‹ Relation d'une épidémie de rougeole observée à la clinique des maladies des enfantsChapitre 20 sur 26 · RE · texte numérisé non relu

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lait le diagnostic d’adénopathie trachéo-bronchique (1), et envoie le malade de la salle des contagieux à la clinique des enfants, une fois sa période d'isolement achevée.

Le malade est soumis au traitement par le sirop de Raïifort iodé et par le lactophosphate de chaux, en même temps qu’à un régime tonique et reconstituant. Son état s'améliore rapidement.

L'adénopathie trachéo-bronchique est une complication très fréquente de la fièvre morbilleuse : elle existe presque constamment à la suite de la broncho-pneumonie.

Les ganglions du médiastin, en effet, sont les aboutissants des canaux lymphatiques qui proviennent des organes voisins, de la trachée, des bronches, du poumon et de la plèvre. L’inflammation de ces organes, transmise aux ganglions par les lymphatiques, détermine l'adénite et la péri-adénite de ces ganglions.

Les enfants dont le système lymphatique est en pleine activité, sont particulièrement prédisposés à ces adénopathies consécutives aux inflammations simples de l’appareil broncho-pulmonaire.

Ainsi s'explique la fréquence de l’adénopathie trachéobronchique chez les enfants qui ont eu la rougeole, celleci S'accompagnant toujours de catarrhe broncho-pulmonaire.

(4) L'examen bactériologique a révélé une première fois la présence du bacille de Koch dans les crachats ; dans un second examen pratiqué quelques jours après, ces bacilles n'ont pas été retrouvés.

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L'adénopathie trachéo-bronchique n'a donc pas toujours une origine tuberculeuse.

Toutefois, chez les enfants en état de tuberculose latente, la rougeole peut provoquer l’éclosion d’une bacillose ganglionnaire.

Elle agit alors de deux façons : ou bien, en créant l’inflammation de l'appareil broncho-pulmonaire, elle ouvre la voie des lymphatiques à une invasion de microbes spécifiques qui vont déterminer l’inflammation des ganglions déjà irrités ; ou bien, elle réveille la virulence de bacilles qui sommeillent et dont l'existence aurait pu rester latente d’une façon indéfinie.

L'adénopathie trachéo-bronchique post-rubéolique se manifeste par des symptômes analogues à ceux de la tuberculose.

Au point de vue fonctionnel, on peut quelquefois observer de la dyspnée si la compression siège au niveau de la trachée et des bronches.

La toux est persistante et quinteuse.

La percussion révèle de la diminution de la sonorité et de la matité dans l’espace interscapulaire. Les sommets et le reste de la poitrine sont normaux.

À l’auscultation, on observe une diminution du murmure vésiculaire pouvant aller jusqu'au silence respiratoire. L’expiration est prolongée, un peu soufflante. Elle peut même prendre le caractère d’un véritable souffle tubaire, si l’adénopathie est très accentuée. L'inspiration est sifflante.

Une complication beaucoup plus rare est celle que nous avons observée chez deux de nos malades.

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Après une rougeole ayant évolué d'une façon très régulière el sans jamais présenter de gravilé, nous avons constaté pendant la convalescence une douleur localisée à la rate. Cette douleur spontanée était accrue par la palpation et par la percussion de la paroi costale. En même temps, la rate était augmentée de volume. La température décrivait de larges oscillations dont quelques-unes dépassaient 3 degrés.

OBsEeRvATION XIX

Gabrielle Don..., 15 ans, originaire de Maraussan, pays fiévreux. Entre aux contagieux (service de M. le professeur Baumel) pour une rougeole contractée à l'Hôpital Général. le 17 novembre 1900.

Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants ; sœur en convalescence de rougeole aux contagieux ; un frère bien portant.

Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à 11 ans, non menstruée.

Maladie actuelle. — Malade depuis trois jours à l'Hôpital

Général. Céphalalgie. Elle présente depuis la veille une éruption rubéolique très confluente sur la face et le devant de la poitrine. Les yeux sont larmoyants et l'écoulement nasal abondant. Tousse légèrement. À l’auscultation, quelques râles de bronchite dans les deux poumons. T. 40°2. Lait, tisane de violettes. Looch simple.

18 novembre. — L’éruption apparaît aux membres inférieurs. T. du matin, 37°6 ; soir, 39°9.

19. — L'éruption commence à pâlir. T. du matin, 36°9 : SOIT 1,

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90. — L'éruption a presque complètement disparu. T. du matin, 36°5 :; soir, 36°7.

21. — Plus de traces d'éruption. T. du matin, 36°4. T. du soir, 36°5. À partir de ce jour, la fièvre se maintient au-dessous de 31° et la malade entre en convalescence.

Le 4 janvier, elle est prise de courbatures, de frissons. On note de la fièvre.

5 janv. — M. le professeur Baumel pratique l’auscultation et trouve un foyer de broncho-pneumonie à la base gauche, de l'obscurité respiratoire dans tout le reste du poumon gauche. Sibilants du côté droit. Rate douloureuse à la percussion et augmentée de volume.

Traitement : Lait, tisane de violette.

Looch blanc, 120 gr.

Benzoate de soude, 2 g. 50.

Teinture de digitale, X gouttes.

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