‹ Relation des deux missions de Dijon: l'une en 1737, l'autre en 1824Chapitre 6 sur 7 · EN · texte numérisé non relu

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^Depuis deux -ou trois ans le mot Mission coiximençoit à circuler dans Dijon, jetant Talarme chez les uns , et faisant naître chez les auti'es de douces espérances que l'on re- gardoit comme difficiles à réaliser, sur- tout dans une ville dont les habitans , quoique pénétrés de seutimens religieux , sont cepen- . oant en général moins renommés par uu penchant décidé à la déyotion, que par leur urbanité, leur goût délicat, leur esprit fin, ^ ^éjiép et même un peu caustique. D'ailleurs ,

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les circonstances n'étoîént pas encore lré# propices pour réunir tous les esprits en faveur d'une Mission dans la ville de Dijon, Les longs orages politiques dissipés sur presque tous les points de l'Europe, grondoient encore en Espagne, et nourrissoient î'éspoir de quelques hommes artisansde troo- Lles en tous genres , ennemis nés des trônes légitimes et de Pautel. Cependant le Ciel peiv mit que ce dernier retranchement de l'esprit révolutionnaire fût forcé par un Bourbon^ par un digne petit- fils de ce Henri qui- avoît" ^ussi étouffé la Ligue par sa valeur et sa pradence.Depuis cetteheureuse cam pagne, 000^^ la gloire a retenti dans toute l'Europe, l'bor rizon politique est entièrement épuré, les peuj^* plës sentent leurs véritables intérêts , l'opinion se prononce , les divisions s'éteignent, tout marche d'un pas ferme à l'affermissement de l'ordre social 5 et la Religion , sou-* ' Tiaut à ce spectacle d'un si heureux présage, redouble dé zèle etmulliplie les efforts qu'elle fait depuis si long- temps, et les moyens que Dieu lui a donnés , pour rétablir les bases les plus sol ides du bonheur individuel, sans lequ^ ^e bonheur de la société nepourroit subsister. C'est alors que la pensée d'une Missioii S^eprit quelque faveur dans la capitale de la Bourgogne. On savoit tout le tien que • ces exercices extraordinaires et si précieux âvoient produit dans quelques villes voisines , sur-tout à Chalon-sur-Saône ; on dési- • roît jouir de ces avantages inappréciables j k Dijon. Cependant , il faut le dire , I'q- ' pij^ioi^ n'étoU pas encore unanime sur ,ciet' *

/objet important ; et même des personnes

Sieuses et éclairées redoutoîent Parrivée des lîssionnaires , soit par la cratnte de troubles pareils à ceux qui ont eu Heu dans quelques villes y soit parce que le zèle des Pasteurs et du Clergé ae Dijon leur paroissoît suffisant pour enlretenîr la foi des Fidèles.

On éloit donc dans l'hésitation y quand le Mandement de Mg'. l'Evêque de Dijon (i), <Iu ia février ( 1824) j relatif au Carême, vint lever tous les doutes et combler les vœux des

J)ersonnes qui prévoyoienl tout le bien que a Mission devoit produire. Ah ! il en étoit bfen pénétré , notre digne Prélat, quand îl travailloit à ce Mandement, chef-d'œuvre <de lumière^ de bonté paternelle , de clia- 4*1 té apostolique , d'humilité chrétienne , et , dîsons-le , d'esprit prophétique sur les . effets de la Mission ! C'est après avoir suivi. Jes exercices de cette Mission , qu'il faut relire cet ouvrage admirable , pour en mieux sentir tout le prix. Avec quel ménagement ^ et cependant quelle force de raisonnement ^ . le vénérable Pasteur calme et dissipe les inquiétudes de ceux qui n'étoîeht pas favorablement disposés pour la Mission ! Avec quelle vérité^ quelle chaleur, quelle effu-

(i) Mg'. Jean-François Martin de Boisville , 4ié à Rouen le 1 2 janvier 1 y 55 , ancien vicairegénéral de Rouen , nommé à l'évecl^é de Bloi^ en. 1817 , préconisé à Rome le 19 avril 1823; évéque de Dijon , sacré le 1 1 août à Sainte-Geiieviève.de Paris , solennellement installé dans ss^ :CatIiédraIe le 8 septembre 1822.

sîon de cœur, il peint les travaux de cen hommes de Dieu 9 si peu connus quand on ne les a pas entendus, et si admires, si regi'eltés après que l'on a eu ce bonheur. Oh ! s'il m'étoît permis de rapporter ici en^entier ce Mandement! Mais au moins Monseigneur me pardonnera d'en citer un passage pris indistinctement parmi tant d'autres également touchans ; je ne suis embarrassé que du choix, et à peine aurai-je commencé ma '' citation , que je regretterai qu'une autre n'ait pas eu la préférence.

Parlant des Missionnaires, Monseigneur dit : ce Ces Evangélistes peu connus, et qu4 semblent envoyés du Ciel , sont par cela même à nos yeux des hommes privilégiés y des oracles. Placés, pour ainsi dire , par leur genre de vie et par la nature de leurs fonc- • tions, dans une région supérieure, l'imagfnation se les repirésente toujours comme prè^ chant sur la monlagne; on diroit que leur voix descend de la nue. Presque toujours instrumens de prodiges et de grâces, ils commandent sans peine aux esprits ,* et forcent nécessairement au respect; l'an tojûté de celui qui les envoie, la sainte liberté de leur langage , la noble indépendance de leur ministère , vx}ilà ce qui donne tant de force à leurs paroles , qui assure leurs succès et multiplie leurs conquêtes. Ce sont des Prédicateurs contre lesquels on ne tient pas.

ce Ces hommes simples et modestes , mais puissans en œuvres et en paroles, vous entretiendront sans pi'eslîge et sans art; et vous ne pourrez résister à leurs accens^ I|$ i^^

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flatteront ni vos préjugés, ni vos goûts; îIsf blesseront peut-être votre délicatesse; votre orgueil peut-être se trouvera humilié : n'importe! ils n'en subjugueront pas moins votre esprit , ils n'en captiveront pas moins votre entendement; vous ne serez pas séduits^ vous serez entraînés : vous ne comprendrez pas ce prodige , mais rems lui obéirez : ils ne disputeront pas avec vous; la vérité ne dispute pas. Ils vous commanderont de croire et de vous soumettre; et un pouvoir invisi* ble vous y forcera. Ils vous diront de vous humilier aux pieds de celui devant lequel tout genou doit fléchir ; et vos genoux fléchiront aussi-tôt. Ils vous diront de venir relever avec eux cette Croix que des mains impies ont abattue ; et vous replanterez de vos mains, et vous arroserez de vos sueurs ^ et vous baignerez de vos larmes ce bois adorable sur lequel à coulé le sang de votre Dieu !

ce Ils ne craindront pas , eux par exemple^ de vous entretenir de tout ce que laReligion a de plus majestueux et de plus puissant ; tàùtôt'de l'austérité desdévôîjPsdu'Cbrétîeh, tantôt de la terreur des jugemens de Dieu ; souvent des mystères profonds de la foi , et souvent ausàî dfcs mystères plus profonds encore de l^niquîté.

ce Ifs ne craindront pas de dire à ces hôni* mes saits principes et sans règle, qui ne savent à quel maître ils appartiennent, quM est honteux de flotter ainsi indécis entre le

Rigueur et Baal, entre Dieu et le monde}

ue lorsqu^oa a reçu le caractère et le sccffiy le Chrétien , on doit rougir de prendre le langage et les mœurs d'un payenj qu'il ne fiied pas à des enfans de l'Eglise d'en rçjeter^ les mystères ou d'en profaner les sacremensj de contracter une union sainte à la manière des infidèles y et d'en user comme en usent les idolâtres ; et que., lorsqu'on connoit Dieu , il n'est pas permis de vivre et de mourir comme ceux qui ne lé connoissent pas.

