‹ Relation de l'expedition d'Afrique en 1830 et de la conquête d'AlgerChapitre 15 sur 16 · L.iyui<-L;d by · texte numérisé non relu

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l'expédition d'amuulk.

mans sont convaincusque l'épec est la clef du ciel, comme parlent leurs docleurs, qu'en mourant pour propager leur croyance, ils s'ouvreui une entrée immédiate dans leur paradis, et que Toeuvre la plus méritoire de leur religion est une fanatique obéissance à ce cri qui retentit d'un bout à l'autre du Coran : « Tuez les infidèles partout « oii vous les trouverez ; ce n'est pas vous qui les « tuez, c'est Dieu. »

Si , appliquant k l isiamisme la maxime de rÉvangile que Ton connaît Tarbre k ses fruits, on considère ce que le Coran a engendré et produit, un simple coup d'œil jeté sur Tbistoire et surTétat présent des peuples musulmans suliit à faire voir que les faits ont parfaitement répondu à tout ce que promettait la doctrine.

Quiconque a seulement ouvert Thistoire sait que partout où a pénétré le violent apostolat de cet antichristianisme, il a mis à feu et à sang les contrées qu'il a traversées, et plongé daas la barbarie celles qu'il a rangées sous son joug de fer. Mahometavait très-bien compris que la conversion par la force était la seule qui pût lui réussir, et, dès qu'il se sentit en état de commencer à réaliser ses projets de propagande religieuse, il déclara que Dieu Tavait chargé d'établir par Tépée ce qu'il appelait la véritable foi. Le fleuve (le bang dont le Coran est la source, par Tappli-

ealion du priucipe toodameatal de rislamisme, erois^ ou je te tue, n'a pas cessé dès lors de couler k travers les siècles, depuis la deuxième année de l'hégire, c'est-à-dire depuis Tannée 623 de Tère clircLieaue, jusqu'à la guerre que nous font encore les musulmans de rÂlgérie, chaque fois qu ils croieui pouvoir tenter un soulèvement contre nous«

Ce que 1 islamisme à iait des plus fertiles, des plus riches et des plus beaux pays de la terre^ on ne saurait s'en faire une juste idée, si Ton n a pas vu sur les lieux mêmes les résultats de la croyance au Coran chez les peuples aveuglés dont il est en même temps le code religieux, moral, intellectuel, politique, civil etadniioistratif« La dissolution des mœurs dont il est le principe infect, l'avilissement des femmes enfouies dans les harems et des hommes mutilés pour cire les gardiens de ces repaires d'une indicible dépravation de la nature humaine semblent, à quiconque n'en a pas été témoin, incroyables dans les récits les plus véridiques.

Pendant la courte, mais décisive campagne de la conquête d'Âlger, j ai eu sous les yeux lis* lamisme surpris en flagrant délit de barbarie ; plus tard, durant un voyage de dix -huit mois en Orient, j'ai assisté au spectacle de toutes les misères morales, politiques et matérielles que les

inslitu lions musulmanes ont inëpurablement accumulées sur l'Empire oltoman, et je conclus de la conforniiti^ de mes observations avec les témoignages des hommes compétents qui viendraient les appuyer au besoin, ((uc TAliierie ne peut être régénérée que par la substitution pro- ' gressive de la vérité chrétienne k Terreur mahométaue. Je suis malkeureuscment autorisé k dire que cette conviction, que j'exprimais dans les mêmes ternies, en 1832, dès la première édition de cette BekUion^ est aujourd'hui fondée sur rexpcrience, puisqu après tant d'années et tant d'essais dont cette considération fondamentale T) a point été la base, l'empereur Napoléon HI a, comme on Ta vu, déclaré, en 1865, qu'il n'avait été fait jusqu'il ce ce jour que fort peu de bien pratique en Algérie. On va voir ce qu'on y a fait depuis.

