‹ Relation de l'expedition de Chine en 1860Chapitre 17 sur 30 · DESIG.NATION DES CORPS · texte numérisé non relu

DESIG.NATION DES CORPS

Etat-major général

État-major de la a' brigade ....

a^ balaillon de chasseurs ii pied.

lot* de ligne

loa' de ligue

Infanterie de marine

.\rljllerie"-

Génie

Gendarmerie

Cavalerie

Administration

Cool ies

Ensemble.

Totaux . .

OFFICIERS

TROUPES

lO'i

CHEVAUX de

SBLLE.

CHEVAUX de

Artillei

10' batterie du 16' régiment (4 rayé de campagne).

9" ballerie du 16' régiment (caoous-ohusiers de la rayés).

Détachement de pontonniers (a5 hommes).

IcTien-tsin.

( D '•! 1 > eplciiibrcj

Le complomenl do l'infanterie de marine, débarque' dans le nord de l'empire chinois, occupait les forts de la rive franche du Peï-ho, landis ijue ceux de la rive droite avaient été confiés à nos alliés.

Dès le 9 septembre, la première colonne an{>laiso quitta iiq,;..i

. . des rnloiii.,

ïien-lsin avec sir Hope Grant et lord mgin, se dirigeant sur a„,;bi6e8 la route de Pékin; elle fut suivie le surlendemain par le reste du contingent expéditionnaire.

Le 10, entre ces deux colonnes et à un jour d'intervalle de d-iwii

ili'S Kninr.nis.

chacune d'elles, le général Montauban, accompagné du baron ,,.. sopicinine.) Gros, s'avança avec ses troupes, placées sous les ordres immédiats du général .laniin.

A Pou-kao, premier gîte d'étape, les Français furent accueil- k,

lis par un violent orage, qui dura douze heures, et dont les con- ;,„xiii.-.ins ducteurs auxiliaires chinois profitèrent pour s'échapper pendant la nuit avec leurs chevaux ou mulets, compromettant ainsi le mouvement de l'année par la perte des seuls moyens de transport qui fussent alors à sa disposition.

Le commandant en chef avait bien songé dès l'origine à utiliser le cours du Peï-ho pourlamarche des convois, et même, sur sa demande, l'amiral (^harner avait chargé un ofiicier de marine de reconnaître jusqu'à quel point la rivière était navigable. Malheureusement cet officier, se trompant de direction à la sortie de Tien-tsin, avait confondu avec le cours d'eau un canal qui s'en éloigné vers la gauche, et qui, à partir de deux milles de la ville, n'offre plus de profondeur suffisante pour les plus simples barques.

Il résulta de cette erreur que le général Montauban ne s'était cru d'autre ressource que de faire requérir toutes les

cliinois.

voitures disponibles tle Tien-tsin et des environs. Ce ne fut qu'au premier bivouac qu'étant monte' à cheval dès le matin, après la fuite des conducteurs, il aperçut sur le Peï-ho de très fortes jonques; il apprit alors des Chinois que ces embarcations venaient deTung-chao, et qu'il en existait un grand nombre sur la rivière, Il en fît immédiatement saisir une vingtaine et les employa à organiser un service par eau pour le transport des vivres. ()ii,MnisntioM Ce service se continua pendant toute la campagne sous la sur lo Péi-hu. direction des pontonniers, et assura 1 approvisionnement de l'armée jusqu'à Tung-chao; seulement il fut établi sur une plus vaste échelle, et chaque jonque fut louée par l'administration de la guerre à raison d'une piastre par jour. Lepiii.n- Ts;,i Los troupcs alliées s'étaient à peine avancées à deux jours !<• ministre Kh.M. do luarche, que le prince Tsaï, membre de la famille impériale, et le ministre de la guerre Khou écrivirent aux ambassadeurs qu'ils avaient pleins pouvoirs pour traiter sur les bases de Tien-tsin, et qu'ils se rendraient au-devant d'eux pour conclure la paix.

Séjour Néanmoins les généraux, édifiés sur la bonne foi des Chi-

nois par les faits récents, continuèrent leur mouvement jusqu'à Kho-seyou.

