Toute est au singulier, et sortes au pluriel
PAR ÉZÊCHIEL SPANHEIM. 177
peut assez recueillir de tout ce que je viens d'en dire qu'on auroit pu lui souhaiter plus d'humanité, plus de modération, plus d'équité dans la direction des finances et dans sa conduite particulière, plus de penchant à faire du bien qu'à en amasser pour sa famille et pour en remplir les trésors du Roi par toute sorte ^ de moyens, enfin plus de réflexion sur les nécessités publiques de la France et le besoin des particuliers. Il gardoit d'ailleurs la même rigueur et dureté de nature dans sa famille, dont le marquis de Seignelay, son fils, a éprouvé souvent les effets, et qui le rendoit redoutable à ses proches, comme, entre autres, au marquis de Groissy, son frère ; mais, en échange, il avoit tout le soin requis pour leur établissement, et ils lui étoient uniquement redevables de toute leur fortune et des postes avantageux où ils se trouvoient élevés par son crédit et à sa recommandation. Il eut aussi le bonheur de marier trois de ses filles à trois ducs et pairs du royaume, les ducs de Chevreuse, de BeauviHier et de Mortemart, de faire épouser de riches héritières à deux de ses fils, le marquis de Seignelay, l'aîné, et un troisième qu'on appelle M. de Blainville^, et d'ailleurs de leur procurer les survivances de ses charges : au premier, de secrétaire d'État et directeur du commerce et de la marine, et à l'autre, de surintendant des bâtiments ; pour ne parler du second de ses fils , destiné à l'Église, et qui se trouvoit déjà coadjuteur de l'archevêché de Rouen : à quoi il faut joindre les grands biens qu'il leur a laissés après sa mort, et le crédit et la