Si le problème tant de fois posé n'est pas encore résolu, c'est qu'on n'en a pas cherché la solution par la voie qui pouvait y conduire ; si la terre algérienne est restée rebelle, depuis trentehuit ans, à notre établissement colonial, cest^ qu'on n*a pas considéré sérieusement, avant tout, qu elle est infectée d'une prétendue religion qui commande la haine et la vengeance, la guerre et le nit m ire, qui ne respire (jue le sang et la sensualité, qui consacre la polygamie, qui enseigne

RELÀTiO.N DE

le faïalisine, œuvre essentiellement antisociale, doQt le soi-disant apôtre n'a su promettre à ses sectateurs, dans la vie future, comme récompense éternelle de leur fidélité à ses barbares et impurs préceptes, p'un harem pour paradis. De révidence de ce fait, il résulte incontestableuient que tant que Pindigène sera musulman, il sera notre irréconciliable ennemi, et que la ïixmn des races n'est possible que par le triomphe progressif de l'Évangile sur le Coran. Il n'est pas .un militaire clairvoyant ayant été en contact avec rislamismcpas un voyageur layantobseï ve dans les pays oii il règne, dont les témoignages ne j»uissenl être invoqués k l'appui de cette irrécusable assertion. Je me bornerai à deux cita-* tions.

Le maréchal Bugeaud, qui avait certainement une grande expérience des hommes et des choses de l'Algérie, racontait que, consuiié sur la possibilité de la réunion des races musulmane et chrétienne, il avait voulu connaître Topinion des Arabes eux-mêmes, et s'était adressé à un cheik, qui lui avait répondu : « mettez dans une marn mite un Arabe et un chrétien ; faites bouillir (( le tout ensemble pendant vingt-quatre heures, « et vous aurez du bouillon de deux espèces, du « bouillon arabe et du bouillon chrétien. »

Dans la séance du Sénat du 12 mars 186S, a

l'expédition d'aprique. 499

roccasioa de la discussion de l'adresse, le général delà Rue disait, avec rauioiité aussi de Texpérience : « Quani à une fusion entre les deux races,

« il n'y a pas h y songer. On a construit bien « des plans ; bien des plumes se sont exercées « sui' ce sujet, et jamais Topinion n'a su se <x fixer d'une manière sérieuse. De là une colos* « sale divergence de vues sur la question algé- (( henné. Ëvidemmeul les mœui^s arabes ne sont ut pas connues de ceux qui croient une fusion a possible. On ne trouvera sur aucun point du a globe un exemple de fusion entre une race « musulmane et rélément chrétien. »

Le résumé de Tétude entière de Thistoire et de tous les témoignages compétents est donc que le disciple de Mahomet est immiscible au chrétien , cûaiiiic Ta ircs-bicii dit le comte de Maistre (1).

Il faut enfin se rendre à révidence, reconnaître que la grande question entre les indigènes et nous est la question religieuse, et que, par conséquent, la base (le tout système de colonisation, quel qu'il soit d'ailleurs au point de vue civil et administratif, doit être la libre et progressive substitution du christianisme à Fislamisme* Ce principe luiidamental de notre action civilisatrice

(1) Du Pape^ livre 1V«.

peut être formulé en ces termes : emploi simullaoé^ envers les iodigèoes, de tous les moyens tendant h afTaiblir et ii éteindre Terreur musulmaue, saos contraiûie et sans violence» et de toutes les mesures propres à répandre et à pro* pager la doctrine cbrétienue. Je répéterai ici, et puissé-je ajouter avec Tespoir que ce ne sera plus en vain, ce que je disais, il y a trente-six ans, dans la première édition de cette Relation : reuiplacer progressivement le despotisme de la force par le règne de la persuasion, voilà la direction à imprimer h notre système de colonisation. Tant que I on ne suivra pas cette marche, on en sera toujours k chercher la vraie, sans jamais la pouvoir trouver.

<r L^exerctce de la religion mahométane res- « lera libre, » dit un article de la capitulation accordée au dey par le comte de Bourmont, général en chef de Tarmée française, à notre entrée dans Alger, en 1830. Entendu et observé dans sa lettre et dans son esprit, cet article signifie que les indigènes ne doivent jamais être inquiétés par nous dans leurs praiitjîies religieuses ; mais il ne veut rien dire de plus. 11 ne veut pas dire surtout que nous devions faire, comme il a été fait et comme il a été proposé, quoique ce soit pour le maintien de Tislamisme, que nous devions développer T instruction pu-