Toutes les colonnes s'y concentrèrent et y firent séjour jusqu'au 16 septembre, pendant que les ambassadeurs prêtaient l'oreille à des communications dans lesquelles ils croyaient apercevoir des chances sérieuses de solution. «;o.,ve,a,o„s En effet, lord Elgin et le baron Gros ne tardèrent pas à préenir les chefs des armées que toutes les difficultés étaient levées, et que, par suite d'une convention formelle, les troupes camperaient à deux lieues de Tung-chao. pendant que se tien-

écrivent aux iimb.Tss.ideurs

à Kho-3e\ou.

relative? à la paix.

(Iraient dans cette place les entrevues avec les conimissalros impériaux. Une simple escorte (l'honneur devait ensuite accompajj-ner les ple'nipotentiaires jusqu'à P(îkin pour re'chanjje de ratifications.

Les ge'néraux, et en particulier le général Montauban, ne snjcis

., , „ 1 !• 1 1 il iiM|cciéluile.

partageaient pas entièrement ia contiance des diplomates; plusieurs observations étaient en effet de nature à inspirer des inquiétudes.

Ainsi, au fur et à mesure qu'on s'était éloigné de Tien-tsin, les populations, d'abord empressées à approvisionner les marchés sur le passage des colonnes, avaient fait le vide devant elles et fermé les habitations dans les villes et les villages.

A Kho-seyou, M. Parkes, envoyé en avant, s'était aperçu (l'un changement dans les dispositions des fournisseurs, dû à l'arrivée d'un mandarin; et il avait été obligé de recourir aux menaces pour en obtenir des vivres. De plus, à Tung-chao, ce même fonctionnaire, chargé avec M. Wade d'une mission relative aux négociations, avait été reçu avec une certaine hauteur parles autorités chinoises, et avait dû leur déclarer qu'à la moindre hésitation de leur part elles verraient arriver les troupes alliées.

Sous cette intimidation, le ton des mandarins s'était modifié; Personnel emoyé en définitive, M. Parkes avait rapporté au camp les protestations les plus pacifiques. D'ailleurs, l'assurance des ambassadeurs était si ferme, que les généraux durent se laisser convaincre à leur tour. Ils décidèrent alors de faire partir pour Tung-chao un personnel chargé de réunir les ressources nécessaires aux besoins de l'armée, pendant le séjour qu'elle allait faire aux environs de cette ville.

Cette mission, qu'attendaient de si cruelles épreuves, fut conliée, pour le corps français, au sous-intendant Dubut, au colonel d'artillerie Foullon-Grandchamps, au capitaine d étatmajor (l]ianoine,^et aux officiers d'administration Ader et Gagey, auxquels se joignirent le kaïd Osman, officier de spahis, l'abbé Duluc, des Missions étrangères, interprète du général en chef, MM. de Bastard et de Méritons, attachés à l'ambassade, et M. Escayrac de Laulure, président d'une commission scientifique.

Du côté des Anglais, M. Parkes et M. Locke se mirent en route avec une escorte de 20 cavaliers, dont 19 Sikhs et 1 dragon, commandés par le lieutenant Anderson.

Ils étaient accompagnés du lieutenant-colonel Walker, chef d'état-major de la cavalerie, qui allait reconnaître un emplacement pour les chevaux, de MM. Bowlhy, correspondant du Times, et de Norman, de la légation de Shang-haï. uépiirt Le 17 septembre, les commandants alliés quittèrent eux-

(|p Klio-sevou. ^ , 1 I T' I

117 sepiciubie., mêmes le campement de Kno-seyou.

Sir Hope Grant se faisait suivre de toutes ses forces, à l'exce|ttion du 3 1' régiment, laissé pour garder un dépôt de vivres.

Le général Montauban emmenait avec lui le général Jamin et seulement 600 chasseurs à pied, une compagnie du génie, deux compagnies d'élite du 1 0 r et du lo-^" de ligne, une batterie de k de campagne : en tout 1,100 hommes.

11 avait appelé de Tien-tsin le général Collineau, qui devait le rejoindre avec les troupes choisies dans sa brigade pour la députation d'honneur à Pékin. Le reste de la brigade Jamin restait à Kho-sevou. où devaient arriver des approvisionnements du bas de la rivière. Du reste, la distance à parcourir n'était

que d'une trenlaiiic de kilomètres; et les troupes lalsse'es en arrière pouvaient rallier en un jour la tête de la colonne, si les circonstances l'exigeaient.

