Attendu, sans accord
poste et à la considération de M. le Tellier, son père, lui donna auprès de Sa Majesté, et quelque conformité même de génie ou d'humeur dans leurs inclinations et dans un certain éloignement de complaisance, d'ouverture et de familiarité de la part du Roi à l'égard du reste des courtisans. Et comme M. de Louvois, dès l'année 1655, se trouva honoré de la survivance de la charge du père, savoir : de secrétaire d'État pour la guerre, il commença aussi à l'exercer de bonne heure et à l'y soulager. Aussi l'assiduité et l'attachement particulier qu'il fit paroître dans l'exercice de cet important emploi, et à entrer dans tout le détail, et d'ailleurs à s'y prévaloir des lumières et de l'expérience de M. le Tellier, son père, ne purent qu'augmenter la considération du fils et redoubler la confiance que le Roi s'accoutumoit déjà d'y prendre : ce qui porta Sa Majesté à lui donner entrée dans le Conseil du Ministère, et ainsi à y joindre la qualité de ministre d'État, dont il fut revêtu dès l'année 1 669 ^ qui suivoit la paix d'Aix-la-Chapelle, et qu'on tramoit déjà la guerre contre la Hollande. D'ailleurs, M. de Lyonne, ministre et secrétaire d'État pour les affaires étrangères, étant mort en 1671, M. de Louvois en exerça la fonction par intérim et jusqu'à ce que M. de Pomponne, que le Roi avoit choisi pour la remplir, fût de retour de Suède, où il se trouvoit en ambassade. Les ministres étrangers qui étoient alors à Paris ont rendu ce témoignage à M. de Louvois qu'il s'acquitta de cet emploi, dont il étoit chargé provisionnellement, avec beaucoup d'habileté et d'apphcation. Le retour en France de M. de