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bliqiic musulmane, fonder des orphelinats musulmans, palroDoer les écoles où Tenfance iodine apprend II nous haïr, se fortifie dans la croyance que cette haine est une obligaûon sacrée, que la guerre faite aux chrétiens est une guerre sainte ; que nous devions perpétuer 1 er* reur en nous abstenant de la démasquer, cacher la lumière en la tenant sous le boisseau, bâtir des mosquées, favoriser le culte mahométan, iiUci venir dans la célébration de ses fêtes, que nous devions enfin faciliter le pèlerinage de la Mecque, qui nous a rapporlé d'Asie le choléra, pour nous apprendre que Tislâmisme est une peste physique comme une peste morale. Une lettre d'un voyageur allemand, écrite le S janvier 1866 de Mourzouk, qui est dans la Régence de Tripoli le centi e d'un grand commerce de caravanes entre TAfrique septentrionale et TAfrique centrale, atteste que telle a clé alors Torigine de llrruption du choléra en Afrique et en Europe.

On ne récolte jamais que ce que Ton a semé ;

ne continuons donc pas à semer Tishimisme dans FAlgérie, si nous voulons y faire germer la

civilisation chrétienne. Les niusulrnaiis, doiil la croyance est fondamentalement opposée aux idées rationalistes de tolérance de toutes les religions et de tous les cultes, concluront toujours

RELVTION DEi

des avances et des concessions que nous ferons à lûut ce qui émane du Coran ou que nous a avons pas de foi, on que notre foi est inférieure à la leur. Cest ainsi qu ini clieik arabe disait : a Je « plains les Français de n'être pas même chré* « tiens. »

« La soumission des Arabes sera plus dif-

a flcile h maiiilenir qu'à ublenir, » écrivaii avec raison, en 1841 , le futur maréchal Bugeaud, alors i(ouverneur général de rAlgéric, dans uoe brochure ou, avec des intentions droites d'ailleurs, élait préconise le syslonie trop exclusivement militaire. Lauieur de la brochure ajoutait : « Le commerce seul pourra nous attacher les « indigcoes. » A quoi le général Duvivier (1), qu'un séjour prolongé en Afriqae avait rois à môujc aussi de voir et d ciudier de près les indigènes, répondit, dans unepublication {Solutimde la question de / xl/^em)oùiis'élevait aux cousi-

(1) Après avoir foît, comme capitaine du génie, la campagne de la conquête d^Alger, cet oiflder éminemment distingué parvint par ses services en AfHque au grade

de colonel, participa à la prise de Constantinc en 1837, et fui iiunime maréchal de camp en lîiiO. Devenu ensuite général de division, il organisa la ^lardc mobile de Paris en 1818, siégea comme représentant du peuple à rAssemblée nationale, et fut blessé mortellement en combattant les insurgés dans les sanglantes journées de juin de cette même année. 11 mourut en bon clirétlen.

l'expéditioi«i d\frique. â03 dératioDs les plus justes sur riotroduclion de la

civilisatioi] dans TAlgérie : « Non, ce sont les K idées qui seules peuvent nous amener les « populations, qui seules peuvent nous les attaa cber; car ce sont des idées qui nous résis- « tent, qui prêchent la guerre sainte et la guerre « nationale. » Dans cette conviction, je suis de ceux qui ne partagent pas Fespoir d'attirer à nous les indigènes par Tappât des intérêts matériels, et de « gagner la sympathie des Arabes « par des bienfaits positifs, » comme cet espoir est exprimé dans la Lettre inapériale au duc de Magenta. Ce sont les nobles paroles de Tempereur Napoléon III, adressées le 3 mai I860 aux habitants de TAlî^éî ie, qui doivent être le programme de notre action civilisatrice dans notre colonie : « Justifions sans cesse Tacte glorieux a de Tun de nos prédécesseurs, qui, faisant « planter, il y a trente*cinq ans, sur la terre « d'Afrique, le drapeau delà Fraîice et la croix, « y arborait à la fois le signe de la civilisation, (( le symbole de la paix et de la charité. »

