De, dans le manuscrit
PAR ÉZÉCHIEL SPÂNHEIM. 333
détourner le siège ; à moins qu'on ne veuille croire que l'indisposition dudit maréchal n'y ait donné part, puisqu'il a été même obligé, suivant les avis de France, de subir depuis peu la grande opération par une incommodité pareille à celle que le Roi a eue^ D'ailleurs, quoique ledit maréchal ne manque ni de valeur, ni d'expérience même dans la guerre, si est-ce qu'on ne l'avoit pas vu jusques ici, et avant ces deux dernières campagnes, à la tête d'une grosse affaire et d'un commandement en chef d'une armée royale, hors l'emploi qui lui en fut donné d'abord après la mort de M. de Turenne, en 1675, mais qu'il ne garda pas même longtemps, le feu prince de Condé ayant été envoyé pour la commander et pour s'opposer à l'armée impériale, qui étoit alors sous la conduite du général-lieutenant Montecuculi. Au reste, ce maréchal a appris ce qu'il sait dans la guerre en premier lieu auprès du même prince de Gondé, auquel il s'étoit attaché durant les guerres civiles, l'avoit suivi parmi les Espagnols, et y avoit commandé dans la cavalerie ; et ensuite et depuis le retour de ce prince en France, il avoit continué de servir dans la campagne de Lille, en 1 667, et depuis dans la guerre passée contre la Hollande. D'ailleurs, par son changement de religion, il obtint de la cour la charge de capitaine des gardes du corps et la qualité et le brevet de duc , eut ensuite le bâton de maréchal de France en 1675, et, en dernier lieu, le gouvernement de la Franche-Comté. Et comme tous ces emplois susdits à la guerre, avant qu'avoir été
1. Dangeau dit en effet que le maréchal resta malade à Paris pendant toute la campagne, mais sans parler de la nature de son mal. Il mourut d'hydropisie.
fait maréchal, étoient dans la cavalerie, aussi dit-on que feu M. de Turenne, son oncle, le jugeoit plus propre à commander un corps de dix mille à douze mille chevaux, qu'à commander en chef une grosse armée et fournir à tout le détail d'un si grand emploi.