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grâces du Roi : à quoi il a eu aussi l'adresse ou le bonheur de se pousser de lui-même, sans obligation ou attachement à aucun ministre ou à la faveur des maîtresses de Sa Majesté, et au contraire par une indépendance affectée de toute autre que de la seule personne du Roi. C'est par où aussi il sut s'insinuer et faire comprendre à Sa Majesté qu'il lui importoit d'avoir une créature et un officier de guerre auprès d'elle, détaché entièrement de la dépendance et des ordres du ministre qui en avoit d'ailleurs toute la direction : à quoi joignant, malgré l'humeur et le procédé, qu'il a naturellement brusque et impétueux, toutes les qualités d'un courtisan assidu, vif, pénétrant, et un attachement particulier à étudier l'humeur de son maître, à s'y conformer, et à ne perdre aucun moment de l'entretenir ou de lui plaire, et d'ailleurs la réputation de beaucoup d'intrépidité et de valeur, il en obtint [le] poste de colonel du régiment des gardes françoises, l'an 1672, et dont il dispose absolument, sans en dépendre des ordres et recevoir la paye, comme font tous les autres corps et troupes de la maison du Roi ou du royaume, du commissariat de la guerre du marquis de Louvois. Le Roi a encore, de son pur mouvement et durant mon dernier emploi en France, honoré ledit maréchal du gouvernement du Dauphiné, dont il est originaire, et qui vint à vaquer par la mort du duc de Lesdiguières, arrivée en 1 682 ^ Pour ce qui regarde la guerre, il y a trois occasions où il s'est le plus signalé : l'une ^, parmi les chefs des troupes que le