ce Us diront avec le même courage à ces êtres insensés et frivoles , de tout âge et de tout état, jeunes gens sans réflexion et vieillardssans maturité , qu'on ne doit pas s'éloigner de Dieu parce qu'on est jeune , ni l'oublier parce qu'on est vieux j qu'il n'est aucuntemps dans la vie où l'on soit dispensé die te

le Ciel et de braver le Tout-Puissant.

ce Enfin vous rappelant les jours d'humilialion y jours désastreux où nous avons éprouvé taut de fléaux, et qui sont à peine écoulés f ils ne craindront pas de vous dire : Hommes coupables , qui que vous soyez , ne vous rassurez pas encore ^ en vain vous frémissez de tant de maux dont vos pères et peut-être vous-mêmes avez été les malheureux témoins ouïes déplorables victimes ;songez que les mêmes causes doivent ramener les mêmes effetsj et que si, après une punition aussi sévère, après tant d'épouvantables fléaux, vous vous obstinez à vivre comme eux dans les liens da

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tHime et de rimpiété, vous périrez commef

ce C'est aiusî que s'exprîmer^ont ces Oracles de la vërîté dans le langage et l'accent des Prophètes 5 voilà ce qu'ils vous diront j et en même temps, l'on c lion de la grâce pénétrant vos âmes, vous rendrez gloire à Dieu par le^ larmes de la pénitence, et vous réjouirez les Ângés du Ciel par une Macère et solide conversion.

ce Ici, N. Té C. F. , ne noiis demandez pas par quelle vertu s'opèrent ces prodiges sî communs dans l'œuvre des Missions; nous ne chercherons point à vous expliquer cette grande merveille. Dîeu sait que nous soraïnes plus jaloux d'en ressentir les effets que d'en découvrir la causer

<c Ne leur demandez pas à eux-mêmes là ï'aison de ces effets merveilleux dont ils sont les témoins journaliers et les heureux coopérateurs; ils en ignorent comme nous le mode mystérieux 5 Us se félicitant cependant de leurs succès, mais ils n'attiùbuent leur triomphe qu'à l'onction de la grâce, qu'à l'empire de la vérité. »

Je réitère mes vifs regrets de ce que lès bornes que je me suis imposées dans ce petit travail ne me permettent de citer que ce passage.

A peine te mandement de MonseigneoF eut-il été connu, que toutes les incertitudes cessèrent, et chacun attendit avec impatience l'ouverture de la Mission 5 les uns mus par un sentiment de véritable piété y d'autres par un mouvement de curiosité /

Sa MISSION DE 182:4.

et peut-être quelques-uns dans des inlM lions hostiles ; mais, disons-le avec une graii4< satisfaction^ ïa suite a prouvé que le nombn de ces derniers é toit peu considérable.

Enfin, le mercredi des cendres, 3 mars la Mission s^ouvrit en même temps dans le:

trois parokses, à sept heures du soir, par ceu: de MM. les Missionnaires qui étoient arrivé la veille. Leurs confrères, destinés à com

{ïléter la Mission , ne tardèrent pas à yem es rejoindre. Voici la liste exacte de ce Messieurs dans l'ordre où ils doivent êtP rangés ; nous indiquerons les paroisses am quelles chacun d'eux a été particulièremeB attaché pendant cette Mission.

M. l'abbé R AUZAN , supérieur des Mis sious de France (1), à la cathédrale ;

M. HiLAiRE AuBERT, à Notre-Damc ^

M. Feraix, à Saiot-Michel j

M. PoLGE, à la cathédrale ;

M. Le Vasseub , à Saint- Michel, charg de-rinstruction et ae la direction des x^hœox

— — — I I — — — I II !■ I ■ rfM f ■

(1) M. l'abbé Rauzan, prédicateur du Roî est né à Bordeaux en 1758. 11 est inutile d parler de la réputation dont il jouit comm exerçant le ministère de la chaire évangéliau,e par- tout son nom n*est prononcé qu'avec aami ration et attendrissement.. Cette réputation, ba «ée sur tant de travaux apostoliques , avoît pré cédé M. Rauzan à Dijon 5 mais combien elle été confirmée dans le- cœur profondément ém de tous ceux qui ont eu le bonheur d'entendi les nombreuses et excellentes instructions qu' â faites à k cathédrale de Saint-Senign^ L

MISSTOÏÏ DE 182:4. 33

d^hommes et de demoiselles pour le cirant des cantiques 9 à la même paroisse ;

M. ThariNj à la calhéarale, chargé de»

mêmes fonctions à Saint- Bénigne ;

M.CAiLLAU,àNotre-Dame,chargéd'abord des mêmes fonctions dans cette paroisse }

M. PoNCELET, k Saint-Michel ;

M. Bach , à la cathédrale j chargé des détails relatifs à la plantation de la croix, et sur- tout à la formation et à l'esercice des^ divisions des porteurs de la croix ^

M. BEAuci, à Natre-Dame; il a succéda à M. Caillau pour le chanta

M. De ScoRBrAC, au Collège royal;

M. Cr-eveuil y alternativement à Sainte- Anne et à THôpital, chargé de former ait chantyles jeunes personnes de S t®- Anne, etc

Depuis le Mercredi des Cendres jusqu^âo:

sameat suivant^ il n^y eut qu^un discours le 9oir dans chaque paroisse ; mais on employa .ce temps à former les chœurs d^hommes et de demoiselles pour le chant des cantiques', et à tout disposer pour les exercices réguliers de la Mission qui commencèrent le difmanche suivant 7 mars. •

Ces exercices consistèreut tous les jours ^ans une glose ou instruction familière , suivie de la Messe , qui eut lieu dans chaque pa^ roisse depuis cinq heures et den^ie précises du matin jusqu^à sept heures; et tous les soirs ^ dans une glose et un sermon , ou quelque^ ibis une conférence, suivis de la bénédiction du Saint Sacrement, qui commençoient à six heures précises et duroient jusqu^à huit beui*es et demie..

. ...»^. ^uc gctrue Billll

préposée à chaque porte pour mali ordre qui jamais n^a été troublé.

Les chœurs de chauteurs et de cl avoient des places distinctes chac Fintérieur de leurs barrières.

On avoit Ouvert un abonnement personnes qui désireroient atoir àPé place fixe pendant tout le temps de sion. Les chaises destinées aux étolent numérotées y disposées pa et invariablement fixées; de sorte abonnés , à quelle heure quMls arrii étoient toujours sûrs de trouver lei disponible.. Il existoit en cela , ainsi i\ tout ce qui tenoit à la Mission j un ci mirable. Le prix de Pabonnement < dix francs destinés aux frais de la M

A rentrée des églises parotssiah marchands étrangers avoient étaUi tites boutique» où les Fidèles pouv

T»ï»rkr» !■»■»»'»

Vous trouverez peut-être ces détails mitEutieux^ mon cher ami ; mais comme vous- ^'ayez prié dç ne rien omettre de tout qe qui pourra vous représenter la Mission:^ je crois devoir vous donner jusqu'aux plus petits accessoires quand ma mémoire me les^ rappellera*

Je n'ai pas besoin de vous dire avec quiçl empressement on se rendit aux églises aussitôt que les exercices furent ouverts. Tout le' monde s'y précipita ; mais tout le monde sans doute n'y apportoit pas d'abord les mê-mes dispositions ^ cependant la grande majorité y étoit attirée par un esprit de vraie?' dévotion 5 plusieurs y vinrent par curiosité f et quelques-uns essayèrent de causer un peu de trouble j en jetant ( sans être vus ) sur W pavé de l'église quelques petites boules ap-

})e]ées fulminantes 9 qui éclatoient lotsqu^ 'on marçhoit dessus; mai» ce scandafe n^a duré q^?un moment, parce que Pîïidigna-' lion générale s'est promptement prononcée. Voilà, je crois, avec quelques lettres^ anonymes adressées aux Missiçmnaires , le^ seul essai que l'impiété ait tenté au commencement de la Mission. Dès'loTS la tranquillité n'a pas été troublée un seul instant. Au contraire , les Missionnaires , à la fin de leurs travaux , ont déclaré à plusieurs reprises ^ que dans aucune autre ville, ils n'a voient vu régner plus d'ordre, de recueillement et d'édification que dans les exercices de I^ Mission dé Dijon.