La conversion au christianisme des musul^ maus de l'Algérie est uu devoir que la Providence a imposé à la France en les soumettant à sa domination. Pour répaier le temps regrettable qui a été perdu, il s'agit d'avoir foi en Tirrésistible force d'expansion de la leligioa l évélce par

le Rédempteur de rhumanité, pour en faire le bercail de toutes les âmes, a ÀUez, euseiguez toates les nations, etin^é!$ er^o, daeete omtm <( gentes^ » est le dernier précepte donné aux apâtres par lear divin Maître, avant son aseen- Môu au ciel. 11 y a obligation pour tout gouvernement chrétien d'aider à raccomplissement de cette mission, en favorisant là liberté de l'apostolat. Les premiers prédicateurs de rÊvangile Oiii lait la coutiuete de Faulvers idolâtre une croix de bois à la main ; qu'on laisse faire leurs successeurs dans la pleine cl entière liberté de la propagande catholique, et ils vaincront la fausse religion qui s'est imposée k la pointe de répée. Tout abîmés qulls sont dans la vie des sens, les musulmans de l'Algérie peuvent être conduits librement à la vérité et à la civilisation, comme y ont été amenés les païens de Tempire romain, les sectateurs d'Odin sortis des iorèts de la Germanie, et les sauvages deTAmérique. Tout est possible à Dieu et, parlai, à son Église. C'est avec le monde païen régénéré qu'elle a fait le monde clirélien ; qu'elle soii entièrement libre d'agir; que Ton ait confiance dans la vertu

et dans la puissance de la prcdicalion évani^élique; que cette prédication soit facilitée et encouragée par l'action gouvernementale, et on verra l'Algérie musulmane se transfor*

L'£XPÉDlïiO.\ 0 AFRIQUE.

luer inseiiâiiilemeal en uue colooie ckreiiènne.

QoioDiiqoe eomiait TAfrique n'ignore pis qne l Arabe musulman vit de foi : pour TeDgeiidrerà . une Yie nouveUe, poar le faire naître k notre dviiibâiiou, il &ut que su lui moustrueusemeut ^(«rée soit remise dûs le mi diemin ; c'est la mission et ce sera l'œuvre de notre jeune Église d^Afiriqae. Le Dieu d'Abraham et disaac redeviendra le Dieu des enfants d'Isaïaël, rapatriés sons le toit paternel : chrétiens^ ils comprend dioai le devoir et la nécessité du travail, passeront progresffl?ement da vagabondage nomade à Fétai sédentaire, et s'attacheront à la terre pour la cultiver. Le reste s'ensuivra naturellemeot.

On sait que les Arabes ne forment pas tonte

la population indigène de rÀlgérie : leur nombre n*est qu'environ double de celui d'un peuple différent d'oi iginp et de race, aujourd'hui connu sous le nom de Kabyles. J'ai déjà eu occasion de faire observer que les Kabyles ne sont autres que les Berbères, qui se sont accrus, à diverses épo-ques, des débris des peuples vaincus par lesconquérantssurvenus dans la partie de TAfrique septentrionale dont ils sont les plus anciens habitants, après les Libyens et les Gétules. Le christianisme, au temps où il florissait dans cette contrée, a doncétéprofessé par une partie de leurs ancêtres,

soc RELÂTIOM m

et le souvenir en subsiste parmi eux. C*eslce que coDstaie, dans uoe publication pea volumineuse, mais substantielle (1), an écrivain militaire parlant avec i autorité dune couuai&saace pratique de ce peuple. Dans une autre publication recommandalile au même titre, la Kabylie et kê Kabyles, M. le baron Aucapitaine eonsidère Télément kabyle de la population indigène comme celui auquel il faut s'adresser principalement pour nous lassimiler, a L'organisation « politique et sociale de ce peuple, ditnl, son « habitude du travail lui ont donné une supé- « riorité incontestable sur la race arabe, en tt même temps que sa tiédeur religieuse le rap- « proche davantage de Télément européen, dont « il n'appréhende pas le contact. » M. Louis de Baudicour, qui a étudié aussi la question algérienne sur le terrain où il s'agit de la résoudre, avant même de devenir un des Kiolonsles plus éclairés sur les véritables besoins de la colonie et les plus dévoués à Tœuvre de leur réalisation, et qui en a exposé les moyens dans plusieurs ouvrages remarquables (2), exprime la confiance qu'il ne faudrait pas plus de deux générations pour

(1) La Kabylie, par le général E» Damnas, iSST?.

La Colonisation de VAlgcne^ ses élénietiU, \ volume in-8«. UUtoire de la colonisation de l Algérie^ 1 volume in-H^,

t^8X?iDITI0K D^AFRIQUE. 807

recruter parmi les Kabyles an grand nombre de

Français, pourvu cju'un s'occupât séricuscmcMit de leur rendre la foi ebréûenne, dont ils se souvienneot tradilionnellement qu'une partie de leurs ancêtres ont été dépossédés par la violence. Une faute capitale coromise au point de vue de la colonisation a certaineruent cic d avoir méconnu que la race kabyle est le meilleur été* ment de la population de l'Algérie, et cette faute provient principalement de Finfluence des bu« reaux arabes.

