Et qu'on, dans le manuscrit
remis avec M. de Louvois, en sorte qu'il prit le parti de s'attacher à la famille Golbert, et, dans la suite, d'en rechercher même l'alliance par le mariage qu'il mit en premier lieu sur le tapis du prince de Tingry, son fils aîné, avec la fille de M. de Croissy, et qu'il lui fit proposer par le marquis de Feuquière^, son parent et frère aîné du comte de Rébenac. Mais, en même temps, il fit traiter par M. de Seignelay, et à l'insu de M. de Croissy et de M. de Feuquière, pour la fille du duc et duchesse de Chevreuse, qui étoit fille de feu M. Colbert, et ainsi nièce dudit M. de Seignelay, et que ce prince de Tingry, son fils, épousa bientôt après. En quoi le duc son père n'avoit pu qu'avoir en vue de s'appuyer au besoin par cette alliance, non seulement de la famille Colbert, mais même de Mme de Maintenon, auprès de qui la duchesse de Chevreuse étoit fort bien. On en vit aussi bientôt des marques par le gouvernement de Champagne, qui vint à vaquer par la mort du maréchal de Vivonne, et que le Roi donna au duc de Luxembourg peu après ce mariage. On peut même croire que cette considération aura eu quelque part au commandement que le Roi vient de lui donner de l'armée qui doit servir en Flandre cette campagne. Ce n'est pas que d'ailleurs il ne pût être le plus propre, entre les. maréchaux vivants, à remplir ce poste, tant par la connoissance particulière qu'il a du pays, pour y avoir servi longtemps du côté de l'Espagne à la suite du prince de Condé, et depuis dans les armées du Roi et à les commander durant la guerre dernière, que d'ailleurs pour avoir beaucoup de créance parmi les officiers