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PAR ÉZÉGHIEL SPAPmElM. 239
temples dont ils avoient à connoître, et pour être décidés en explication de l'édit de Nantes : à quoi se joignoient les plaintes et requêtes des provinces entières ou des particuliers de la Religion, sur les griefs et les vexations qui leur étoient faites au préjudice de l'édit susdit et avant qu'il fût aboli comme il arriva en octobre 1685. Le marquis de Ghâteauneuf, qui s'appelle en son nom Phélypeaux de la Vrillière, ne manqua pas, en pareilles affaires, de s'y conformer aux intentions du Roi, qui alloient à la ruine et à la destruction totale de la religion réformée en France, comme il ne parut que trop par la suite, et ainsi à se conduire là-dessus dans ses rapports aux Conseils sur les cas susdits et dans les résolutions qu'il étoit question d'y prendre. Le ménagement même qu'on y apporta durant quelque temps, et pour aller par degrés à ce grand but que le Roi s'en étoit proposé, ne dura guère, et ne laissoit pas de faire entrevoir ce qu'on en devoit attendre dans la suite. D'ailleurs, outre que M. de Ghâteauneuf étoit fils d'un père qui, dans l'exercice de la même charge et quoiqu'en d'autres temps et conjonctures, avoit témoigné beaucoup de dureté pour les gens et affaires de la Religion en France, d'ailleurs il étoit bon courtisan, et qui avoit en vue de s'avancer dans la faveur du Roi et de parvenir au poste de ministre d'État, comme d'autres ses confrères dans la charge de secrétaire d'État, et ce qui néanmoins ne lui a pas réussi jusques ici. On lui donne cependant la louange qu'il est celui de tous les secrétaires d'État qui rapporte le mieux au Conseil les affaires dont il est chargé et qui sont de son département. Ce fut encore dans le même dessein de se pousser au minis-
tère qu'il chercha de s'allier avec la famille Colbert du vivant encore de feu M. Colbert ^ comme la jugeant alors la plus appuyée dans la faveur du Roi, en donnant sa nièce, riche héritière ~, au troisième fils de M. Colbert, qu'on appeloit M. de Blainville, et qui a voit déjà en survivance la charge de surintendant des bâtiments, qui fut donnée à M. de Louvois après la mort de M. Colbert, et est à présent grand maître des cérémonies. Au reste, M. de Châteauneuf a tous les dehors d'un personnage civil, modéré et honnête, et qui affecte peu de hauteur dans ses manières, hors les occasions où il se croit obligé ou autorisé par le Roi d'en agir autrement.