Le soir même, l'armée bivouaquait en dehors du village de Matao, abandonné comme les autres parles Chinois, quoique les espérances de paix semblassent devoir rassurer les habitants.

Le 18 septembre, la colonne anglaise composée du rî' régi- i« «ptemi.re. ment, du 99'' régiment, du iB^Puniaub, d'une batterie Armstrong, d'une demi-batterie de 9 livres, du régiment de Sikhs Fane'setdu régiment de dragons, se mit en mouvement la première, se dirigeant vers le bivouac que nous devions occuper pendant les négociations.

La colonne française suivait de près.

A peine était-elle parvenue à huit kilomètres en avant de App^nMio»

(les T.irt.ires.

Matao, que sir Hope Grant fit connaître qu'il avait devant lui une force tartare considérable.

Le général Montauban se rendit immédiatement auprès de son collègue.

11 était environ huit heures du matin. La tête des troupes anglaises était arrêtée au débouché d'un village, à l'entrée dune plaine bordée d'un nombre considérable de centres de population, qu'entouraient des arbres et des bouquets de bois.

Au fond de cette plaine s'étendait une chaussée, convergeant vers la route que nous suivions et longeant un canal, qui communique à droite avec le Peï-ho, et sépare, vers la gauche, la ville de Tchang-kia-ouang du faubourg Tchang-kia-keou.

L'armée tartare se déployait sur une ligne de plus de 5, 000 nisiHwtion

île

mètres; l'infanterie, ayant sa gauche appuyée à Lio-tsang, près y^rmée urure.

du fleuve, e'iait disposée des deux côtés de la chaussée jusqu'au point d'intersection avec la route; 8 batteries, comprenant 76 pièces, étaient réparties dans ses intervalles; la cavalerie, débordant sur la droite, complétait un arc de cercle dont nous occupions à peu près le centre.

Il était évident que le corps expéditionnaire se trouvait dans la position la plus critique, devant des forces dix fois supérieures en nombre.

Cependant M. Parkes était allé demander des explications au prince Tsaï, et M. Locke, venu au-devant des troupes, faisait espérer un bon résultat de cette démarche. Sa confiance était telle, qu'il n'hésita pas à retournera son poste, emmenant avec lui le capitaine Brabanzon, de l'état-major de l'artillerie anglaise, chargé de reconnaître un emplacement pour les batteries.

Peu de temps après, un mandarin nommé Han-ki, connu

pour avoir été déjà en relations avec les Européens à Canton ,

se présenta pour demander à voir les ambassadeurs. On lui

répondit que les ministres plénipotentiaires étaient restés à

Kho-seyou, et qu'il ne serait d'ailleurs admis en leur présence

qu'après que les troupes auraient été installées comme il avait

été convenu; on le prévint en même temps que, si les Tartares

ne cédaient pas le bivouac qu'ils occupaient près du canal, le

corps anglo-français se porterait jusqu'à Tung-chao même.

Les Bénéraux Lcs commaudants en chef avaient résolu d'attendre le retour

iI'lvXTmenl ^^ ^^- Parkcs avant de recourir aux moyens énergiques; mais

,iis',o"ition^ ils prenaient provisoirement leurs dispositions.

,,o..r le combat. ^^^ bagagps so massaicut dans le premier village et les

troupes réunies se formaient, le petit corps français tenant la

droite et les Anglais la gauche.

Au milieu de ces prépuratils, le capitaine (llianoine rejoignit la colonne; il avait traversé toute l'armée tartare et n'avait réussi à passer qu'après avoir fait comprendre aux mandarins militaires qu'il venait de remplir une mission pacifique. Il était suivi à peu de distance par MM. de Bastard et de Méritens, le kaïd Osman et l'oflicier d'administration Gagey, qui annonçait avoir vu plus de (piinze mille cavaliers et une grande quantité de fantassins, la mèche des mousquets allumée.

(i.es renseignements, que l'événement ne tarda pas à con- confirmaii

(le l;t trahi:

firmer, ne laissaient guère de doutes sur le guet-apens que .uinoise nous avaient préparé les Chinois. En effet, vers dix heures, des coups de fusil furent tirés par les Tartares, et une décharge générale des pièces d'artillerie et des gingolls fut dirigée de la chaussée sur un groupe de cavaliers anglais lancés au galop.

