‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 69 sur 360 · Portionné, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Portionné, dans le manuscrit

ainsi le commandement en chef d'une armée, quelque impression qu'il ait donnée d'ailleurs de sa valeur et de sa capacité, même dans le métier des armes. Il n'est pas moins partagé des dons de l'esprit que le prince son père. 11^ prit grand soin de le faire cultiver et instruire dès son enfance dans tout ce qui pouvoit contribuer à le rendre habile et éclairé au delà de la portée d'un prince de sa naissance et de sa nation ; il en confia, à ce sujet, la première éducation aux jésuites du Pays-Bas espagnol, dans le parti duquel il étoit alors, et trouva que le fils surpassa même son attente par les grands et surprenants progrès qu'il fit dans tous les genres d'étude et d'instruction où il s'appliqua. On n'oublia pas même de lui faire apprendre la langue allemande, qu'il parle et écrit bien, en sorte que le père fut charmé de l'habileté et des lumières de son fils et commença dès lors à en faire ses principales délices. Aussi continua-t-on depuis de reconnoître, et comme on s'aperçoit encore aujourd'hui, que l'esprit de ce prince étoit non seulement vif et brillant et d'une conception aisée et prompte, mais encore fort éclairé et rempli de mille belles connoissances, d'un discernement exquis pour en juger, et d'une grande facilité à les débiter et à les faire valoir dans les occasions. D'ailleurs, comme on lui trouva dès sa jeunesse beaucoup de penchant pour la fierté, l'humeur naturellement altière et défiante, et un procédé et les manières assez conformes à cette humeur, et dont, par l'indulgence ou la préoccupation du père envers ce cher fils, on ne prit pas assez soin de le cor-

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