Pillage, au singulier
PAR ÉZÉCHIEL SPANHEBI. 337
eu de terribles suites, si son expédition entreprise au milieu de l'hiver pour aller passer jusques à la Haye et la mettre à feu et à sang n'eût été miraculeusement arrêtée par le dégel qui survint. En suite de l'évacuation faite par la France des places et provinces prises sur les HoUandois, il eut le commandement de l'armée de France en 1 676, et durant le siège de Philipsbourg, pour aller secourir cette place : ce qui ne lui réussit pas et lui attira aussi, à son retour, bien des pasquinades en France, et des chansons qui s'en chantoient sur le Pont-Neuf. Comme il s'étoit mis fort avant dans les bonnes grâces de M. de Louvois et détaché du prince de Condé, malgré ses anciennes dépendances et l'honneur d'une parenté assez proche avec lui, il ne laissa pas, nonobstant ce peu de succès et ces vaudevilles, d'être continué dans l'emploi et chargé du commandement de l'armée du Roi en Flandre. Comme* on tenoit Mons bloqué, en 1 678, et que le prince d'Orange, aujourd'hui roi d'Angleterre, se trou voit à la tête de l'armée des alliés pour secourir cette place, cela donna lieu. à la bataille qui se fit proche de Mons, et où le prince susdit eut le plus d'avantage. La paix qui fut publiée en même temps, et qui venoit d'être conclue à Nimeguen- entre le Roi et les États, y compris les Espagnols, en arrêta les suites. L'année suivante, ledit duc de Luxembourg, qui s'étoit depuis brouillé avec M. de Louvois, se vit tout d'un coup mis à la Bastille, et de là transféré au bois de Vincennes, sur une accusation de sortilège et d'empoisonnement. Ce fut à