Il résulte ainsi du t&noipage de tous les hommes compétents que TAlgérie ne peut être colonisée, que si elle est évangélisée. Le système (le colonisation dont les dispositions civiles, administratives et militaires s'adapteront le mieux à cette base fondamentale sera le meilleur. Mais ce n'est pas à moi à le formuler. Je ne viens pas non plus faire rhistorique d^on infmctueox passé. Je me bornerai à quelques observations générales.

Sans remonter plus loin que 1863, deux grands faits se souiproduiib relativemeotà notre possession africaine : le sénatns-consulte de 18G3, quia constitué la propriété indigène et dédaré les tribus arabes propriétaires des terres dont elles n'avaient (jue la jouissance tradilionnellct et le sénatos-consulte de i8d5 sur Téiat des personnes et la naturalisation en Algérie. Le

RBLATION DK

maréchal Pelissier, duc de iialakoff, qui avait passé une grande partie de sa vie en Afrique^ et qui connaissait pailaiieiiient les indigènes, sait, avec raison, qu'il fallait bien se garder de les juger ei d agir à leur égard d'après nos idées françaises et européennes. Ainsi, contrairement à l'aUente qu'on en avait conçue, le droit de propriété accordé aux tribus arabes a relevé leur orgueil, au lieu de leur inspirer des sentiments de confiance et d^attachement pour nous. Après la pruiiiulgation de ce sénatus-consulte de 1863, qui rendit les tribus propriétaires des terres orcA, qu'elles ne possédaient qu'a litre de jouissance collective, quarante-quatre mille bectares de forêts fureni Li ûlés en Algérie. Cette première réponse à un don évidemment trop généreux fut bientôt suivie de la terrible insurrection de 1864, dont M. le général AUard, commissaire du gouvernement, a, dans la séance du Corps léi^islalif du lt2 avril 1865, franchement exposé 1 origine en ces termes : « Les causes ont été bien plus K graves qu'on ne Ta dit. Je serai sincère avec n la Chambre, et je lui donnerai k ce sujet des a détails précis. L'iusurrection a éclaté au sud, « s^est rapidement propagée dans le Tell (1), et

(I) Le TeU est la région cultivable et fertile de TAlg^rio, inclinée vers la Méditerranée, et s*étendant de l est à rouest, de la régence de Tripoli à Tempire de

L£}LPÉDinO.N D AFRIQUE. 509

<i elle aurait gagné le cœur de nos élablissecc ments, si notre armée neVétail pas portée au- « devant d elle avec énergie et prompiilnde. Ces <( eaases, je les retrouve dans an ra])port du « maréchal de Mac-Mahon^^ct qui est le résultat a d'une enquête approfondie. Elles sont celles- « ci : rimpaiience avec laquelle les indigènes <t supportent toujours notre domination ; Texci- « talion des marabouts et des suciélés secrètes; « le mot d'ordre venu de la Meeque, qui, dans <( la croyance où elle élaii d'une guerre euro- « péenne au printemps, avait pensé que le mo- « ment de raclion coulrc les chrétiens était « arrivé. »

Daus le temps même oii, après le voyage de rempereur en Algérie, on préparait le sénatusconsulte de les incendies éclatèrent de nouveau sur une étendue de trois cent mille hectares, et dév orèrent les cuUu res des colons avecles forêts. Lorsque la justice fut appelée à rechercher les causes de ces incendies, le ministère public constata, devant la cour d'assises de Blidah, qu'ils étaient le résultat d'un vaste complot.

Le sénatus-consulte qui accorde officiellement aux iiidiijèues musulmaiis le ûlrc de Français

Maroc, sur une largeur uioycune d'environ 150 kilomètres, enire la Méditerranée au nord et le Sahara au sud.