C'était le lieutenant-colonel Walker, qui, accompagné de quatre dragons, s'éloignait en toute hâte des lignes ennemies, où la trahison venait de commencer son œuvre. Cet officier supérieur et M. Ader, officier d^ulministration de l'armée française, s'étaient vus tout à coup entourés d'une foule considérable, qui, après quelques démonstrations hostiles, s'était portée sur eux à des voies de fait et avait voulu leur enlever leurs sabres. Dans la lutte provoquée par cette tentative criminelle, M. Ader était tombé grièvement ])lessé à la tète; son ordonnance, un brave chasseur du a*" bataillon, nommé Ouzouf, l'avait défendu avec un courage héroïque; mais le soldat, victime de son dévouement, était mort aux pieds de l'officier; et bientôt un képi galonné et une baïonnette allaient être trouvés réunis sur le lieu même de l'assassinat.

— ll>8

Le chef (rétat-major de la cavalerie anglaise, un instant acteur de ce drame, dont l'avait tiré la vitesse de son cheval, n'avait pu donner qu'un gage stérile de sympathie au malheureux M. Ader en lui serrant la main. Combat Grâce aux renseignements fournis par le colonel, qui avait

ilii I )« septembre, ..,,,.,, 1 •> i •

<iii rt« Visite en détail le camp tartare, on sut que toutes les pièces cninoises étaient tournées de manière a croiser leurs teux sur le débouché de la plaine. Les commandants on chef décidèrent, en conséquence, de tourner la position par les deux aile.s, et tous deux se mirent aussitôt en devoir d'exécuter, chacun de son côté, le mouvement qui leur était assignée

Les troupes françaises, placées à la droite des Anglais, étaient déployées, couvertes par des tirailleurs, séparées entre elles par la batterie de quatre et faisant face au village boisé de Lio-tsang. où se tenait l'extrême gauche des Tartares; les chasseurs et les spahis, réunis à un escadron de Sikhs, mis à notre disposition par sir Hope Grant, étaient à quelques pas de là. couvrant notre extrême droite.

AcUon La mission du général Montauban consistait à s'emparer

(les Français. , • ■ 1 1 i il*. a

de ce premier village en le tournant par la droite, en même temps qu'il l'attaquerait de front; une fois ce point dépassé, il devait pousser devant lui toute l'armée tartare, pour la ramener vers le centre de l'armée anglaise.

Cette opération fut conduite avec un entrain admirable; chacun comprenait qu'en présence d'un ennemi aussi nombreux, un seul pas en arrière entraînerait les suites les plus funestes.

La batterie de h de campagne tira d'abord à /loo mètres

' Voir planclip VI.

<ii' <îi Valérie.

— i-i'.i — environ sur Lio-tsang, qui fut promptement abandonné, cl (jue les chasseurs à pied occupèrent immédiatement.

Pendant que le commandant en chef et le général Jamin diiigeaient une partie de leurs forces entre la rivière et ce village, le colonel de Jkntzmann plaçait l'artillerie sur une position dominante, et ouvrait un feu des plus vifs contre les masses ennemies qui occupaient un second village nommé Léost.

En ce moment Tescadron de Sikhs et le détachement de (:har,;c chasseurs et de spahis, sous le commandement du colonel Fowley, commissaire anglais, furent lancés au galop sur la droite de cette seconde position, au détour de laquelle ils furent reçus par une fusillade bien nourrie. Le lieutenant de Damas tomba frappé mortellement d'une balle et le sous-lieutenant d'Estremont fut blessé en même temps; mais la charge n'en fut pas moins poursuivie avec la plus grand vigueur, jonchant le terrain de cadavres sur son passage et s'emparant de cinq pièces d'artillerie.

La compagnie de grenadiers du loi", celle du loa'^ et la compagnie du génie avec le lieutenant-colonel Dupouet, étaient conduites par le colonel Pouget sur les traces de la cavalerie, et enlevaient Léost à la baïonnette.

L'artillerie suivait le mouvement, appuyée toujours par les chasseurs à pied; elle dépassait bientôt le village définitivement évacué.

