‹ Relation de l'expedition de Chine en 1860Chapitre 16 sur 30 · . SI · texte numérisé non relu

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Deux loris. siUiés de cliafjiie côb! de la rivière, présentaient, le premier, (pii couvre Peh-lan;;, treize embrasures, et le second, sur la rive };auclie, onze embrasures enlilanl le cours d'eau.

L'aspect de ces défenses en bon état parut assez redoutable |')our que ramiral Hope,qui avait pourtant à cœur de prendre une revanche de raiïaire du Peï-lio (i 869), ne crût pas devoir les faire attacjuer .par les canonnières avant le débar(|uement (les hommes, comme le lui avait proposé l'amiral Gharner. On peut regretter (|ue l'avis de ce dernier n'ait pas prévalu ; car ou aurait appris par là que les forts n'étaient pas défendus, et on aurait évité un débaivjuement pénible.

Cependant le jn-néral Monlauban, accoujpagné de l'amiral (Iharner, s'était rendu sur la canonnière où se tenaient le général et l'aniiral anglais. Sir Hope Grant voulait attendre jusqu'à six heures la marée basse; mais le commandant en chef français, a\ant aperçu une centaine de cavaliers tartares sur la chaussée qui communique avec Peh-tang par un seul ijontjeté à travers le canal d'enceinte, craignit que ce pont ne fiit détruit, si on laissait à l'ennemi le temps de se reconnaître. Il insista donc pour que ro|)ération eût lieu sans délai.

dette opinion l'emporta; il fut décidé en même temps que les canonnières, remontant la ri\ière pendant la nuit, prendraient position derrière les forts, et que le lendemain, à quatre heures, on atta([uerait des deux côtés.

Le débarcjuement se fit avec autantd ordre que possible, eu égard aux dilHcidtés naturelles et aux circonstances défavorables.

I.,e général Montaubaii, étant descendu dans une embarcation avec le colonel de Bentzman, le lieutenant-colonel Dupin. le

commandant Schneegans, chef délai-major dartillerie, el un officier d'ordonnance, se ût e'chouer au point reconnu , et saula sur le rivage, ayant de l'eau jusqu'aux genoux; il ne tarda pas à être suivi de deux cents chasseurs à pied. De son côté, le général anglais se jeta à terre avec deux cents hommes du a*' régiment.

Cette prise de possession fui saluée par des cris enthousiastes de vive lEmpereurl auxcjuels les alliés répondirent par des hourras de conquête.

Les deux avant-gardes ne précédèrent que de peu d'instants les corps de débarquement dont elles faisaient partie, et, à Il heures, les troupes, après avoir traversé un marais détrempé et vaseux, large de 600 mètres, étaient rangées en bataille dans la plaine. Les Anglais occupaient la droite, sur un terrain sec en certains endroits, surtout dans la zone voisine de la mer. mais entrecoupé plus en avant par de vastes flaques d'eau salée. L'artillerie anglaise, trop lourde, avait du être laissée sur les chaloupes; il en était de même de notre batterie de /i, malgré les plus grands efforts tentés pour la faire avancer. Seule la batterie de montagne, après bien des dillicultés vaincues, avait pu rallier à la fin du jour.

Peh-tang se voyait à 9 kilomètres, par delà une vaste lagune, et abordable seulement par la chaussée qui le relie au Peï-ho. Les forts restaient silencieux et aucun mouvement ne se manifestait dans le village, abandonné par les cavaliers tartares, que quelques coups de feu avaient décidés à tourner liride.

On résolut alors de porter sur la chaussée, seul point praticable pour un bivouac au milieu d'une plaine de vase, un déta-

cheint'iit (rinlaiiteiio aufjlaise et les mille hommes commandés |)ai- le {«l'iK'iiil Jamin ; en même temps quatre cents hommes, pris moitié dans chaque aimée, allèi'ent semparer du pont, tpii l'ut occupé sans résistance. Le reste des troupes resta en réserve, campé' à quchjue distance sur un terrain inaccessible aux marées ordinaires.

La nuil ('tait venue; néanmoins, comme on s'attendait à um; attaque pour le lendemain, les généraux alliés désignèi'ent des reconnaissances chaigées d'entrer dans Peh-tang. Le lieutenantcolonel Dupin et un olliciei' supérieur anglais, escortés d'une compagnie de chasseurs à pied , partirent pour cette mission . et, guidés par les habitants mêmes de la place, pénétrèrent jusque dans le fort de la rive droili*. (|u"ils trouvèrent complètement évacué et désarmé. Il n'y avait sur les remparts (pie deux canons en bois cerclés de fer, les véritables canons ayant été transpoi'tés, l'année précédente, dans un fort situé en amont et formant une seconde ligne de défense.

Après cette découverte, il n \ avait plus qu'à procéder à linslallation des troupes dans le village; mais auparavant le général Montauban crut prudent d'envoyer le colonel du génie, avec une compagnie de sapeurs, s'assurer si le fort n'était pas miné, comme l'avaient fait com|>rendre (juelques signes adressés au lieutenant-colonel Diipiii.

On découvrit eu effet un système de mines fort ingénieux. Il consistait en une trappe recouverte de terre et faisant bascule; cette trappe, sur laquelle il suffisait de poser le pied pour la faire mouvoir, correspondait, au moyen de batteries à pierre, avec quatre boîtes contenani chacune une bombe de 36 centimètres.

(le IVh-i.-m|

(a jHiùt. I

Des madiiiies explosives, constnules d après ce système, ef (|iii' les sapeurs purent lieureusement détruire sans accident, étaient disposées au pied de chacune des quatre rampes qui donnaient accès aux cavaliers.

()rcu|Mimn Lc 2 uoiit, à o liouresdu malin, les généraux étaient dans

le Ibrl, el la llolille reposait à lancre sous leurs yeux. Les troupes firent alors leur entrée dans l*eh-tang. gros bourg de 3o.ooo âmes, où elles trouvèrent une installation qui leur permit de se reposer du campement de la veille en pleine boue'.

L'occupation de cette localité donna malheureusement lien à quelques actes de désordre, que lopiuion publi([ue a exagérés, et dont la plus grande part, pour èlre juste, doit être attribuée aux (loolies amenés de Canton et aux Sikhs du contingent

indien.

I>L-Itjll'qilrllli-Ml illl rni'pg lédiliiilllili l'vli-hilM'.

Peli-tang devenait la base des opérations de rexpédilioii. et xi.'éliilmw.iiv les commandants des flottes reçurent Tordre d'y débarquer le complément des forces alliées, le matériel et un approvisionnement considérable de vivres. Celle opération s'eft'eclua les jours suivants, au prix des plus grands eil'orls, siirloul de la pari de la marine française, qui ne possédait (|ue peu de ressources, sept canonnières seulement, taudis (jue les Anglais en avaient plus de trente, dont (piel([ues-iiues furent, il est vrai, généreusement mises à la disposition de l'amiral Charner par l'amiral Hope. Les difficultés fuient encore augmentées par les |)luies fréquentes sur cette terre marécageuse, qui échange eonliiniellemeut ses vapeurs contre celles de l atmosphère.

Le \illage de Peh-lang. coustruitau milieu de la boue, était un véritable lover d'infection, et l'on ii"\ trouvait d'eau potable

(juc colle recueillie; dans des jarres el conservée avec soin par les lialiitanls. (les |>rovisions lïirenl bientôt épuisées, el l'on dut l'ecourir au\ a|)|)ar('ils distillaloircs de la Miarinc ainsi i|uà des bâtiments cliar^jés d'en aller prendre en anionl dans la rivière, là on cesse l'action de la marée; mais ces ressonrc<'S ne répondaieiil (|ue d'une manière iiisullisanlo aux besoins des allie's, surtout à ceux des Anglais, qui avaient amené plus de (|uatre mille chevaux.

il fallait sortir le plus tôt possible de celte position, ipii n'était d'ailleurs (|u'un point de départ pour les trou|)es, et se diriger vers le Peï-bo.Or, dans cette plaine de vase, qui sépare les deux rivières, on n'apercevait, comme ligne de cojiimmiicatidu. qu'une seule chaussée facile à couper et à défendre, et (|U(' la moindre pluie rendait impraticable; c était celle-là même par laquelle les troupes avaient pénétré dans le village.

Déjà le 2 août, préoccupés de cet inconvénient, 1 amiral Hopeetle général Granl avaient remonté le Peh-tang-ho pour découN rir quelque autre trace de chemin ; mais leurs recherches étant restées infructueuses, on dut alors se résigner à utiliser la voie unique.

Les habitants du villaj>e avaient signalé, à quehjue distance iu™ni,aiss.n...

