QUALITÉS BONNES ET MAUVAISES
Louis XIV, roi de France et de Navarre. — Toutes les fois que Sa Majesté a été à un siège, il n'a pas manqué un jour d'aller à la tranchée quand sa santé le lui a permis.
Louis de France, Dauphin de Viennois. — Quand il prit Philipsbourg, il donna des marques de valeur.
Louis de France, duc de Bourgogne. — Il aime fort les sciences.
1. Cette nomenclature, écrite de la main de Spanheim jusqu'au seizième article, et placée par lui, sans titre aucun, après les Remarques sur l'état de France dont nous venons de reproduire le texte, et avant la Relation de la cour de France, est disposée en forme de tableau et comprend neuf colonnes : 1° noms ; 2' charges ; 3° femmes ou maris ; 4° fils ou filles ; 5° pères ; 6° mères ; 7° frères ou sœurs ; 8° oncles ou tantes ; 9° notes. Le défaut d'espace ne nous permet de reproduire que les colonnes 1, 2 et 9, en réduisant par conséquent le tableau à sa plus simple expression. — A partir du duc d'Albret (n* 24), qui commence la liste des simples courtisans, Spanheim a jugé prudent de dissimuler ses appréciations des qualités ou des défauts sous des signes hiéroglyphiques, qui sont au nombre de 12 pour les «bonnes qualités », et de 25 pour les « mauvaises ». Mais il a eu soin d'en donner la clef sur une petite feuille volante, qui est actuellement attachée par une épingle au premier feuillet. La difficulté de reproduire les signes eux-mêmes nous a décidé à n'en donner que la traduction entre parenthèses. — La date de ce tableau est à peu près la même que celle des Remarques qui le précèdent, avec les mêmes incertitudes, car certains détails ne peuvent être que de l'année 1701, tandis que d'autres sont un peu antérieurs : ce qui ferait croire que les notes prises par Spanheim à diverses époques de sa seconde mission en France n'ont été réunies et mises en œuvre que plus tard, pendant son séjour en Angleterre, sans souci de l'homogénéité.
41 2i APPENDICE.
La duchesse de Bourgogne {Marie- Adélaïde de Savoie). — Elle a une grande vivacité d'esprit.
Philippe de France, roi d'Espagne sous le nom de Philippe V. — Il a donné de grandes marques de générosité.
Charles de France, duc de Berry. — Il est vif et d'une humeur
Philippe de France, duc d'Orle'ans. — Il a gagné la bataille de Gassel. Il est aimé du peuple. Il donne dans les divertissements de la cour.
Madame [Charlotte- Elisabeth de Bavière). — Elle est aimée de tout le monde.
Le duc DE Chartres [Charles d'Orléans], et, depuis la mort de son père, duc d'Orle'ans. — Savant, curieux, connoisseur et brave.
Mme la duchesse de Chartres [Marie- Françoise, légitimée de France), présentement Mme la duchesse d'Orléans.
Mme la Grande-Duchesse [Marguerite-Louise d^ Orléans).
M. LE Prince [Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé) , premier prince du sang, pair et grand maître de France, chevalier des trois ordres du Roi, gouverneur de Bourgogne. — Il a beaucoup d'esprit et de savoir.
Mme LA Princesse [Anne, comtesse palatine, duchesse de Bavière). — Elle est d'une grande vertu et piété.
M. LE Duc {Louis de Bourbon), pair et grand maître de France en survivance, chevalier des trois ordres du Roi, gouverneur de Bourgogne en survivance. — Bon et généreux.
Mme LA Duchesse [Louise-Françoise de Bourbon, légitimée de France). — Spirituelle, agréable et enjouée.
Mme la princesse de Conti douairière [Marie-Anne, légitimée de France). — Bonne, généreuse et d'une humeur fort agréable.
M. le prince de Conti [François-Louis de Bourbon), chevalier des trois ordres du Roi. — Grand capitaine, brave soldat, beaucoup d'esprit, aimé de tout le monde, surtout des gens de guerre.