A partir de ce point, les troupes furent dirigées de manière à refouler l'ennemi sous le canon de nos alliés, suivant le plan adopté.

Les forces que nous avions ainsi à pousser devant nous étaient considérables; mais elles ne purent résister à l'impulsion du

petit corps français, dont les différenls éléments rivalisaient d'ardeur.

Sur une étendue de plus de trois kilomètres, les troupes suivirent la digue qui bordait le canal et sur laquelle étaient rangées plus de 60 pièces de bronze, que notre artillerie réduisait successivement au silence.

Acu.u, Pendant que nous poursuivions ainsi nos succès, l'armée

des Aii|;l.ns. . . , , ,. ,, , .

anglaise avait également accompli sa part d opérations avec une grande énergie.

Dès l'origine, 9 pièces de neuf livres, placées sur la route, en avant du village où les bagages avaient été massés, et profilant habilement d'une élévation de terrain, tiraient sur les positions ennemies; elles devaient, avec l'infanterie qui les soutenait, rester à peu près stationnaires. Ce groupe formait la droite des Anglais et le pivot autour duquel les deux ailes des alliés, à des distances considérables, exécutaient leur mouvement tournant.

Le général Mitchell, avec la cavalerie anglaise et une portion de l'infanterie, le régiment Punjaub et le 1" régiment, se tenait à l'extrême gauche. Le commandant en chef, avec le reste de l'infanterie et une batterie, occupait le centre de ses propres troupes.

Le feu de l'artillerie mit promptement en désordre la cavalerie larlare, et les charges de la cavalerie du général Mitchell achevèrent de la disperser, mais sans pouvoir l'atteindre complètement, tant elle était rapide et disséminée dans sa fuite.

Au centre, sir Hope Grant, fidèle à son système, faisait avancer progressivement ses pièces, tenant toujours sa ligne d infanterie à dislance. Il marchait ainsi vers la droite de l'infan-

terie tartare, déterminant l'évacuation des points occupés par l'ennemi et lançant ses boulets sur les troupes que chassaient devant eux les Français.

Les deux forces alliées finirent par se rencontrer à la hau- i,e- ri..ves aiiiées

. , se rt'uriisseiil.

teur de Khouat-tsun. 11 était environ 3 heures; 1 ennemi avait complètement disparu de la plaine.

La trahison des Chinois leur avait donc valu une défaite éclatante; une poignée d'hommes, qu'ils avaient attirés auprès de leur capitale par des assurances de paix, et dont ils s'étaient promis d'avoir bon marché, leur avait, au contraire, tué beaucoup de monde et pris près de 8o pièces de canon.

Nos pertes étaient de peu d'importance, et nous n'avions pas à déplorer d'autre mort que celle du brave lieutenant de Damas. Le nombre de nos blessés était de lo seulement.

L'infanterie était en route depuis 5 heures du matin avec Bivoumsix jours de vivres dans les sacs, sous un soleil ardent; le gêné- ., iciioiiiii-isun. rai Montauban l'arrêta et lui fit prendre position au bivouac de Khouat-tsun, éloigné de lo kilomètres de Tung-chao.

Les Anglais, continuant leur mouvement, pénétrèrent dans i;.,n,i,pment la ville de Tchang-kia-ouang, autrefois très florissante, mais TH,,™,;-kia-ouniii;. dont les murs en ruine ne pouvaient opposer aucune résistance. Elle était, du reste, entièrement déserte, et cinq ou six camps tartares, situés en dehors, étaient également abandonnés.

La leçon infligée aux Chinois semblait devoir les décider à désavouer leguet-apens du 1 8 et à implorer la paix. Cependant les généraux attendirent vainement dans leurs bivouacs des explications oflicielles sur la cause de la lutte et sur le sort des officiers et agents retenus contre le droit des gens.

