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(1) S. Jean , ch. xn , v. 32,
(2) Ce passage est tiré d'un très bon ouvrage
3 ai a paru dernièrement sous le titre de Fétet
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et vertueux exemples qu^elles y ont donnés.
Puis revenant au sujet principal de la fête, il a engagé Passistance à remercier hautement Jési^s-Christ. A Hnstant le cri de vivb Jisus sortant de toutes les bouches avec une effusion de cœur inexprimable, a retenti au loia plusieurs fois, ainsi que celui de vive i^a croix qui lui a succédé. Ensuite M. Hauzan a fait éprouver à ses nombreux auditeurs la plus profonde émotion, en leur parlant du Roty de ce bon Roi qui a été si long-temps malheureux et que le Ciel a daigné rendre à notre amour, et de son auguste famille , si française par le sang et si attachée aux Français par le cœur. Aussitôt les cris' successifs de VIVE LE Roi , vivent les Boukbons , vive LA LÉGITIMITÉ sc sout fait eùtend|*e de toutes parts avec cet enthousiasme qui ne
S eut appartenir qu^à de bons Français et à e vrais Chrétiens. LWmée fidèle , qui s^est signalée dernièrement d^une manière si héroïque en Espagne , n^a point été oubliée par le digne orateur, qui sembloit déposer cet éloge dans le cœur de M. le Lieutenant- Général , pour qu^il le transmît aux braves de cette armée que sa Division peut posséder. Vive l^àkmée fidèle ! se sont écriés tous les assistans. Enfin M. Rauzana terminé son discours en demandant que Ton répétât encore Pacclamation si naturelle dans ce bea^ jour, si chère à tous les Chrétiens; le cri de vive Jésus, vive sa croix a de nouveau retenti de toutes parts et à plusieurs reprises. Aussitôt que le silence a été rétabli, Mon-
^e%Qeur TËvêqucadaigné prendre laparole^^
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et a exprimé de la manière la plus toucTiante la vive reconuoissance de la ville de Dijon envers les Missionnaires et leur digne supérieur. Il est inutile de dire • et il seroit dim* çile de rendre avec guel empi^ssement^ quelle expansion , quelle véhémence, tout le monde s'est écrié : vivent nos bons Missionnaires, VIVE 9 VIVE A JAMAIS M. BauZAN.
Ensuite le digne Pontife, parlant avec feu de cette Croix admirable, envii^onnée dans ce moment de tant d'hommages et dé respects^ a annoncé qu'il mettoit la ville de Dijonsous la protection de ce Christ adorable , mais en, même temps qu'il plaçoit sous la protection des habitans ce magnifique monument , qui sans doute sera toujours à l'abri des entreprises sacrilèges de l'impiété. Monseigneur a fini par prier M. Bauzan de vouloir bien revenir à Dijon dans le cours de l'année (n'y dût-il passer que peu de jours) , pour compléter et consolider cette grande œuvre qui se terminoit siheureusement. M. Bauzan hésitoit^ mais Monseigneur l'a pressé d'une manière si touchante, si engageante, etavec tant d'afTabilité, que le digne Supérieur, désarmé, a tout promis ; à l'instant se sont renouvelés les cris de vive M. Bauzan, auxquels la joie et la reconnoîssance des Fidèles ont mêlé ceux de vive Monseigneur. Nous ne dou-
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core le bonheur de posséder M. Bauzan, et peut-être quelques-uns de ses dignes coopératcurs.
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Après que Monseigneur a eu donné sa bénédiction j les Fidèles ont repris leur rang processionnel , et ont regagne leur paroisse respective dans le même ordre que celui qui avoît été observé en venant.
Parlerai- je du dernier de tous les exercices de la Mission y qui a eu lieu le même jour, à six lieures du soir , dans les différentes églises? Comment ma plume pourroit-elle tracer ces adieux si attendrissans que nous ont adressés ces bons ^ ces dignes amis de Dieu y ue nous avions contracté la douce habitude ^entendre tous les jours j et toujours avec un nouveau plaisir , un nouveau désir 9' un nouveau besoin de les entendre encore ?
Non, il n'est pas plus possible de rendre ces adieux que de peindre Pimpression qu'ils ont produite sur les Fidèles dans chaque paroisse. Combien de larmes ils ont fait couler ! combien de cœurs ils ont affligés ! Oh ! quelle différence de cette douleur toute chrétienne y toute religieuse , à celle que nous fait éprouver la perte de quelque objet terrestre ! A coup sûr , ce ne sont pas , à proprement parler , ces hommes que nous n'avions jamais vus , que nous n'avons connus qu'un instant et que nous ne reverrons peut-être jamais, qui peuvent nous causer une si vive sensation. A quoi donc attribuer cette tristesse de l'ame , en les voyant s'éloigner? Pécheurs convertis , Fidèles raffermis dans la foi , demandez-le à votre cœur ; il vous répondra : Non , ce ne sont point ces hommes que vous regrettez ; ce sont les
prganes de toutçs les vertus épurées au creu-
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set de la Religion ^ dont ils vous ont fait sentir les charmes ; ce sont des apôtres da Dieu vivant, qui, par un effet de la grâce y ont opéré sous vos yeux tant de prodiges \ de réconciliations j de restitutions | de re- Doncemens aux vices ^ aux déréglemens , i rimpiété , et aux lectures infâmes qui Teii* tretiennent et la répandent au loin ; ce sont des êtres privilégiés du Ciel , en qui vous avez reconnu un talent surhumain pour briser les cœurs même les plus endurcis^ un courage à Pépreuve des plus grandes&tiguesy des mortifications les plus austères , des iiv jures y des malédictions ; ce sont enfin des anges de, paix que Dieu a fait pai^tre un instant à vos veux , pour vous faire sentir tout le prix a^une conscience pure y et le bonheur ineffable d'être toujours bien avec vous-mêmes et avec vos semblable8.Ne soyez donc plus surpris si les adieux de ces vrais disciples du Sauveur, que leurs vertus et leur dévouement placent au-dessus des auip très hommes , et qui , à tant de titres , se sont rendus si dignes de Padmiration , de la confiance et du respect qu'ils vous ont ins« pires ; ne soyez pas surpris , dis-je , si leurs adieux vous causent une peine si vive : il n'y a rien de l'humanité dans votre douleur j c'est quelque chose de plus pur , de plus noble , de plus profond, puisque la Religion en est la source.
