XXII RELATION DE L AMBASSADE AU KHAÏŒZM
d'un auteur estimé Aboiïn Nedjm Ahmed Menoutchehry , mort en 420 (102g). Il avait fait, dans le Fars et à Téhéran, les recherches les plus actives pour recueillir les vers de ce poète et il avait préparé une édition de son divan ou plutôt des deux mille trois cents distiques épargnés par le temps.
Ce recueil, précédé d'une courte notice dormant le peu de détails que l'on possède sur la vie de l'auteur, a été publié à Téhéran après la mort de Ri\a Qoulj Khan par les soins d'Aga Mir\a Aga et de Mohammed Sadiq. Mir\a Mohammed Hussein Edib a veillé à la correction du texte. M. de Biberstein Ka\imirski a donné le texte et la traduction de sept Qacidèh dans le « Spécimen du Divan de Menoutchehry, poète persan du Ve siècle de l'hégire » qu'il a publié à Versailles en 1876, et il a rectifié quelques inexactitudes qui s'étaient glissées dans la biographie du poète.
Le dernier ouvrage auquel Rî\a Qouly Khan ait travaillé est le dictionnaire auquel il a donné le titre de Ferhengui Endjoumen Aray Naciry.
L'auteur avait lu, pour la composition de son Riaz oui Arifin, et de son Med^a' oui Fousseha^ toutes les œuvres des poètes persans anciens et modernes et il en avait extrait près de cent mille beïls ou distiques, dont une grande partie a été insérée dans les deux ouvrages qui viennent d'être cités. Obligé de recourir aux lexiques pour être fixé sur les significations diverses d'expressions anciennes ou peu usitées, il avait été frappé des lacunes et des interprétations fautives qui s'y trouvent.
Il forma donc le dessein de rédiger un dictionnaire dans lequel il n'admettrait que les mots persans, en donnant toutes leurs significations appuyées de citations tirées des œuvres des poètes les plus estimés. Il put mettre la dernière main à ce travail qui est précédé d'une introduction remplie défaits, dans laquelle il expose, d'abord, l'histoire des travaux lexico graphiques de ses prédécesseurs.
Aucun des monuments littéraires de l'ancienne Perse na échappé à la destruction générale ordonnée par les conquérants arabes. Mais, à partir du Khalifat de Mamoun rj8-2i8 (81 3-8 3 3), les lettres
[NTRODUCTION XXIII
persanes purent être cultivées sans exciter les soupçons et tes rigueurs d'un gouvernement ombrageux.
Abou Ha/s Soghdy, Essedy Thoussy, Qathran Tebri^y et Ferroukhy Sistany composèrent des glossaires qui, malheureusement, ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Nous ne possédons pas non plus le Mcyar Djcmaly (Le contrôle de Djemal), rédigé au xivc siècle et dédié par Chems Fakhry d'Isfahan à Djemal oud Din Chah Cheikh Abou Ishaq Jndjou dont Hafi\ a célébré le règne trop court.
Mais nous avons les dictionnaires publiés depuis cette époque, tels que le Cheref Namèh d'Ibrahim Qajvrvam Serhindy, le Medjma' oui Fours de Souroury, le Ferhengui Djihanguiry commencé par ordre d'Ebker Chah et terminé sous le règne de son fils Djihanguir , le Ferhengui Rechidy, le Bourhani Qathi et enfin tous les travaux postérieurs dont les auteurs se sont proposé de corriger les erreurs signalées dans les lexiques précédemment mis au jour.
L'aperçu historique qui se trouve en tête du Ferhengui Naciry est suivi de dissertations sur les mots persans arabisés ou empruntés à l'arabe et sur les expressions étrangères introduites dans la langue ; sur les altérations subies par les mots arabes et persans; sur les expressions mal comprises par les lexicographes et auxquelles ils ont donné un sens douteux. On trouve, ensuite, une étude sur la langue persane, sur ses variations et sur le caractère des expressions employées soit dans les vers, soit dans la prose. Ce travail est suivi d un long exposé des règles de la grammaire.
Le dictionnaire est divisé en deux parties ; la première cornprend les noms et les adjectifs, et la seconde l'explication des expressions figurées et allégoriques. Les significations de chaque mot eu de chaque expression composée sont justifiées par des exemples choisis avec discernement et tirés principalement des divans des poètes classiques.
Les fils de Ri\a Qouly Khan, Aly Qouly Khan, Moukhbir oud Daoulèh et Djafer Qouly Khan, directeur du collège royal de Téhéran, en publiant tout récemment le Ferhengui Naciry et le Medjma' oui Fousseha, ont payé à la mémoire de leur père le tribut d'un pieux hommage et rendu un service signalé aux orientalistes qui
font de la langue et de la littérature persanes V objet de leurs études.
Le texte de la relation de V ambassade au Khare\m dont j offre aujourd'hui la traduction a été imprimé à Boulaq sur une copie faite d'après deux manuscrits que j'ai eus à ma disposition. Le retard qu'aurait occasionné pour l'impression la distance qui nous sépare de l'Egypte ne m'a pas permis de revoir les épreuves et de corriger les fautes qui se sont glissées dans le texte.
La relation de Ri\a Qouly Khan se fait remarquer par la sincérité du récit, l'impartialité des appréciations et la sagacité des aperçus. L'envoyé du Chah prévoyait déjà } il y a quarante ans, des événements que nous avons vus s'accomplir dans le cours de ces dernières années , et, bien qu'il n'aborde ce sujet qu'avec discrétion, il est facile de s'apercevoir qu'il en redoute les conséquences pour l'avenir des peuples musulmans de l'Asie. La narration, dont le style est élégant et quelquefois empreint d'archaïsme, est, suivant l'usage oriental, émaillée de pièces de vers; à l'exception de quelques citations de Saady, elles sont composées par l'auteur, et, dans quelques-unes, on peut remarquer une tendance à imiter la manière des anciens poètes dont il avait fait une étude approfondie.
Je me suis attaché à donner une traduction aussi exacte que possible, afin de conserver la couleur de l'original, et j'ai cru devoir, dans des notes géographiques et historiques ainsi que dans un appendice, ajouter quelques éclaircissements sur des pays et des villes qui sont souvent mentionnés dans les annales de l'Orient et sur des personnages dont les noms, familiers aux Asiatiques, sont, en général, peu connus du lecteur européen.
DE
AU KHAREZM