Mission Le 19. lord Elgin. d'accord avec les commandants en chef,

chargea M. Wade de se rendre auprès du gouverneur de la ville de Tung-chao, avec mission de sommer. ce fonctionnaire de faire connaître aux diverses autorite's que, si les prisonniers n'étaient pas rendus, les troupes marcheraient sur la ca[)itale elle-même. M. Wade parvint à s'acquitter de son mandat; et la reconnaissance de cavalerie qui l'accompagnait put s'assurer en même temps qu'il existait de nombreux camps prépare's de longue main à l'ouest et un peu an nord de la ville, à deux heures seulement de nos positions.

i'remièie> Quant aux malheureux captifs, on ne put garder aucun

nouvelles ,...,, . . ^ ,

«les prisonniers, doute sur 1 inteution de les retenir: on apprit même que plusieurs d'entre eux avaient e'te' vus dans des charrettes qui les traînaient vers Pe'kin.

Les nouvelles dispositions de l'ennemi re'vélaient une direction énergique et habile; elle était due au prince San-ko-li-tsin, qui avait défendu Tannée précédente les forts duPeï-lio, et qui, sous le titre de sen-wang, était encore à la tète des forces de l'empire. Pendant la première phase des opérations de la campagne, à l'embouchure de la rivière, on n'avait pas acquis de preuves certaines de sa présence; mais la résistance inattendue qui s'était produite et les rapports des espions constataient que ce grand chef du parti de la guerre était résolu à couvrir, en personne et jusqu'à la fin, les approches de la capitale.

Reconi,.iis.san«. Daus 'a jouméc du 20, les généraux, ne recevant aucune

en avant , ^, . 1 / • i\ ii 111

,ie réponse a leur sommation, décidèrent d attaquer le lendemain

kia-oul'I!,;. l'armée tartare, dont ils firent étudier les positions. Le capitaine de Cools, de concert avec des officiers de l'état-major anglais, fut chargé de ce soin.

En avant des bivouacs deTchang-kia-ouang,on apercevait, à cinq kilomètres environ, la grande ville de ïung-chao, d'une population de '100,000 âmes, entourée de murs et reliée à Pékin par une voie de granit de douze kilomètres de longueur.

Cette route, construite par les anciennes dynasties, suit d abord à peu près parallèlement un canal qui réunit également le Peï-ho à la capitale, et le traverse à Pa-li-kiao, sur un pont de pierre.

(Tétait en avant et en arrière de ce pont qu'étaient disposés les camps du sen-vvang; on convint de se j)orter immédiatement sur ce nouveau centre de résistance, sans tenir compte de Tung-chao.

L'armée française devait marcher directement sur Pa-li-kiao, tandis que l'armée anglaise prendrait la gauche, gagnerait sur le canal un second pont en bois, à trois kilomètres du premier, et le traverserait pour se rabattre sur l'ennemi, pris ainsi de face et de revers.

Le général Collineau avait rejoint, le 1 () au soir, avec les troupes laissées à Kho-seyou ; il amenait, en outre, deux pelotons à cheval tirés des batteries Bernardet et Coatpont, et venus d'abord de Tien-tsin pour faire partie de l'escorte d'honneur à Pékin. Nos forces réunies s'élevaient ainsi à environ â,8oo hommes.

Le 2 1, à 5 heures du matin, notre colonne, devançant celle combai de nos alliés, laissait ses bagages sous la protection de deux compagnies d infanterie , dans un village situé à une lieue environ en avant de Tchang-kia-ouang, et à la sortie duquel elle aperçut l'ennemi. L'infanterie tartare était retranchée au camp de Oua-koua-ye, tandis que sa cavalerie, développée sur les

le Pa-li-kiao.

(r.iv;iMl*i;;ir(le.

— 13'j — deux ailes, formait un arc de cercle plus étendu vers sa droite'.

Le commandant en chef continua à marcher jusqu'à trois kilomètres du camp, en vue des premières vedettes tartares, et se prépara pour le combat.

;..i„mie iraii(:.vise Unc colouue davant-gardc , formée d'une compagnie du génie, de deux compagnies de chasseurs à pied, d'un détachement de pontonniers, de la batterie de /i (lo" du ik") et des deux pelotons d'artillerie à cheval, fut placée sous le commandement du général CoUineau, et dirigée en avant, entre les Anglais à gauche et le général Jamin à droite. Ce dernier, avec le reste des chasseurs à pied , les fuséens, la batterie de i a (9" du ik"), \e 1 01^ de ligne et k compagnie de grenadiers du 109* de ligne, devait suivre le mouvement à distance.

