‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 161 sur 360 · Sic, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Sic, dans le manuscrit

d'État pour les affaires étrangères qu'il procura à M. de Groissy, son frère, et après le retour de celui-ci de la cour de Bavière, lui en voulut laisser tout l'honneur, et, sous prétexte de ses grandes distractions, qui ne lui en laissoient point de loisir, se déclara que les ministres étrangers n'avoient plus à l'avenir à s'adresser à lui pour l'informer de leurs commissions, et dont il seroit au besoin assez instruit par le rapport que M. de Groissy, son frère, à qui cela appartenoit, en feroit au Roi et au Gonseil. M. de Louvois, pour ne donner point de jalousie à la famille Golbert, prit aussi le même parti, et en sorte que les ministres publics qui se trouvèrent depuis à la cour de France, tant du premier que du second ordre, comme nonces ou ambassadeurs, envoyés, résidents, ne prirent et ne prennent plus d'audience que du seul marquis de Groissy, et même auquel M. de Louvois les renvoyoit quand ils trouvoient occasion de lui vouloir parler d'affaires : en quoi, pour le dire ici en passant, il se trouve un grand désavantage dans la négociation des ministres étrangers à la cour de France, puisqu'ils sont exclus par là de donner, aux occasions et suivant le besoin, les informations requises de leurs commissions et des intérêts de leurs princes^ aux autres ministres d'État qui cependant ne laissent pas d'avoir le droit d'en connoître et d'en délibérer dans le Gonseil, et qui même, par leur crédit et la nature des affaires, y peuvent avoir le plus à dire. J'ai bien tâché d'y suppléer dans les occasions en prenant celle d'aller dîner

1 . Le manuscrit porte : principaux, qui n'a aucun sens, et que Spanheim semble avoir voulu corriger.

chez M. de Louvois, qui tient ordinairement table ouverte, et, au sortir du repas, de l'entretenir de ce dont je croyois à propos qu'il fût informé, et comme d'une affaire qui pouvoit même dépendre de son département, et dont je puis alléguer ici, pour exemple, celui des ordres donnés avant mon départ de France pour exiger les contributions du pays de Glèves. Mais, après tout, et quoiqu'en mon particulier j'aie toujours été traité fort honnêtement de M. de Louvois et, si j'ose dire, avec quelque distinction, il en demeuroit pourtant ce grand inconvénient, ou qu'il y avoit bien des affaires dont il eût été à propos de l'entretenir pour le bien des mêmes affaires et le service de Son Altesse Électorale, dont il n'y avoit cependant pas lieu, et ce qui même eût donné bien de la jalousie à M. de Groissy, ou, en tout cas, qu'on ne le pouvoit pas faire assez à fond ou avec assez de loisir, ni d'ailleurs y venir à la recharge pour en donner à M. de Louvois toutes les informations requises et en éclaircir au besoin les difficultés. J'ai cru devoir insinuer ceci en cet endroit, comme une circonstance assez importante, pour ne la pas oubher.

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