‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 16 sur 31 · ATTAQUE. DE GA^Q^IS. AVTAQUJL DU GESXRE · texte numérisé non relu

ATTAQUE. DE GA^Q^IS. AVTAQUJL DU GESXRE

Le capitaine Baghac dirigea les travaux avec le même nombre de trayailleurs que la Teille : il se borna à réparer les parties dégradées piar le feu des assiégés.

Le lieutenant Sywaseryavec 5 sapeurs et loo travailleurs, termina les travaux de la tête de pont X.

Le capitaine Gillet continua les travaux de cette attaqui^ avec [es .mêmes moyens et la même activité que les jotirs précédons. '

L*artiUerie continua auKsi le perfectioiinement 'des l>atterles.

.Foainoir -p» j ajtca -

SUÇRACIA..

Les travaux' de ïà redoute U furent terminés. Le géîiéral Léry donna l'ordre de faire rentrer le capitaine Martin avec la majeure partie de sa compagnie.

Le lieutenant Lessard y fut laissé avec ,io sapeurs pour les 'travaux d'entretien et de réparations,

8a SIÈGE DE BADAJOZ.

Le feu de nos batteries fut très«vif pendant cette journée , et parut faire beaucoup de mal aux assiégés : trois explosions eurent lieu sur les remparts; plusieurs pièces du bastion 3 furent réduites au silence. Le commandant de la tranchée fit un éloge particulier du zèle des officiers d'artillerie.

Le a6, le colonel Remond commandait la tranchée ; le chef de bataillon Bigot, le capitaine Lafitte et le lieutenant Fabreguettes étaient sous ses '^ordres. Les gardes étaient fournies comme les jours précédens.

J^ir^gt'septième nuit, du ^6 au a 7 fémer.

ATTAQUE DE GAUCHE

Le lieutenant Muller dirigea les travaux avec 5o sapeurs et 100 travailleurs qui furent employés à réparer les dégradations survenues dans la parallèle par le feu des assîigés.

ATTAQUE DU CEKTRB.

Le capitaine Lefaivre, avec 4o sapeurs et aoo travailleurs, monta la tranchée à cette attaque. 80 hommes furent employés à entretenir le& communications avec Pardaleras, battu sans interruption par le feu de la place, lao travailleurs furent employés par l'artillerie à la batterie ( cotée g . ) dite des chasseurs. Cette batterie fut , comme la batterie Z, d'un effet très-éventuel.

POSinOK DE SAVTA- BSTGRACIA.

Les travaux de la redoute U furent terminés dans la matinée du 27; en conséquence le chef de bataillon Lamare donna l'ordre au détachement de sapeurs qui devenait disponible, de retourner au camp 'sur là rive gauche du fleuve. Cet officier eut son cheval blessé dans la redoute par un éclatde bombe.

Nos pertes, pendant les journées des a5 et a6, furent de 7 hommes tués, un officier et a3 soldats blessés; Fartillerie perdit encore ai chevaux par Feffet des £atigués et des maladies.

Le 27 , le colonel Rignoux prit le commandement de la tranchée : le colonel Desprès, le chef de bataillon Amanen^ le chef, d'escadron Aguado et le lieutenant Bocchini étaient sous ses ordres ; les gardes étaient comme à Tordinâire de deux

bataillons.

Fingt'huitièmenûiti du 27 au a8*

AVncQUB DB GAnOBB. '«

Le lieutenftDt Fortin avec 5 f peurs et aoo traTaiUeor» fit continuer sans iiiterrupiion les tr^ Taux 4e la tète du pontXy l'artillerie y mit en litème temps trois pièces eu liatserîe.

4TTAQIJB DIT CBITTBB.

A 4 heures du soir, le capitaine Andouaud prit le service de cett® attaqae avec 4o sapeurs et 3oo travailleurs » il les employa d*abord à rétablir les dégradations occasionnées par le feu, qui augmentait à mesure que nous avancions. A 9 heures y le chef de bataillon Lamare traça avec des fascines un boyau de cheminement de 1 80 mètres de longueur sur la capitale du bastion 3; y employa aoo travailleurs : chaque homme avant d'être relevé était tenu de mettre de la terre sur détendue d'une fascine et de creuser devant lui à un mètre de profondeur sur un de largeur; au jour on était à Qchiveist dans le boyau ; un épais brouilla^ favorisa. le travail, et on le continua jusqu'à midi.

