Et dont, dans le manuscrit
il a été dit ci-dessus S pour la fortification et pour le havre de Dunquerken. Outre que, si le pouvoir du Roi ou la forme du gouvernement présent porte, ainsi qu'il a aussi été remarqué, tout l'argent qu'on tire dans les trésors du Roi, aussi a-t-il notablement diminué l'abondance des particuliers et appauvri le royaume : en sorte qu'il y a peu même de grands seigneurs en France qui soient à leur aise ou qui jouissent de grands biens, et qui^ ne subsistent aujourd'hui la plupart que des revenus de leurs charges et des bienfaits du Roi. Je ne parle pas à présent du commun peuple, et surtout de celui de la campagne, qui est fort pauvre et misérable et épuisé par les tailles, parles gabelles, par les exactions ou par les logements et les passages des gens de guerre ; à quoi on peut ajouter que l'affaire de la persécution des gens de la Religion en France n'a pu encore que contribuer considérablement à appauvrir le royaume, à ruiner le négoce, à affoiblir le commerce, à diminuer les revenus , surtout dans les provinces maritimes ou d'ailleurs qui étoient les plus remplies des gens de la Religion, comme en Normandie, en Poitou, en Aunis, Languedoc, Guyenne et autres, et ce par la retraite d'un grand nombre de bons et fidèles sujets du Roi, par la perte de gens habiles en toutes sortes de professions, pour la guerre, pour la marine, pour les manufactures, pour les métiers, par le transport de grandes sommes d'argent qu'ils ont portées hors du royaume, par la misère, la défiance, la contrainte des gens de la Religion ou nouveaux convertis, comme on les appelle,