Dès le début de leurs prédications , .iU fixèrent l'atlen:tion de tous les auditeurs^ par

cette éloquence Tiaturelle , cette onctiou qui ne peut partir que du cœur , cette convîctioiî, cette véhémence et ce ton presque surhumain avec lequel ils développèrent les grandes vérités de la Religion et la nécessité de se convertir. Mais bientôt l'attention de Paudi foire se changea en une vive émotion , et cette émotion produisit un profond retour sur soi-même j non seulenient chez les personnes pieuses ^ mais môme chez les pins indifférens et les plus endurcis. Eh ï comment résister à'^Ia grâce ^ quand elle, descend du" Ciel avec un tel éclat? Comment ne pas céder aux invitations, aux prières, 'aux supplications si pressantes , si touchantes de ce!i hommes inspirés du Dieu de paix, de bonté et de toutes les miséricordes? Aussi ils nre tardèrent pas à voir une foule de pécheurs i qui ils tendoient les bras avec tant distance , venir s'y jeter, les yeux baignés des larmes du repentir , et se précipitei^ft leurs I)ieds pour tâcher d'obtenir Ife pardon de leurs ongues erreurs. Avec quelle joie , quelle l^onté , quel épanchement de cœur ces dignes ministres de paix les accueillirent et les affermirent dans la voie de la réconciltatTon ! Lé nombre des personnes qui s'approchèrent dès le principe, du tribunal de la pénitence , fat si considérable , que MM* les Missionnaires, qui passoient tous les jours y du confessionnal à la chaire^ et de la chaire au confessionnal , furent obligés de demari»der des auxiliaires ; et beaucoup d'Ecclésiastiques des environs s'empressèrent de venir partager leurs pénibles trftyaux» - *

. ï)ouze jours après l'ouverture de la Misai on j les exercices se coatinuaat toujours avec la plus grande régularité , et une affluence de Fidèles toujours croissante , oa aQnonça la Fête de l'amende honorable pour le vendredi suivant. Les églises, furent disposées à cet effet ; on éleva dans la partie basse ^ à-peu-près sous le jeu dWgues , ua autel appelé TAutel de la Mission , qui parconséquent se trouva en face du Maître-AuteL Toute la décoration de voit être en cramoisi. Au premier appel qui fut fait aux Fidèles pour les engager à concourir à celte décoration ^ çbacun s'empressa dès le jour même d'apporter les étoffes en soie les plus riches, les vases les plus précieux , des candélabres 9 des guirlandes de fleurs artificielles^ dues à l'adresse et à la piété des jeunes dem.oisejles ^ et mille autres objets destinés à, oraerle nouvel autel ^ ainsi que les colonnes qui l'avoisinoient. Dans deux jours tout fut ter^liné : l'autel très élevé, étoit encore sur«monté de nomb^*enx gradins qui allant tou<»

jours en diminuant de longueur , se terminoient comme le côté d'une pyramide tron*quée ^ dans le haut brilloit un tabernacle des<^ tiqé à recevoir le très Saint-Sacrement. Ces gradins , recouverts d'étoffes éclatantes y étoîent garnis d'une quantité innombrable de bougies. De tous côtés des draperies éléf gantes, des fleurs, des guirlandes serpentant dans toute la circonférence de l'autel et au* tour des colonnes artîstement -décorées ^ présentoient un coup d'œîl ravissant.

Le vendredi lo ma^*s ^ la FétedeV^rrpenfiç

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honorable îut célébrée j depuis six heures Avl soir jusqu^à neuf heures , avec une pompe ,ei un recueiHement difficiles à rendre. Tou< iès Fidèles avoient été prévenus de se^nwiiïîr d'un cîerge pour assister à cette fête. On commença 9 selon la coutume , par la glose j ensuite le Clergé de la paroisse , partant ^ .du choeur de Péglise , se rendit procéssionnellcmeht à Tautel de la Mission jj là il prit place et écouta le sermon relatif à l*objet de la fête. Ensuite le signal fut donné d'aU lujner les cierges et les bougies; puis uij.

Missionnaire entonna le Miserere , "pendant . que le Clergé retourna au chœur pour y

f rendre le très Saint-Sacrement dans le taernacle du maître-autel. Lorsque le Mise* rere {lit terminé, le Clergé se remit pro- .<îessîonncllement en marche , traversa len-.. tement et silencieusement toute la longueur .de l'église, portant le très Saint-Sacrement et l'offrant à l'adoration des Fidèles , jusqu'à ce qu'aiTÎvé à l'autel de la Mission, îl Je plaça dans le nouveau tabernacle , à dé- ,couvert , disposé au-dessus des gradins d^ l'autel . Quelle impression fit sur les assbtans cette procession lente et silencieuse , au mi- , iieu de ces lumières qui , semblables à des -étoiles innombrables, brilloient dans toutes les parties de l'cgHse ! C'étoît comme une espèce de firmament que Jésus-Christ scml)loit traverser dans le silence respectueux de ja nature, pour aller se reposer au sein de sa . gloire dans le tabernacle qu'on venoit de lui |u*épareT. L'appareil majestueux de cet aur

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guste iabernacle, ces gradins élevés, étincelans de mille bougies enflammées, éblouis* soient^ tout sembloit dire: Foibles mortels 9 qui de "vous osera lever les yeux et contempler le Dieu tout-puissant dans tout Péclat- .de sa magnificence? Quel spectacle enchaateiir pour l'a me profondément recueillie!

Mais bientôt une scène attendrissante fit ;é prouver de nouvelles sensations j le digne Missionnaire qui occupeit la chaire de vérité, peignit en traits de feu les offenses de$ pécheurs eavers Dieu , et la nécessité du retour à ce divin Maître , par une conduite tout opposée à celle que l'on avoit tenue' jusqu'alors. Le premier pas à faire dans cette nouvelle voie étoit la paix , l'union , et la rér conciliation* Toutes les haines, toutes le$ inimitiés dévoient disparoître entre des frères^ entre de vivais Chrétiens. Oh ! avec quels accens l'homme de Dieu nous pria , nous con<^ jura de pardonner à nos ennemis ! Tout-à- ' coup il se dépouille du vêtement blanc qui le couvroit, et d'une voix étouffée , il se dér clare pécheur comme nous , se confond avee BOUS., pviis s'écrie : Oh ! mes frères, mescher^ frères , jurons tous en présence de Jésusr Christ, que nous pardonnons à nos ennemis.

A i'instaut un cri parli du cœur, un cri d'atr tendrissenient retentit de toutes parts : Oui^ oui, nous le jurons, nous pardonnons, nou^ pardonnons ! — Eh bien! mes frères , rer prend l'orateur sacré, fortifions cette sainte résolution parle sermentd'être a Jésus-Christ pour toujours. »-TiOui, répond l'assepibléi^

nédiction du Saint-Sacrement. 1 cice commençoil et fiulssoit pai dîfférens cantiques ^ dont un un de MM. les professeurs de F exécuté y avec accompagnemen solennelle du dimanche. La rc )usqu^au lundi 29 mars. Mff PI le zélé j le dévouement et les s< nés pour tout ce qui tient jb la ] au-delà de toute expression, honorer de sa présence le dei de la retraite du Collège , et k appelant sur les jeunes élèvei des grâces du Seigneur par sa si lion. Un grand nombre d^Ecch assisté à cette cérémonie»

