‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 1 sur 31 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Cest pour me rendre aux vœux à^ plusieurs de mes anciens compagnons d'annes , que j'ai publié les relations des sièges de Badajox , d'Olivença et de Gampo-Mayor , écrites k la tranchée, même et telles, à peu près, que je les avais rassemblées dans mon porte-feuille; j'ai cherché à remplir cette tâche aveo d'autant plus d'intérêt qu'elle m'a donné l'oc^ casion, en fournissant des matéi^iaux exacts aux écri- Tains qui entreprendront l'histoire générale de la guerre d'Espagne, de réfuter par des fititsirréfina» gables divers ouvrages qp ont paru sur ces sièges^ dans lesquels on a , sans respect pour la vérité ,- cri« tiqué tes opérations des Français et donné 1^ palme àleurs ennemis.

J'ai cru devoir faire précéder ces relations d'une introduction ou précis de la marche de l'année as* ttégeante en Estramadure, afin d'iodiqueir la lipie. d'opération qu'elle s^était formée, et faire connaître toutes les difficultés qu'elle eut à surmonta pour opérer une diversion , que les événemens du Portugal commandaient impérativement, et qui fut entr^pri$e. malgré la saison rigoureuse dans laquelle nous nous trouvion^.^

▼I AVERTIS*SETWENT. "■ *

J'ai décrit la bataille de la Gévora, livrée par Tarmée assiég'eante sur la rive jdrpite de laGuadiana, parce qu'elle se lie essentiellement au siège de Badajoz, et que les détails dans^lesquels je suis entré n'ont , jamais été publiés ; le plan de cette bataille e.t les nioiiTeine&s: qui Font |>récé<îéë àont tracés sur la plahch&YII) et rapportés cfoihnle des riiodélés'précieûi oïl les grands rprincipes de fart ont été devetoppés. ) En général , il n'est pioînt de stijet plus interéswit pour les iriilitairés, que les relations des sièges ëï des batailles, éàrs^ls lï'y trouvent pas toujours des exemples' doïit ils ont' été lès témoins ,eb dès faits auxquels îfe ént pris part , îïs y rencontrent dii*^ moins fnatière à réfléchir sur la cause dés succès et des revers idô dcxs -sottes d'fettb^è^rîisès', et Véii pçut àiré avec: rai^ili que t*îèn ^è ïéU'r "est ' plus iiûlè cj/ie là lecture dé cè^ bù#a'gesl Dans lés sciences oi| parr vieùt atéc beaucotr|i 'd'application a acquérir des connaissances et à les utiliser; mais iï est vr^i.de dire que dans' Fart'^dè là ^guerre on' né sait, bien exécutée tfk'èk jilî^àttir^à dne gr^de^re^ 3e <jtftt|iàisiahcës VéiLpëviéiïek âicquise. , par ' ptùsîetirf^ cânipîÉgn'èsi'actîves/ ■''■■'"' Z^'""/,' '."',;. ,^ .^,'

J'ai haéardé avec ht frahcliîse d'iih sôWkt qudques ôbii^rvations sur lés fautes <;ômmises de. part ' et <iP*itrfe , rioin pour blâther Tes bpéràlions après les é^étfémeilfi, inâfîà 'pôût^ lek âôhrier comme des exemples aux jeunes militaires appelés à servir le roi et

AVERTISSEMENT. vu

à défendre la patrie , bien pénétré de l'idée que les Êiutes servent plus souvent de leçon que les récits des plus beaux exploits, où la fortune a souvent une si grande part.

Je me suis particulièrement attaché à exprimer les faits d'une manière simple et d^ire^'et à ies présenter sous le jour qui convient à la vérité , sans m'inquiéter beaucoup de mon^ style ; j'espère que le lecti^ur me pairdonnera cette liberté , 'en faveur du but que je me suis proposé, et de mes travaux habituels, si éloignés de ceux d'un écrivain.

ERaATA,

Pf-

Ug.

îàtn.

D'occuper l'Zstra-

D'occuper la haute Estra-

madure.

^ madure.

Andouau.

Andouaud.

Idem.

Idem.

Idem. '

Idem.

Royon

Royou.

Lamare.

Delamarre.

So

Idem.

Idem.

Andouaud.

Raîmond.

Remond.

DelaRiviUas.

Du Rivillas.

ii3

Iden(i.

Idem.

xi4

Idem.