MO

demeurera inévitablement une lettre moue tant que le baptême, importé parmi eux par le libre apostolat chrélicii, n'auid |)as vivifié cet acte. Espérer, avec M. DeUngle, dans soû rapport sur le projet de ce sénatus consulte de 1865, que le musulman algérien, en devenant ciiojeu français, « restera maître de son culte, mais à la a condition de se dégager des conséquences que « réprouve la loi française, » c^est attendre de lui une apostasie inconciliable avec sa croyance au Coran, qui est son code politique et eivil, en même temps que la règle de sa foi religieuse. Il est impossible de ne pas s'étonner qu'un homme sérieux puisse méconnaître à ce point la valeur d'une croyance aveugle, mais sincère.

Comprenons enfin les leçons de Texpérience, qui nous prouvent que chaque bienfait octroyé aux musulmans ne fera jamais qu auguiciiicr leur ingratitude. Trente-huit années d'efforts inutiles n'attestent que trop qu'en dépit de toutes nos avances et de toutes nos concessions, sous le rapport religieux, comme sous le rapport politique, comme au point de vue matériel, les indigènes musulmans demeureront les implaca* bles ennemis de notre civilisation, parce que leur foi en Mahomet leur commande expressément de la délester. La nécessité de détruire robsiacie insurmontable qui les sépare de nous, en le

L^EXPfolTIOll D*APRIQUE. 511

sapant progressi?emeiit, ressort assez de tous ces

laits, pour que je n'insiste pas davantage sur Furgence d'admettre ce point capital comme fondement de uotre système de colonisation.

Ce système doit tendre à augmenter, dans une proporiion chaque jour croissante, le nouibic des colons européens pour multiplier la force d'assi* milatioD de Télément chrétien. Les exemples donnés par la colonisation ainsi entendue, et fa* vorîsée dans ce sens, seront pour les indigènes employés dans nos travaux, et surtout pour les laborieux Kub) les, des enseignements infailliblement fructueux. C'est Fagriculture qu'il importe (reiicourager, avant tout, par les moyens propres

à attirer les colons agricoles, les seuls colons sérieux, sur le sol algérien, où, comme M. le maréchal de Mac-Mabon Ta déclaré devant le sénat, le 23 mars 1868, il y a place, avec le temps, pour cinq ou six millions de colons. Gréer des voies de communication est un des premiers et des principaux résultats qu'il faut travailler à obtenir.

C^est particulièrement par la jeunesse que la naturalisation chrétienne et française s'infiltrera peu à peu au sein des populations indigènes, et la création multipliée d'écoles ouvertes par la charité caiboiique à l'enfance musulmane, et progressivement substituées à celles oii elle suce le

HEUTIOH DE

lait de rerreur, est le premier des moyens iofailliblement efficaces de tendre sans violence à rextiiiciion successive de rislainisme.

« Pour faire disparaître les ténèbres et les « préjugés séculaires qui couvrent rintelligence <c des indigènes, et les disposer à prêter une « oreille bieuveillanie aux paroles de vie, il faut « d'abord lenr faire sentir la bénigne influence « de notre religion et gagner leurs cœurs par « les bienfaits de la divine charité. » Ces paroles sont celles d un prêtre, M. Fabbé Landmann, qui s'est signalé par un dévouement intelligent et infatigable a l'entreprise de la colonisation, et qui, après avoir recherché, pendant plusieurs séjours en Afrique, oîi il a aussi exercé le ministère pastoral, les moyens pratiques de résoudre cette grande question, les a exposés suceessivemeoi dans plusieurs publications (1), auxquelles ont applaudi, dans le temps, le maréchal boult, ministre de la guerre, et le gouverneur général de FAlgérie, alors général Bugeaud.

Toutes les voix autorisées, de quelque part qu'elles se fassent entendre, sont ainsi unanimes à attester et k proclamer que le succès de nos

(1) Les Ferma du Pelit-Atlas, mt; Mémoire au Roi, 1845; Expose aux Chambres législatives sur la colouisation de V Algérie, 18-40, et Appel à la France pour la colonUaLion de l'Algérief iS48«