La Mission de Dijon a été terminée le di^ manche 2,5 avril, à huit heures du soir j et te lendemain, MM. les Missionnaires ^ après avoir adof« la Cmx , sont partis au joAjJiiea
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des regrets , des larmes et des sanglots de beaucoup de personnes de tout âge, de tout 6exe , qui s'étoieat portés hors de la vîlie
Eour jouir, jusquW dernier moment, du onheur de les voir encore et de leur témoigner tous les sentimens dont ils ont pénétré les Dijon nais. Ce spectacle attendrissant les a touchés jusqu^aux larmes; ils ont manifesté leur sensibilité par des gestes de remerciexnens. La diligence qui les emmenoit étoit déjà éloignée , que les nombreux assistans la suivoient encore des yeux, au milieu des cris de Vivent les Mission:2tAires, tandis que d'autres , au pied de la Croix , prioient le Sauveur de préserver de tout danger Je* saints voyageurs.
Voilà , mon cher ami , la relation que vous m'avez demandée ; elle a été faite avec une telle précipitation , que je vous prie d'enex* cuser le style. Je l'ai commencée le 26 avril y je n'ai pu y donner que deux à trois heures par jour, et je l'ai terminée le a mai, sur de simples souvenirs ; sans votre lettre , je n'aurois point songé à ce travail, que je ne suis cependant point fâché d'avoir entrepris puisque vous le désiriez. Recevez donc cet opuscule avec toute l'indulgence qu'il mé* rite ; mais ce qui tous dédommagera du style , c'est que je crois n'avoir omis aucun détail essentiel.
Adieu , mon ami , je vous salue et vous embrasse cordialement.
jR. S* La Relation de la Mission de 1737,
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que je vous ai fait connoître au commencé'^ ment de cette lettre y était terminée par uit article sur les moyens de conserver les iruits d'une Mission. Je croîs pouvoir c(mfier çc ^ petit morceau à votre piété : il nous conviei^j^ dans la circonstance présente , comme ^1 convenoît jadis à nos ancêtres^ Le voici textuellement.
J^Ioyens et obligations de eonseruer tes fruits
d'une Mission^
ce On croit devoir ajouter ici un petit moi «ur Pobligation et les moyens de conserver les fruits d'une Mission ; cette obligation est fondée sur les pi'emiers principes de notre Religion et sur l'intérêt que nous avons, à persévérer dans la justice : plus les r^ckute^ «ont honteuses- et funestes à un Cbréticnj surtout quand il a reçu certaines grâces ^ plu» la mesure complète de celles qu'on reçoit dans une Mission aggrave le crime et la damnation de ceux qui n'en profitent pas.
• <c Les menaces terribles que Jésus- Christ il t aux villes de Corozaïm ^ de Bethsaïde et de Capharnaum , en particulier à la capitale de Judée , pour n'avoir pas profité du temps de la visite ou de la mission de cet Homme- Dieu ^ doivent faire trembler ceux qui rejettent ou qui ne conservent pas la grâce des Missions qui se font encore en son nom parmi nous.
<c Les véritables moyens de la conserver sont les mêmes que ceux qui nous l'ont pra-^
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curée ^ la prière , la parole de Dîeu , les sacremens , la confiance et la docilité aux avis des Missionnaires.
<{ Nous ne trouvons pas toujours des Mis-»- Mons et des Missionnaires extraordinaires } mais nous ne manquons pas des secours ordinaires de la mission ^ de nos pasteurs ou de ceux qui sont associés à leur ministère ; ou peut dire même que les secours extraor-diuaires d'une Mission ne nous sont envoyés lie pour nous apprendre à mieux profiter es secours ordinaires que l'Eglise nous présente tous les jours.
<c Pour conserver donc les précieux fruits»
d'une Mission, il faut demander à Dieu con* tînuellement pour soi et pour les autres le lus grand de tous les dons qui est celui de a persévérance ; se rendre plus assidu que jamais aux instructions des pasteurs et au tres^ prédicateurs de l'Evangile : se faire une loi inviolable de fréquenter les sacremens j ne point se décourager dans les chutes inévitables à la fragilité humaine ; et quand on a eu le malheur de tomber, recaurir promptement au principal remède qui est la confession ^ franchir tout respect humain qui nous, détourne de la voie du salut ; ne point se laisser ébranler par les discours séduîsans oa les mauvais exemples de ceux qui ne perse* vèrent pas après une Mission 5 enfin se comporter tous les jours d'une vie si passagère j^ comme on l'a fait ou qu'on a dû. le faire pendant le cours d\ine Mission.
<c II n'y a pas moins d'obligation de mener une vie chrétienne hors le temps d'Anne
Mission que dans le temps qu'elle se fait 5 il n'yapas plus de difGcuIté:rhabitudemème doit en rendre la pratique plus facile ^ et voilà véritablement le sceau de la grâce de Jéâus*^- Christ dans une Mission ; voilà le véritable moyen d'en conserver les fruits solides durant la vie, d'en goûter la plus douce consolation à l'heure delà mort^ et la récom- \ J>ense pendant toute l'éternité. »