Le prince son père
riger, il n'a pu que s'y fortifier avec l'âge, et s'en être fait une habitude dont il n'aura pas lieu aisément, ni même envie de se défaire : ce qui se rendit d'autant plus visible par les manières assez opposées du père dans l'abord et dans l'entretien, et* qui, surtout depuis son retour en France, ne témoignèrent que de l'honnêteté, de la douceur et de la distinction pour les personnes qu'il en jugeoit dignes. Cette fierté de naturel et de manières du fils, et qui d'ailleurs n'étoit pas soutenue par un grand extérieur, ni la haute réputation du père, ne lui gagna pas l'inclination des courtisans. Il ne put même s'empêcher de faire ressentir cette fierté à ses maîtresses, dont il en traita quelquesunes, comme la marquise d'Olonne, avec assez de hauteur et de dureté. Cependant il ne laisse pas d'avoir un procédé assez honnête et obligeant pour les personnes qu'il en croit dignes, ou en faveur de qui il est prévenu, et, entre autres, d'en bien user avec les ministres publics qui ont occasion de l'aborder ou de l'entretenir. A l'égard du Roi, Sa Majesté se contente de témoigner de la considération pour lui et pour son rang de premier prince de son sang, outre que, par sa charge de grand maître, il a toujours les occasions, quand il veut, de se trouver près de la personne de Sa Majesté, ou à son lever ou aux heures de repas et des parties de promenade et de fête. D'ailleurs, il n'entre dans aucun conseil, ni ne paroît point jusques ici de confidence particulière du Roi, soit pour les affaires, soit pour le plaisir : en sorte que ce prince, content en apparence et de son poste à la cour, et de