L'avant-garde, sétant portée un peu trop à gauche, se trouva bientôt en face de fortes masses de cavalerie qui la débordaient; nos alliés n'étaient pas encore parvenus à la hauteur de nos troupes. Le général CoUineau s'arrêta et mit ses pièces en batterie.

Le commandant en chef se préparait à le faire soutenir, lorsquim feu très vif d'artillerie éclata sur un autre point de la ligne ennemie.

Le chef d'état-major se porta vivement dans la direction de la canonnade, et vint rendre compte qu'elle partait du village de Oua-koua-ye, centre d'une première ligne de défense et véritable clef de la position du ])ont, situé à quinze cents mètres en arrière.

Le général .Jamin fit alors déployer, face aux canons, le bataillon de chasseurs, les fuséens et la batterie de 13. tandis

' \ oir planche \ 11.

(|ue les deux, balaillons du toi" se rangeaient tout à fait à notre droite.

Cette disposition isolait la petite troupe du général Colli- i/aïaiiH;ar(i.t neàu et la plaçait dans une situation fort critifjue. Il lui l'ut .i»

.., ,. , ••! • L J Cor|i- |)tiliri|ial.

enjoint de se replier sur le corps principal; mais cet ordre ne pouvait être mis à exe'cution avant que l'arme'e anglaise fût entre'e en ligne. En effet, à ce moment la cavalerie ennemie débordait complètement nos deux ailes; et le sen-vvang, profitant, avec une certaine habileté, des difficultés de notre situation, nous faisait charger en masse en nous enveloppant de toutes j)arts.

Le chef de l'avant-garde fit face à toutes les attaques avec lusisiance

une admirable énergie; l'artillerie de II mitraillait la cavalerie {.nHiiiUoiiineau.

chinoise sur sa gauche, tandis que Tinfanterie tenait bon sur son front, abattant par un feu bien dirigé tout ce qui était devant elle.

De son côté, la brigade Jamin avait à résister à un mouve- Késisume

(lu

ment de même nature ; la cavalerie tartare cherchait à la tourner i;én.rni jamin. à droite, pendant que l'artillerie lui envoyait de front des boulets qui, heureusement, passaient par-dessus les têtes à une assez grande hauteur. Les fuséens, la batterie de i a , les chasseurs à pied et la compagnie du 102" repoussaient, au centre, les charges plusieurs fois répétées avec des cris sauvages, et qui, sur l'extrême droite, venaient se briser sur le 101" de ligne, disposé avec beaucoup d'intelligence et de saug-froid par le colonel Poiiget.

Devant cette résistance héroïque, les cavaliers tartares, dans iiDUaiie

des ravalions

les rangs desquels notre feu, à la fois si bien nourri et si régu- mnare.. lier, faisait d'assez nombreuses victimes, finirent par hésiter.

— 13G — Ils deûlèrent d'abord à droite, puis repassèrent à gauche sous la fusillade des tirailleurs.

Comme le i 8 , nous e'tions sortis victorieux de ce cercle d'ennemis; mais Farme'e avait couru les plus grands dangers en face de ces masses dirigées avec tant d'audace par le sen-wang en personne. Un instant sa cavalerie était arrivée jusqu'à soixante mètres de nos pièces et ne s'était arrêtée que devant l'attitude résolue de nos hommes.

le L'armée anglaise venait enfin de se déployer à la gauche

Kénéral CoUineaa 1 / r i » f

s'avance Qc Hos troupes ; ct ic goueral Monlauban, rassuré de ce côté, ordonna au général Collineau de se porter avec son petit corps sur la gauche, près du canal, de manière à rejeter vers sa droite l'ennemi sur le village de Pa-li-kiao, tandis que la brigade Jamin attaquerait de front, en marchant directement sur le pont où flottait la bannière de San-ko-li-tsin. Le général Jamin Le villago de Oua-koua-ye fut abordé avec vigueur; il fut dé-

jiltaque de front p • ■ i , . i v f • • ^ r ^

levinage tcndu pied a pied par liniantene tartare, qui, maigre la con-

(le Ona-kona-ye. c • • i ' 1 l'i'll- • '

tusion jetée dans son camp par 1 artillerie, ne se retira quen bon ordre jusqu'à Pa-li-kiao.

