‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 87 sur 360 · Le manuscrit porte : il vivoit · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte : il vivoit

Mercœur et cardinal en dernier lieu, et petits-fils du duc de Vendôme né de Henri IV et de la belle Gabrietle d'Estrées, duchesse de Beaufort : en sorte que ces deux frères susdits, duc de Vendôme d'aujourd'hui et le Grand-Prieur, sont arrière-petits-fils de Henri IV. Le premier est gouverneur de la Provence, et en particulier des tours du port de Toulon, et l'autre chevalier de Malte, d'où il est monté à la dignité de grand-prieur de France. Ils vivent tous deux dans une parfaite union et dans une espèce de communauté de biens, de séjours et de plaisir. L'aîné n'est point marié, et, le cadet ne pouvant l'être par sa profession, ce dernier n'en est pas plus régulier à l'égard des femmes, entretenant depuis quelque temps une des musiciennes françoises de l'Opéra, et pour laquelle il fait beaucoup de dépense. D'ailleurs leur genre ordinaire de vie et quand ils sont à la cour, et sans l'éclat et sans les suites ou les marques extérieures du rang qu'ils y tiennent après les fils légitimés du Roi régnant et avant les princes étrangers ^ Ils sont au reste fort aimés et considérés du Dauphin, comme il a été remarqué ci-dessus^.

Les ducs DE Longue VILLE, qui descendent du fameux comte de Dunois fils bâtard du duc d'Orléans, frère du roi Charles VI, tenoient encore le rang des princes légitimés. Le feu duc de Longueville, qui étoit gouverneur de Normandie, avoit commandé l'armée de France en Allemagne dans la grande et longue guerre passée, et été ensuite premier ambassadeur et pléni-

1. Cette phrase ne semble ni très correcte, ni très intelligible. Peut-être faudrait-il lire : « est sans l'éclat. »

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