(lu .'» ;HlHt.

sur la chaussée, rétablissement d'un camp ennemi, auquel a|)- sur i.i r.i.i.uss,-.. partenaient les cavaliers tartares qui s étaient montres le jour même du débarquement. Les chefs alliés, avant de donner aux troupes l'ordre de marche, jugèrent prudent de faire explorer le terrain par une reconnaissance. A cet effet, mille hommes d'infanterie anglaise et une force égale de troupes françaises, ('om|)osée dune section du génie, dune section d obusiers de montagne, dun bataillon du lo-^'^de ligne et d'un bataillon

(riiifanterle de marine, lurent place's sous le cornmandenieul supe'rieur du ge'néral CoUineau, el partirent de Peh-tang le 3 août, à /i heures du matin'.

La levée e'tait fort glissante, et sa largeur ne permettait d'y faire marcher que cinq ou six hommes de front. Elle était bordée, à droite et à gauche, de fossés pleins d'eau; la plaine inondée ne présentait que des tombeaux enterre, de grandeurs variées et semés par groupes; ce qui lui donnait ras[)ect d'un vaste cimetière.

A environ 6 kilomètres, la colonne traversa un petit pont de pierre jeté sur un sillon qui sert d'écoulement aux eaux de la pluie et delà marée, et arriva bientôt à la hauteur d'uneespèce de temple sur le bord de la route. Une douzaine de cavaliers et quelques fantassins ennemis, embusqués derrière cette construction, se retirèrent à notre approche; les cavaliers rétrogradant sur la chaussée même, et les fantassins regagnant un retranchement en terre situé à 5 ou 6 cents mètres à droite dans la plaine, et à l'abri duquel se tenait un détachement assez considérable, dont ils faisaient partie.

Ce retranchement, masqué par des tombeaux, était en dehors de la zone du terrain à reconnaître et ne pouvait sérieusement inquiéter notre marche; le général se contenla de répondre par quelques obus à la fusillade qui était dirigée de ce point, et continua à se porter en avant.

Pres([ue aussitôt la cavalerie tartare, qui, d'après les évaluations les plus faibles, devait s'élever à 3 ou 6,ooo hommes, fut aperçue au moment où elle déployait sa ligne des deux côiés de la route.

' Voir planche V.

— Hl —

Nous étions ])arvenus à environ i,5oo mètres de la position (les Chinois, lorsque, sur notre flanc gauclit', doux ou trois soldats furent blessés par des projectiles de gingolls, sorte de fusils à mèches montés sur des trépieds et lançant des balles de la grosseur dune noix, quelquefois des tranches de cylindre de plomb.

Le général Collineau lança immédiatement en tirailleurs la compagnie des grenadiers du 109J de ligne vers le point d'où les coups de feu avaient été dirigés, et la compagnie de voltigeurs du même régiment vers la droite, où quelques ennemis s'étaient montrés. Il donna l'ordre en même temps de presser l'arrivée de l'artillerie, dont l'emploi devait lui être précieux contre les masses de cavalerie qui déjà s'avançaient à sa rencontre. Il était 5 heures et demie; la colonne, à la suite de ces dispositions, se porta de nouveau en avant, suivant toujours la chaussée, qui bientôt atteignit la terre ferme en se bifurquant: la branche de droite se dirigeait vers les forces ennemies; celle de gauche, plus étroite, se rapprochant de la mer, semblait rejoindre les forts du Peï-lio.

Cependant la cavalerie chinoise continuait son déploiement principalement vers notre gauche, où elle présentait un effectif imposant, et il devenait nécessaire de faire appuyer de ce côté la compagnie de grenadiers du los*" de ligne.

On la renforça d'abord d'une compagnie du même régiment; puis, sur l'invitation du général Collineau. le commandant du détachement anglais, le brigadier Sutton, qui débouchait de la chaussée pour s'établir sur le terrain contigu, v plaça une compagnie de rillemen prolongeant la ligne de nos troupes, tandis qu'en arrière deux autres du même corps étaient dis-

posées 011 échelons. Un des obusiers de campagne tïit également porté dans celte direction.

(Ici oJjusier oii\rit alors son ieu sur la ligne de ca\;der)<' tartare; qnelques coups bien dirigés la décidèrent à un mouvement vers son centre, quelle exécuta d ailleurs avec un ordre pariait.

La position était alors déterminée, et la reconnaissances était avancée sur la branche droite du chemin assez pour ju};er de l'ensemble du terrain. Nous avions devant nous des ouvrages crénelés de l'orme irrégulière, qui, s'étendant à droite et à gauche de la chaussée, en gardaient la sortie, et couvraient un camp retranché en arrière duquel était situé un gros village. Au l'ond. vers la gauche, se distinguaient les forts du Peï-ho: le cours du fleuve était lui-même indiqué par des jonques.

Le but de la journée était atteint, et. dans tous les cas. les dilHcultés du sol et l'absence de movens d'action sullisants Supposaient à une attaque sérieuse contre un ennemi qui se mainlenait vigoureusement à son poste; néanmoins le général pensa devoir continuer son feu, pour ne pas paraître reculer.

Lu même temps il opposa à l'infanterie, dont le tir persistant pouvait nous occasionner des pertes regrettables, une compagnie d'infanterie de marine, armée de carabines à tiges, et qui, avec les obusiers, eut pour mission de paralyser son action et de l'empêcher de sortir de son camp.

Vers () heures, la cavalerie, voyant qu'elle ne pouvait inquiéter nos flancs protégés par des marais, se décida enfin à se replier sur ses retranchements; la colonne alliée commença alors son mouvement de retraite.

Il sexécula successivffucnl (;l par (îclicloiis : li's Aiijjliiis d'abord, puis Tiii la literie de marine, l'arlillerie el le i 09% dont la compagnie de grenadiers servit d arrière-garde. L'ennemi ne chercha pas à nons Ironhlei- dans celte marche rétrograde, et les troupes regagnèrent leur cam[)ement sans nouvel incident.

Pendant la reconnaissance, 7 hommes avaient e'ié blessés (lu côté des Français, et 19 du côté des Anglais; mais aucune blessure 11e présentait de gravité.

Du k jus([u au ) 1 , la pluie tomba avec abondance tous les dm . ;mi! ..,,.1. deux jours, et les routes rendues impraticables ne permirent pas de quitter Peh-tang, (jue la concentration des troupes rendait de plus en plus insalubre. Cet intervalle fut employé au débarquement des vivres et du matériel , pendant que, par des renseignements recueillis de toutes parts, se complétait la reconnaissance (lu 3.

Ainsi on apprit (pie le village couvert par les ouvrages cn''nelés était le village de Sin-ko, situé à peu de distance du Peï-ho, et qu'en dehors de la chaussée déjà parcourue, la terre ferme sur laquelle s'était déployée la cavalerie ennemie était abordable parla route dite de Tien-tsin, qui s'embranche à un kilomètre de Peh-tang sur la droite, et dont loiigine avait jusqu'alors été cachée sous l'eau.

Le 9, le temps s'étant momentanément amélioré, un déta- \[ro,uu.u-,<^,n-<-

1 1 1* *ii 1- 1* l'I arij^laise

chement de ^oo cavaliers sikhs et de 00 cavaliers anglais des ,i„ ,, ;,oùi. dragons de la Reine, appuyé par une compagnie d'infanterie, lut chargé de reconnaître cet embranchement. Le résultat de l'opération fut des plus satisfaisants et constata (pie le terrain permettait le passage non-seulement de l'infanterie (4 de la cavalerie, mais encore de 1 artillerie.

Tl fui alors décidé entre lescoininaiidants en chef qiroii |m'ofiterait de ce second de'bouclié pour ope'rer contre les retranchements de Sin-ko un mouvement tournant, dans lequel la cavalerie anglaise serait appelée à jouer le |)rincipal rôle.

Les alliés étaient impatients d'agir: mais les pluies avaient

recommencé, et il fallut encore attendre quelques jours.

Dipaiidos troupes Ls 12 août, à 0 hcures du matin, 2,000 hommes de la di-

dpux colonnes, visiou du général sir Robert Napier, une batterie Armstronget

tl aou. j^ cavalerie anglaise tout entière s'engagèrent sur la route de

Tien-tsin, se portant ainsi vers la gauche des Chinois.

En même temps, le corps principal marchait directement sur les retranchements par la chaussée , s'avançant dans l'ordre suivant :

1" Une avant-garde composée de 9,000 Anglo -Français (infanterie), dune batterie Armstrong, d'une batterie de 6 ravée et d'une section de fuséens. le tout sous le commandement du général Staveley;

2° Une brigade d'infanterie anglaise, le général Montauban avec le reste de la brigade Jamin et la seconde batterie de k.