L'BXPÉDITIOTI 1>\4FRIQl!E. 513

efforts, pour nous assimiler TAlgérie, dépend de

la résuluiion à prendre par le gouveriieuiciil de fonder le système de la colonisation sur leprinci* pe qu'indiquent l'étude approfondie et la connaissance réelledelaquestion. Pour s'acheminer enfin vers le but, il faut que ce principe, liaiicbement adopté.et fermement soutenu, soit la guerre pacifique faite à Terreur musulmane par la milice qui â la mission divine de poursuivre l'œuvre de civilisation que le christianisme opère dans le monde depuis plus de dix-buii siècles. Mgr ûupoch, qui occupa le premier le siège épiscopal d'Alger, érigé en 1838, fit preuve d'un dévouement surhumain dans Taccomplissement de sa charge pastorale. 11 était persuadé que la coopération des ordres religieux et des congrégations animées du même zèle peut renouveler en Afrique les merveilles que les instituts monastiques ont produites dans notre Europe, (|ui leur doit, avec sa culture religieuse, morale et intelleciuelle, la transformation de son sol inculte en terres fertilisées. C'est dans cette conviction qu'il appela les jésuites, les lazaristes et les trappistes à être les auxiliaires di son apostolat. 11 confia iila direction intelligente du P. Brumault, de la Compagnie de Jésus, l'œuvre des orphelins, et ce fut sous ses auspices que les trappistes commencèrent en 1843 iiarroser de leurs sueurs, et a fécon-

der de leur sang, car beaucoup d eaue eux sont ensevelis dans le sillon qa'ils creusaient, le glorieux champ de bataille de Slaouéli, doaoani ainsi aux indigènes étonnés, avec Texemple de touLes les vertus chrétien Des, celui du plus bel établissement agricole de la colonie. Il voulut aussi que les sœurs de Saiot-Vinceut de Paul vinssent montrer aux musulmans à quelle hauteur angélique la religiou de Jésus-Christ a élevé la femme, si indignement abaissée, avilie et dégradée par Mahomet. Mais loin d'être secondé par le gouvernement, Mgr Dupuch fut entravé dans sou zcie épiscopal à ce point qu'il fut invité à ne pas s'occuper de convertir les indigènes. Victime et martyr de son excessive charité, le premier. évéque d'Alger succomba sous le poids des engagements qu'il avait été forcé de prendre pour subvenir à tous les besoins. Démissionnaire en 1845, il eut pour successeur de son dévouement à répandre la semence évangélique sur le sol algérien Mgr Pavy, qui s allac lui à dcveloi)per et à perfectionner l'œuvre si activement inaugurée. Les vingt années de lepiscopat du second évêque d'Âlger préparèrent ainsi son diocèse à être transformé en une province ecclésiastique, qui fut insinuée en 1867, au commen* cément de Tannée qui suivit celle de sa mort. Les deux évécbés créés à Oran et à Conslantine

L'£XPÉDlT10f< D'AFRIQUE. 515

furent les suffragânts de cette nouvelle piovioce ecclésiastique, dont TEglise d'Alger, érigée en arclievèché, devint la méiropole.

L'archevéqae et les deux évéques eurent bien* lot une déplorable occasion d'appliquer leur zèle charitable au soulagement de la misère des po* pulalions indigènes dans leurs diocèses. A la suite de deux années d'une sécheresse dont on n'avait guère eu d'exemple depuis notre arrivée en Afrique, et de deux invasions de sauterelles pareillement exceptionnelles, TAIgérie, oii uu tremblement de terre avait jeté la terreur au mois dejauvier 1807, et où le choiera avait étendu ses ravages pendant cette même année, vit, au commencement de 1868, sa populaLioa arabe réduite à la plus grande détresse. La mor-lalité causée parraccuaiulalion des fléaux devinl effroyable. Le nombre des victimes du choléra et delà faim, en 1867 et 1868, dépassa cenL mille. hû rapport fait au Corps législatif par le général Allard, le 20 mars 1808, constata que le choléra avait moissonné, en 1867, dans la colonie, 86,791, indigènes, et 2,684 Européens. Ces derniers n ont pour ainsi dire pas figuré dans le chiffre des victimes de la famine, qui a montré quels fruits il y a à recueillir, particulièrement dans les circonstances extraordinaires, du fatalisme musulman, principe générateur d'une

fil 6 REUTION DE

aveugle incurie, et d'une incorrigible paresse.

Des actes cran ihropopliagic et riiorrible spectacle de mères dévorant leurs propres enfants épouvanlèreni la colonie. Il fallut venir au secours desextrémités delà misère, etiegouvernement fut obligé de demander successivement à la France deux subsides, 1 un de quatre cent mille francs, et Tautre de deux millions.

