‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 59 sur 360 · C'est-à-dire dans la guerre qui s'ensuivit · texte numérisé non relu

C'est-à-dire dans la guerre qui s'ensuivit

voir plus en passe, par les traverses du côté de la cour, de trouver en France ou hors de France un parti digne de son rang, de sa fortune et de son courage : ce qui la porta insensiblement à en abandonner les vues et à prendre le parti de retraite, qu'elle cherchoit de fois à autre, et qu'elle pouvoit varier à son choix dans ses belles et diverses maisons de campagne qui lui appartenoient, et où elle témoignoit de se plaire à la lecture et à l'entretien de gens d'esprit et de mérite, de l'un et de l'autre sexe, dont elle se faisoit accompagner. C'est aussi le genre de vie qu'elle mena assez longtemps, jusques à ce que, sortant de ce calme, elle se rengagea mal à propos dans l'orage par une forte inclination dont elle se laissa prévenir pour un simple gentilhomme, qui est le comte de Lauzun, dont il a été assez parlé ci-dessus ^ Comme cette inclination alla même assez avant pour la porter à consentir à l'épouser, pour en demander elle-même et en obtenir le consentement du Roi, elle ne put aussi en apprendre bientôt après la révocation, lorsqu'elle s'y attendoit le moins, sans en témoigner un ressentiment et un déplaisir extrême. 11 fut bientôt suivi de celui que lui causa la disgrâce et l'emprisonnement à Pignerol dudit comte, avec lequel on la tenoit secrètement mariée, et qui cependant ne sortit de prison, au bout de dix ans, que par la rançon ou le prix de la souveraineté de Bombes et d'autres terres dont cette princesse se défit en faveur du duc du Maine, fils du Roi et de Mme de Montespan. Mais elle ne jouit pas longtemps de la douceur que lui donna la liberté de

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