La brigade Collineau restait à Peh-tang, prête à rallier au premier ordre.

Dès que la tête de colonne anglo-française fut arrivée un peu au delà du point où la reconnaissance s'était arrêtée le 3 août, le général Staveley fit déployer ses troupes en les couvrant par des tirailleurs, les Anglais tenant la droite et les Français la gauche. Les deux batteries , placées , avec les fuséens , à environ G 00 mètres du retranchement et en avant des troupes, ouvrirent immédiatement leur feu '.

' \ oir planche V .

Les Tarin iTs n'avaiont qu'une pièce de canon sltue'o au Mi.ique centre de leurs ouvrajjes, lançant un projectile d environ ,i a ,i,, sin-kc 'i livres; mais leurs balleries de ginf^oUs répondirent avec té- ,„'!|';'i„''i,.a,,""î'e. nacité à noire artillerie. Leur tir, déjà éprouvé le 3, était toujours d'assez bonne direction, mais aussi de portée irrégulière.

La canonnade dura pendantprèsd'unedemi-heure, les pièces ivise

^ . . lies (ni\i';i|;os

se portant progressivement en avant et tout a tait en pointe , peu- ,i,. s,„-k... dant que les troupes suivaient à dislance, restant déployées.

Le résultat justifia ce plan d'attaque. Les alliés, sans avoir éprouvé de pertes sensibles, s'emparèrent des ouvrages crénelés évacués en toute hàle par l'ennemi. Ils ne rencontrèrent d'ailleurs aucune résistance pour traverser le camp retranché en arrière; et bientôt ils firent leur entrée dans le village, où s'élevaient de misérables constructions entourées de jardins bien cultivés.

Les Tartares avaient complètement abandonné la position, et s'étaient retirés tant par leur gauche que du côté des forts du Pei-ho.

En même temps que s'opérait celte marche directe, le mou- Momemeni veinent tournant du général Napier s'était effectué avec succès, <i.i

Les premiers i,ôoo mètres de la route de Tien-tsin avaient présenté les plus grandes difllcultés au passage de la batterie; malgré des attelages de huit chevaux excellents, les pièces avaient dû être plusieurs fois dételées, séparées des avant-trains et traînées à bras d'homme. Il est bien certain que la moindre pluie eût rendu tous ces efforts impuissants sur un sol déjà si peu solide.

Au delà de ce parcours, le terrain allait en s'élevant et s"améliorait à chaque pas; la colonne put donc avancer avec plus

'les Anffl.i

— î»-2 — (le r<i|ticlité, et ne tarda pas à distinguer un camp situe' à 1 ouest de Sin-ko. Elle se trouva alors en présence de toute ia cavalerie mongole, l'élite des troupes de Saii-ko-li-tsiu. Cette cavalerie se porta résolument à la rencontre des Anglais et alla même jusqu'à simuler une attaque contre une pièce peu soutenue; mais les Sikhs en eurent bientôt raison. Une charge vigoureuse, jointe à l'action de lartillerie et de linfanterie, décida la fuite générale des (îhinois, qui purent malheureusement se dérober à toute poursuite, au milieu de ces |)laiues entrecoupées d'obstacles.

Nos deux colonnes, à la suite de leurs engagements respectifs, se réunirent dans la |)laine à 1 ouest de Sin-ko. itnouar Les Anglals, ne pensant pas devoir pousser j)ius loin les

opérations de la journée, s'élablirenl au bivouac en arrière du village, de chaque coté dun canal f[ui réunit cette localité au Peï-ho.

Le général Montauban résolut. ;iii contraire, de reconnaître immédiatement une chaussée qui se dirige vers les forts de la rive gauche et par laquelle s'étaient enfuis, le matin, un grand nombre de cavaliers.

Vers 9 heures de ra[)rès-midi, les troupes françaises se mirent en marche sur cette chaussée: à environ 5 kilomètres de Sin-ko, elles aperçurent un grand camp retranché, s'étendant autour du village deTang-ko. et sur les remparts duquel étaient agités de nombreux drapeaux. Ce camp était défendu par de l'infanterie et de l'artillerie de gros calibre: d'ailleurs les deux côtés de la roule que nous suivions étaient occupés par des lagunes et ne permettaient aucun déploiement, de sorte que cette voie ne pouvait seivir que de débouché secondaire |)our une attaque.

Iît'r(tiinais<;iiii

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Aussi, iiprès (|uelqiies coups de ciiiiou éeliau|j»''s de part cl daulie. lo comniandant eu chef doima-l-ll le sifjnal de la relraite.

Au relour de cette reconnaissance, il vint camper avec son Bivouac artillerie et la brigade Jamin eu avaul du cam|» retrauciu' de Siii-ko, évacué par les Tarlares. i^e lendemain, il l'ut. r(;joint par la brij;ad(> du général (lollineau, (|ui amenait avec lui les deux batteries de i 2 et laissait à l'eh-tang un bataillon du to-?." pour aider, avec lesCloolies, au débar([uenient des subsistances. Un détachement de marins français, arrivé en même temps, fut établi sur des jonques dans les ealj\ qui coupent les jardins, ainsi que sur deux grosses embarcations amarrées au bord du Peï-ho, au point même où figure, sur le plan, lorigine du pont construit plus tard pai' les alliés.

La journée du 1 3 fut employée à recevoir les approvisionnements dont Sin-ko devait devenir le nouveau centre, et à pre'parer les voies de communication vers Tang-ko.

En vue des mouvements ultérieurs, une reconnaissance française explora un chemin qui suit la rive gauche de la rivière et qui fut choisi comme ligne principale et commune dopéralions. Le terrain sur lequel il se prolonge était coupé par de nombreux canaux et opposait à la marche des troupes de grandes dilîicultés, qui furent aplanies par les travaux du génie et de Tartdlerie. Il devenait dès lors possible de se rapprocher assez du camp de Tang-ko pour mettre en batterie les pièces des deux armées, ouvrir un feu efiicace, détruire une partie des défenses de l'ennemi, et lancer ensuite les colonnes d'assaut.

(îest à l'exécution de ce plan que s'arrêtèrent les deu\ commandants eu chef, et le i/t, à (i heures du matin, le corps anglo-français se mit en mouvement dans l'ordre suivant :

— 9'i — Marche des alliés L'amiée aiiglalsG formée sur fleux lignes, le général Milcliell -

sur Tang-ko

(i4aoni). en tète, appuyant sa droite au Peï-lio, descendait parallèlenieiil à la rivière, protégée par des tirailleurs, tandis que les deux brigades Jamin et CoUineau, formées chacune en colonne serrée par division, marchaient à sa gauche et à la même hauteur.

Notre infanterie, comme celle de nos alliés, était précédée de rartillerie, qui devait entrer la première en action; celle-ci était elle-même couverte et appuyée, surtout du côté de la plaine, par une avant-garde composée d'une compagnie du génie, de 200 marins do débarquement et de deux compagnies de chasseurs à pied.

Le mouvement général fut un instant inquiété par deux pièces chinoises placées sur la rive droite, au fond d'une crique où s'abritaient (juelques jonques, |)rès du village de Ta-lien-tse.

Une batterie Armstrong eut bientôt fait taire leur feu. auquel avaient dabord riposté les tirailleurs anglais. Le capitaine Willes, commandant le vaisseau de l'amiral Hope, traversant alors la rivière avec cinq ou six officiers et marins, incendia les jonques en avant des batteries détruites.

Sans tenir compte de ces légers incidents, les troupes continuèrent à s'avancer versTang-ko, et, à 8 heures du matin, elles arrivèrent à i.5oo mètres environ des fortifications'.

A ce moment, nos batteries de 4 et la section de fuséens se déplovèrent à la gauche de l'artillerie anglaise, qui s'était également déployée en se rapprochant un peu de notre côté pour éviter les jardins qui bordent la rivière, tandis qu'un petit corps du 60" rifles passait par la droite, prêt à pénétrer dans l'ouvrage.

Les deux artilleries ouvrirent leu feu simultanément contre

' Voir planche V.

-^ 95 — les l'etranclioiiieiils, (|iii r(''puii(lir(Mil par une caiioiiiiadc li'ès vive, mais liouiTusenient mal dirigée.

Cette inép'alité du tir nous assurait un avantajje, dont le colon(d de Hentzmann sut habilement profiter. II rap|iroclia sa ligne par un mouvement en avant par batterie et fit ensuite concourir à l'action les obusiers de montagne, dès que la distance fut assez diminuée |>our rendre leur emploi efficace.