Nous savons de bonne part traite a produit les plus heur un grand nombre a'élèves , avoient sollicité et obtenu de

t^mêût réservée aux militaires. Cette re- -traite 86 fit à une heure après midi ; toute laf garnison y cavalerie et infanterie, s'y rendit avec la plus grande exactitude et le plus grand ordre. Etat-Major, officiers, soldats-, tout prit part aux instructions si belles, si touchantes, si pathétiques que le digne Mis-»

sionnaire leur fit au nom du Dieu des^ar* mées^ Avec quel charme d'élocution y quelle facilité ,< quel ton persuasif, il leur développa les vérités de la Religion , leur exposa la su^ blimité de ses dogmes, Vcûitorité de sa doctrine, la pureté de sa morale, la d^uceolr ineffable de ses consolations! Comme il la leur montra par -tout et toujours amie de Tordre, mère de la concorde, protectrice de Pautorîté, compagne du courage ,. source de rhéroïsme , faisant enfin même ici -bas notre gloire et notre félicité, en attendant qu'elle récompense d'une éternité de bon^ ^eur ceux qui lui seront fidèles en passant sur la terre! Avec quel art l'orateur sacré , traitant ces grandes- questions , fit voir l'heur reuse alliance de la piété et du courage dans ce prince qui venoit de rendre la paix à l'Es^

Sagne , en brisant les fei^s de Ferdinand 5 et pari oit devant des braves qur a voient tant coopéré à cette campagne glorieuse ! ! La première chose dont s étoit occupé le mînis* tre de l'Evangile, en commençant cette retraite , avoit été de foudroyer, dans le cœur du soldat, ce respect huntain qui pouvoit «n éloigner plusieurs dn désir de remplir leurs devoETs religieux. Il le leur représenta C« respect humain comme un crime aux

au jour de V Amende honorable j Saint-Sacrement fat exposé i Padors Fidèles. On prononça un discours l*etraça avec force la sainteté des engi contractés pour nous^Iorsqn^à notre r ]a Religion nous marqua du sceau d< L'orateur , après avoir expliqué les nies du Baptême , et les obligations a les il nous a soumis , adjura Passen l*enouveler à la face du ciel et de 1 ces promesses sacrées , et de leur ê mais fidèles. Mille voix répétèrent ces sermens solennels 5 il en fut de m Commandemens de Dieu et de PEgli chaque Fidèle répéta k haute voix ^ mettant également de les observer. 1 le cours de la cérémonie , Pévangile < titudes a été chemtéparuuecclésiasti le célébrant ayant entonné le Céei les assistans en ont continué le cha

S^àpprêtoîent à consommer cette grande œuvre, quand arrive Tordre de changer de garnison. Les apprêts du départ, les promena* des militaires qui le précèdent, et d'autres contre-temps ne permirent pas à cies braves de terminer ce qu'ils avoient si heureusement cbmniencé. Aussi la communion générale des militaires, qui eut lieu le 17 avril y comme nous le dirons par la suite, quoiqu'offrant un spectacle bien touchant, ne fit éprouver qu'une satisfaction mêlée de regrets.

Le jeudi aS mars , M. de Scorbiac , Missionnaire distingué par de grands talens oratoires , mais particulièrement destiné à faire germer daiis le cœur de la jeunesse l'amour de Dieu et les devoirs du Chrétien , commença à sept heures du soir au Collège royal y une retraite pour tous les élèves , tant internes qu externes. L'ouverture s'en fit solennellement en présence de l'inspecteur chargé des fonctions rectorales en Tabsence du chef de l'Académie, des doyens et professeurs des Facultés de droit , des sciences et des lettres , du proviseur , du censeur , de l'aumônier, de tous les professeurs et fonctionnaires du Collège, et de tons les élèves réunis. Jamais la parole divine n'a été écoutée avec plus d'attention et de recueillement } c'étoit un vrai triomphe de l'élo- Suence sacrée déployée avec tout le charme e l'action oratoire et du plus bel organe»

Aussi quelle profonde impression fit sur son jeune auditoire et sur tous les assistans, le

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ministre portant la parole au nom du Sauveur qui prenoit un si tendre intérêt aux enfans!

Il y a eu trois exercices par jour au Col»

lége royal y Pun , précédé de la Messe ^ à neuf heures du matm, Tautre à trois heures^ et le dernier à six heures, terminé par lal>é« nédiction du Saint-Sacrement. Chaque exei^« cice commençoit et finissoit par le chant de différens cantiques, dont un composé par un de MM. les professeurs de Faculté y a été exécuté, avec accompagnement, à la Messe solennelle du dimanche. La retraite a duré jusqu^au lundi 29 mars. Mg' PEvèque, dont le zèle , le dévouement et les soins sans bornes pour tout ce qui tient à la Mission , sont au-delà de toute ei^pression , a bien voulu honorer de sa présence le dernier exercice de la retraite du Collège, et la terminer en appelant sur les j.eunes élèves l'abondance des grâces du Seigneur par sa sainte bénédiction. Un grand nombre d^Ecclésiastiques ont assisté à celle cérémonie»

Nous savons de bonne part que cette retraite a produit les plus heureux effets suv un grand nombre d^élèves , qui d^ailleurs avoient sollicite et obtenu de M. le provv* seur la permission de fréquenter les exercices de la Mission., à Saint-Bénigne ; ce quMU ont fait rcgulit'rement , chaque soir , conduits par M. le proviseur lui-même et M. le censeur , pendant tout le temps de laMissiout.

Nous avons jusqu^ici omis de dire que rhospice de Sainte-Ânne , destiné aux jeunes filles orphelines ou nées de parens peu fortunés , a eu aussi sa part de la Mbsioa* Le3^

HlâSlOH BE 1824* 4&

exercices dirigés par M. Creveuil, prêtre Missionnaire 9 y ont eu lieu les lundi ^ mercredi et vendredi de chaque semaine, à neuf heures du matin. L'affluence des Fidèles s'y .est toujours fait remarquer comme dans les autres églises , et la piété des )43unes. personnes constamment entretenue parles soins de leur zélé et vertueux aumônier , de leur digne Supérieure y et de Sœurs entièrement dévouées à leur saint étAt, s^'y est sur-tout distinguée d'une manière particulière. Nous parlerons plus bas de la lête qui a eu lieu à Sainte-Anne le 21 avril;

Le grand Hôpital a eu aussi ses exercices , également dirigés par M. Creveuilj les jours où ceux de Sainte- Anne n'avoient pas lieu.

Cet établissement a eu le bonheur de possé* der une fois M. Rauzan^ qui y a porté la parole le ^ avrii^ à deux heures au milieu d'une foule immense accourue pour entendre son admirable sermon, sur la soumission à ta 'volonté de Dieu^

Le 3i mars, la seconde fête de ]a Mission a été célébrée dans les trois paroisses :. c'étoit celle de la Rénovation des vœux du Baptême. Pour cette solennité^ la décoration des églises fut , quant à l'autel ( di»

moins à Saint- Michel )) à-peu-près la même que celle de la première fête , si ce n'est que la couleur cramoisie fut remplacée par lar couleur blanche 9 et que lesdraperiessemblè-> rent plus ariistement disposées et plus éclatantes» Dans la partie supérieure^ au-dessus^ du cintre qui couronnoit l'autel y un riches^ (^touche présentoit eu gro6 cais^çtc£v\^ :

4^ itiissiON Bc )8^4«

lES HABIT ANS DE DIJON , A JÉSUSh CHRIST POUR TOUJOURS ; et d'autre»

cartouches distribués de chaque côté et sou-f tenus par des guirlandes de fleurs entre le* colonnes , ofïVdient chacun l'un des Comxnandemens de Dieu et de PEgltse. Comme au jour de V Amende honorable , le itèé Saint-Sacrement fut expfosé à Padoration des Fidèles. On prononça un discours où Pod l*etraça avec force la sainteté des engagement contractés pour nous ^lorsqu'à nôtre naissance la Religion nous marqua du sceau de la Foî^ L'orateur ^ après avoir expliqué les cérémoft* nies dii Baptême , et les obligations auxquelles il nous a soumis , adjura Passemblée def • ï'enouveler à la face du ciel et de la terre ^ ces promesses sacrées , et de leur être à jamais fidèles. Mille voix répétèrent à Penvî ces sermens solennels ; il en fut de même de» Commandemens de Dieu et de l'Eglise ^ que' chaque Fidèle répéta à haute voix ^ en pro- 2nettant également de les observer. Pendant le cours de la céréDfïonie j l'évangile des béatitudes a été chanté par un ecclésiastique 5 el le célébrant ayafit entonné le Céedo^ tonales assistans en ont continué le chant dans un ordre et un accord parfait. La bénédiction du Saint-Sacrement a terminé cette fête admirable j qui a été illuminée comme la précédente, par des milliers de cierges et de bougies, et variée par différens Cantiques appropriés au sujet de la fête , et chantés alternativement par le chœur des demoiselles et celui des messieurs.

