‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 65 sur 360 · comme nous l'avons déjà dit · texte numérisé non relu

comme nous l'avons déjà dit

son vivant, portoit la qualité de duc d'Enghien, est né, dans l'an 1643, du mariage du prince son père avec la fille du maréchal de Brezé et nièce du cardinal de Richelieu. Comme il avoit été attaché à la fortune et aux disgrâces du prince son père, et ainsi à son engagement dans le parti d'Espagne contre la France, il fut aussi compagnon de son retour et compris dans les conditions de l'accord qui s'en fît par le traité des Pyrénées, conclu, dans l'année 1659, entre les deux premiers ministres des couronnes de France et d'Espagne, le cardinal Mazarin et don Luis^ d'Haro. Ce fut même, comme on sait, le rétablissement dudit prince de Condé père dans ses biens et dans ses charges qui fut l'article de tous le plus contesté dans cette importante négociation de ces deux grands ministres, et qui enfin ne fiit emporté que par l'opiniâtreté de celui d'Espagne à s'en faire un point d'honneur et d'intérêt pour la gloire de cette monarchie, et à n'en point relâcher ; c'est à quoi le Cardinal, qui craignoit d'ailleurs le retour d'un puissant et implacable ennemi dans la personne du prince de Condé, se vit finalement contraint de ployer sous les deux conditions spécieuses^ qu'il demanda en échange, et qu'on lui accorda, savoir : la cession à la France par l'Espagne de la place d'Avesnes dans les Pays-Bas, et la restitution au duc de Neubourg de celle de Juliers. Et, comme un des articles qui fut accordé, du rétablissement du prince de Condé dans ses charges qu'il avoit eues en France avant sa retraite, emportoit celui de

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