Les masses d'infanterie étaient toujours tenues en arrière, et le général Montauban, au moyen de deux pièces de h que soutenait un bataillon d'infanterie de marine, faisait exécuter une diversion sur la chaussée reconnue le i 2 et qui aboutissait au point désigné pour l'assaut. Ces deux pièces avaient pour mission de tirer sur l'extrême droite de l'ouvrage, dont les feux, (ruoique très obliques, auraient pu inquiéter les colonnes au dernier moment.

L'artillerie, suivant sa marche progressive, s'avança ainsi jusqu'à 4oo mètres du camp sous un feu qui s'affaiblissait par degrés; la plupart des projectiles ennemis passaient au-dessus d'elle et tombaient dans l'espace vide en avant de notre infanterie déployée alors par bataillon en masse.

Vers ij heures, les canons chinois étaient presque muets, à part les pièces de quelques embrasures situées sur notre gauche.

Les Anglais, de leur côté, marchant à la même hauteur que nous, avaient également gagné du terrain. Leurs batteries s'étaient arrêtées, et le petit corps détaché de leurs troupes le long de la rivière, malgré l'action des fusées chinoises lancées de la rive droite, était parvenu près de l'endroit où l'ouvrage se rapproche du Peï-ho.

L instant était venn d assurer (l/'linilivpnKMil les résultats de l'attaque, et les généraux se concertèrent |)Our combiner leur action dans un effort décisif.

Les Français avaient à s'élancer de front sur une fortilicalion continue: les Anglais pouvaient pénétrer dans l'enceinte par un espace vide entre le terrassement et la rivière. D'ailleurs nous avions toujours à nous garantir du feu des remparts qui se développaient à notre gauche, tandis que nos alliés étaient protégés sur leur flanc par notre présence et par le tracé même du parapet.

Malgré cette disproportion de difficultés à surmonter, nous ne devions pas rester en arrière, l'nse .le T;i,i,;-ko. Notre colouue d'assaut était composée d'une compagnie du génie, des 7" et 8° compagnies du l)ataiilonde ciiasseursa pied et des marins de débarquement. Le lieutenant-colonel Sclxmitz, chef détat-major général, reçoit l'ordre d'enlever à leur tète les retranchements ennemis. 11 s'élance jusqu'au pied des ouvrages et n'hésite pas à se jeter dans le fossé plein d'eau, qu'il traverse avec peine. Nos soldats, dont le feu de la mousqueterie ennemie ne peut ralentir l'ardeur, se précipitent sur ses pas; les marins escaladent les parapets au moyen des échelles, tandis que le génie et les chasseurs à pied brisent les portes.

La position est bientôt conquise, et le chef d'état-major, arrivé le premier sur le rempart, y lait flotter le dra]»eau français au moment même où les Anglais débouchent par la droite dans le canq) retranché.

K.iite (les Chinois. Les défeuseurs . poursuivis dans l'intérieur, s'enfuirent dans le plus grand désordre vers l'autre issue du côté de la rivière, et s'échap|)èreiit dans la direction du Pei-ho.

Leur trouble ('lait si complet, qu'ils ne prirent même pas le temps (le de'truire derrière eux le pont qui conduit à la chaussée au bout de laquelle se trouve le camp de Yu-kia-[)ou, semblable à celui dont les alliés venaient de se rendre maîtres.

Dans cetle atïaire, les Français avaient eu un homme tu(; et une douzaine de blessés, quelques-uns assez grièvemoni; trois Anglais seulement avaient été atteints.

Les Chinois, avaient perdu beaucoup de monde ; quinze bouches à feu, dont un magnifique obusierde 18 centimètres de diamètre et deux piècesjumelles montées sur un même adut, étaient restées en notre pouvoir. Nos alliés, pour leur |)ait, s'étaient emparés de trois canons.

A la suite des prises des retranchements de Tang-ko, dont le développement n'est pas moindre de 1 ,(Soo mètres, les commandants en chef aperçurent les Tartares et les Chinois courant vers Yu-kia-pou, éloigné de 3,000 mètres; ils emmenaient avec eux ce qu'ils avaient pu enlever de leur artillerie et la plus grande partie de leurs morts et de leurs blessés.

Le général Montauban voulait profiter de la démoralisation de l'ennemi pour le poursui\re immédiatement et achever la ruine complète de cette portion de l'armée chinoise, commandée par un général du nom de ïsin; mais sir Hope Grant objecta l'épuisement de ses munitions et le besoin de repos pour ses troupes ; et l'on dût, dans l'intérêt des bonnes relations à entretenir, renoncer à pousser plus loin les succès de la journée.

11 fut convenu qu'on attendrait cinq ou six jours, pendant les- nm .1,. ,;.mmi..i quels on accumulerait à Sin-ko et à Tang-ko le matériel et les approvisionnements qu'on était obligé de faire venir de Peh-

tang, et que, suivant alors le planproposépar le commandant en

chef français, on établirait un pont pour passer sur la rive droite. La prise des forts de ce côté entraînerait nécessairement celle des ouvrages de la rive gauche dominés par eux; on laisserait d'ailleursàTang-kouneforcecombinéed'environ 9,0 0 0 hommes, destinée à-attaquer les défenses du nord, si cette opération devenait nécessaire.

Ces arrangements adoptés, les troupes retournèrent à leurs camps respectifs de Sin-ko, à l'exception de la division de sir Robert Napier, qui resta dans l'enceinte conquise.

Dans la soirée du i4, deux mandarins se rendirent au camp anglais, porteurs d'une lettre du vice-roi de la province pour lord Elgin, auquel il demandait de faire cesser les horreurs de \a. guerre. La réponse à cette lettre ne fut envoyée que le i8 août, après que l'ambassadeur anglais fut revenu dans le camp de sir Hope Grant ; elle n'amena, du reste, aucun changement dans la situation.

Il fallait donc poursuivre, d'après le plan ai-rêté entre les deux commandants en chef, une reconnaissance des terrains de la rive gauche et l'établissement de communications entre les deux rives. On s'assura qu'à partir de la fortification de Tang-ko s'étendait une plaine vaseuse allant jusqu'à la mer, et sur laquelle on apercevait deux forts considérables et d'un accès très difficile en raison des flaques d'eau qui les entouraient ; une chaussée en mauvais état, passant entre deux grandes mares, conduisait à ces ouvrages, qu'on pouvaitatteindre en évitant Yu-kia-pou, devant lequel passait un second chemin également mal entretenu. Passage du Heï-ho. 0 Un autrc côté Ic colouel du génie Livet reçut l'ordre de se

(t8 noùl.) l'il lO' I ' f ll'^'l

porter sur le village de oia-o-ieantz, sitne en regard de bin-ko, et dont l'occupation semblait utile pour assurer le débouché d'un

sur l.i rive droilo.

pont (le bateaux |)r()jet(^. Une compagnie du gi'uie et 200 inal'ins de débar(|ueni(Mit, commandés par le ca|)ilaiue de frégate Jauréguiberry, furent misa la disposition du colonel.

Le i (S août, il s'embarqua avec ce petit contingent sur des Eni;a(;omeiii bateaux plats pour traverser lePeï-ho, au point où des jonques étaient gardées pardesmarinsfrançais depuis le 1 2. L'opération ne rencontra d'abord aucun obstacle; mais à peine arrivé à trois cents mètres sur la rive o|)posée, le délacbement se trouva en présence d'un ennemi nombreux, qui, du milieu des vergers encadrant le village de Sia-o-leantz, ouvrit sur lui un feu inquiétant.

La faiblesse numérique de sa trou[)e força le colonel à s'arrêter, tout en conservant sa position, et à demander du secours au commandant en cbef. Le 2" bataillon de chasseurs à pied arriva bientôt, et la colonne ainsi renforcée, prenant vigoureusement l'ofTensive, se porta à la rencontre des Chinois, qu'elle força-de reculer. Dans ce mouvement, la compagnie du capitaine Avocat, des chasseurs à pied, parvint à s'emparer d'une batterie de six gingolls et de quatre pièces de canon.

Cependant l'ennemi avait déployé une grande (juantité de cavalerie. 11 tenta une charge contre les chasseurs; mais ceuxci se groupèrent et repoussèrent l'attaque. En même temps la batterie de montagne, dirigée par le colonel Foullon-Grandchamps, fit son ap[)arition sur le théâtre de la lutte, et par quelques coups heureux détermina la fuite définitive des Chinois.

Cette opération nous valait la possession du village; les deux rives du fleuve étaient. occupées et la construction du pont pouvait s'exécuter librement.

l'i'ise (le Sia-o-le;iiilr.

