‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 267 sur 360 · DANS LA MILICE DU ROYAUME · texte numérisé non relu

DANS LA MILICE DU ROYAUME

On peut dire à peu près la même chose des milices ou des habitants des villes et paysans de la campagne qu'on peut mettre sur pied, dans la même vue de garder les côtes, et d'ailleurs d'être mises en garnison dans les places les moins exposées aux ennemis et comme hors d'attaque, pour en tirer au besoin les troupes levées et aguerries. Aussi en prit-on déjà le dessein avant mon départ de France, et dans l'incertitude où on y étoit encore des vues du grand armement de mer en Hollande, dans l'automne 1 688, et pour s'y précautionner au besoin contre les descentes dans la suite du succès des affaires d'Angleterre : en sorte qu'on faisoit dès lors état d'avoir cinquante mille hommes sur pied desdites milices*, qu'on en fît déjà la répartition dans les provinces maritimes, comme la Normandie, la Bretagne et la Guyenne, et même avec les expédients qui pouvoient y être le moins à charge au peuple, et qu'on ordonna des officiers pour dresser ces milices et pour les instruire ; ce qu'on a aussi continué depuis, autant que j'ai pu remarquer par les avis publics, et même qu'on s'y servoit, entre autres, des officiers ou soldats retirés et entretenus dans les Invalides de Paris, et qui étoient encore en état de

\. Vingt-cinq mille hommes seulement.

pouvoir fournir à de pareilles fonctions. Enfin, comme on met tout en œuvre dans le péril et dans le besoin, il faut croire aussi que la France s'y réglera dans l'usage de ces deux moyens susdits, savoir : du ban et de l'arrière-ban, et des milices.

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