Idem*

ii5

Idem.

Idem.

Cuidad-Rodrigo.

Ciudad-Rodrigo.

la ]R.iTillas.

Le Rivillas.

Le flanc droit.

Le flanc gauche.

aoS

De génie.

Du génie.

Ainsi fut pris.

A la fin de la campagne de 1810 ^ le maréchal Soult, duc de Dalmatie, général en chef de l'armée du midi en Espagne^ avait reçu l'ordre d'occuper TEstramadure avec toutes les troupes qu'il avait de disponibles^ afin d'opérer une diversion en faveur du maréchal Masséna, prince d'Essling , qui commandait celle de Portugal. Il partit de SévilJe le 2 janvier 1811, à la tête du 5."^ corps, commandé par le maréchal Mortier , duc de Trévîse, avec une division de cavalerie de réserve sous les ordres du général comte Latour-Maubourg, et ce qu'il put réunir de troupes et* de matériel d'artillerie et du génie, sous la direction des généraux barons Léry et Bourgeat '. Avant de quitter la capitale de l'Andalousie, qui de-

' Cette armée était' composée de a 3 bataillons, ao escadrons, 54 bonches à feu, 6 compagnies d'artillerie ^ a compagnies d'artillerie à cheral, i de pontonniers, i de mînenrs, 5 de sapeurs, et I des onyriers de la marine , atec un matériel en bon état

a mmODUCTION.

meurait toujours le centre de ses opérations, le maréchal Fanait fait mettre à l'abri d'un coup de main, et en avait confié le gouvernement au général baron Darricau. Le ï." corps, commandé par le maréchal Victor, duc de Bellune, était dans les lignes devant Cadix; le 4-"*9 sous les oi*dres du général comte Sébastiani, occupait le royaume de Grenade, et observait les mouvemens de Fennemi vers Carthagènè et Gibraltar; tandis que le général DessoUe était à Cordoue avec une division de réserve d'infanterie ; et que le général Victor Remond, avec une colonne mobile, composée du 9."* régiment de dragons, d'un bataillon du lô."* d'infanterie légère, et deux petites pièces d'artillerie, était à la Niebla, opposé au général espagnol Ballesteros , qui avait 5 à 6000 hommes sous son commandement.

Les troupes destinées à cette expédition, divisées, en plusieurs colonnes, pénétrèrent en Estramadure en franchissant la Sierra Morena par les phemins difficiles de Llerena et d'Aracena ; et les parcs d'artillerie et du génie, par la chaussée de Monasterio. La saiscm, quoique très-avancée.

HTTRODUGTION. 3

prcxDieiiait: de fovorisfer ncis opérations; mai», après k départ, une: tempête Tiolente survint tout-à-coup ; une pluie abondante^ mêlée de gréle, forma des torrens et. détruisit Ie& dbemins. La marchedes convois, et notamment de ràrtillerie de siège,, fut retardée : plus de trois cents cha«riots attelés de bneufsifurent abandonnés par leurs conducteurs : une grande partie dès vivres et des munitions- se perdit. Le temps devint si ef&oyabte que le courage des soldats en était abattu* : on vit alors beaucoup d'officiers d'artillerie^ et du génie conduire eincHfnémes les chariots, et. montrerrexemple d'un dévouement presqueinconnu; et ce fat surtout à leurs efforts et à leur peisévérance qu'on dut la conservation du matérid de l'armée.

Le 3 et le 4 1^ pluie continua sans interruption. L'avant-garde de la cavalerie de réserve r^icontra l'ennemi à Usagre , se repliant en toute hâte sur Almendralejo et Mérita. Dans le même temps le duc de Trévise faisait sfttaquer y par une brigade d'infanterie et par le 2. '^^^ de hussards, un corps espagnol qui occupait les défilés de la

Sierra : après deux heures de combat, ce corps fiit forcé à la retraite , et poursuivi dans la direction de Fregenal.

Le 5, le général en chef était à Zafira; le 7 il entra à Merida, d'où la brigade de cavalerie du général Bricbe avait chassé la veille les Espagnols, qui se retirèrent ensuite sur Badajoz par la rive 4roite de la Guadiana, tandis que la cavalerie portugaise opérait sa retraite par la rive gauche sur le même point. Le général Briche poussa ensuite ses coureurs jusque sous les murs d'Albuquerque, et atteignit l'arrière-garde ennemie, ' qui fut sabrée.