Le cémrai j.iiiiui L iFii porlaiico (Je co poiiil clécitlii à faire passer immc'-d lal eavec sa biiira.io iiient Ic fleuve au reste lie la première brigade, et le ge'néral

sur la rive droite. • ■ ■ ■ ■ i i i •

Jamin prit le commandement de toutes les troupes sur la rive droite du Peï-ho.

Keconnaissance Le 20, il fit uiie reconnaissancG destinée à éclairer les de'- (LaoùL)""^ bouchés en avant de son Iront, et rencontra bientôt des ouvrages fortement protégés, qui l'obligèrent à se replier devant le feu d'artillerie de gros calibre.

Système général La dispositiou dc leusemble des défenses chinoises au Peïho devenait dès ce moment nettement définie.

du Pei-Iio.

Sur chaque rive, à Tembouchure, un fort énorme, battant la mer et les approches desestacades; en amont, un second fort, couvrant de feux le premier et enfilant la rivière; enfin, pour protéger tout le système, un vaste camp retranché à la limite des lagunes et de la terre ferme.

La position de la brigade Jamin couvrait la communication des ouvrages de la rive droite avec l'intérieur du pays et menaçait ainsi la seule ligne de retraite qui restât à l'ennemi. consiruriioii Lcs travaux du pont, construit en commun |)ar les alliés entre

d'un pont. r • I ri • 1 / • ' 1 ' 1

Sin-Ko et Sia-o-leantz, étaient pousses avec une tres-graiide activité; mais sa largeur, (|ui devait être de trois cents mètres en- \iron, et, en outre, quel(|ues difficultés résultant des marées et de la nature des abords du fleuve , ne permettaient pas d'espérer que le passage fût ouvert avant quelques jours: on résolut d'attaquer immédiatement le fort de la rive gauche le plus rapproché de Tang-ko.

Pian du Kénnrai Cctte détcrminalson , qul modifiait les conventions arrêtées

sir llo)ii' (Iranl. i / i i' 1 '

le ik, était principalement le résultat d un nouveau plan présenté par sir Hope Grant. Voici en quoi il consistait: s'emparer

(lu [(reniicr fort du Nord, qui n'est éloigné do Tan^j-ko que de Goo mètres environ; attaquer ensuite le second fort en aval de la rive gauche avec Taide des canonnières; cette rive entièrement occupée, débarrasser, pendant la nuit, la rivière des obslacles voisins et préparer ainsi un passage aux canonnières qui, remontant jusqu'en arrière des forts du sud, pourraient de là combiner leur action avec celle des troupes envoyées plus tard par la rive droite, s'il en était besoin.

11 était évident que le succès de cette combinaison, dont le but paraissait être d'assurer une part de coopération à la marine, mais dont le réel avantage consistait à ne pas s'éloiguer de la base de Peh-tang, pouvait être sérieusement compromis par le commandement supérieur des forts du sud, et exigeait le concours de circonstances heureuses. Quoi qu'il en soit, le général Montauban ayant cru devoir y consentir, le 1 1 fut fixé comme jour de l'attaque; les brigades de sir Robert Napier et celle du général Collineau furent désignées pour cette opération.

La journée et la nuit du 20 furent consacrées à la construction de petits ponts sur les canaux et à la réparation des mauvais passages sur la route à suivre. Le général Napier, sorti de l'arme du génie, était chargé de la direction de ces préparatifs, qui ne furent troublés que par le feu de quelques batteries, mises en position sur la rive droite, et dont le tir resta complètement sans effet sur les travailleurs.

Dans la soirée du même jour, le général Collineau vint bi~ Le vouaquer au camp de lang-ko avec une compagnie du génie, vientbivouaqn.i le premier bataillon du 103* et les deux bataillons d'infanterie "" '"'^ de marine; il avait, en outre, une batterie de 12 rayée et un détachement de pontonniers sous le commandement du colonel

Foulloti-Grandchamps. Une section d'ambulance devait Ty reioindre le lendemain de très bonne heure.

Il se mit immédiatement en rapport avec le ge'néral Napier, qui avait pris position en avant du camp et avait abrite' son matériel derrière un épaulement; les deux généraux convinrent alors que les troupes françaises tiendraient la droite, dès qu'on se mettrait en mouvement.

Attaque du fort Lo 3 1 août, au matin, la brigade Collineau, laissant à Tang-

en amont i^'p 'i • i^i i i

<i(.innvoi;auih.. KO Ic 2^ batadlou d inlauterie de manne, debouclia sur le terrain des opérations par les deux chemins qui, partant du camp retranché, s'étendaient à travers une plaine inondée, et vint se placer à la droite de sir Robert Napier.

A environ 3,000 mètres du fort en amont de la rive gauche, qui était l'objet de l'attaque, le général français prit ses dispositions : deux pièces, se réunissant aux pièces de siège des Anglais, furent dirigées contre la fortitication elle-même, tandis que les quatre autres, tout près de la rivière, étaient employées contre les batteries de la rive droite dont les feux nous prenaient d'écharpe.

Il n'y avait pas à se préoccu])er du camp retranché de Yukia-pou, déjà évacué par les Chinois.

Le 1" bataillon du 102' (colonel O'Malley) et le 1 -"■ bataillon d'infanterie de marine (colonel de Vassoigne) étaient déployés en arrière de l'artillerie et masqués par une levée de terre. Ouverture du feu. Lc feu dcs alHés s'ouvrlt à 1,000 mètres environ du fort et continua pendant deux heures , s'en rapprochant successivement, au fur et à mesure des progrès du tir. Les boulets produisaient, il est vrai, peu d'effet sur la masse solide des remparts; mais leurs coups multipliés, atteignant les défenseurs, faisaient peu à

peu (aire les pièces ennemies, qui loul d'abord avaicnl riposté avec la plus {grande énergie.

Vers sept heures, une explosion formidable retentit derrière le parapet. A ce moment, le général CoUineau fit avancer trois com|)agnies du i 09" de ligne et prit avec elles position derrière une levée de terre, à trois cents mètres de la contrescarpe; en même temps le feu de l'artillerie alliée redoubla d'intensité. Une demi-heure plus tard, une seconde explosion, plus terrible que la première, bouleversa le fort en aval; elle avait été occasionnée par les pièces à longue portée des canonnières embossées à l'embouchure de la rivière.

Cependant le lir du fort en amont de droite nous gênait considérablement; les deux premières pièces de 1 9 et deux obusiers anglais se joignirent aux bouches à feu déjà engagées contre ce fort et contribuèrent à en paralyser l'action, pendant que le capitaine d'Hendecourt, aide de camp du général CoUineau, allait reconnaître les obstacles à surmonter pour pénétrer dans l'ouvrage placé devant nous.

Ces obstacles consistaient en trois fossés pleins d'eau traversant un sol fangeux et abordables par deux chaussées glissantes, ayant à peine deux mètres de largeur. Le premier n'était, à proprement parler, qu'une espèce de blanc d'eau en avant d'une digue peu étendue et qu'il fut facile de tourner dès qu'on se mit en marche; l'intervalle compris entre les deux autres et l'espace qui les séparait du pied des remparts étaient couverts par les défenses accessoires les plus extraordinaires et les plus variées, consistant principalement en piquets de bambou très aigus et très serrés, que la hache dut abattre un à un.

La reconnaissance terminée et les batteries de la place ayant Assmit

— 104 -^ enfin cessé leur feu, les ge'néraux alliés, d'un commun accord, lancèrent leurs colonnes d'assaut: la colonne française par la droite, la colonne anglaise par la gauche, au centre de la face qui, relativement à la mer, se trouve en arrière du fort.

Du côté des Français, la compagnie de voltigeurs du 102^ se précipite en avant; les Coolies porteurs d'échelles, sous la direction d'une partie de la première section du génie commandée par le lieutenant Gangloff, marchent en même temps contre la contrescarpe. Le capitaine Bovet, chargé, dans l'origine, de cette mission, avait été blessé en exécutant un ordre du général Collineau.

La k^ compagnie du 1" hataillon du 109'' ne tarde pas à rejoindre les voltigeurs: et le colonel O'Malley prend le commandement de cette petite troupe réunie.

Le feu de la mousqueterie causait des pertes sensibles; les Coolies, dont |dusieurs avaient été frappés, commençaient à hésiter; le reste de la 1" section du génie s'empare des échelles abandonnées et les porte en avant.

L'attaque continue, et, grâce à l'activité des sapeurs et de leurs chefs, grâce à l'intrépidité de nos soldats vaillamment conduits, les premiers obstacles sont franchis; les échelles, (pii ont servi de ponts pour traverser les fossés, s'appliquent aux remparts pour l'escalade du côté du saillant, où le succès offre le plus de chances favorables.