Après celte trop significative expérience de ce que seront toujours les Arabes tant qu'ils seront musulmans, il ne peut plus être question de la fiction du Royaume arabe dont il a été parlé dans la lettre impériale du 20 juin 18G5 au marécbal de Mae-Mahon. Ne serait-il pas temps de recon* naître que le système de la division du territoire algérien en territoire militaire et en territoire civil est un obstacle au rapprochement de la population indigène et de la population européenne, but auquel doit tendre la coloni* sation? Ce qui est incontestable, c'est que, si les bureaux arabes ont rendu des services, il n y a rien à attendre d'eux pour la transformation des Arabes en un peuple chrétien. Les nations, pas plus que les individus, ne manquent impunément à leur mission providentielle, et, pour la France, ce serait faillii ii la sienne si son gouvernement persistait, en dépit des faits, à fonder sur Tefficacité des mesures politiques et admi-

l'expédition d'aprique. 517

nistratives la confiance d'arriver, sans la libre

et double action de la charité caiholiiiue et de la prédication évangélique, à la fusion en un seul peuple de deux populaiioiis religieusement séparées par la foi à la vérité chrétienne et la croyance à Terreur mahométane. Le système dont Tinévitable résultat est le maintien de cette séparation, que rinstitution des bureaux arabes contribue naturellement à perpétuer, est, de Faveu même de ses partisans, coiulanuié par l'exemple des calamités qui ont désolé TAlgérie en 1867 et 1868. Dans une brochure écrite pour la défense de ce système, la franchise militaire obligea le général L.icretelle, commanJaiit.une des subdivisions de la province d'Oran, de déclarer « qu'il est vrai cependant que, tandis que « les Arabes du territoire militaire étaient « cruellement décimés par les fléaux de ces der- « nières années, les Européens et les Arabes du « territoire civil n'en ont éprouvé qu'une gêne <c momentanée, ei que les Kabyles y oot jusqu'à a un certain point échappé, i»

Mourant de faim par milliers, au milieu d^une détresse inexprimable, les Arabes trouvèrent en Mgr Lavigerie, archevêque d'Alger, un père miséricordieux, qui recueillit dans ses orpheli* nais, dans ses asiles, dans ses séminaires, les enfants délaissés, les veuves et les vieillards.

RBUTIOH DE

Brebis abandonnées d'un troupeau sans pasteur, les indigènes en eurent an, empressé k leur ouvrir le grand bercail catholique, dans le ministre de la religion divine qu'ils apprenaient ainsi à aimer avant même de la connaître. Gomme s'est très-justement exprimé le Souverain Poniife, dans un bref de félicitations adressées à Tarchevèque d'Alger et à ses auxiliaires, « ces enfants t(uc vous avez arrachés des bras « de la mort, nourris, vêtus et formés à la « pureté des mœurs, à la justice, au travail des « champs, comment n'aimeraient-ils pas désor- « mais la nation et la loi auxquelles ils devront (( tout, et leur existence elle-même? Gomment, «( devenus par le travail les soutiens de leurs « familles et retournés au milieu d'elles, pourtt ront-ils ne pas incliner par leur présence, leurs « œuvres, leurs [jaioles, Tcsprit des leurs vers «( la religion, vers le peuple dont ils,auront reçu « tant de bienfaits? Ce n'est donc pas seulement « de la religion, ajoute le père de la chrétienté, « mais encore de la France, que vous et vos

auxiliaires avez bien mérité. »

La croix a la mission d'accomplir Tœuvre commencée par Tépée, dont la tâche a été d'ouvrir la voie à la liberté de Tapostolat chrétien.

Le maréchal de Mac-Mahon a combattu dans les rangs de l'armée qui a arraché Alger à la

bai bai le : inaugurée sur le champ de bataille de Slaouéli, sa carrière Ta prédestiné h pouvoir am* bitionner d'en couronner riliu^traiion sur le théâtre de son débat par la gloire suprême d^y répuiidre à raucuic la France. En attachant son Dom à l'assiniilatioD foodamcDiale de TAfri-

que [laiii^aisc à la pairie qui doit et veut élre sa mère par la foi, afio de Téire par la eivilisation, le gouverneur général de l'Algérie réalisera les espérances et les vœui des compagnons d armes del'ofBcierd'étatHnajor de TexpéditioB de 1830.

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