Pendant que le^ général Latour-Maubourg , avec la cavalerie de réserve , contenait la garnison de Badajoz, la i/* division du 5.°" corps et le ^7."' régiment de chasseurs à cheval se portaient devant Olivença, et investissaient cette place, dans laquelle six bataillons de ligne et une brigade d'artillerffe légère venaient de se renfermer : matS', comme nous l'avons dit plus haut , l'arrivée de l'artillerie de siège était retardée par le mauvais temps et l'état affreux des routes ; ce ne fut

donc qu'avec les seuls moyens de cette division que le général en chef put faire commencer Touverture de la tranchée.

La 'iJ^ division, commandée par le général comte Gazan, a 5 chevaux du 4*"" de dragons, et deux pièces de canon de montagn^, portées ^ dos 4e' mulet, étaient restés en arrière , pour pro^ téger les convois contre les troupes de Ballesteros , qui manœuvraient sur aotre gauche pour couper nos communications avec l'Andalousie.

Le général Gazan couvrit avec habileté la ligne d'opérations sur laquelle se trouvaient les seuls moyens de siège de l'ÉCrmée du midi-, préparés avec taût de peine dans les arsenaux de Séville. Il occupa tour-à-tour , av,ec sa division , Fuerite de Cantos, Ftientè de Léon, Aracena, et poussa des reconnaissances sur Fregenal, où il apprit que Balles teros s'était retiré à la Puebla de Guzman avec ses troupes. Le général, voyant l'ennemi s'éloigner, résolut d'aller à lui, de le combattre, et de le jeter au*delà de la Guadiana jusqu'en Portugal. Il jugea qtie cette opération donnerait le temps de faire arriver l'artillerie en sûreté à

6 INTRODWGTIOH-

Zafira. Après avoir iniormé le dtrecteiir d'artilkrie du mouvement qu'il avait projeté^il se «ît; en marche pour Gibraléon , et dohua Tordre au général Bemond de v^^iir le joindre dans cette viUe, avec aa. colonne mobile, dans la nuit •du a4 au a5. ^ son arrivée , il ap{)trit que Bollesleroa était à Yillanueva de los Oaatdilejos» et que ce génâ!al ennemi avail $on artîllerîeà San Lucajp de Cruadiana.

]> 95 , à la poînte d« jour^J^ troupes i r^iûea ipiis les ordres du générai Gazan, s^ feinadèrant en colonne, le^.'^^ de dragons en tête, ft se lauf ent en inouv^ment 4w^ h direction de Villa** nueva. Vers les (m^ heures 9 ^^ déiKHichant d'un p^t^ Jiois, elles aperçurent le3 Espagnols, occupant les hai^|t^<u% de la droite de ce village , et attendant de pied ferme les Français. T^ général G9;&an ^e port^ a,lors «n avant, pour reconnaître la position, et il envoyait ses prdres aux froupesi à mesure qu'elles sQrtaient du bois. Le général l^^qfiond reçut celui de ^e diriger, avec sa cavalerie ^t le bataillon du 16,"*% p^r la plaine, suit les derrières de l'ennemi; pendant que le général

Pépin 9 avec la t /* brigade et ime pièce de canoa^ loarchait «ur le revers de la côté, attaquant la gauche, &t que la t.''* brigade^ cofomàndée psr le général Maransiu^ attaquait de froBt. Cette manœuvre détermina rennemi à un Bi&uv^ent de conoeuttatian «ur le centre de la Kgûe , pout défendre YiUaaueVa^ aiiitâ que là position fort nÂdableipii le dcmaine. Dans t:e but, Bdlestero^ plaça le régiiAent de Léoki derrière un jùiKj et «Ht deux tfutïies régimens en bataille prés é'mti chapelle , un peu en arrière , pour soutenir te^mci, pendant que le reste de ses trpupes occupait le point çulminaal de la portion. Telles étènent les dispositions des Espagnols , l^sque , d'àpvè^ les ordres du gi^iéral Gazan , le.général Maratisinti à la tête du ^ft.**' d'infanterie légère^ soutenu par le %\J^^ et le too."''de ligne, s'avança aupàâ de chailge, à travers, un. terrain tvès-accidenté , ^l s'empira à la baïonnette du village : il attaqua ensuite la position avec la plus grande inti^pidité, et Tenleva également à la baïonnette, malgré le feu le plus vif. Pendant cette vigoureuse attaque, un détachement de cavalerie , commandé