Le lendemain les exercices reprirent leiur

mïSSÎONBE 1824. 4f

înôurdj cVst-à-dire, qu'à cinq heures et demie du matin ^ ta foule étant déjà rendue dans les églises, on continua à dire la prière, à cbanter des Cantiques ; puis»urvenoit la glose Où entretien familier sur des sujets très imr portans, tels que le développement des prer mières vérités de la Religion ; la réfutation des objections des impies, contre l'existence de Dieu , contre les mystères j les preuve»

de la révélation , l'institution des Sacremens ; la présence de Jésus-Cbrist dans l'Eucharisilie 5 la Pénitence, l'examen de conscience j; la nécessité d'un règlement de vie , etc* , etcv Avec quel empressement», avec quelle attention on écoutoit , on dévoroit ces instruc-^ lions mises à la portée de tout le monde , et entremêlées de petites histoires édifiantes^ de paraboles frappantes , qui parfois appeloient le sourire sur les lèvres , maiis n ea produisoient que mieux tout l'effet que pou-' voit en attendre l'orateur qui les employoitl. Dans l'exercice du soir , qui commeuçoit toujours à six heures par la prière et des' Cantiques , la glose y un peu moins fatù^ lière que celle du matin , a toujours continué d'être suivie d'un très beau sermon, après lequel on chantoit le Parce Domine, puis un Cantique , puis la bénédiction du très»

Saint-Sacrement. Ensuite on se retiroit ^

Iiendant que les chœurs faisoient , comme a 'ordinaire , retentir les voûtes de l'église du Cantique d'action de grâces , dont le beau refrain

Bénissons à jamais JLç Seigneur daofi jica HenffdtBy

48 MtSSîOir Bfi ï82î4.

se répétoit encore dans la rue loitg-fetiqif^ après que Ton avoit quitté Péglise.

N^oubllons pas de dire que Tempressement pour se rendre aux exercices au soir étoit tel, qu^un grand nombre de personnes

Îrui n^étoient point abonnées, assurorent el aisoient garder leur place trois et quatre heures avant que Pexercice commençât.

Mg**. rEvèque , à la piété et au zèle pas' toral duquel la ville de Dîjon est redevable de Pinappréciable bienfait de la Mission , n^a

Sas dédaigné de se mêler parnn les Fièles j pendant tout le cours des exercicCis ^ pour les suivre avec la plus grande exacti^ tude dans sa catbédrale. Oh I de quelle sainte )oie le cœur de' ce vrai Pasteur a tressailli, en se voyant ainsi au milieu de sob cher troupeau , et pressé de tous côtés par une infinité de brebis rentrées au bercail, apré» en avoir été si long- temps éloignées! Avec quelle effusion de cœur Monseigneur a ex«

Ïrimé ses sentimens à cet égard, lorsqu^il a onoré de sa présence Pun des exercices âki soir , dans chacune des deux paroisses de Saint- Michel et de Notre-Dame ! Comme chacune de ses paroles peignott bien cette satisfaction, ce bonheur du père de fa-mille ^ qui, au jour de la moisson, trouve la récolte meilleure et plu^ abondante qu^il n^o*soit Pespérer! Monseigneur, lors de ces deux visites , a bien voulu donner sa bénédiction aux nombreux Fidèles qui remplissoieut les deux paroisses-

Le mercredi 7 avril , on a célébré la trol^ sîème fête ^ dont Tobjet étoit la. Contécr^

jnssiois B£ 1824* 49

tien à la Sainte Vierge. La décoratioii de Taatel de la Mission a été en blanc et en bleu. Des guirlandes de lis ^ des vases d^ fleurs, une couronne éclatante surmontant la place ou devoit reposer la statue de la Vierge, des draperies disposées avec art^ tout annonçoit une magnifique et dou€€ simplicité • tel quHI convenoît dans Phom^ mage que r<Mi veuloît rendre à la plus pure des Vierges , à la Reine des cieax , à Marir enfia , sous la protection de laquelle nos plus grahds rois ont mis le royaume de France (1).

De jeunes personnes habillées de blanc 9 et voilées, marchant avec recueillement au milieu de Péclat de lumières non moins nombreuses que dans les deux premières fêtes , oùt porté processionnellement la sta*> tue de Marie au lieu qui hxi étoit destiné»

Les Litanies de cette Reine des Anges , q^ui ficus rappellent les plus beaux titres de sa gloire et ae nos espérances, ont été chantées par le clergé , et répondues par tous lesassiaîans. Ensuite un discours éloquent, plein de hautes penséesdignesdela grandeur du sujet ^ ranima dans Xoxxé les cœurs le divin culte ^le Marie. Puis on récita une Dizaine diç Chapelet, avec cette piété qu^inspire la Sa^ lutation angélique , dont on avoit expliqué les beautés et les rapp(»*ts avec nos besoins»

(1) L*&cte solennel par lequel Lpais Xm a mis sa personne et son royaume ^ous la protection de la Sainte Vierge, est du 1 1 février i438. Looti Xrv 41 confirmé cet édit»

analogues a la circonsiauce se ui difTérentes reprises dans le cou cérémonie ^ qui offrît quelque cl; touchant j de plus imposant enc deux précédentes.

Le lendemain matin eut lieu I lion des enfans à la Sainte- V ierge .

lendrissement furent pénétrés le; assistans , à la vue de cette foule ble de petits enfans que de pif \inrent mettre sous la protecti de Marie! Le Saint- Sacrement dans les églises, on fit une proc rieure. Deux chaires avoient été él sur la place Saint- Jean , Pautre xnenade derrière le palais des Et sionnaire de la Cathédrale et ui Dame y portèrent la parole ; qui Michel, les exhortations se firei térieur de Péglise , au retour d sion, et après que la messe eut é

communion générale des mua la Chapelle de Sainte- Anne. I parlé plus haut de Tîncident mal empêcha que cette récolte ne fui dante qu'on avoit lien de Pespc Télan qui s'étoit manifesté dès ] jours de la retraite militaire. M y eut encore un certain nombr de tout rang , officiers^ sous-ofB dats qui 9 pleins de foi etdigneme:

se présentèrent pour recevoir 1 crement de PEucharistie. Leu flionnaire, M. LeVasseur| assisté Aumôniers des régimens , les ac il ne cessa jusqu'au moment d( nion y de leur adresser des par té 9 ou de réciter à haute voix 1 plus propres à entretenir et j leur fervente piété.

Monseigneur TEvéque ^ que , 1#» rhnrs de la Mission , on a tou

KISSION DE lHz4* 53

qui ensuite a adressé à ces dignes militaires un discours touchant sur la reconnoissaÀce qu^îJs doivent aux bons Missionnaires et à leurs chefs jde félicitations sur le grand et bel exemple qu^ils venoîent de donner, et de conseils paternels sur leur conduite à venir. .

Le 19 avril fut un des jours les plus beaux et les plus précieux de la Mission , puisque ce fut celui de la communion générale des hommes. La Cathédrale seule avoit été désignée pour recevoir tous ceux qui auroient été jugés dignes de venir prendre part au Banquet Saci*é. Dès les six heures du matin y un gran<i nombre de Fidèles remplissoit déjà la nef; 4 sept heures ^ chacun éloit rendu au poste que lui assignoit le plus saint des devoirs et la plus douce des jouissances, la réconcijliation avec son Dieu , le bonheur de le posséder. On débuta par des cantiques que chanta le chœur des hommes ( car rentrée de Péglise fut interdite aux femmes pendant la cérémonie )» Ensuite M. Rauzan monta ei;i chaire et fit une courte mai^ bien touchante exhorta lion « Une douce alégresse se peignoit dans ses traits j les dignes compagnons de ses travaux partageoient sa sainte joie ; tous ressembloient au laboureur qui , au moment de la moisson , recueille plus qu^il n^osoit espérer'. Hélas ! le bonheur de voir tant de Fidèles réunis par leurs soins , dans les , mêmes sentimens de piété y étoit le seul prix de leur dévouement sans bornes j de leui*5 longs et pénibles travaux.