Mme la princesse de Conti [Mlle de Bourbon).
M. le duc DU Maine [Louis-Auguste de Bourbon, légitimé de France) , prince souverain de Dombes, pair de France, gouverneur
de Languedoc, grand maître de l'artillerie. — Bon, pieux et généreux.
M. le comte de Toulouse [Louis-Alexandre de Bourbon, légitimé de France) , amiral de France, chevalier des trois ordres du Roi, gouverneur de Bretagne, colonel de cavalerie et d'infanterie, lieutenant général des armées du Roi.
M. le duc DE Vendôme [Louis- Joseph] , prince d'Anet, pair de France, lieutenant général des armées du Roi, chevalier des trois ordres du Roi, général des galères, gouverneur de Provence, colonel d'infanterie. — Il a pris Barcelone.
M. le Grand-Prieur [Philippe de Vendôme], grand prieur de France, lieutenant général des armées du Roi.
Mme la duchesse de Nemours [Marie-Anne d'Orléans de Longueville), princesse souveraine de Neufchâtel. — Beaucoup d'esprit et fort généreuse.
M. le duc d'Albret [Emmanuel-Théodose de la Tour d'Auvergne) . — Honnête homme. (A qui on ne fait point d'attention^ .)
M. le marquis d'Antin (N. de Gondrin), lieutenant général en Alsace, maréchal de camp, un des seigneurs que le Roi a choisis pour être assidus auprès de Monseigneur. — Fort estimé du Roi et de Monseigneur. Il a donné dans toutes les occasions des marques d'une véritable bravoure.
M. le comte d'Armagnac, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, grand sénéchal héréditaire de Bourgogne, gouverneur d'Anjou, pair et grand écuyer de France. — Le Roi a beaucoup d'égards pour lui, non seulement à cause de ce qu'il est, mais parce qu'il est fort attaché à la personne de Sa Majesté et lui fait plaisir en toutes sortes d'occasions. (Foible. Dont les femmes sont les maîtresses. Affable, doux, honnête.)
M. le duc d'Aumont [Louis-Marie d'Aumont)^ chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, gentilhomme de la chambre, gouverneur de Boulogne et du Boulonois. — (Brave homme. Honnête homme. Méprisé ^. Riche.)
1. Ici commence l'emploi des signes hiéroglyphiques; cependant il n'y en a point à l'article de M. d'Antin, qui suit.
2. Le signe de méprisé a dû être placé ici par erreur; voyez, dans la Relation, p. 135, l'article du duc d'Aumont.
M. le comte d'Auvekgne (Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne], marquis de Berg-op-Zoom, gouverneur et sénéchal du haut et bas Limousin, lieutenant général des armées du Roi. — (Peu estimé. Foible. Méprisé. Joueur. Peu de mérite.)
M. le comte d'Aten (Adrien-Maurice de Noailles], mestre de camp de cavalerie, reçu en survivance des gouvernements de Berry et de Uoussillon. — Il a beaucoup d'esprit. Le Roi lui a donné des marques, par ses bienfaits, de l'estime qu'il a pour lui. Il est savant en littérature, en musique et en peinture. (Beaucoup d'esprit. Aimé et considéré du Roi.)
M. le marquis de Barbesieux (Louis-François le Tellier). Mort au mois de janvier i 70^ . Chancelier de l'ordre du Saint- Esprit, secrétaire d'État et des commandements de Sa Majesté. — Il a le département de la guerre, dans lequel il est secouru par M. de Saint-Pouenge et de très habiles commis. (Peu estimé. Glorieux, ambitieux. Aime les femmes. Dur, cruel. Hai à la cour. Brutal.)