Trois compagnies d'infanterie de marine accourent comme troupes de soutien, et alors s'engage une de ces luttes corps à corps, telles qu'on se les représente au moyen âge. D'un côté, quelques hommes du 102" et de l'infanterie de marine gravissent un à un le parapet, la baïonnette en avant; de l'autre, un

— 10.^ — eiuieini ardent so cléleiid avec toute re'iiorgie du désespoir, combattant avec sesgingolls, ses piques, ses flèches, et roulant à la main des boulets sur les assaillants; tantôt il les rejette dans le fossé , tantôt il les attire à lui à travers les embrasures. Malgré ces suprêmes eflorts de résistance, le drapeau français flotte bientôt sur les remparts aux mains du tambour Fachard. arrivé l'un des premiers.

Le colonel O'Malley, le commandant Testard, de l'infanterie le- i'iiui.;;.is de marine, le lieutenant-colonel Dupin, le chef d'escadron ,ian. k r.,ii. Campenon et le lieutenant de vaisseau Rouvier, commandant les Coolies, ont entraîné les soldats à leur suite jusque dans l'enceinte du fort, où ils pénètrent non seulement par le saillant à l'aide des échelles, mais encore par une ouverture pratiquée vers la gauche, au milieu de la face principale. En ce point se trouvait une porte barricadée et bourrée de terre, que l'artillerie n'avait pu abattre. Un détachement de sapeurs, que le lieutenant-colonel Dupouet, chargé de la direction des travaux de l'attaque, y avait envoyé à cette intention sous les ordres du capitaine Béziat, avait réussi, à laide de ses outils, à percer dans le rempart un passage suflisant pour le corps d'un homme et à frayer ainsi une seconde issue aux assaillants.

La lutte, un instant interrompue, recommence bientôt sur un terrain que l'ennemi défend pied à pied avec un acharnement indicible, et ce n'est qu'après des nouveaux et héroïques combats que la position est définitivement conquise.

La colonne anglaise était un peu en retard. Elle s'étaitmunie, c,Au,nu- im-iaise. pour franchir les fossés, d'un système de cvlindres creux destinés à flotter sur l'eau; mais ces moyens avaient dû être abandonnés comme impraticables, au moment même de s en servir,

— km; — et le passage des obstacles, devenu si dilUcile dans ces conditions, avait exigé les plus grands sacrifices et les plus valeureux efforts.

Au moment où les Anglais pe'ne'traient dans le fort, l'ennemi était en pleine déroute, se précipitant par toutes les issues, sautant par les embrasures et s'enfuyant dans la direction du deuxième fort, sous une grêle de balles qui jonchait le sol de ses morts et de ses blessés.

Mille cadavres tartares. parmi lesquels celui du général commandant en chef, furent trouvés dans l'enceinte. De notre côté, les pertes étaient également sérieuses et montraient combien avait été énergique le drame qui venait de s'accomplir.

Le lieutenant Grandperrier, des voltigeurs du i og% et le maréchal des logis du Chavla. attaché au corps des Coolies, étaient frappés mortellement; les sous-lieutenants Balme et Porte et l'adjudant Lunet avaient reçu de graves blessures; le commandant Testard n'était parvenu dans la place que déchiré de coups de lance et après avoir été renversé par un boulet roulé des remparts sur sa tète. Nous avions plus de deux cents hommes hors de combat: les Anglais en avaient à peu près le même nombre. Dix-sept de leurs officiers étaient blessés; parmi lesquels le capitaine Brooke, aide de camp du général Napier.

La prise seule du premier fort était une victoire complète; mais il n'était que 9 heures, et il y avait lieu d en poursuivre les conséquences par l'attaque du second.

Au moment où le commandant en chef entrait dans l'ouvrage conquis, le feu de la rive droite, qui nous avait tant inquiétés dans la matinée, avait cessé complètement, et des drapeaux blancs étaient arborés sur toutes les défenses ennemies.

Des parlementaires se pre'sentèrent alors, demandant à com- l'ariemenuire». niuniqiier avec les ambassadeurs. En l'absence des plénipotentiaires, les géne'raux allie's consentirent à accorder une Inhe pour enlever les blessés, et firent prévenir qu'à deux beures de l'après-midi les hostilités recommenceraient, à moins d'une soumission absolue.

D'après la déclaration des parlementaires et malgré la présence des drapeaux blancs, l'ennemi paraissait décidé à se défendre dans chaipie retranchement avec la même vigueur; on devait donc s'attendre à une lutte d'autant plus redoutable, que les corps expéditionnaires, pour attaquer le fort en aval de la rive gauche, allaient se trouver en plein sous le feu des forts de la rive droite.

Dans cette prévision, le général Montauban, qui, de même uisposUions

... , , pour mari her

que Sir Hope brant, avait repris le commandement des troupes sur le ion eu aval. dès son entrée dans le camp retranché de Tang-ko, avait prescrit au colonel de Bentzman de faire venir de suite les deux batteries de 4 et la section de fuséens. Les premières devaient être employées directement sur le front d'attaque, tandis que la batterie de i 2 et les fuséens, déployés sur le bord même du Peï-ho, contre-battraient les défenses opposées.

A deux heures précises, les alliés se mirent en marche. Le \hinhe. général Gollineau tenait la droite; l'artillerie en avant, prête à ouvrir le feu, et le reste des troupes en réserve. Les Anglais, disposés suivant le même ordre, appuyaient sur la gauche, de manière à attaquer tout à fait par derrière la position ennemie.

Au grand étonnement des deux armées, les pavillons blancs Lesaïués entieui restent arborés et les forts du sud sont silencieux, aussi bien que lesecondfort celui vers lequel on s'avance. Les troupes arrivent au bord du

dans

icondl

ans résisUince.

rd (lu

fossé sans avoir essuyé un seul coup de feu; elles trouvent, il esl vrai, toutes les issues fermées el sont obligées d'escalader les remparts au moyen des échelles; mais aucune résistance ne leur est opposée par les Tartares, et bientôt les deu\ colonnes pénètrent et se rencontrent dans l'intérieur, enfermant entre elles une garnison de 3,ooo hommes, qui avaient déposé les armes et semblaient frappés de stupeur.

Démoriiiisaiion dette altitudc passive de nombreux défenseurs au milieu d'un ouvrage pourvu d'une artillerie formidable, avec des pièces d'un calibre énorme sur les remparts, donnait la mesure de la démoralisation des ennemis; il semblait dès lors évident que toute idée de lutte était abandonnée, et les généraux résolurent d'assurer immédiatement le succès complet de leur entreprise. Des omwrs Lo chcf d'escadrou (lampenon et le capitaine de Cools étaient

•aiiçais et anglais r \ r ■ \ l !••' i"'»"i

en mission occupes A reunir les moyens de passer la rivière et s étaient Tpe-iViZir emparés dans ce but d'une certaine quantité de jonques. Ils reçurent, ainsi que le capitaine d'Hendecourt, l'ordre de se rendre de leur personne sur la rive droite avec le major Anson et deux représentants de la diplomatie anglaise, MM. Parkes et Locke, chargés de la même mission, el daller sommer le vice-roi du Pe-tche-li de remettre tous les ouvrages du Peï-ho.

L'entrée du premier fort du sud leur fut d'abord refusée par un mandarin militaire, qui fit lever le pont devant eux; mais, au même moment, un autre mandarin se présenta, porteur de dépèches destinées aux généraux alliés. Les Chinois olfraient la cession des forts du nord et l'ouverture de la rivière aux escadres; seulement ils se réservaient tous les ouvrages de la rive droite.

Les envoyés an»jlo-français ayaul pris iimnédialfiiicnt cou- l'ropositionK naissaïKM' de ces proposikoiis. les rojeterenl sans IiosiUt et se ,ics(;hinui>, décidèrciil à aller trouver le vice-roi dans son yanioun de Si-kon.

Ils furent accueillis avec em])resseinent par c<' haut lonc- conférence

1 , 1 • A eii(re les oflicieis

lionnaire; une coniérence s engagea bientôt, pendani uhjiicIIc oiie vice-roi. M. I*arkes, investi de toute la confiance de lord Elgin, et (Tailleurs admirablement versé dans la connaissance de la langue et des mœurs du |)ays, tint la parole avec beaucoup de vigueur et d'habileté.

Pendant quatre heures, le vice-roi resta inébranlable, ne Reddiu..!,

de tous les l'oi'U

voulant rien ajouter à ses concessions; mais enfin, vaincu par du Peï-ho. l'énergie des parlementaires, il consentit à signer une pièce adressée au\ commandants en chef de terre et de mer des armées alliées et dont les dispositions se résumaient ainsi :

1° Cession complète des forts et camps retranchés de la rive droite, avec tous les canons et munitions de guerre qu'ils renfermaient;

9° Envoi d'ofiiciers chinois dans les forts pour désigner les emplacements des poudrières, fourneaux de mine, etc.;

3° Engagement de fournir tous les renseignements possibles sur les travaux de barrage à l'embouchure du Peï-ho.

