux pouces à chaque bout qui s’ajustent dans la rainure des potenux. Le bois ainsi préparé est glissé entre les poteaux. et les rainures, superposé l'un sur l'autre jusqu'à ce que l'espace entre: la sole et la sablière soit rempli, lequel est de huit à dix pieds audessus des soles--ce qui forme les côtés et les pignons de 18 bâtisso ; les fentes et les ouvertures sont enduites en dehors comme en dedans et ensuite blanchies Quelques-unes de leurs maisons n'onc seulement que 16 pieds carrés, et dans ce cas, on n’emploie que quatre poteaux. Le toit est composé de perches placées l’une à côté de l’autre en formede chevrons et enduit d'argile, de mortier et de foin de prairie dont le bout est cimenté à l'argile et l'autre In couvre—ceci fait un toit imperméable et solide—les bâtisses ainsi construites sont chaudes et je recommanderais aux colons qui ont des moyens limités d'adopter ce système pour la confection de leurs maisons, là où le bois est si petit qu'ils ne pourraient les construire suivant le vieux genre canadien.
Le lecteur pourrait se demander avec étonnement pourquoi les métis se révoltèrent, il y a quelques années, s'ils sont civilisés et heureux, Eh. bien, 113 pensaient que notre Gouvernement anrait dû les consulter et leur reconnaitre un certain droit aux terrains qu’ils occupaient et leur donner aussi des terres pour leurs enfants. Depuis, il a été conciu un arrange. ment entre les métis et le Gouvernement, par leqrei il est’ accordé à tout ‘bomme, femme et enfant vivant à cette époque, cent quarante acres de terre. Et ils sont satisfaits de cela et scmblent aussi contents de la conduite du gouvernement à leur égard.