M. le duc DE Beauvillier, duc de Saint- Aignan, pair de France, chevalier du Saint-Esprit, ministre d'État, chef du Conseil des finances, premier gentilhomme de la chambre du Roi et de celle des trois princes enfants de France, leur gouverneur, surintendant de leurs maisons, gouverneur du Havre-de-Grâce et de Loches. — Il est très pieux et un des seigneurs de la cour qui donne le plus de marques d'une solide vertu. Très attaché au Roi. Il dirige en perfection sur le papier. Il a beaucoup de science et une douceur extraordinaire. (Dévot. Foible.)
Le marquis de Beringhe.\, chevalier de Tordre du Saint- Esprit, premier écuyer du Roi, gouverneur des citadelles de Marseille. — Très sincère, fort savant, curieux, connoisseur, estimé du prince. Il a beaucoup d'amis. (Généreux. Estimé de tout le monde. Affable, doux, honnête.)
M. le marquis de Blainville, grand maître des cérémonies de France, brigadier d'armée, colonel du régiment de Champagne, intendant de mines et minières de France. — Fort attaché à la guerre, estimé des honnêtes gens. (Honnête homme. Brave homme. Estimé de tout le monde. Affable, doux, honnête.)
Le duc de Bouillon [Godefroy -Frédéric- Maurice de la Tour
d'Auvergne]^ pair et grand chambellan de France, gouverneur de la haute et basse Auvergne. — (Peu estimé. Haï à la cour. Glorieux, ambitieux. Méprisé. Peu d'esprit.)
M. le cardinal de Bouillon , ci-devant grand aumônier de France et commandeur des ordres du Roi , évéque de Brt ^ , docteur de Sorbonne, abbé de Gluny, de Tournus, de Saint- Ouen, de Saint -Vast d'Arras, de Vicogne et de Saint-Martin de Pontoise. — (Glorieux, ambitieux. Peu estimé. Fat.)
M. le maréchal de Boufflers, duc et pair de France, chevalier des ordres du Roi, gouverneur de Flandres et de Hainaut, de la ville et citadelle de Lille, grand bailli et gouverneur héréditaire de Beauvoisis et de Beauvais, colonel du régiment des gardes françoises. — Il a défendu Namur. Il est d'un très grand mouvement et infatigable. (Fastueux. Aime les femmes. Brave homme. Peu d'esprit.)
M. le prince de Bournonville, enseigne des gendarmes. — (Honnête homme. Peu d'esprit. Affable, doux, honnête. Estimé de tout le monde.)
M. le duc de Brancas [Louis). — Il est venu de ce comte de Brancas dont les distractions étoient si extraordinaires. (A qui on ne fait point d'attention.)
Le comte de Brionne [Henri de Lorraine) , chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, reçu en survivance de la charge de grand écuyer de France et du gouvernement d'Anjou. — (Honnête homme. A qui on ne fait point d'attention.)
M. le duc DE Brissac [Timoléon de Cossé] , grand panetier de France, mestre de camp de cavalerie. — (A qui on ne fait point d'attention.)
M. DE Gatinat, maréchal de France, chevalier de Saint-Louis, colonel d'infanterie et de dragons. — C'est un des plus grands généraux de ce temps-ci, et qui a gagné la bataille de la Marsaille et celle de Staffarde. Il a pris Montmélian, Nice, Ath, etc. (Honnête homme. Beaucoup d'esprit. Brave homme. Peu riche.)
1. Spanheim a bien écrit : évesque de Brt, avec un signe d'abréviation à la fin. On ne sait ce qu'il veut dire, M. de Bouillon n'ayant eu d'autre évêché que celui d'Albano, en Italie.
M. DE Chamillart, contrôleur général des finances, ministre et secrétaire d'État pour le département de la guerre. — Le commencement de l'estime que le Roi a eue pour lui vient de ce qu'il jouoit souvent avec Sa Majesté au billard, dont il joue parfaitement bien. (Honnête homme. Aimé et considéré du Roi. Beaucoup d'esprit. Estimé de tout le monde.)