par le chef d'escadron d'Arnaud , pénétra dans Villanueva , saijradans les rues un grand'nombre de fuyards, et acheva la déroute de l'ennemi, qui laissa sur le champ de bataille un grand nombre de- morts et de blessés. Le général Rémond , ({vi n'avait pKi prendre part à l'action , à cause des difficultés du terrain et de la retraite précipitée des Espagnols , se mit à leur poursuite jusqu'à la Guadiana , les obligea de repasser ce fleuve avant la nuit,- et dô se réfugier en Por* tugal. •

te général Gazan , jugeant que Ballesteros n'o* seraitxle quelques jours rentrer en Espagne, que Fartillerie de siège avait eu le temps dé Sortît de la Sierra, et que les derniers convois pourraient lïiéme atteindre le' camp defvant Badajoz pendant qu'il prendrait cette direction, séjourna lé a6 à Villanueva, et se mit en marche le 27 pour la car pi taie de l'Estramadure, devant laquelle il arriva le 3 février, après avoir passé par la Puebla de Guzman, el Cerro, Cortejana,Fregenàl, Xerez,* et Valverde. Nommé chef de l'état-major général de l'armée du midi, il quitta le commandement

de sa division , qui fut confié provisoirement au général de brigade Fépin. Dans le même temps le général Remond, avec sa petite colonne mobile, petourns^ à la Niebla, et dirigea sur Séville quelques prisonniers, ainsi que nos blessés et ceux de l'ennemi.

H «M— > »IWl»fjf ■><■••■•■•••■#■»— >•■•■•••••■•>•■ »

Le duc de Daioiatîe, le â^K de Trévise, et les éUbl5*iiii^iis 9 arrivèrent la 1 1 janvier i8i i , à ciB<| heures du soir» devant Oliveoça, avec la i.*^ di*. pi. i. vision du 5."* corps, et le a-;."" régiment dte chasseurs à l^hevai. L'avaot'^g^rde avait repoussé tous les postes ennemis dans la place ^ qui fîit dès ce moment étroitement çwnéê* Immédiatement ;^près^ le duc de Trévise envoya une sommatioa au gouverneur , dans laquelle il lui offrait les honneurs de la guerre; mai^ celui-ci répandit qu'il se défendrait jusqu'à la dernière extrémité.

Pendant que les troupes preqaient position, qu eUes fermaient les principales avenues par des chaînes de postes» et achevaient Tinvestissen^ent, le général Léry faisait la reconnaissance des fortifications, et refait le service pour une attaque contre le front de^ bastions d-g. U détermina le pombrede travailleurs et degardes à fournir pour l'ouverture de la tranchée. L'artillerie de la di-vision (était réduite à ses propres moyens, le grand parc étant encore en arrière : on n'àvail même pu fcdre arriver qu'une compagnie de sa-

peurs et 200 outils, portés à dos de mulet. Dans cet état de choses il aurait peut-être été convenable de hasarder une attaque de vive force ; les demi-lunes n'étaient point armées , et les chemins couverts étaient sans défense : mais on fit observer que les remparts étaient revêtus en bonne maçonnerie, et gardés par une nombreuse garnison; qu'une tentative d'escalade ne pouvait manquer d'être très sanglante, et que la prudence commandait qu'on fit le siège de la place. Toutefois, le gouverneur ayant négligé de faire occuper la* lunette 1 3 , il fut décidé qu'on 's*en emparerait de suite. En conséquence l'c capitaine du génie Vàiusot reçut Tordre de s'y établir. A sept heures du soir urte compagnie de voltigeurs du 64.'°° ,' dirigée par cet officier , escalada l'ouvrage. Le chef de bataillon du génie Cazin , le capitaine Coste , J^o ^ sapeurs et 160 travailleurs des 64:"'' et 88."' régimens:, y montèrent aussitôt après, et exécutèrent en dix heures de temps une rampe au saillant , le maàsif d'une batterie dans Je terre-plein , et deux traverses dans lé fossé. Ces travaux furent continués le matin par le capitaine du génie Andouau , avec 40 autres sapeurs et 100 travailleurs des mêmes régimens. Le général Léry les visita à la pointe du jour, et donna des ordres pour leur perfectionnement.

