NOMMÉE FLAMBOYANTE
|,ERMETTEZ-MOT, belle IVLIE,
|De mesler mes viues conleurs ^A celles de ces rares fleurs ^DoDt vôtre teste est embellie.
le porte le nom glorieux
Qu'on doit donner à vos beaux yeux.
De M. le marquis de Montausier.
-•^SJ^ LVII $§ )^g&>"
LA lONQVILLE.
MADRIGAL
JANS la fable ni dans l'histoire gll ne se parle point de moy; ^le ne me puis vanter de posséder la gloire
De descendre du sang ni dVn dieu ni d'vn roy : Mais la passion véritable Que vous témoigne ma couleur Plus qu'vne plus illustre fleur Me doit rendre recommandable.
O beauté qu'on doit adorer !
Permettez-moy de vous parer, Et ie m'estimeray cent fois plus glorieuse Que celle dont l'histoire est cent fois plus fameuse. De M. le marquis de Montausier.
L'HYACINTE.
MADRIGAL
'E n'ay plus de regret à ces armes femeuses [Dont l jniaste refos précipita mon sort :
I Si ie n ay possédé ces marques glorieuses, ^Vn destin plus heureux m'accompagne à la mort; Le sang que i'ay versé d'vne illustre folie  fait naistre vue fleur qui couronne Ivue.
De M. le marquis de Racan.
-"i^s^^ Lix 5@5ë»»-
L'HYACINTE
MADRIGAL
|EPUis mon changement tout rvniuers
remarque [Que d'yn triste et muet discours 4e me plains qu'en mes plus beaux jours l'ai ressenti la rigueur de la Parque :
Mais ie cesse de murmurer; Car l'extrême plaisir que i'ai de te parer EfiPace maintenant la plainte Que mes feuilles portoient empreinte.
De M. le marquis de Montausier.
^&pS?g^iF?î:^?^^^'^i®?Û
L'HYACINTE.
MADRIGAL
^'▼N étemel bon^heiir ma disgrâce est
suiuie; [e n ay plus rien en moy qui marqne mon ennuy.
Autres fois vn soleil me fit perdre la vie; Mais vn autre soleil me la rend anjonrd'kny.
De M. CONRABT.
--^s^ Lxi g^^^s^
L'ELIOTROPE.
MADRIGAL
CE coup les destins ont exaucé mes vœux; ^Leur bonté me permet de parer les
cheueux De rjncomparable Ivlie :
Pour elle , Apollon , ie t'oublie; le n'adore plus que ses yeux :
C'est avecque leurs traits qu'Amour me fait la guerre; le quitte le soleil des cieux Pour suiure celuy de la terre.
De M. le marquis de Mont aubier.
-«^SJ^ LXII ^&^9f
LE SOVCY.
MADRIGAL
^i l'on VOUS donne un lys , an œillet , une rose, le vous veux présenter aussy •Vn triste et languissant sovcy :
Le sort ne me laisse autre chose.
le souffre vne telle douleur
De vous ofirir la moindre fleur
Qu'on verra dans vôtre covronne
Que ie deuiens ce que ie donne.
De M. le marquis de Montausier.
"i-gUNd ^ Lxiii gj @^ - ^ -
LE SOVCY.
MADRIGAL
AUT-iL donc que la rose ait sur moy
l'auantage D'étaler ses beautez dessus vôtre visage , D'y charmer tous les cœurs et d'y donner des loix?
Luisez, astre viuant, dessus ma dernière heure : Vue jalouse ardeur ordonne que ie meure, Pour vn second soleil , vne seconde fois.
De M. Habert, cap. de l'artillerie.
-*«S^ LXIV ^^^»f
LE SOVCY.
MADRIGAL
^E pouuaat VOUS donner ni sceptre , ni
couronne « 'Ni ce qui peut flater les cœurs ambitieux , ^Receuez ce sovcy, qu aujourd'huy ie vous donne.
Pour ceux que tous les jours me donnent vos beaux yeux.
De M. Habert, cap. de l'artillerie.
-•«^S^l^ LXV Î@JS**"