M. le Chancelier [Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain], chancelier de France, chef de la justice et des Conseils du Roi, garde des sceaux. — M. d'Argouges, premier président du parlement de Bretagne, le proposa au Roi pour être à sa place. M. [le] Peletier le proposa aussi pour être à la sienne, dont le Roi l'a tiré pour être chancelier. Il sait bien les finances ; mais il juge encore mieux. Il aime fort la chasse. (Beaucoup d'esprit. Riche. Extrêmement avare. Dur, cruel.)
M. le duc DE Gharost [Armand de Bétkune] , pair de France, président de la noblesse aux États de Bretagne, lieutenant général en Picardie et ancien pays conquis, gouverneur de DouUens et colonel d'infanterie. — (Dévot. A qui on ne fait point d'attention.)
M. le marquis de Ghâteauneuf de la Vrillière [Balthazar de Phélypeaux] , secrétaire d'État et de l'ordre du Saint-Esprit.
— Il a le département des affaires du clergé. Mort au mois d'avril \ 700 ; le marquis de la Vrillière, son fils, a pris son nom et sa place. (Honnête homme. A qui on ne fait point d'attention. Foible. Peu d'esprit.)
M. le duc DE Ghatillon [Paul-Sigismond de Montmorency- Luxembourg], brigadier d'armée, colonel d'infanterie, grand sénéchal de Poitou, capitaine du château de Poitiers. — Mme de Ghatillon est très bien avec Mme la princesse de Gonti. (Honnête homme. A qui on ne fait point d'attention.)
M. le duc DE Chèvre USE [Charles-Honoré d'Albert, duc de Luynes] , pair de France, chevaHer du Saint-Esprit, capitainelieutenant de chevau-légers de la garde, gouverneur de Guyenne.
— (Dévot. Honnête homme. Foible. A qui on ne fait point d'attention. Dont les femmes sont les maîtresses.)
M. le duc DE Choisecl, Ueutenant général des armées du Roi.
— (Dont les femmes sont les maîtresses. A qui on ne fait point d'attention. Peu estimé. Brave homme. Peu d'esprit.)
M. le maréchal de Choiseul, chevalier des trois ordres, gouverneur de Saint-Omer et de Langres. — (Brave homme. Honnête homme. Estimé de tous. Fastueux. Estimé du Roi.)
M. le duc DE GoisLiN [Armand du Cambout) , lieutenant général des armées du Roi. — (Honnête homme. Foible. A qui on ne fait point d'attention. Dévot. Estimé du Roi.)
M. le cardinal de Goislin (Pierre du Cambout), grand aumônier de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, évêque d'Orléans, abbé de Saint- Victor de Paris, de Saint- Jean d'Amiens, de Saint-Gildas-des-Bois, d'Argenteuil, de Longpont, de Saint- Pierre d'Abbeville et de Notre-Dame-de-Guais. — H est extrêmement attaché à la personne du Roi et aux fonctions de sa charge. (Dévot. Honnête homme. Joueur ^)
M. le marquis de Gourtenvaux (Michel- François le Tellier)^ capitaine des cent Suisses de la garde ordinaire du corps de Sa Majesté. — M. de Louvois l'avoit destiné au ministère; mais, lui ayant trouvé peu de disposition pour cela, il lui acheta la charge qu'il occupe. (Aime les femmes. Peu de mérite. Débauché. Peu d'esprit. Mauvaise conduite.)
M. le marquis de Gre'qut, lieutenant général des armées du Roi. — G'est pour faire un des plus grands généraux de ce temps-ci. (Brave homme. Honnête homme. Beaucoup d'esprit. Aime le plaisir.)
M. le marquis de Dangeau (N. de Courcillon), chevalier du Saint-Esprit, gouverneur de Touraine, l'un des seigneurs mis par le Roi près de Monseigneur, chevalier d'honneur de Mme la duchesse de Bourgogne, grand maître de l'ordre de Saint- Lazare. H est de l'Académie françoise. — G'est un des plus beaux esprits de ce temps-ci. G'est par là et le jeu qu'il s'est avancé à la cour. Il est fort aimé. (Honnête homme. Beaucoup d'esprit. Généreux. Riche. Estimé du Roi.)