Le 12 , à dix heures du matin, le capitaine du

SIEGE D'OLIVENÇA. i3

génie Bagnac j^it le service avec le même nombre de travailleurs que la veHle. A onze heures rartillerie mit quatre pièces de 8 en batterie dans la lunette : à midi elles commencèrent à tirer sur la ville. Le duc de Dalmatie et le duc de Trévise firent la reconnaissance de la place et des ouvrages d'attaque : ils témoignèrent leur satisfaction aux officiers du génie , sur l'activité qu'on avait déployée aux travaux. A. quatre heures du soir le capitaine Amillet, avec 18 sapeurs et 76 tra* veilleurs, continua le perfectionnement des ouvrages.* A huit heures le capitaine Bagnac regrit le service, e* fit faire une troisième traverse à gauche, pour couper la route qui longe le glacis. A minuit tout Iç travail se trouva terminé.

Tandis qu'on travaillait à la lunette, lé chef de bataillon Gazin reconnaissait le ba^ion 8, qu'on croyait être revêtu en mauvaise maçonnerie. D'après le rapport de cet officier , le général en chef voulut l'examiner, et s'assurer par lui-même de l'avantage qu'il y aurait à diriger l'attaque de ce côté. La chose ayant été décidée , le capitaine Vainsof , avec ao sapeurs et 72 travailleurs d'infanterie ^ fit ouvrir la tranchée, à 35o tnètres environ de la crête du glacis du bastion 9 , sur une longueur de 1 80 mètres. Les approches étaient protégées par une maison de campagne A wce fut à la faveur du masque qu'elle offrait, et de quel-

i4 SIÈGE D'OLIVENÇA.

qiie& accklefts de terrein , tpie les travailleurs d^^^ bouchèrent à la. sape volante^ et coiniiiencèrefil; kl parallèle.

LeYS, à midi, on travailla à prolcmger la pa-^^ rallèle de 70 mètres. Un plL de terrein protégait les owrriers, qui continuèrent leur travail pen»dant le reste de la joamée , malgré le feu des assiégés et uite pluie quiitombait par torrens. Pendant la nuit 20 sapeurs et i>3o travailleurs pous*sèrent la parallèle à lôa mètres plus loin, et ti^vaillèreint en même temps à approfondir et à élafgir les parties de cet ouvrage, que les difficultés que fit naître la nature du sol avaient^retardée& Le maréchal Mortier visita les travaux et encouragea les troupes par sa présence.

Le i4» à quatre heures du matin, le capitaine du génie A^millet monta la tranchée avec aao tisavailleurâ. La pluie tombait toujours abondamment et inondait ha parallèle : cet officier fut obligé de faire exhausser les banquettes avec des fascines , et creuser des rigoles pour l'écoulement des eaux. A midi le capitaine Yainsot le releva; et ce fut avec beaucoup de peine qu'il opéra le dessèchement de la parallèle, et qu'il la rendit praticablei Malgré toutes ces contrariétés il parvint à la prolonger de 12 mètres, ce qui portait sa longueur totale à 43a mètres. A minyit le capitaine Andouau ouvrit 68 mètres de boyau, et at-

SIB6E D'OLIVBȂA, i5

teignit uae butte deyant hu bc9 droite de I9, plaee d'armes rentrante dea bastions 8 e^ 9* Les eaujt ayant encore dégradé les ouvrages, il dut s'occuper à faire de nouvelles rigoles pour leur écoulement, ce qui retarda; le travail» Le gâiéral Léry reconnut la ps^allèle, et donna l'ordre de la pousser plus avan&

Le 1 5 an malin, de nouveaux; fravailleups, dirigés par le capilaine Baguai: > reprirent l'auvrs^e, et perfectionnèrent ce qui avait été exécuté pendant la nuit Le t^nps était toujours, très^-mauvais; les eaux pluviales occMionnèrent encore de nouveaux retards; et, quoique le feu des assiégés fût des plus vifs, le travail ne fut pas interrompu« Le général en chef vint à la tranchée encourager les travailleur;».