Ce fut encore Mg^ TEvêque qui célébra .rauguste Sacrifice ^ et qui voulut di^ti'ibuei;

quinze communîans à la fois.

A huit heures moins un qua moment redoutable de la Cornu offrit un spectacle vraiment dign D'abord les jeunes et nombreux Seigneur s^avancérent lentement et vinrent se ranger sur les mar< tel où les premiers ils reçurent cré. Les bons Frères des Ecoles leur succédèrent. Puis le vénéra assisté de MM. ses Grands-Vicai dit de Pautel et vint à la sainte rendit successivement, dans un rable , dirigé par les Missionnaii immense des communians. àcov ceux qui éloîent dans le cncenr premières autorités du départi personnes les plus notables de officiers, sous-ofGciers et soldat nationale , les fonctionnaires <

f^rill«\«-o ■••i^•^7o^ • tfsnciiîtp Vint 11

quart tout fut consommé ; plus ^e dix-huit cents personnes avoient reçu et possédoient dans liBur cœur l'objet de tons leurs vœux y le fruit y le plus doux fruit de la Mission. 0^ célébra de suite une seconde Messe, pendant laquelle chacun rendit mille actions de grâces au Dieu des miséricordes infinies. Enfin on se retira dans ses paroisses respectives,

Sour assister aux Offices solennels de la fêUi u jour (le lendemain de Pâques).

Le mercredi 21 avril, THospiee de Sainte- Anne offrit -y pendant tout le cours de la journée , des exercices bien faits pour toucher et enchanter les âmes pieuses. A. sept heures du matin , les jeunes nlles, instruites et préparées depuis long-temps par le respectable aumônier de la Maison , s^approchérent pour la première fois de la Sainte Table. Elles y furent accompagnées de leur digne et vénérable supérieure , des sœurs de la communauté, et des jeunes élèves quilles années précédentes y les avoient devancées dans cette voie du salut. Quelle édification dans la manière dont ces jeunes vierges accomplirent cet acte , le premier et le plus important de la vie ! '

A dix heures on célébra une grande Messe en musique ; et à six heures du soir il y eut uiie fête destinée à réunir toutes celles de la Mission. Son éclat ne peut se comparer qu^à la grande piété et au recueillement des personnes de THospice et des nombreux assistans. Tout avoit été disposé par M. Creveuil y missionnaire y qui, comme nous Pavons dit, donuoit ses soins à cette Maison. Un superbe

56 liissioir db 1824*

reposoîr fut élevé devant la chapelle om e^ vis-à-vis le chœur des petites filles : il étoit à-peu-près dans le même genre que ceux dés paroisses y dont nous avons parlé plus haut* t)es gradins , des bougies à 1 infini ^ des dra-

I)eries élégantes toutes en blanc ^ et circu* ant autour de Péglise y présentoient un coupd'œil ravissant* Des musiciennes ^ choisies dans les chœurs de la cathédrale et de Saint» Michel, dirigées par M* Tharin ^ firent retentir les voûtes du beau d6me de Sàinte- Ânne y de la mélodie de leurs cantiques ^ mêlée au son des instrumens.

Mg'. PEvêque daigna encore honorer cette lête de sa présence ; il étoit environné de beaucoup d^ecclésiastiques* M. Hilaire Anbert fit la glose ^ et M. Greveuil le ser* mon. Ensuite on procéda a^x cérémonies qui étoieut le principal objet de la réunion y savoir; à V Expiation, ou Amende honora* ile^ k la Rénoi^ation des vœux du Baptême, etq. ; et Monseigneur donna la bénédiction.

Enfin , le terme des travaux de la Mission approche , et nous touchons à la fête la plus belle , la plus grande , la plus iihposante4|ai ait frappé la pieuse sensibilité des Fidèles ^ et qui a mis le comble à tous leurs vœux.

Vous voyez j mon cher ami 9 que je veux vous parler de la Plantation de la Croix, et de tout ce qui a concouru à cette auguste cérémonie.

Vous saurez d^abord que dés lea^ mar»

on a voit annoncé une souscription pour subvenir aipc frais de la consti*uctioh de cette sainte Croix ^ souvenir si précieux de U

Mission y monument éternel de la pîété des Dijonnais. En moins de six jours ^ unesomme de treize à quatorze mille francs fut déposée entre les mains des personnes notables de la ville, chargées de recevoir l'offrande de tout les Fidèles , sans distinction d^âge , de fortune, ni d'état; le denier de la veuve et du pauvre y furent accueillis comme l'or du rtthe. Le lieu où devoit être fixé le signe du salut, fut désigné par M. Rauzan, en avant de la porte Condé, entre les deux routes de Plombières et de Val Suzon , un peu en deçi de l'Esplanade, à- peu-près dans l'endroit où nos pères ont adoré la Croix de la Mission de 1737 , mais dans la direction de la rue Guillaume, de sorte qu'on pût l'apercevoir de l'intérieur de la ville , à une très grande distance. Il étoit impossible de choisir un emplacement plus favorable et plus propre à produire un grand effet. Rien de plus pittoresque et de plus frappant , que le coupd'œil qu'offre ce monument , à partir an commencement de la rue Guillaume, au lieu dit le Coin- du- Miroir. De ce point de vue on aperçoit la Croix , comme encadrée dans le bel arc de triomphe, que forme la porte Condé ; et la figure ailée qui s'élance d'un char au-dessus de celte porte , semble la Renommée qui part pour aller annoncer i l'Univers les conquêtes que le divin Sauveur vient de faire dans la ville de Dijon par l'intermédiaire de douze Ap6tre$ modernes, brûlant du même zèle que ceux qui , partant de la Judée , renouvelèrent la face du Monde entieir.

Huit jours avant la cérémonie j on avoît fait un appel aux hommes de bonne volonté qui désireroient porter la Croix pendant le trajet des quatorze stations qui dévoient conduire au Calvaire. Plus de six cents personnes se firent promptement inscrire. On y remarqua sur-tout les élèves duCollège royal et les élèves du petit Séminaire de Plombières, qui, réunis , formèrent une des divisions 5 car tous les porteurs furent classés par divisions 1 ayant chacune leurs chefs et leur étendara particulier. Les braves militaires voulurent aussi faire partie de ce corps d'hommes dévoués. Ce fut le digne M. Bach ^ mission; naire plein de zèle et d'ardeur, qui organisa cette nouvelle phalange , et qui , pendant quatre jours, Pexerça aux manœuvres* car pour porter le précieux fardeau de la Croix r neui à dix milliers avec le brancard^ , il lalloit au moinâ autant d'adresse et de régularité dans les mouvemens , que de force.

Chaque division , composée de cent cinquante hommes, fut distinguée par une couleur différente , blanc , rose , vert , jaune 5 et chaque Sorteur eut au bras un ruban de la couleur e l'étendard sous lequel marchoit sa division. Tous portoient à la boutonnière le Signe du salut, attaché avec un ruban bleu.

