S^ LXXII
LA FLEVR D'ORANGE.
MA.DRIGAL.
fv palais d'emeraude, où la riche nature iM'a fait naistrc et régner auec({ae maies té, ^le Tiens pour adorer la diuine beauté Dont le soleil n'est rien qu vne foible peinture^ Si ie n'ay point Téclat ni les viues coulenrs
Qui font Toi^ueil des autres fleurs , Par mes douces odeurs ie sub plus accomplie.
Et par ma pureté plus digne de Iylie.
le ne suis point suiette au fr^^ile destin De ces belles infortunées Qui meurent dès qu'elles sont nées.
Et de qui les appas ne durent qu*vn matin; Mon sort est plus heureux, et le ciel fauorable Conserue ma fraioheur et la rend plus durable. Ainsi, charmant obiet, rare présent des cieux.
--*^^j!^ LXXIII ^I^^S^
Pour mériter l'honneur de plaire à vos beaux yeux ,
1 ay la pompe de ma naissance , le suis en bonne odeur en tout temps , en tous lieux ;
Mes beautez ont de la constance , Et ma pure blancheur marque mon jnnocence :
l'ose donc me vanter, en vous offrant mes vœux, De TOUS faire moy seule vue riche couronne,
Bien plus digne de vos cheueux Que les plus belles fleurs que Zephire vous donne. Mais si vous m'accusez de trop d'ambition , Et d'aspirer plus haut que ie ne deurois faire.
Condamnez ma présomption
Et me traitiez en téméraire ; Punissez, i'y consens , mon superbe dessein
Par vne seuére défence De m'élener plus haut que iusquà TÔtre sein; Et ma punition sera ma récompense.
De M. CONRART.
■■^ T?g^^ Lxxiv ^S^j^sff