El qui, dans le manuscrit
il y avoit feu M. du Quesne, personnage de la Religion, et dans la profession de laquelle on l'a laissé vivre et mourir en France après avoir essayé en vain de le faire changer, et où il est décédé, il y a environ trois ans, âgé de près de quatre-vingts années^. Il avoit servi dans sa jeunesse dans les flottes suédoises, et ensuite longues années dans celles de France, où il s'étoit acquis une grande expérience et beaucoup de réputation, en sorte qu'il passoit pour un des premiers hommes de mer de l'Europe. Il s'étoit surtout signalé par les victoires navales qu'il remporta en Sicile dans la dernière guerre, et où le fameux amiral Ru y ter fut tué, et ensuite par son expédition au Levant devant Ghios et au voisinage de Constantinople ; sans parler à présent du premier bombardement d'Alger et de celui de Gênes, où il se brouilla avec M. de Seignelay, qui étoit sur la flotte, et depuis il n'a plus servi. Geux qui ont aujourd'hui le plus de réputation dans la marine, et dans la confiance dudit marquis de Seignelay, et ainsi sont les plus employés en qualité de lieutenants généraux ou de chefs d'escadre, sont : le chevalier de Tourville, qui, hors le vice-amiral maréchal d'Estrées, auroit le commandement de toute la flotte ; le marquis d'Amfreville, qui vient de conduire le convoi de France en Irlande et est neveu du maréchal de Bellefonds ; le sieur Gabaret, fils d'un père célèbre déjà dans le service de mer, et le chevalier [de] Château-Renault. Quant aux galères, la charge de général des galères est demeurée vacante jusqu'ici depuis la mort du duc de Vivonne, frère de Mme de Montespan, qui en étoit revêtu, et celle du duc de Mortemart, son fils, gendre de feu M. Golbert,
1. Il mourut le 2 février 1688, âgé de soixante-dix-huit ans.
PAR ÉZÉGHIEL SPANHEIM. 307
et qui en exerçoit déjà la charge en survivance. Celui-ci mourut en 1 687, et le père l'année suivante, en 1 688 ^