PRÉFACE DES ÉDITEURS
Le voyage d exploration entrepris au nord- .est du cap de Bonne-Espérance par MM. Arbousset et Daumas a eu un but spécial : il était avant tout missionnaire. Découvrir des peuplades inconnues, entamer des relations avec leurs chefs , marquer des endroits propres à la fondation de missions nouvelles, étendre l'influence du christianisme et de la civilisation, telle est la tâche que s'impose tout missionnaire quand il voyage, telle est celle qu'avaient particulièrement en vue les auteurs de la relation qu on va lire. Un missionnaire n'est, par sa vocation, ni un naturaliste, ni un savant^ ce n'est point dans l'intérêt de la
science, qu'il franchit les mers, qu'il traverse les déserts; un mobile plus noble le dirige et l'inspire: il a en vue des intérêts d'un ordre plus relevé. Toutefois la sainteté du but qu'il poursuit ne lui interdit point de s'occuper d'objets qui n'ont qu'un rapport indirect avec sa mission proprement dite; et si, sur sa route, il trouve à noter quelque observation,, à constater quelque fait, à entreprendre quelque recherche dans le domaine de l'histoire naturelle, de la géographie et de la statistique, il n'a nul intérêt à décliner un travail qui devient pour lui un devoir. C'est ainsi que, sans cultiver la science pour la science elle-même, plus d'un missionnaire chrétien a enrichi la littérature des voyages de documents et de renseignements précieux, que des savants se fussent tenus pour honorés d'avoir recueillis pour fruit de loùgues et persévérantes études* Crantz a puissamment contribué à éclairer la géographie du Groenland; EUis, Williams ,
Xyerniaii et Bennett ont beaucoup ajouté à nos connaisrances sur TOcéanie; Medhurst a écrit sur k Chise un ouvrage riche d'observations; levéque Héber nous a familiarisés avec les mœurs de Tlnde; lowelt a exploré les côtes de la Méditerranée; Gobât, TAbyssinie; Campbell et Philip, TAfrique méridionale; et, pour ne point prolonger cette nomenclature, MM. Arboussetet DauJDas ont fait, entre l'Orange et le Namagari, une excursion qui n'a point été sans résultats pour la géographie et la statistique de la partie du sud de l'AfriquQ qu'ils ont parcourue.
Sans parler de plusieurs tribus indigènes qu'ils ont plus exactement étudiées et plus soigneusement décrites qu'on ne l'avait fait avant eux,ib ont bien mérité de la science par deux découvertes , d'une grande importance, ils ont révélé un &it inconnu jusqu'à présent, celui de l'existence de hordes cannibales dans le voisinage des Maloutis? et ils ont trouvé la
source des principaux fleuves du sud de l'Afrique dans uu moot qui couronne au nord la chaîne des montagnes Bleues. L'Orange, le Calédon, le Namagari, le Létouélé et le Monouénou ont tous une communeorigine et s echappent dans la direction sud-ouest, sud, nord et nord-est, des flancs d'une montagne qu'à cause de cela les missionnaires ont appelée le Mont-auœ'Sources.
11 règne encore beaucoup d'obscurité dans nos [connaissances de la géographie du sud de l'Afrique; mais, grâce aux éludes laborieuses des missionnaires français, cette partie du monde sera bientôt mieux connue. Déjà ils ont tracé, de contrées inexplorées jusqu'à ce jour, sept cartes géographiques, qui ont été successivement publiées par le comité de la Société des missions évangéliques (i).
Nous dirons, en terminant cette courte pré-
(1) Ces cartes se IrouTent jointes au journal des Miêiionfévangiliquu; on peut aussi se les procurer séparément » chei Delay, libraire, me Basscdu-Rempart , n« 6S.
face, ([ùe 1 auteur de la relation du voyage d exploration au nord-est du cap de Bonne- Espérance, M. Thomas Arhousset? ministre de TEvangile^est établi à Morija^dans le pays des Bassoutos, et que son compagnon de voyage^ M. François Daumas, ministre de TEvangile comme lui, est fixé à Mékuatling, chez les Lighoyas( i } . La station missionnaircde Morijadate de l'année i833; celle de Mékuatling, de tannée i837. Dans l'une et l'autre station le christianisme et la civilisation ont fail de véritables progrès (2). La Société des missions évangéliques a fondé et entretient cinq autres stations au sud de l'Afrique; on les trouvera indiquées aussi, sauf la dernière, située à quelques lieues de la ville du Cap, sur la carte qui accompagne ce volume : ce
(i) Voir la carie ci-jointe.
(S) Les personnes qai désireraient apprendre à connaître l'origine et les défdoppemenls suceessib de cette œuTre sont inTitées à consulter le Journal des Mtuhnê évangéliquest qni parait tous les mois, par lÎTralsons de S feailles et demie, et pour le prix de 6 francs par an , chei Delay , rue Basse-da-Rempart, n^ 63.
sooi Motito, Béerséba, Béthalie, Thaba*Bos* siou et Wageomakenvalley .
M. Casalis^ missionoaireà Thaba-Bossiou, a composé qb ouvrage important sur la langue séchuaaa. Le comité de la Société des missions évangéliques vient de le publier, sous le titre de: Etudes sur la Langue séchuana* Il se compose d une grammaire, d une syntaxe et d'un recueil de poésies indigènes. On le trouve aux mêmes adresses que la présente HeUttion.