‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 266 sur 360 · Fuzeliers, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Fuzeliers, dans le manuscrit

vingt mille hommes, quoiqu'on en fît en France le nombre beaucoup plus grand, et ainsi y compris toutes celles qui étoient dans les garnisons des places frontières. A l'égard des nouvelles levées qu'on avoit déjà ordonnées dès l'été de l'année 1 688, qu'arriva l'affaire de l'élection de Cologne, et qu'on continua et redoubla depuis, vers le temps du siège de Philipsbourg , à mesure du dessein qu'on prit d'engager ledit siège et des suites qu'il pourroit avoir ou de l'effet des armements qu'on faisoit en Hollande pour le dessein de l'Angleterre, il est difficile de pouvoir juger à quoi toutes ces nouvelles levées en France, et qu'on aura toujours continuées depuis à proportion du besoin, auront pu monter. A mon départ de France, on y faisoit état d'avoir plus de deux cent mille* hommes d'infanterie à mettre cette année en campagne et dans les places frontières, sans les milices du pays : ce qui n'a pas néanmoins paru jusques ici, comme j'ai déjà remarqué un peu auparavant.

Au reste, la charge de colonel général de l'infanterie françoise, qui avoit été possédée par le duc d'Épernon et qui étoit d'une grande autorité, fut supprimée après sa mort, qui arriva en 1 661 .

DES FORCES EXTRAORDmAIRES.

A l'égard du second article susmentionné, ou des forces extraordinaires de la France, comme dans le ban et l' arrière-ban ou dans les milices du royaume, on peut dire :

1. Il a dit (p. 315 et 316) : « plus de trois cent mille hommes. »

DANS LE BAN ET l' ARRIÈRE-BAN.

Que, quant au ban et arrière-ban, on sait assez qu'il se dit de la convocation de la noblesse Françoise pour aller à la guerre là où le Roi la destine, qui* étoit plus en usage en France dans les siècles passés que dans celui-ci, à raison des besoins plus pressants et de péril où l'État se trouvoit exposé, ou par les guerres civiles, ou par l'entrée des ennemis dans [le] royaume : en sorte qu'on fut assez surpris, dans la guerre passée, de voir en France la convocation du ban et arrière-ban après le Te Deum qu'on y venoit de chanter pour la bataille de Seneffe, et dans le temps que feu Son Altesse Électorale, de glorieuse mémoire, se trouvoit en Alsace avec son armée et celle des autres alliés. D'ailleurs, on ne vit aucun effet considérable de ce ban et arrière-ban, dont^ même une partie fut fort maltraitée par les troupes lorraines et le baron Mercy, qui les commandoit. Il y a quelque lieu de croire que le corps qu'on en pourra faire présentement en France ne sera pas non plus fort redoutable, partie parce que la noblesse guerrière et propre à porter les armes se trouve déjà la plupart dans les emplois militaires et dans les troupes, partie vu que celle qui reste au logis n'y est guère propre, ou par l'âge, ou par les infirmités, ou par le méchant état où elle se trouve, à soutenir les frais ou les fatigues d'une campagne. Aussi y a-t-il lieu de croire qu'on ne s'en servira que pour le dedans du royaume et que pour la

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