‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 346 sur 360 · Pouroient · texte numérisé non relu

Pouroient

DE SES HALIDIES.

a Ce ne fut que dans le commencement de l'année ^ 686 que, hors des vertiges où il auroit été quelquefois sujet, sa santé [fut] attaquée d'une fâcheuse indisposition qui en fît appréhender ^ les suites. C'est à quoi ne pouvoit que contribuer la nature d'un mal qui a fait trop de bruit dans le monde pour n'en point parler, et assez difficile à guérir entièrement, soit par la quahté de la maladie, soit par la nature des remèdes à y appliquer; d'où vient aussi qu'il fut déguisé quelque temps et ignoré de tout le monde, hors de son médecin, de ses valets de chambre, et des personnes qui, quoique par différents égards, étoient honorées de toute sa confidence , comme le marquis de Louvois et Mme de Maintenons.

« Cependant il fallut cesser^ d'en faire un secret, et les retraites fréquentes jointes au régime à quoi ce mal contraignit le Roi, ne purent en dérober plus longtemps la connoissance aux courtisans et au public. Et ce qui fit d'autant plus d'éclat que, comme le mal s'augmentoit sans être soulagé par les remèdes paUiatifs qu'on y apportoit, on prit la résolution d'en aller chercher laguérison dans l'usure des bains deBarèges'', au fond des Pyrénées. La résolution en fut prise subtilement et surprit assez tout le monde, qui ne manqua pas d'en juger que le mai dont on alloit chercher si loin le remède devoit être plus considérable qu'on n'avoit cru jusque-là. Mais, comme la chaleur se rendit extraordinaire dans le même temps, et même de la saison, qui étoit encore du mois de mai, ceux qui n'approuvoient pas ce voyage ou en craignoient les suites fâcheuses pour la santé même du Roi prirent occasion d'en détourner l'effet. Le marquis de Louvois fut des premiers à le dissuader fortement et à s'y faire seconder du chirurgien de Paris le plus estimé, nommé Bessière^, qui, à cette occasion, ayant été appelé

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