On avoit annoncé que toutes les personnes du sexe qui voudroient assister à la grande procession , n'y seroient admises qu'avec le costume suivant: pour les demoiselles, robe blanche , ceinture bleue, cordon noir, auquel étoit suspendue la Croix ; bonnet simple, et voile. Pour les dames, robe noire^

cordon blanc pour soutenir la Croix , et voilé noir. Les jeunes personnes de chaque paroisse éloient distinguées par un petit drapeau ou oriflamme de couleur différente , qu'elles portoient à la main ; pour Saint- Benigne , fond blanc et croix bleue r pour Notre-Dame , fond bleu et étoile blanche dans le milieu; et pour Saint-Michel , fond bleu et croix blanche. Les petits drapeaux des dames ^ pour toutes les paroisses ^ étoient fond blanc et croix noire. Les demoiselles composant les chœurs du chant ^ avoientj outre le costume ordinaire ^ un mouchoir bleu et un cordon bleu. Les petits oriflammes du chceurde Saint-Benigne , étoient en outre surnifontés d'une lyre dorée* Les hom.mes avoient le costume noir. ^

Tous les travaux relatifs, a la fabrication de la Croix j à la disposition du lieu pour la recevoir , à l'organisation des divisions pour Ja porter, et à l'ordre qu'on de voit observer dans la procession , lurent heureusement terminés pour le jour de la grande cérémonie.

Enfin il parut, ce célèbre 22 avril tant désiré ; mais dès le matin la disposition du temps répandit la tristesse dans tous les cœurs. Après plusieurs jours d'un soleil pur et qui faîsoit présager une journée magnifique , on fut péniblement affecté en voyant l'horizon se charger de nuages , et la pluie tomber vers sept heures. Hommes de modique foi , rassurez-vous! Ne voyez-vous pas que o'étoit un nouveau bienfait du Seigneur?

bi le ciel eût éié aussi serein que la veUle , la

6o MISSION DE l824.

clialeur eût été insupportable pendant la longue procession , et Dieu permit que la pluie cessât tout- à-coup ^ vers huit heures ^ et que le temps, se dégageant peu à peu, restât cependant légèrement couvert , pour vous faire jouir tout le reste de la journée de )a température la plus douce et la plus agréable que jamais vous ayez éprouvée.

La procession devoil , en sortant de la cathédrale , suivre le chemin de la Croix j marqué par quatorze stations figurées par quatorze superbes reposoii*s élevés de disr tance en distance , dans les rues par où devoit passer le cortège , et dont voici les noms: rue Saint-Philibert , rue du Refuge , rue Maison-Bouge , rue Berbisey , rue Chapelotte , place Saint-Georges , rue Charrue y Ïlace Bourbon y rue Saint- Pierre, rue Chaot-Chamy , rue Saint-Ëtienne , place Saint- Etienne , rue Rameau , place Royale , rue Condé, rue Guillaume, et enfin le Calvaire, Toutes ces rues étbient sablées et ornées de chaque côté de riches tapisseries , sur la plupart desquelles on remarquoit des emblèmes, des croix, et mille oojets relatifs à la circonstance, tous figurés avec des guilrlandes de fleurs , soit naturelles , soit artî»

A £cielles.

j Toute la garnison et la Garde nationale

furent sous les armes. Un détachement d^artillerie avec quatre pièces de canon avoit été mandé d^Auxonne, pour ajouter encore à la pompe de cette grande cérémonie.

Des habitans des villages voisins, conduits par leur pasteur, la Croix en taie et bannièire

MISSION DE 1824* €t

déployée yëtoient venus processionnellement dès le matin pour prendre part à la fête.

Enfin, à dix heures, tout se mit en mouvement et se rendit à la cathédrale ; mais il étoit impossible que la vaste enceinte de cette basilique pût contenir la dixième partie de tout ce qui accourut au pieux renaezvous ; alors on disposa la marcne de la pro* cession. En tête étoit un escadron de cavalerie ; les enfans élevés dans les hôpitaux ^ suivis des jeunes filles de Phospice de Sainte*^ Anne , tous accompagnés des religieuses aux soins desquelles ils sont confiés y s^avançoient les premiers , tenant à la main un petit dra^ peau vert , orné d^une croix de couleur tran* chante. Le drapeau des jeunes filles étoit en blanc, bordé de bleu. Venoit ensuite la pa<^ roisse Saint-Michel , précédée de sa ban« niére. Elle étoit composée de plus dé quatre cents jeunes demoiselles et d^uu nombre très considérable de dames , dans les costu-^ mes distinctifs dont nous avons parlé plus haut. Le chœur des cantiques étoit groupé entre les deux lignes de la procession , et ce» lui des chanteurs en étoit séparé. La ban« nière de Nott*e-Dame annonçoit cette paroisse qui marchoit après celle de Saint-Mi« chel , et qui nMtoit m moins nombreuse , ni moins régulièrement disposée. Il en étoit de même de celle de Saint-Benigne qui la sui* voit , et qui étoit accompagnée du Clergé de^ trois paroisses et de celui de quelques paroisses voisines.

Telle étoit la première partie de la procession qui ^ de la porte de la Cathédrale où

62, MISSION D£ l824'

l'on attendoit que la Croix arrivât^ remplis» soit déjà les rues de Saint-Pbilibert y. et même du Refuge* On étoit allé chercher la Croix dans Tancienne église Saint -Etienne où sa construction avoit été terminée. Un imniense l^rancard décoré de draperies rouges et blancjhes j devoit en favoriser le transport. Mais quand on sortit le précieux fardeau du lieu où il étoit j on s^a perçut de quelques entraves, à la facilité de la marche des porteurs^ Des supports se trouvoient trop longs | l'é-

Îuilibre n'étoit pas bien observé dans la pose 'une masse aussi considérable. Des ouvriers survinrent, et après deux heures de travail ^ tous les obstacles furent levés y et la Croix parvint à une heure moins un quart, sur la place Saint-Philibert^ à la porte de la Cathé^ drale , où Mg' PEvêque , suivi de là seconde partie de la procession , Pattendoit pour la bénir. Jusque-là le Christ avoit été couvert 4W voile. Qui pourroit peindre Pimpresftion qu'éprouva Pimmense multitude qui eouvroit la placé , au moment où Pon décoU'vrit le corps du Sauveur? Tous les cœurs se serrèrent à la vue de PHomme-Dieu parfaitement représenté au naturel dans le moment où il vient d'expirer. Ce teint livide ^ ce visage, ce côté, ces mains, ces pieds où le sang ruisselle 5 cette figure divine où la résignation et le pardon semblent encore empreints malgré les traits de la mort ; ce corps entier qui décèle tous les tourmens de la passion ; quel cfTet produisit subitement ce spectacle déchirant?

Monseigneur PEvêque bénit la Croix | et

à Instant vingt-cinq coups Jç canon annoncèrent que Jésus-Chrîst se mettoit en marche pour se rendre au Calvaire. Aussitôt les divisions des porteurs se placèrent en avant , dans Tordre qui le uré toit prescrit ; et celle qui ëtoit de service pourla première station, s'em* para de la Croix j avança dans la rue Saint-Philibert, et toute la procession se mit en mar* che^ Monseigneur, assisté de MM . les Vicaires généraux et d^un nombreux Clergé , se plaça immédiatement après la Croix ; la Cour royale , en robe rouge, M. le Lieutenant-Général et son état-major , en grand costumé y les Fonctionnaires publics , une multitude d^Ecclésiastiques , les Frères de la Doctrine chrétienne, et une foule immense de Fidèles formèrent la seconde partie de la procession, marchant à la suite de la Croix. Toute la garnison distribuée sur deux lignes, servoitd^es^ corte , et la gendarmerie à cheval fermoit la marche.

C'est en vain qu'on entreprendroît de

J>eindre cette pompe triomphale , traversant entement les rues et commandant partout l'admiration, le respectetle recueillement. A chaque station marquée par un élégant arc de triomphe, on faisoit une pause et les divisions de porteurs se rechangeoient. Quoique une très grande partie de la population de la ville assistât à la procession, on n'en voyoit pas moins , dans chaque rue , toutes les croisées des maisons et jusqu'aux ouvertures des combles , garnies de spectateurs entassés les uns sur les autres, avides de jouir de ce magnifique coup d'œil, çt de partager les sen*;

64 FISSION DE 1824*

tîmens depiélé de ceux aul accompagnoient le Sauveur. PuisquMl est ici question de croî; sées^ je vous dirai, mon cher ami, que presque toutes celles des maisons devant lesquellei a passé le cortège étoient pavoisées de dra^peaux blancs qui, com me au tant de Zaianim^ portoient le signe de la rédemption , et sembloient proclamer la devise que nos Rois ^ depuis tant de siècles, ont adoptée sur For frap^ pe enleur nom : CH&iSTusviicciT.CHRifiTus KEGNi^T. Chbistus impbrat. Âh ! c^cst dans ce moment que, grâce à nos dignes Misr sionnaîres, ce triomphe éternel de Jésus- Christ pénétroit les cœurs plus que jamais.

