‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 2 sur 31 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Les Anglais ont publié que le duc de Dalmatien avait seulement bloqué Olivença le 1 1 janvier , et que la famine avait forcé la garnison à se rendre à discrétion le aa du même mois. La relation du siège que nous donnons ici prouve que cette assertion est erronée.

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Le 26 janvier 181 1, après quelques escarmouches dans lesquelles les Espagnols perdirent quatre pièces de canon et une centaine de prisonniers, la cavalerie de réserve, la 1/^ division du 5."* corps, les troupes et les parcs de l'artillerie et du génie, arrivèrent successivement devant Badajoz, parles routes d'Albuhera et d'O- Pi. ». livença. La cavalerie légère, qui avait pris position la première, se battit le reste delà journée. Le soir la garnison, forte de 9000. hommes, se retira dans la place, à Fexception de quelques détachemens qui se trouvaient appuyés par la lunette Picurina ( cotée i3), et qui furent contenus parle 27.*"* régiment de chasseurs achevai, et te 34."** d'infanterie de ligne. Cette place renfermait en outre une population dont l'ardeur et le patriotisme étaient soutenus par les promesses du marquis de la Romana et du duc de Wellington. Ses magasins contenaient des vivres pour plus de six mois, il ne manquait rien à son armement, et son arsenal était rempli d'une quantité immense d'armes et de munitions.

Le 27 , au matin, le général Latour-Maubourg

passa la Guadiana à Merida , ensuite la Gevora aux gués, et se porta avec la majeure pairtie de sa cavalerie sur les routes de Campo-major et d'Elvas. Les troupes qui défendaient Badajoz de ce côté se replièrent également vers le fort San Cristoval et dans la tête de pont. Aibsi la jouxtiée fut employée à compléter l'investissement sur les deux rives, à former les catnpemens et à faire la re^ connaissance des fortifications. Les principaies avenues furent d'abord fermées par des chaînes de postes, les uns faisant face au-dehors pour s'opposer à l'arrivée des secours, et les autres, du côté de la place, pour être avertis des sorties. Le général en chef reconnut ensuite les environs, examina lés positions et les hauteurs qu'il fallait faire occuper par des batteries , donna des ordres pour la construction d'une tête de pont et d'un bac sur la Guadiana , et régla avec le maréchal Mortier et le général du génie Léry, tout ce qui concernait les attaques, les établissemens, les parcs, et la sûreté des quartiers ; il fixa le sien sur la droite dans une petite maison de campagne près du fleuve. Le duc de Trévise s'établit au centre près du camp des ai."' et 88."'^régimens. Le général Léry , qui avait la direction du siège, régla par brigades le service des officiers du génie, pour trois différentes attaques. Il en fut de même pour celui de l'artillerie, ainsi que pour

les travailleurs d'infanterie et les gardes à fournir. Le 28, le général Brayer monta la première tranchée. Le capitaine du génie maritime Royon , avec 60 ouvriers de la marine , lança un bac en (A) sur la Guadiana ^ , pour établir une communication sur les deux rives. En même temps on prit des mesures pour faire confectionner les saucissons, fascines, piquets et gabions nécessaires aux travaux d attaque : des détacbemens de sapeurs , aidés par des travailleurs d'infanterie , en firent une grande quantité. Les voitures des parcs furent envoyées à Olivença pour y prendre ceux qui provenaient du siège de cette place.

Première niUty du a8 au ^i^ janvier. '

Les trois attaques dénommées attaque de droite , attaque du centre , et attaque de gauche, furent entreprises simultanément à la nuit tombante.

Le capitaine du génie Vainsot , avec 5o sapeurs et i56 travailleurs d'infanterie, commença à 1000 mètres environ de la lunette i3, les batteries B et C, de trois pièces chacune. Au jour les travailleurs étaient couverts dans les deux batteries.

Le capitaine du génie Andouau , avec le même

* Les membrures de deux bacs ayaient été apportées de Séville.

nombre de travailleurs, commença au centre une troisième batterie D pour 6 pièces, ainsi qu'un boyau de communication pour aller de cette batterie au chemin de Valverde. Au jour on était également à couvert dans cette batterie, mais non dans le boyau , où les travailleurs rencontrèrent un terrein rocailleux et difficile , qui les retarda. D'un autre xôté, les assiégés les inquiétèrent beaucoup par des tirailleurs qu'ils lancèrent hors des chemins couverts.

Mais, pour les contenir , le chef de bataillon du génie Cazin fit creuser en avant de cet ouvrage des trous <le loup, dans lesquels il logea des voltigeuis. Le capitaine Grégorio ( du génie espagnol ) , qui était chargé de ce travail , disparut pendant la nuit.

L'attaque de gauche fiit commencée sur Cerro del Viento , par le capitaine du génie Gillet , avec une égale quantité d'ouvriers qu'aux deux précédentes, Une batterie de 6 pièces E, avec une communication , y fut aussi entreprise : au jour on était à couvert dans cette batterie , quoique le terrein présentât les mêmes obstacles qu'à l'attaque du centre. Le général Léry visita les travaux de ces deux dernières attaques, et reconnut qu'il y aurait de grandes difficultés à les pousser plus loin pendant le jour avec si peu de travailleurs, en conséquence il ordonna de se

SIÈGE :DE BADAJOZ. ag

bonier à perfectionner ce qni avait été entrepris pendant la nuit.

lie 29 , à diK heures du matin , l'ennemi fit une sortie d'environ aoo hommes contre l'attaque du centre; mais il fut aussitôt repoussé par les gardes de tranchées et les travailleurs réunis. Le sergent des sapeurs Badin , pour lequel la décoration de la Légion d'honneur avait été demandée au siège d'Oliyença, fut blessé , ainsi que quatre soldats d'infanterie.

L'ennemi tira beaucoup sans endommager nos ouvrages.

A midi, le général Philippon prit le commandement de la tranchée; deux bataillons en formaient les gardes.

Deuxième nuit^ du %(^ au 3o.

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