Le scHT le chef de bataillpn Ca^^in reconnut les gla^ift du bastion 8 , sur, lisquel pn se proposait d établir les baM»*ies de brèche; et, pendant la nuit, les capitaines Yainspt et AmiUet ouvrirent un boyau de> 170. mitres,. qui dépassait de 60 mètres, la capitale du bastion. I|*a, pluie n'ayant point ^ discontinué, iU furent çnçore obligés d'employer une porbe des^traysiiileurs à faire écouler les eaux et desséchfx la parallèle. Il existait aussi sur plusieurs points 4^s espaces sans parapet qui ne purent être remplis avant le jour : les oqtils man- (pi^ent, et par conséquent le nombre des tra-

ï6 SIÈGE D'OLIVENGA.

vailleurs était insuffisant pour perfectionner tout ce qui était commencé : le zèle des soldats du 34."' et du 88."' leur fit entreprendre de remblayer ces espaces, et, comme ils manquaient de pelles, ils jettèrent la terre avec les mains. Le général I^éry , pour récompenser ces braves militaires , leur fit donner une gratification.

Le 16 on continua à dessécher et à perfectionner la parallèle; on forma des banquettes en fascines sur ime longueur de i*iO mètres. Le soir le capitaine Andouau ouvrit 160 mètres de boyau; mais les travailleurs étaient en si petit nombre qu'il eut beaucoup de peine à se couvrir avant le jour. Le général Girard passa une partie de la nuit à la tranchée.

Le 17, à la pointe du jour, Je général Léry inspecta les travaux, et donna de nouveaux ordres pour les continuer. Le général en' chef y passa une partie de la matinée, et reconnut, avec les officiers du génie, l'emplacement des deux batteries qu'on se proposait d'établir aux points B et G, dans le dessein de ricocher le terre-plein des deux faces du bastion. Le soir le capitaine Vainsot traça les batteries à ricochets pour six pièces tle 8, et les fit commencer sur-le-champ. En outre , il fit ouvrir à la sape un boyau de 60 mètres de long pour s'approcher du glacis, et il dirigea en capitale un second boyau de. dix

mètres. En même temps le capitaine Coste prolongeait la parallèle de 70 mètres, et s*avançait ainsi vers la route de Jurumenha, à la gauche de laquelle on établissait la batterie G.

Les assiégés, de leur côté , dégorgèrent plusieurs nouvellçs embrasures aux deux faces du bastion 8, et redoublèrent leur feu. On découvrit, de la lunette i3, qu'ils avaient élevé une grande traverse jperpendiculairement à la £ace droite du bastion, pour se défiler des feux de la batterie établie dans cette lunette.

Malgré la faiblesse de nos moyens, les travaux furent poussés le 18 avec beaucoup d'activité. Le général Léry en témoigna sa satisfaction au capitaine Vainsot , qili les avait dirigés. A huit heures du matin le capitaine Andouau reprit le service de la tranchée , et continua les batteries à ricochets, ainsi que le perfectionnement de la parallèle : il fut encore obligé de détourner un certain nombre d'ouvriers pour les employer à faire écouler les eaux, qui ne cessaient d'inonder les ouvrages. L'artillerie commença les plate-formes, et prépara tout ce qui lui était nécessaire pour faire des embrasures^ aux batteries.

Le soir, le capitaine Amîllet ouvrit 1 5o mètres de parallèle, coupa le chemin de Jurumenha, établit une communication pour aller à la batterie C, et continua ces travaux pendant toute la nuit avec la plus grande activité. ' 2

i8 SIEGE D'OLIVENÇA.

La «çaïupagaie d^ sapeurs du grand^duché de ly^rsoyie arriva au camp avec un c^i^p^ ^e 3qo putij^, çe.qui fut d'un Çrès^-grand s^qours, \e» travailleurs fournis mr Vinfataterie ayant souvent été renvoyas faute di'putiU pour les emplpyer. , Le .19, on répsy^^la parallèle, d^radée par. les jplu^s et par lefeju de laplfcç; on épaissit encore le^pî^rgpets, eç.on élargit plusieurs parties de, la tranchée qui j^ avaient besoin. L'artillerie dç^.sop coté travailla as^çô activité à ses batte^fjes. Jj^ g;énéral en chef et le général lyéry r^e^tèrept loîiigternps.sur les travaux pour ejjqÇitir^ger lfe$:.Oti-

yijie^S; . • . • :• r • '\ • * .: ».t .. . . .