M. le maréchal de Duras (Jacques-Henri de Durfort] , duc et pair de France, chevalier des trois ordres du Roi, gouverneur du comté de Bourgogne et de Besançon, capitaine des gardes du
1. Le dernier signe est inadmissible. Spanheim a sans doute voulu mettre celui qui a pour traduction beaucoup d'esprit, et dont la forme est presque semblable.
corps. — 11 a bien fait la guerre autrefois ; mais son grand âge ne lui permet pas seulement de faire son quartier. (A qui on ne fait point d'attention. Joueur*. Honnête homme. Fastueux.)
M. le duc DE Ddras. M. son père lui a cédé son duché. — (A qui on ne fait point d'attention. Glorieux, ambitieux. Riche.)
M. le prince d'Espinoy [N. de Melun] , colonel du régiment de Picardie, brigadier d'armée.
M. le duc d'Elbeuf [Henri de Lorraine) , du second lit, aîné de cette maison en France , pair de France, gouverneur de Picardie, d'Artois et de Hainaut, gouverneur particulier de Montreuil. — (Glorieux, ambitieux. Peu riche. Débauché. Fastueux. Aime les femmes. Aime le vin.)
M. le duc d'Estrées, gouverneur de l'Ile-de-France et Soissonnois, gouverneur particulier de Laon, Noyon, Soissons et Domme. — (Étourdi. Fat. Aime les femmes. Riche. Peu d'esprit.)
M. le maréchal d'Estre'es, vice-amiral du Ponant, chevalier des trois ordres du Roi, vice-roi de l'Amérique, commandant en Bretagne. — Il est trop vieux pour qu'il soit jamais à la tête des affaires, et ses ennemis lui en ont beaucoup ôté dans le temps. (Emporté. Honnête homme. Peu d'esprit. Fastueux.)
M. le cardinal d'Estre'es, commandeur des trois ordres du Roi et abbé de Saint-Claude. — Peu aimé à la cour de Rome pour y avoir trop soutenu les intérêts de son maître. C'est un esprit fort propre pour le ministère. (Honnête homme. Beaucoup d'esprit. Foible^. Aimé et considéré du Roi.)
M. le duc de la Ferte'-Senneterre, pair de France, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur de Metz et des évêchés de Toul et de Verdun. — (Aime le vin. Aime les femmes. Peu estimé. Fat. Débauché. Peu riche. Étourdi.)
M. le duc DE LA Feuillade et d'Aubusson, colonel d'infanterie, gouverneur de Dauphiné. — (Étourdi. Aime le vin. Beaucoup d'esprit. Peu estimé. Aime le plaisir.)
M. le duc DE Foix-Randan. — [h. qui on ne fait point d'attention.)
1. Même observation que ci-dessus pour le cardinal de Goislin.
2. Ce signe, à demi biflé et défiguré, est peut-être le même que celui qui suit, et on ne devrait pas en tenir compte.
M, le duc DE LA Force {Jacques-Nompar de Caumont], pair de France. — (A qui on ne fait point d'attention.)
M. le duc DE Gesyres (Léon Potier), pair de France, chevalier du Saint-Esprit, premier gentilhomme de la chambre, gouverneur de Paris et grand bailli du Valois, capitaine des chasses de Montceaux et de Meaux. — (Fastueux. Peu riche. Emporté. Peu estimé. Peu de mérite. Peu d'esprit. Dur, cruel.)
M. le duc DE Gramont, pair de France, chevalier du Saint- Esprit, gouverneur du royaume de Navarre, de Béarn, de Bayonne et de Saint-Jean-Pied-de-Port. — (Aime les femmes. Aime le vin. Brutal. Beaucoup d'esprit. Glorieux, ambitieux. Aime le plaisir. Emporté. Riche.)
