‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 247 sur 360 · DES CAPERS^ FRANÇOIS ET DE LEURS AVANTAGES · texte numérisé non relu

DES CAPERS^ FRANÇOIS ET DE LEURS AVANTAGES

Je ne parle pas à présent de capers François ou vaisseaux corsaires que des particuliers eurent permission de mettre en mer contre les Hollandois, et y furent même invités par les facilités qu'on leur en donnoit de la part du Roi ; le tout avant même la déclaration de la guerre qui fut publiée contre les États vers la fin de l'an 1688. Le nombre n'a pu depuis qu'en augmenter, et à proportion des prises que ceux qui étoient déjà sur pied ont eu occasion de faire sur les Hollandois, et depuis sur les Anglois. Aussi le nombre de ces prises n'a pu qu'être assez grand et considérable, vu le grand commerce de ces deux nations maritimes, et ainsi la grande quantité de vaisseaux qu'ils ne peuvent qu'avoir en mer, et par là être exposés à être surpris par ces capers françois, à moins de convoi et de bonne escorte : ce qui ne devient pas égal pour donner un même avantage sur les vaisseaux françois à leurs ennemis, vu que ceux-là ont un commerce par mer beaucoup moindre, qui n'a pu même que diminuer extrêmement depuis la défense qui en a été faite par les Anglois , Hollandois et les Espagnols ; outre encore que le commerce est présentement comme fermé en France par les ordres du Roi , qui ne permettent ^ plus à aucun vaisseau de sortir en mer sans

1. Le fils mourut le 3 avril 1688, et le père le 15 décembre suivant.

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