.:, AjU cbjutedui jour le cî^piitaii^eTaipsc)! coiur i;iaèfl^a J,e çcwarpjgm^çipept d;^ q^iemin çp.i*vert à ^yoÂtjç ei à gauche (Je la plai;et:4'awriî?ps saillante (|u jbastipn 8, et fit raassjer pendant la nuiit dei^x batteries, de brèche destinées à ba,ttre. les dçux l^^çs de ce b^&tior^ ainsi ;que les flancs d^s bas- Jtipp^ 7., 9 : l'artillerie eptreprit en même temps Jp-tr;^y:^l ijui la. .cpnceruait; Au jour l'ennemi dirjgp^ po.fttre c^ b^tterii^ une x^anonn^de qui eut pçjij.d.ç s,ujQçès,, caiç i] >iej pm jamais contraindre les ti'avaiUeurs à.qHitt;fr.lçur pQ3,te- .

^ ..Op.cw^i^yj^ 4f ,;^g; le; çouropneiAent du chemin, . couy ert ^ntrqprb dans la soirée du 19, ç\ (^ l,\Hjei?^it,.cle trj^pl^ ip.ètres cle chaque côté du

A huit heures du matin la batterie B commença le feu contre le bastion 8. Outre les tr'ois pièces dont elle était armée ^ qui battaient de pleiù ïotiet les embrasures et ricochaient la face droite dé ce bastion, d€ux petits mortiers tiraient sur 'divers points. Au bout de quelque temps le feu des assiégés se ralentit , et Ton entendit beaucoup de bruit dans le bastion 7 , ce qui fit présumer qu'ils y préparaient quelque nouveau moyen de défense.

Pendant la journée le général en chef et lé duc de Trévise visitèrent' lés travaux de couroiinement ainsi que ceux des batteries de brèche. Le général Léry fit prendre dès dispositions pour ren verset* la contrescarpe au moyen dHin globe de compression.

L'artillerie de siège , dont la marche avait été retardée par le mauvais temps et l'état affreux des routes , arriva successiVeiheriï avec la a."" compagnie de mineurs et la 9.** de sapeurs.

Pendant la matinée le gouverneur dé Badajoz tenta de faire une diversion en faveur d'Olivença, en attaquant avec sa cavalerie celle du général Latour^-Maubourg , placée en observation; mais elle fut repoussée. •

Le 21, au matin, le chef dé bataillon du génie Larnare, avec 5oo travailleurs, termina le couronnement du chemin couvert, et fit répareries dégradations occasionnées par le feu des aâ'sié-

2Ô SIÈGE D'OLIVENCA.

gés. Le soir il fit un puits de mine au point D, de huit pieds de profondeur, et entreprit un rameau qu'il dirigea sur la contrescarpe , pour y mettre un fourneau et la renverser. A minuit le capitaine du génie Lemut prit le service et continua les travaux jusqu'au jour. On apporta dans la. tranchée les fascines, les gabions et les blindes nécessaires pour effectuer le passage du fossé aussitôt que la contrescarpe aurait été renversée. Sur ces entrefaites le capitaine. d'artillerie l'Espagnol faisait armer les deux batteries de brèche de pièces de 1 2 et d'obusiers de 8 ^ les seuls qu'on avait pu faire arriver avec des peines infinies.

Le îi^, au matin, tous les ouvrages d'attaque étaient achevés, la mine était prête , et les travailleurs n'étaient plus employés qu'à réparer les dégâts que faisait le. canon de la place.

A dix heures notre artillearie commença de toutes ses batteries un feu vif et soutenu ; les batteries de brèche tirèrent sur les revêtements des deux faceQ .du bastion 8 , et sur les flancs des bastions latéraux. Les maçonneries des escarpes étaient déjà fortement entamées, lorsqu'on entendit tout-à-coup un bruit sourd dans la ville, qui annonçait une espèce de révolte : en effet on vif; bientôt après une fpule.de paysans et de soldats effrayés se présenter sans armes sur les parapets du bastion,^c) et sur ceux de la courtine de

SIEGE D'OLIVENÇA. ai

droite du côté de la porte San Francisco, en demandant qu'on cessât le feu , et annonçant l'intention de se rendre. Quelques instans après le gouverneur se présenta avec son état-major en avant de la porte que nous venons dé nommer , et déclara qu'il avait résolu de capituler; mais s'étant refusé le premier jour de l'investissement aux propositions qui lui furent faites, le duc de Trévise rejeta toute espèce de condition. Cependant on convint ensuite d'une capitulation , et la garnison^sortit de la place le lendemain 23 janvier, à huit heures du matin, devant les assiégeans, déposa les armes sur les glacis, et fut conduite prisonnière en France. Son effectif était de 4^4^ hommes, parmi lesquels on comptait de bons artilleurs et sapeurs, un maréchal de camp gouverneur, un brigadier, neuf colonels ou lieutenans-colonels, et plus de 1 5o officiers de divers grades. On ne trouva que i8 pièces d'artillerie ^ et beaucoup de projectiles. Malgré la part que les-^ habitans de la ville avaient prise à la défense, ils fiu*ent traités avec des égards et une modération à laquelle ils étaient loin de s'attendre.

