‹ Relation de l'ambassade au Kharezm (Khiva) de Riza Qouly KhanChapitre 26 sur 38 · BOUKHARA · texte numérisé non relu

BOUKHARA

L'ancienneté et Fimportance de Boukhara, le rôle brillant qu'elle a joué dans TAsie centrale, pendant une longue période de l'histoire^ surtout à Tépoque où elle était la capitale des princes Samanides^ m'ont engagé à réunir les renseignements que j ai pu recueillir sur cette ville dans les ouvrages des géographes et des historiens orientaux. Ils feront connaître l'histoire de ses principaux monuments jusqu'à Tinvasion de Djenguiz Khan.

Boukhara, comme toutes les villes de l'Asie, se composait d'une citadelle {Qpundoui, Hissar) ^puiSy d'une cité proprement dite {Cheher, Charisian) entourée d'une muraille, puis^ enfin^ de faubourgs qui étaient également protégés par un mur d'enceinte. De plus, pour mettre les villages de la banlieue à l'abri des incursions des tribus turkes, on avait construit un mur bastionné qui portait le nom de Kounsserek '. Nous trouvons partout, en Orient, l'usage de ces murailles destinées à assurer la sécurité des populations contre les invasions des hordes nomades. Sans parler de la grande muraille de la Chine, nous savons que la vallée du Soghd était ainsi défendue -, à Kât, au

I. Ce mot me paraît être la corruption des deux mots persans Koungourèh Serek (au faîte crénelé) qui indiquent que cette muraille était surmontée de créneaux. Les exemples de pareilles altérations de mots sont fréquents dans les dialectes de l'Asie centrale.

nord du Kharezm, s'élevait un mur qui devait arrêter les Ghouzz ; on trouve encore les traces de pareils travaux de défense élevés dans le Gourgan^ pour contenir les Turkomans des rives orientales de la Caspienne. Enfin^ la muraille de Derbend ou Bab oui Ebouab, dans le Chirvan, est celle dont les auteurs orientaux ont donné la description la plus complète.

Les géographes orientaux dont nous possédons les ouvrages, ne nous fournissent que des données générales sur Boukhara. Abou Ishaq Ibrahim el Isthakhry, après une courte description de la ville, s'étend assez longuement sur le régime des eaux et le système des irrigations. Ibn Hauqal, Chems oud Din Mohammed el Mouqadessy et Idrissy ne nous fournissent point de renseignements dignes de remarque.

Yaqout, dans son Moudjem oui Bouldan, et Qazwiny, dans son traité géographique qui porte le titre de Açar oui bilad, se sont bornés à abréger et à copier la notice qu'Aboud Zeid el Balkhy (340-951 ) a insérée dans son Sawar oui Aqalym (les figures des sept régions habitées).

« Boukhara, dit Abou Zeyd, est une des villes les plus grandes et les plus célèbres de la Transoxiane. On s'y rend (du Khorassan) par la route d'Amol ech Chatt ', et elle est située à la distance de deux journées de marche du Djihoun. Elle est la capitale des princes Samanides..., Les jardins qui l'entourent produisent des fruits exquis et en telle abondance qu'on les exporte jusqu'à Merv, située à une distance de douze journées de marche et jusqu^à Kharezm éloignée de quinze étapes. >

Abou Zeyd ajoute qu'il n y a point, dans tous les pays soumis à rislamisme, de ville dont les alentours soient plus riants. Du haut de la citadelle, partout où se porte le regard , on ne voit qu'une plaine verdoyante dont la couleur se confond avec celle du ciel, et au milieu de laquelle on voit briller, comme des lampes, d'innombrables maisons de plaisance. La rivière du Soghd traverse le faubourg, fait tourner des moulins, et ses

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