‹ Relation d'un voyage à ManitobaChapitre 13 sur 30 · GELÉES ET NATURE DU CLIMAT POUR LES FINS DE L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

GELÉES ET NATURE DU CLIMAT POUR LES FINS DE L'AGRICULTURE

J'endosse pleinement les remarques suivantes faites par Mr. Spence dans son pamphlet intitulé : “Manitoba et le Nord-Ouest de la Puissance." “ Les dangers de désastreuses gelées durant la saison de la végétation et & qui affectent si intimement les intérêts agricoles ne sont pas plus à re- “ douter dans Manitoba que dans plusieurs parties d'Ontario. Le prin- “ temps de 1869 fut excessivement tardif à Manitoba, et y eut dans le “ mois de mai plusieurs légères gélées qui ne firent aucun demmage aux “ moissons ; il est même de fait, que l'on pourrait à peine constater ces # dommages et cela pour les raisons suivantes :—1. La sécheresse de l'at- “ mosphère (qui est un trait distinctif de cette région) permet au froid “ d'être beaucoup plus vif que dans les climats plus humides, sans cepen- # dunt préjudicier à la végétation, et donne ainsi une plus grande vigueur # aux plantes croissant rapidement et, qui, protégées par une ferme enve. “ ]oppe peuvent résister au froid à cause de leur grande vitalité, de même “# qu'un homme qui a fait un copieux repas est mieux en mesure de se “ protéger contre le froid de l'hiver.

42, Le changement soudain de température qui se produit souvent dans cette région—les extrêmes se succèdant rapidement—est moins # dommageable aux plantes vigoureuses qu'une diminution graduelle de & ]a chaleur. La terre et les plantes conservent encore la chaleur anté- “ rieurement absorbée et peuvent ainsi plus facilement supporter une é température de 20° que de 35° lorsque cette chaleur intérieure ne “les vivifie plus. Le sol de la prairie est généralement sec, et est rapi- “ dement chaufté par les rayons du soleil au printemps.

“3, Les avantages résultant de la sécheresse de l'atmosphère s'ex- # pliquent par le fait que l'humidité de l'air tend à amollir l'enveloppe # délicate des plantes et à les rendre par là même plus sensibles au # froid.

& 4, La nature du sol qui absorbe la chaleur, Pour ces raisons et “ plusieurs autres que l'on pourrait indiquer, le climat de Manitoba est # moins sujet aux gélées désastreuses qu'on le pourrait croire à raison de # ses hautes latitudes.”?

J'ai été informé par M. le Député-Shérif Mesbitt, de Winnipeg, que durant l’année de 1870, la première gélée d'automne de quelque gravité -eut lieu le 2 d'octobre, dans l’année 1871, Le 15 d'octobre, et l'an dernier, à la fin de ce même mois, ce qui prouve que durant la saison de la végéta. tion, l’on n’a pas a redouter trop les gélées, Maintenant, M. Taylor, vieillard de plus de 80 ans, et résidant dans le pays depuis 54 ans environ, me dit qu’il a très rarement vu les légumes souffrir de la gélée au printemps.

MM. McKenzie et Taylor, m'informent que les travaux du labourage se font entre le 20 d'avril et le premier de mai, après quoi les gélées sont fort rares et le froid très modéré, vu que la transition de l'hiver à l’été est extrêmement rapide. La durée de l'hiver est généralement de cinq mois, disons depuis le milieu de novembre jusqu'au milieu d'avril. En [871 il ueigea très à bonne heure, le 12 novembre, mais règle générale, iln'y a que très peu de neige avant la fête de Noël. À mon arrivée ici le 17 novembre, l'automne dernier, il n’y avait pas de neige et le premier de

-décembre, il en tomba environ un pouce d'épaisseur.

Bien que le froid fut très intense durant mon séjour dans la Province, la sècheresse de l'air nous le faisait ressentir moins vivement que dans Ontario où la température est plus humide. Le 28 et le 29 de novembre l'an dernier, le thermomètre descendit jusqu'à 25° et 30° plus bas que zéro, Je voyageai durant ces deux jours dans une voiture découverte et parcourus une distance de 12 à 16 milles sans arrêter. Le froid ne me parût pas plus vif qu’à Ontario lorsque le thermomètre n’est qu'à 5° ©w 10° plus bas que zéro. Je vis aussi durant ces deux jours et à plusieurs endroits, des troupeaux de bestiaux dans les prairies, sans abri pour se protéger contre le froid.

Page 1