Des, dans le manuscrit
fait construire depuis peu) ne va tout au plus qu'au nombre de cent ; c'est-à-dire dont il y a trois entre autres de la première grandeur, savoir : de la charge de cent vingt pièces de canon, et qu'on appelle le Soleil-Royal, le Royal-Louis et le Souverain. On tient qu'il y a environ trente vaisseaux du second rang, savoir : depuis soixante-dix à quatre-vingt-dix pièces de canon ; et du troisième rang, de cinquante ou près de là jusques à soixante-dix pièces de canon, environ soixante vaisseaux. Quand je partis de France il y a un an passé, on y faisoit le compte que la flotte qu'on mettroit en mer au printemps suivant seroit de soixante à soixante-dix de ces vaisseaux. Il semble aussi qu'il n'y en a eu guère moins en mer. Pour les galères, on en compte trente ou environ à Marseille. Outre cela, il y a quinze galères qu'on s'est avisé, depuis le commencement de la guerre présente, de faire bâtir à Bordeaux et à Rochefort, pour s'opposer aux descentes et empêcher le transport à terre des ennemis , et ce au sujet des débarquements qu'il seroit question d'en faire hors des vaisseaux de guerre en d'autres plus petits bâtiments, pour les faire aborder à terre, et à quoi on prétend que lesdites galères pourroient apporter bien de l'obstacle. Aussi ceux qui entendent la marine et à qui j'en ai ouï parler depuis ma sortie de France, croient qu'en effet l'usage de ces galères seroit fort propre aux fins auxquelles on les destine. Je ne dois pas oublier ici les galiotes, qui sont de petites galères chargées chacune d'un mortier à en tirer des bombes, dont les François se servent encore sur la Méditerranée.