M. le prince de Guémené [Charles de Bohan), pair de France. — (A qui on ne fait point d'attention. Honnête homme.)
M, le duc de Guiche [Antoine de Gramont), pair de France, colonel général des dragons de France, brigadier d'armée. — (Brave homme. Beaucoup d'esprit. Honnête homme. Aime le vin. Aime le plaisir. Débauché. Généreux.)
M. le prince d'Harcourt [N. de Lorraine). — Il fait sa résidence à Lyon, où il s'amuse à trafiquer de chevaux. — (Méprisé. Aime les femmes. Débauché. Peu riche. Peu d'esprit.)
M. le duc d'Humières d'Aumont, dont il a épousé l'héritière d'Humières, et a quitté celui d'Aumont; du second lit, colonel d'infanterie. — (A qui on ne fait point d'attention. Honnête homme. Riche.)
M. le cardinal de Janson [Toussaint de Fourhin), évêque et comte de Beauvais, pair de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, abbé de Gorbie et de Gerberoy. — C'est une personne très insinuante, suivant bien une affaire, et qui" ne se rebute point, qui parle avec beaucoup de grâce, fort alîectionné à son prince. (Fin et adroit. Estimé du Roi. Aimé et considéré du Roi. Beaucoup d'esprit.)
M. le maréchal de Joyeuse, maréchal de France, chevaher des trois ordres du Roi. — Après la dernière maladie de M. de Lorge, il commanda sur le Rhin le reste de la campagne, dont il passa sur les côtes de Normandie. (Peu d'esprit. Aime les femmes. Aime le plaisir. Emporté. Extrêmement avare. Fastueux. Dur, cruel.)
M. le duc DE Lauzux [Antoine-Nompar de Caumont), capitaine de l'ancienne bande et première compagnie de cent gentilshommes ordinaires de la maison du Roi, dits becs-de-corbin, lieutenant général des armées du Roi, chevalier de l'ordre de la Jarretière. — Il sauva de Londres la reine d'Angleterre et le prince de Galles, qu'il emmena en France. Il commandoit les troupes du Roi au dernier passage que le roi d'Angleterre y fît. (Beaucoup d'esprit. Aime les femmes. Étourdi. Fastueux. Emporté. Joueur.)
M. le duc DE Lesdiguières, colonel du régiment de Sault. — C'est le plus riche duc qu'il y ait en France. (A qui on ne fait point d'attention. Joueur. Débauché. Riche.)
Mme la princesse de Lislebonne {Anne de Lorraine). — M. le prince de Gommercy est présentement en Allemagne, lieutenant général des armées de l'Empereur. (Dévote. Honnête femme.)
M. le maréchal de Lgrge [Guij-Alfonse ^ de Durfort, duc de Lorge], chevalier des trois ordres du Roi, capitaine des gardes du corps de Sa Majesté. — Il a commandé sur le Rhin pendant la dernière guerre, avec honneur pour lui et avec utilité pour l'État. (Honnête homme. Brave homme. Estimé du Roi. Généreux. Peu riche. Estimé de tout le monde.)
M. le chevalier de Lorraine, autrement le prince Philippe., maréchal de camp, chevalier de Tordre du Saint-Esprit. — Il s'est entièrement attaché à la personne de Monsieur, qui avoit beaucoup de confiance en lui. (Glorieux, ambitieux. Riche. Peu d'esprit. Aime le plaisir. Peu estimé. Mauvaise conduite.)
Mme la duchesse de ^ Ldde (N. de Béthune) , dame d'honneur de Mme la duchesse de Bourgogne. — C'est une des dames de la cour qui a les plus belles manières, (Beaucoup d'esprit. Estimée du Roi. Riche. Généreuse. Estimée de tout le monde. Aimée et considérée du Roi.)
M. le duc DE Luxembourg {Charles-Frédéric de Montmorency) , pair de France, gouverneur de Normandie, maréchal de camp, premier baron et premier chrétien. — (Honnête homme. Estimé de tout le monde. Riche.)