Enlèvement La lutte n'était pas encore terminée; le dernier épisode de

du pont . r \ ■ ». 1' 1 1 1

de Pa-ii-ki.-io. la journée devait être 1 enlèvement du pont.

endant que le général Collineau. au terme de son mouvement, disposait à gauche son artillerie pour le battre d'écharpe, le colonel de Bentzman faisait avancer les fuséens et la batterie de 12 pour le prendre d'enfilade et éteindre le feu des pièces qui en défendaient l'approche. Notre infanterie était parvenue à occuper, les unes après les autres, toutes les maisons situées le long du canal, dont elle surveillait ainsi les abords.

[^c poiil de Pa-li-kiao, monument grandiose d'une civilisation vieillie, pre'senlail alors un spectacle remarquable.

Des fantassins richement vêtus a{3fitaient des étendards et ro'pondaient, à de'couvori, par un feu j)eu meurtrier à celui de notre arlillerie et de notre mousqueterie.

Tous les cavaliers, si ardents le malin, s'étaient enfuis, et l'élite de l'armée, les Tartares des bannières impériales, se dévouaient dans ce moment pour couvrir une retraite précipitée.

Au bout d'une demi-heure, le tir concentré de nos pièces avait tué un prand nondjre de défenseurs et fait taire leurs canons.

Le général (iollineau. joignant à son avant-garde une compagnie du 10 1*^ de ligne, enleva alors le pont au pas de course et s'engagea sur la route de Pékin, dans la direction prise par les fuyards; le commandant en chef le suivit avec le reste de ses forces.

11 était midi; le combat durait depuis y heures du matin, et l'ennemi avait disparu dans un état de démoralisation complète, laissant plus de i,ooo hommes tués ou blessés sur le champ de bataille'. L'armée fit halte, et, après deux heures cnm,,cmpnt de repos, les troupes lurent établies dans les camps et sous les i,anr,iiscs. tentes mêmes des soldats du sen-wang, à dix-huit kilomètres de la capitale de l'empire.

L'armée anglaise, de son côté, avait glorieusement pris sa coiomie,iMi;ini.c part de la victoire et avait accompli, autant que possible, les opérations qui lui avaient été attribuées.

' Dans une correspondance saisie, le h sa mère que 3,ooo Chinois avaient (j octobre, sur un courrier larlare soi-|i <^té tués dans celle affaire, la unit de P('kin, un mandarin écrivait

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Sir llopc Grant. après avoir dépassé le villa^jc des ha/jagos, avait déployé sa colonne dans Tordre suivant:

A droite, et placée de manière à venir faire jonction avec nos propres troupes, une batterie Armstrong; en arrière et vers la gauche, l'infanterie composée du i 5^ Punjaulj. des ^^ et <)()- régiments, et d'environ 900 Jiommes d'infanterie de marine, avec quatre pièces de neuf livres; enfin, la cavalerie et une demi-batterie de six Ivres.

Toute cette ligne se mit en marche, continuant pendant (|uelque temps son mouvement de conversion vers la droite de l'ennemi. Bientôt elle aperçut au loin les cavaliers tartares qui cherchaient à la déborder.

i;«im.e a„,;UiH Sir llopc Graut. emmenant alors une partie de son iiifan- .M'irx'rlrp.. terie et toute sa cavalerie, marcha contre ces hordes (jui couvraient l'horizon, de sorte que l'armée anglaise se trouva à son tour séparée en deux corps , le premier sous les ordres du brigadier Sutton.se rapprochant des troupes françaises; le second plus nombreux, avec le commandant en chef et le général Mitchell, agissant isolément à une grande distance. (;i.a.(T.- anglaise. La cavalenc anglaise fut lancée sur les Tartares dès qu'elle fut à leur portée. Les Siks furent contrariés dans leur élan par les obstacles du terrain qu'ils avaient à parcourir, et en particulier par la rencontre d'un certain nombre de chemins que l'action combinée des voitures, de la pluie et des vents, sur un sol excessivement friable, avait transformés en véritables sillons de trois ou quatre mètres. Leur premier rang, aveuglé par la poussière, tomba même dans l'un de ces fossés, et. au milieu de la confusion occasionnée par cet accident, dix-huit chevaux s'échappèrent et suivirent les ennemis.

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