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Relation de l'état présent de la ville d'Athènes, ancienne capitale de Grèce, bâtie depuis 3400. ans

E MX qui parlent d’ Athènes dans des relations de voyages ou dans des Geographies , le font avec si peu de conoissance et avec tant de mépris , qu’on void bien qu’ils s’en raportent à des Autheurs qui mesurent son ancienne grandeur avec ce qui en reste , qui est assurément tres-peu en considération de ce quelle a autrefois été : peut-être aussi qu’une partie de ceux qui disent l’avoir vue dans leurs voyages , ne l’ont vûe que de loing cachée de la colline , sur laquelle est placée la Citadelle; ou bien n’ont vû que le Port Lyon , où il ne reste que quelques maisons quils prennent pour les mazures mêmes t 2 d’A

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d’Àtbenes , qu’ils s imaginent avoir été située au bord de la mer.

Du Pinet ne luy veut pas faire l’honneur de l’appeller autrement qu’un Château avec un méchant village , qui n’est pas assuré des loups et des renards. Laurembergius dans sa description de la Grece , s’exprime par une maniéré de parler Oratoire trop veliemente. Fuit quondam Græcia , fuerunt Atbenæ :

nunc neque in Græciâ Atbenæ, neque in ipsâ Græciâ, Græcia est. Il y a eu, dit-il, une Grece : il y a eu une Atbenes, maintenant il n’y a plus d’Athenes dans la Grece, ni de Grece dans la Grece même.

Ortelius dans ses synonymes Géographiques, avec une témérité digne d’un Géographe , qui croit de voir et de mesurer toute la terre sans sortir de son cabinet , dit qu’il ne reste à Athènes que quelques clietives maisons ou plutôt quelques hutes , nunc casulæ tantum supersant quædam. C’est

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C'est ce qui m'a invité de donner au jour la relation de cette ville , quune personne de mérité qui ij a fait quelque séjour , à envoyé à Monsieur l’Abbé Pecoil , Chanoine de l’Eglise Collegiale de S. Iust de Lyon , savant et curieux, particulièrement dans ces sortes de sujets } qui a eu la bonté de me la communiquer. Vous verrés que cest encore une ville assés grande et assés belle, malgré son âge fort caduque , et malgré toutes les guerres , dont elle a été si soucent ruinée.

C'est une preuve bien évidente de l inconstance des choses de ce monde, de coir de grands états réduits à de simples bourgs , et des hameaux qui deviennent des Villes puissantes : mais c'est aussi une marque de la providence Souveraine , qui nous protégé et nous conserve , de voir une ville si ancienne qui subsiste encore apres tant de révolutions fâcheuses , qui ne menaf 3 coi en t

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çoient pas moins que de la détruire.

Athènes a sans doute autrefois eu dans son enceinte plus de cent mille habitons , et maintenant elle est réduite à huit ou neuf mille , comme je Vay seu de quelques personnes qui y ont été, et qui in en ont parlé avec connoissance. Simon Cabasilas dans une lettre écrite au siecle passé, les fait monter jusqu à douze mille ; à quoy il ajoute que la Citadelle est habitée de Iuifs et le reste de Chrétiens , et quelle a sept milles d’Italie de circuit, qui font environ deux lieuës de France, de 200. stades quelle avoit anciennement, qui faisoient 25.

milles d’Italie. Ovide se plaignoit déjà de son tems qu’il ne restoit que le nom d’Alhenes, et un autre Poète incertain dit agréablement ;

Quisquis Cecropias hospes miraris Athenas,

Quæ veteris famæ vix tibi signa dabunt;

Hasne

Hasne Dij , dices , cœlo petiere reliclo?

Re£>'ia partitis hæc fuit una Diis?

le croy quon ne me saura pas mauvais gré , d’avoir ajouté un dessein de la ville et des inscriptions Grecques qui y sont , dont Monsieur Vaillant Antiquaire du Roy ma libéralement fait part : et qui n’ont pas été imprimées dans d’autns livres. Il est vray que j’en copie quelques unes de Gruterus; mais comme il ne les a pas expliquées et quelles enrichissent mon sujet , il y auroit trop de scrupule , de ne pas s’en vouloir servir. Vaurois bien voulu n’estre pas obligé d’y mêler du Grec , pour ne pas embarasser plusieurs personnes , qui sont si amoureuses du François , quelles méprisent toutes les autres langues : mais il m’ètoit indispensable de mettre les inscriptions dans la langue qu elles sont couchées : et j’ay tâché d’en soulager la lecture par une explication lilérale et par quelques petits commentaires.

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Au fonds je suis excusable, c est mon feu, c’est ma passion que les inscriptions antiques : mais agréable passion , puis quelle me donne Voccasion d* entretenir tant d'honnêtes gens , qui en font plus d’estime, que ceux du commun ; c!

plus agréable encore, si les personnes curieuses m’en veulent enrichir de quelques autres , de quelqu endroit du monde que ce soit qui agent été omises par Gruterus; et en ce cas elles pourront adresser leurs lettres à leur tres-humh!e serviteur ,

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