Ce document tut remis aux généraux le sa au point du jour; mais, dès le soir même du a i. des compagnies de notre infanterie de marine et des détachements anglais avaient pris pied sur la rive droite. Les ouvrages venaient d'être évacués dans le plus grand désordre par les troupes tartares, se retirant en toute hâte dans la direction de Tien-tsin.

Le nombre des fuyards était grossi des trois raille prisonniers du second fort de la rive gauche, auxquels les commandants en

chef. a[)rès les avoir désarmés, avaient accordé la liberté. Cette mesure, prise dans un sentiment d'humanité, avait le p,rave inconvénient de rendre à Tennemi des forces dont il pourrait se servir de nouveau contre nous, et c'est en effet ce qui eut lieu ; mais le défaut de vivres ne laissait d autre alternative que de relâcher ou de fusiller ces hommes, qui sétaient rendus sans défense.

En résumé, la journée du -2 i valait à l'armée la prise de cinq forts, deux camps retranchés, une quantité énorme darmes de toute sorte et de munitions de guerre et 5 18 pièces de canon, dont 110 en bronze.

Dans cette lutte sanglante, le général CoUineau avait déployé une grande bravoure; le commandant en chef se plut, dans son ordre général, à rendre hommage au calme et à l'intelligence avec lesquels il avait dirigé les opérations de l'attaque. Il avait eu, pendant l'assaut, une épaulelte traversée par une balle.

considéraUons Lo succès avalt donué raison au plan de sir Hope Grant;

sur les opérations • i .ri • , n • 1 • , Il

dn Peï-ho. mais la renexion n en conhrme pas moms la justesse des observations du général Montauban. En effet, après l'enlèvement des forts du nord et lorsque ceux du sud se furent rendus sans coup férir, ce fut avec la plus grande peine que l'on réussit à dégager des estacades un espace suffisant pour le passage des canonnières. Qu'aurait donc fait la marine, si les forts de la rive droite, dont la présence de la colonne Jamin avait exclusivement déterminé la reddition, avaient prolongé la résistance? 11 est incontestable que la chute des défenses de la rive gauche aurait alors peu avancé la question, et que, militairement parlant, l'attaque aurait dii commencer par celles de l'autre rive.

(lontroccupation devait, en tout étal de cause, entraîner l'abandon de tous les ouvraj^^es.

Le géne'ral Montanban, tout en de'sa|)prouvanl les projets du chef anglais, en avait assuré raccomplissenient par le concours le plus actif et le plus dévoué. L'embouchure du Peï-ho était désormais acquise à l'expédition, et, dès le 92 aoùl, l'amiral Hope venait mouiller devant les forts.

Il se produisit alors un fait assez étrange, et qui donna lieu à i/mm.ui ho|.c

. . . ,, . , remonte

différentes versions sur la pensée intime qui lavait provoque. i,rus,,uemei.t Le 30, l amiral anglais, semblant ne prendre conseil que de j,„q„ „ Tien-tsin. lui-même, profita de la marée pour remonter la rivière et se diriger vers Tien-tsin avec trois canonnières; M. Parkes l'accompagnait. Sir Hope Grant et lord Elgin témoignèrent beaucoup de surprise de ce brusque départ, dont le général Montauban ne fut informé qu'accidentellement.

Prévenu dans la journée, l'amiral Charner ne perdit pas un L'amin.i cimmer

le suit de |>i'è*.

moment pour rejoindre son collègue; car à Tien-tsin, comme ailleurs, suivant les instructions, le pavillon français devait se montrer en même temps que le pavillon anglais.

L'amiral Hope, désolé du rôle secondaire que les événe- Les portes ments avaient assigne a la marine, avait-ii I intention d atta- s,mi ouvertequer cette ville par eau et d'obtenir ainsi un succès non partagé? Toujours est-il que cet acte de témérité pouvait amener un incident pareil à celui du Peï-ho de l'année précédente. L'entrée de la place est, en effet, défendue par deux forts considérables, armés de canons de gros calibre et croisant leurs feux sur la rivière, qu'on aurait pu trouver barrée en ce point comme à l'embouchure. Heureusement, les Chinois, terrifiés, s'étaient réfugiés au delà de Tien-tsin, où l'escadrille trouva

(le TieD-tsiii siHil ouverte-^ ans résistance.

les portes ouvertes et les habitants ne demandant que la paix. î'm.iùt. Dès que ces nouvelles furent connues, les commandants en

chef décidèrent daller avec une partie de leurs forces prendre possession de la place par une occupation exte'rieure, voulant e'viter les de'sordres qui pourraient résulter d'une installation an milieu de la population.

Dépari des alliés Un prcmicr convoi, composé de 1,000 Anglais des i""' et

pour Tien-lsin. i^ r • l'i'A 111

oy*^ régiments, et d une batterie Armstrong, sous les ordres du brigadier Staveley. fut embarqué sur le Peï-ho. Le général Montauban prit, de son côté, les mêmes dispositions, et en confia l'exécution au colonel Schmitz.

Us arrivent Lcs troupes parvinrent à Tien-tsin le 36 août, en même

le a6 août. i i •

temps que le général Grant, lord Elgin et le baron Gros, qui avaient rejoint en route.

Le commandant en chef français, arrêté par de nombreux échouages dans ce cours d'eau d'une navigation si difficile, n'arriva que le 97.

(koiipaiion La rive droite fut abandonnée aux Anglais et la rive gauche

«le Tieii-tsin. . . . „ , , , ,, ,

aux français; il tut arrête que, de part et d autre, les troupes seraient campées dans les forts qui se trouvent en amont et à environ h ou 5 kilomètres de la ville.

Sir Hope Grant avait d'abord eu le projet de répartir ses forces entre Sin-ko et Tien-tsin; mais le général Montauban ayant tenu à conserver ses troupes sous la main, les deux armées furent bientôt réunies autour de cette dernière place.

Une commission mixte, chargée de se mettre en rapport avec l'autorité chinoise, avait été instituée dès l'arrivée des alliés; elle soccupa immédiatement d'assurer le service des approvisionnements. Les ressources immenses de toute nature que

— ii;5 possédait le pays iic tardèrent pas à faire régner rabondance dans les deux camps.

V(M-s cette époque arriva la nouvelle d'une attaque dirigée, \o>n.ius

^ (le- lii |iro\iiicc

le I 8 août, par les rebelles, contre Shang-haï , et repoussee par ,io sh.m; i..... le lieutenant-colonel Favre, de rartillerie de marine, et le colonel Marsh, de l'armée anglaise.

La marche de ces brigands avait été annoncée parlnicendie \i.,ni„

, (II", rt'bi'lles

des villages environnants, et à -j heures une courte lutte s en- .„, si,.,,,,; n.,.. gageait entre eux et les impériaux, (les derniers prirent bientôt la fuite, se dirigeant vers la porte ouest de la ville et poursuivis par les rebelles qui pénétrèrent pres(jue en même temps qu'eux dans les faubourgs.

Les commandants alliés de la place arrêtèrent immédiate- ni-imMiions ment leurs dispositions pour protéger Shang-haï et les concessions européennes; des barricades furent élevées, dont Tune pour défendre l'entrée nord du faubourg de l'estavec une pièce d'artillerie de montagne et une compagnie d'infanterie.

Arrêtées par ces obstacles, les bandes se livrèrent alors à i.,s rei,,. leurs excès habituels; elles ne purent tuer (jue peu de inonde, la population presque tout entière s'étanl enfuie dès le matin ; mais le pillage fut horrible.

Les rebelles étaient cachés par un rideau de maisons (jni bordent les remparts, et le feu de la place ne pouvait les atteindre que lorsqu'ils se montraient à découvert.

Vers k heures, les Anglais se décidèrent à brûler une partie des faubourgs vis-à-vis de leurs postes, afin de mieux distinguer l'ennemi.

Le pillage dura toute la nuit, entretenu par les renforts qui arrivaient continuellement du dehors.

prises

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en fiiite.

Le commandant Favre, craignant de voir ces masses envahir nos concessions, et ne pouvant, avec le peu de forces dont il disposait, engager une lutte de maison en maison, résolut, en cas d'extrémité, d'incendier la partie nord du faubourg de l'est.

Nouvelle tenioiive Lc 1 9 à midi, les rebelles se présentèrent en effet à l'entrée

'ui'lniu de ce faubourg et furent accueillis par des obus; ceux qui voulurent persister dans leur marche en avant furent repoussés par le feu de l'infanterie.