Après que la garnison eut évacué Olivença, le général en chef et le duc de Trévise y firent leur entrée à la tête des troupes françaises : ils y séjournèrent les 24 et 2 5, et eu partirent le 26 au matin pour se rendre devant Badajoz.

aa SIÈGE D'OLIVENCA.

La cavalerie de réserve , qui était restée en observation dans ses cantonnemens^ se mit également en mouvement, et précéda la division d'in-» fanterie. Le général en chef laissa dans la place l'adjudant Commandant l>aron Forestier avec un petit détachement de canonniers^la n."^- compa** gnie de mineurs , et 5 à 4oo hommes à*^în£anterie. Il donna les ordres nécessaires pour faire rétablir l'escarpe du bastion 8 , et pour mettre la place en état de protéger ses opérations ultérieures.

Les pertes des Français furent légères.. Les précautions prises par les officiers du génie, dans la conduite des travaux d'attaque, épargnèrent beaucoup de sang; ils méritèrent aussi les plus grands éloges pour l'activité qu'ils y apportèrent. Les troupes de toutes les armes se conduisirent avec beaucoup de zèle et de valeur.

Cette défense fut regardée comme très-médiocre , quoiqu'elle eût duré pendant dix jours de tranchée ouverte. Les Espagnols, qui dans d'autres circonstances avaient défendu leurs remparts avec tant de courage et d'opiniâtreté, montrèrent une pusillanimité inexplicable dans celleci. On objectera peut-être que leurs moyens étaient bornés; mais on répondra à cela que ceux des assiégeans l'étaient encore davantage. Quelques sorties bien dirigées sur la tête des tranchées auraient certainement prolongé la durée

SIÈGE D'OLIVENÇA. i3

du siège. La forée mimcIriqUe dé la gartotsoi^ était plus, que suf&âante pour em^ployer ce moyen avec succès» En général on pént dierchef la cause d'une mauvaise défense dans Fintapacité du gouvemeùir et le déJEant d'intelligence et d'iàdusirie des officiels qui sont destittjésà le seconder. Ge nekt pas assez de payer de sa personne danis une place assiégée ^ il faut encom ^voir les connaissances de l'art , et savoir foiré agir les ressorts qui élèvent les hommes au-dessus des plus grands dangers;

Notice succincte sut Oliuença^

Olivença ( Olii^entia ), ville espagnole fortifiée, dans l'Alentejo, appartenait jadis au Portugal. Les Espagnols la prirent en i658 , et la rendirent par le traité de Lisbonne en ï668 : elle fut de nouveau cédée à l'Espagne en 1801 , avec son arrondissement : les Français s'en emparèrent le 23 janvier 181 1 ; les alliés la i:eprirent dans le mois d'avril suivant : elle fut réoccupée par les Français le 21 juin de la même année : la démolition de ses fortifications fut résolue et exécutée le 27 : enfin elle rentra sous la domination espagnole dans le mois de mars 18 12. Elle est située au milieu d'une vaste plaine, sur une hauteur qui commande la terrein environnant , excepté du côté

a4 SIÈGE D'OLIVENÇA.

du sud. Sa population est d'envirou cinq ^mille âmes. On n'y fait aucun commerce : le pays produit du grain , de l'huile, et des légumes. Olivença renferme deux casernes , un magasin à poudre , et deux fontaines abondantes. Ses fortifications formaient un polygone irrégulier de neuf bas^ tions, revêtus en maçonnerie , de 7 à 8 mètres de hauteur, avec sept demi-lunes imparfaites et une lunette : le tout entouré de bons fossés avec contrescarpe en maçonnerie de 2 à 3 mètres de hauteur , et de chemins couverts également revêtus. La Guadiana n'en est éloignée que de deux lieues, Badajoz de quatre, Elvas de six, et Evora de seize. Longitude 11, la, latitude 38, a8.

Page 1