La procession, après environ quatre heures de marche , arriva à la porte Condé.

 pein« les porteurs de la Croix eurent franchi cet arc de triomphe, que le Christ fut salué par vingt>cinq nouveaux coups de canon. Le cort^e continua sa route, et peu après on parvint au terme du chemin de la Croix, cVst-à-dire^ au Calvaire. Pour éviter toute confusion dans une foule aussi grande ( à peu près 26,000 personnes ) , MM. les Missionnaires assignèrent à chaque paroisse^ à chrMjue groupe , à chaque division , le lieu [u'ils dévoient occuper; les demoiselles et es dames furent rangées sur le revers de resplanade, derrière remplacement de la Croix; toutes armées de leurs petits dra^ peaux ^ et dans un costume uniforme, elles formoient une espèce d^amphi théâtre, dont Paspect ravissant ne s^effacera jamais de la mémoire des Dijonnais. C^esi sur-lout lorsqu'à la fin des cantiques , elles agitoient

MISSIOK D£ 1824* ^

en Pair leurs oriflammes, qu'elles présentoient un coup d'œil plus enchanteur encore. (1) Tout lé reste de la foule formoît un grand cintre autour de la Croix, à l'élévatioa de laquelle on trayailloit, tandis que Monseigneur TEvèque, nos dignes Missionnaires et les autorités étoient au centre , attendant le résultat des opérations des ou* Yriers* Mais malheureusement les machines préparées pour soulever un poids. aussi énoi;v me,se trouvèrent insuffisantes; et après deux heures d^inutiles efïbrts, il fallut renoncer au bonheur d^offrir ses hommages au Sau-^ veur dans la situation où il étoit sur le Calvaire après avoir rendu le dernier soupir^ Ce contre-temps peina tous les assistant. "Le digne supérieurdé la Mission, M. Beilizan, fît un petit discours à ce sujet ^^t annonça que lorsque la Croix seroit élevée , on reviendroit en faire Tadoration. Ces paroles de consolation et d'espoir firent renaître la joie dans tous les cœurs,puisqu'ellesassuroient aux Fidèles deux fêtes au heu d'une, et qu'elles leur fournissoient une seconde occasion de faire éclater publiquement les sentimens de piété

(i) Comme l'a très bien dit le rédacteur du Journal de Dijon et de la Câte-d'Or, ce la plume seroit impuissante pour donner une idée de ee magnifique spectacle ; le pinceau le plus exercé n'y réussiroit même pas. Ce mélange de costumes de couleurs diverses, cette foule de bannières, de drapeaux , d^oriâammes, ofFroient l'image d'un parterrç émaillé de fleurs. 11 faut l'avoir vu..... Jamais plus belle fête n'a édifié les Fidèles, n

66 MISSIOJ^ BÊ l82i^.

qui les animent. Après ce discours, cmqoaii' te coups de canon annoncèrent que toutes les cérémonies de ce beau jour étoient terminées, (ilétoitsept heures du soirWt Monseigneur PEvèque qui , depuis midi^ n^avoit pas quitté un seul instant la cérëmonie, fut reconduit processionnellement dans sa cathédrale.

Le lendemain vendredi 23 avril, à trois heures après midi, la Croix, fut enfin éle* vée.

Nos dignes Missionnaires , le vendredi et le samedi, malgré les fatigues inouïes des jours précédens , continuèrent leurs exercî* ces ordinaires. Le dimanche matin les trou* va encore dans la chaire de vérité; hélas! c*étoit ledernier jour de leurs travaux apostoliques. A midi ils disposèrent tout pour la seconde procession dont Tobjet étoit l'adora^ tion de la Croix. Bientôt les trois paroisses précédées de leurs baimières, se rendirent isolément au Calvaire dans le même ordre qu^on avoit observé à la procession dn jeudi précédent. Lescostumes, les oriflammes furent les mêmes ; les chœurs de cantiques , les autorités résidant sur chaque paroisse firent partie de leur procession respective.

Monseigneur PEvéque, assisté de MM. les Vicaires-Généraux , honora de sa présence la procession de Saint-Benigne et vint avec elle au pieux rendez- vous. A mesure que les paroisses arriv oient, chacun dirigé par les Missionnaires reprenoit la place qui lui avoit été assignée à la dernière cérémonie; de ^orte ^ue TespiasAde ollîit encore ce coup

MTSSÎOSr »E l824» ^7

d'œîl encTiantetir (i) que sans doute la génération actuelle ne reverra plus.

Au pied de la Croix étoit un échafaudage qui ayoit servi de point d^appui aux machines par le moyen desquelles on avoit élevé le bois sacré. C'est sur cette espèce d'estrade modestement décorée , que monta M. lé Supérieur de la Mission, accompagné de Mg»" l'Evoque, de M. le LîeutenantrGénéral dé la division militaire^ de M. le premier Président de la Cour royale, et de plusieurs autres personnes notables parmi lesquelles on remarqua le vénérable Curé de la pa^ roisse Saint-Michel ; quoique blessé à la jambe, et pouvant à peine se soutenir, il s^étoit fait porter à cette cérémonie , voulant

i'usqu'au dernier instant de la Mission donner 'exemple dé l'assiduité à en suivre les pieux exercices. Â cette occasion , nous dirons que rien n'a égalé le zèle et l'empressement de MM. lesCurés des trois paroisses,de MM. leurs Vicaires et en général de tout le Clergé de Dijon, pour seconder les travaux apostoli^ quesdeMM. les Missionnaires. Mais aussi quel modèle ils ont eu dans notre digne Prélat qui s'identifioit pour ainsi dire avec ces Apôtres modernes, et sembloit se multiplier pour donner encore par sa présence , dans différentes églises, plus de poids, s'il étoit possible , à leurs exhortations , et les rendre plus efficaces !

(i) M. Bourjot, dessinateur distingué, a exposé au Musée de Dijon , le dimancliè 2 mai , nn. très beau dessin de ce coup-d'œil que Ton croyoitpeu susceptible d'être rendu avec succès.

68 MISSION VZ l8i24^.

Qaand toutes les paroisses furent arriv^ier' au pied de la Croix j que chacun eut pris sa place j et qu^un profond • silence r^na duns cette immense assemblée ^ M* RauMn^da haut de Festrade , après avoir demandé et reçu la bénédiction de Monseîgneor ^ porta la parole, et débuta par ces mots : ce Jésus* Christ a dit : Et ego si exaltatus juero a terra f omnia iraham ad meipsum (i) j lorsque je serai élevé de terre , j^attirérai tout i moi. 9> Son beau discours fut le développement de cet heureux texte. Après avoir rendu des actions de grâces solennelles à Dieu pour les miséricordes qu'il a daigné répandre sur la ville de Dijon, pendant le temps de la Mission ; après avoir félicité ses habitans de ce que ce Télan des cœurs a été le même dans toutesles classes d<»la société \ de ce que le riche comme le pauvre. Phomme ignoré comme celui qui réunit surlui la considération et les dignités, se sont donné mutuellement Pexemple du zèle^dePédification et d'un sincère retour à Dieu (2) ; 39 enfin après avoir engagé ces Fidèles à persévérer dans de si heureuses dispositions, M. Bauxan a témoigné sa reconnoissance à Mg^l'Evèque, de tant ce que sa Grandeur a daigné faire pour le bien de la Mission } au Clergé, de ses efforts

Sour en assurer le succès; et aux autorités ^ e la part qu'elles y ont prise et des pieux

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