Les rebelles Vofs 2 hcures l'incondie se manifesta sur plusieurs points; et les ennemis, au nombre de 9 ou 3ooo, s'enfuyaient épouvantés du côté du sud, où les Anglais essayaient de leur couper la retraite en tirant sur eux des portes du rempart. Ils i-e,,araisse,ii Lc 2 G ils rcparurcnt dans la plaine à l'ouest, agitant de nombreux drapeaux; le soir ils reprirent la route de Si-ka-we, après avoir perdu quelques-uns des leurs sous le feu des Anglais, dont les postes avancés occupaient le champ de course. Le 2 1 ils revinrent de nouveau sur leurs pas, mais sans se rapprocher même du haut de la ville.

Notificaiiun La réccptiou qui leur avait été faite n'était pas de nature à

leur laisser des doutes sur nos intentions à leur égard; cependant les commandants alliés crurent devoir leur adresser une notification qu'ils avaient vainement essayé, le 18, de faire remettre entre leurs mains. Cette notification avait principalement pour but de détruire l'effet des démarches par lesquelles un certain nombre d'étrangers avaient engagé ces rebelles à se rendre à Shang-haï, ne craignant même pas d'entrer en communication avec leur chef pour lui exprimer la prétendue svmpathie de la plus grande partie des Européens.

dans la plaine

(20 aoùl. I

(les alliés auï rebelles.

— llô —

M. Foret, jeune interprète anglais, se chargea de la mission \iusdi périlleuse de portera ce même chef la communication des com- inteiimioani;i.iis. mandants allie's. La réponse, reçue le 28, portait en substance que les insurgés ayant été appelés à Shang-haï, la résistance (|u'ils y avaient rencontrée était un acte de mauvaise foi, dont ils tireraient bientôt vengeance avec des forces plus considérahles; il était temps, ajoulaient-ils, que les Européens songeassent à ne pas attirer de grandes calamités sur leurs tètes.

(Quelques heures après l'arrivée de cette dépêche, le mouve- Reiraiicdcduitive ment de retraite des rebelles s effectuait, et leur chef publiait des proclamations rassurantes pour nos intérêts religieux et commerciaux. Il déclarait prendre sous sa protection l'établissement de Si-ka-we, où d'ailleurs tout était resté à peu près intact.

Cette lutte de quelques jours, dans laquelle nos troupes, aidées par une compagnie de débarquement de kb hommes, maintinrent résolument leur position contre des bandes si nombreuses, fit grand honneur au sang-froid et à la vigueur du lieutenant-colonel Favre et du colonel Marsh.

Le danger était momentanément écarté; mais il était probable que Shang-haï serait attaqué de nouveau, et les forces du commandant français étaient insuffisantes pour occuper en permanence les postes sur lesquels il avait dû les établir dans l'intérêt de la défense.

Aussi le général Montauban. à la première nouvelle de ces Les commanda nif événements, se hata-t-il de lui envoyer un renfort de deux com- envoient

1 • I • 1, ,•11 • 1 àes renlbils

pagnies avec une demi-batterie dartulerie de montagne. ^ si,anir-i.ai

Sir Hope Grant, de son côté, fit partir pour Shang-haï le li^i" régiment.

Un Anglais, qui a composé un ouvrage en faveur îles rebelles, ne paraissait pas être étranger aux faits accomplis, dont le but aurait été d'opérer un bouleversement, à la suite duquel ces bandits, qui désolent le pays, se seraient convorlis au protestantisme. Aussi un misérable journal de Shang-liaï, le coup une fois manqué, s'en prenait-il à M. Bruce lui-même, qui, dans ces fâcheuses circonstances, avait, au contraire, agi avec la plus grande loyauté.

CHAPITUE IV.

Tien-tsin, suivant les inslructioiis des gouvernements d'An- Néi;«ciaiioni glelerre el de Fiance, avait ete désigne comme le point ou devait se conclure la paix, dans le cas probable où les Chinois, sous le cou|) des succès remportés par les alliés à l'entrée de la rivière, renonceraient à prolonger la résistance. C est dans celle pensée ({ue toute ouverture pacifujue de la part de l'ennemi avait été jusqu'alors écartée; mais désormais les ambassadeurs étaient disposés à prêter l'oreille aux propositions annoncées [)ar la cour de Pékin.

En effet, avant même que les corps expéditionnaires fussent parvenus à Tien Isin, les minisires plénipotentiaires avaient reçu avis de l'envoi dans celte ville d'un haut commissaire : c'était ce même Ivwe-liang, avec lequel ils avaient déjà été en rapport en i858. (le mandarin arriva le 3i, et, sur sa demande, les négociations furent immédiatement entamées.

De longs pourparlers eurent lieu, dans lesquels les Anglais s sepieminA. se montrèrent très faciles sur le chiffre de l'indemnité; à cette occasion, lord Elgin fit valoir les immenses sacrifices occasionnés à sa nation par cotte campagne el en même temps la modération de ses prétentions. Les bénéfices résullaiil du

conmierce général et, principalement, de la vente de l'opium, promettaient, il est vrai, à nos alliés, des compensations cpie la France n'avait pas à espérer; cependant le baron Gros ne crut pas devoir créer de diflicullés par des exigences particulières, et les diplomates finirent par tomber d'accord sur toutes les clauses du traité. Il fut alors convenu qu'on irait à Pékin pour réchange des raliBcations.

Les Anglais, voulant entourer cette cérémonie d'un grand éclat militaire, insistèrent pour se rendre dans la capitale de l'empireavec une escorte de looo hommes, artillerie, infanterie et cavalerie; ils obtinrent, quoique avec peine, que Kwe-liang souscrivit à cette condition. Le commandant en chef français, après avoir fait ses réserves sur les conséquences fatales que pouvait entraîner un semblable développement de forces dans l'accomplissement d'une formalité toute pacifique, se décida à suivre les alliés dans cette voie, afin de maintenir le principe d'égalité observé dans toutes les relations. nui,ime On j)réparait donc de part et d'autre la composition des dé-

(les négociations. , . i 1 . ■. ' ] "i «i

tachements. lorsque, le 7, au moment ou le traite devait être signé, les généraux furent prévenus que Kwe-liang, glissant pour ainsi dire dans la main de l'ambassadeur anglais, venait de déclarer que la cour de Pékin ne reconnaîtrait pas les engagements pris en son propre nom. Ainsi ce haut commissaire, dont la diplomatie n'avait pas, dès le début, assez régulièrement vérifié les pouvoirs, n'était <[uo le principal personnage d'une nouvelle comédie, organisée par le gouvernement chinois pour donner à San-ko-li-tsin le temps de rassembler des forces devant la capitale, et d'en organiser la défense'.

' Vdir. à la fin du \oliiii!e, les documents de l';\|i|)i lulic.

La fourberie du faux ple'nipoleiiliaire cliinois, une fois dé- [iuiiuhp masquée, suspendait nécessairement 1 œuvre de la dij)Iomalie (7 sopioniiin.! jusqu'à ce qu'une nouvelle inl<îrvention de l'armée alliée eut réduit la cour de Pékin à subir définitivement la loi des vainqueurs. Lord Elgin et le baron Gros résolurent de n'accepter de propositions de l'ennemi que dans la ville de Tun{];-cliao, siluée à cinq lieues de la capitale, et remirent aux commandants en chef la direction des affaires pour qu'ils se j)orlassent en avant avec leurs troupes.

Le général Montauban et sir Hope Grant prirent im média- DisposiUcms tement leurs dispositions en conséquence, et divisèrent leurs pari torces de manière a laisser a lien-tsin une garnison qui assu- p„ hipi rat la sécurité de cette place, devenue désormais leur base [)rincipale d'opérations et d'approvisionnements.

dette réserve fut formée de part et d'autre par la brigade du général Ciollineau et par celle de sir Robert Napier.

Les Anglais organisèrent deux colonnes actives : la première, composée du 99'' régiment d'infanterie, du régiment de dragons, du corps irrégulier des Sikhs Fane s et de deux batteries Armstrong, com|)renait 1,000 hommes; la seconde, forte du ()o^ rifles, du 3"" bufls et du reste de la cavalerie, comptait en tout 2,000 combattants.

Les Français destinés à marcher furent réunis en un seul corps d'un effectif de 2,866 hommes, olficiers compris. Les deux tableaux suivants présentent la situation numérique des troupes de notre corps expéditionnaire, d'après la répartition arrêtée par le général Montauban avanl son départ.

prises

par les

oommandiinls

ou rlipl'

piiur se porler

sur la route

Hp Pékin.

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