‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 244 sur 360 · DES ÉQUIPAGES, DES ÉCOLES ET DES PROVISIONS POUR LA MARINE · texte numérisé non relu

DES ÉQUIPAGES, DES ÉCOLES ET DES PROVISIONS POUR LA MARINE

En troisième lieu, par la facilité et les dispositions qu'il y a de faire les équipages et allestements de vaisseaux ou de galères, particulièrement à l'égard de toute l'application, la vigilance et le bon ordre qu'on y peut apporter par le soin des intendants, des trésoriers et des contrôleurs de la marine, et par la direction de M. de Seignelay, qui en a la surintendance. On y peut ajouter ce qui regarde de bons pilotes, des mariniers en général, des soldats et de bons officiers pour les commander. Ces derniers peuvent d'autant moins manquer qu'il y a des écoles établies dans tous les havres de France, et qu'on y appelle des écoles de construction , de pilotage et de canonnage , pour y vaquer à tout ce qui y est requis à la construction des vaisseaux et des galères, pour instruire les pilotes, et pour exercer les canonniers à tirer au prix dans un certain jour de la semaine, outre le soin qu'on y a encore de faire apprendre à naviguer aux officiers, comme à Rochefort et à Brest, en des vaisseaux qu'on appeloit à ce sujelV école flottante. Quant aux matelots, il y a quelques années qu'on en avoit enrôlé quarante mille depuis Bayonne jusques à Dunquerken, c'est-à-dire dans toute l'étendue des côtes de France sur l'Océan, et douze mille sur les côtes de la Méditerranée, de Languedoc et de Provence. Cependant on peut douter, et quand ce nombre seroit encore sur pied, qu'il y ait parmi cela un nombre suffisant de bons matelots , et ainsi qui pourroient faire faute dans la conjoncture de

la guerre présente, surtout à l'occasion du grand nombre des matelots de la Religion qui ont déserté au sujet de la persécution, particulièrement en Poitou et vers les côtes de la Rochelle et de l'Ile de Ré ^ Je ne mets pas ici en compte les provisions de bouche en chairs, biscuit et eaux-de-vie, dont on ne manque point en France pour n'en pouvoir fournir suffisamment les vaisseaux, et d'où même les autres puissances voisines et maritimes avoient coutume de tirer leurs provisions, comme des eaux-de-vie susdites. A quoi je pourrois joindre qu'il y a une fonderie à Rochefort et une à Toulon, qui 2 fournissent chacune tous les ans environ cent pièces de canon. A l'égard du bois pour la construction des vaisseaux, quoiqu'on n'en manque point en France, il est constant qu'on ne laissoit pas d'en tirer de Norveguen, et particulièrement pour les gros mâts, de même que du chanvre pour les gros câbles.

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