Pendant ces ^4 heures, 3 hommes furent tués et 4 blessés : an iiombre des derniers était le lieutenant Boechinî; l'artillerie perdit 9 chevaux.

Le a8, lé coiotiel Lajgarde monta la tranchée, radjtidant-comifiai*dant Moquerie et le chef de baiaillon Beckel- étaient de service avet Itii^

yingt-neunème niui^ au ôX février au i^* hiars.

,,■ %ttA^TX9' i>M ékvQifi.

1 00 tra Tailleurs sous les ordres da capitaiDe Lamorlette , continuèreDt le& travaux de perfectionnement' dé la réte du pohtX, qui était à la veille d'être achevé.

ATTâOVt nV GMST9M.

Le capitaine Bagflàtf. tinpïaysi à cette attaque 4o sapeurs et 400 travailleurs; il fit d^abord perfectlônnèr par 3dô homïtaés le boyau commencé la nuit précédente ; ensuite il poussa avec lerestant des travailleurs un nouveau boyau en cftpit2[te y jttscpi'Mi pied Ûu glacis ; lés sapeurs q«i cwadfaisaîi^Rf la tête àé la sape itMilaf eiir dtvàitt eux de gros g^lvlèitf feN:t»; ëétfë |)ré«crtitioB, foi ftlV^ôiitilitléêpeil* ;dant le dernier 'tetti|M dUf siège, épargna bien des hommes.

Le capitaine Bagnac , le capitaine St.-Deni8 aide-den^amp et le «ergent-major Périmoni de la a** compagnie de mineurs reconnurent le chemiii couvert, et s'assurèrent qu*il n*était plus occupé par l'ennemi, ce qui tranquillisa les travailleurs et contribua à accélérer l'ouvrage.

. D'apm^.les oi^nssdii; duc de Trévise, un détachement de! voîligéûÀ du loo* régiment, et Quelques sapeurs , comudandés par le lieutenant

5IÉGE DE BADAJOZ, 85

Ribes, attaquèrent à une hçyre après piinuit un poste espagnol qui était logé dans le moulin k eau Bj situé sur les bor^s de la Guadianà; après une fusillade qui dura peu d'ipstans^ le popt^ fut enlevé de vive force; les hommes qui le gnr^ daient furent tués à Ji'çxjçeptiou de 6, dput 5, furent amenés prisonniers. Quelques minutes après la place fit sur ce moulin un feu très-vif d'artitlerie et de mousqueterie ; alors le détachement rentra 4ans la pwallèle,sans avoir éprouvé la moindre perte. C^tté opération fit honneur, au lieutenani; Ribes et lui mérita des éloges de la part du Maréc^^^l ; cependant il ne put exécuter tout ce qui avait été prescrit pour la destruction de ce ppste, maïs les assiégés en épargnèrent le soin : le feu de leurs batteries le mit l^ienlpt ep ruipe.

Nos pertes à la tranchée, dans ces^ a4 heures, furent d'un officier tué^ un blessé, quatre soldats^ tuéi et seize blessés. L'artillerie perdit encore seize cbfivaiix.

Le I*' mars, à midi, le général Maransin avait le comikiaDdQBieDt de la tranchée ; le chef de batailloi^ I^Ipu, les capitaines Bory St. -Vincent, de Gfaoiseul et Lamatte étaient sous ses ordres; les g;^di^s étaie^^t ff^i^nies comme de coutume.

A une heure , le général en chef vint à la tranchée ^ visita les travaux.

B6 SIÈGE D£ BÂDAJOZ.

Trentième nuit du i*' au a mars.

▲xTâQin DB e^ircm.

h sapeurs «t xqo trayaillçars de la liçie acherèrent la parallèle à gauche de,la batterie des hussards Ry et réunirent cette attaque à celle du centre. loo autres tra- ▼aillenra furent employés à la tète du pont X qui fut entièrement terminée.

▲TTi>Qini DU csinrai.

A 6 heures du aoîr'» on çom" tinua les trayaux de perfectionne' mentdu boyau entrepris la Teille.

Vers minuit, les capitaines Giilet et Amillet débouchèrent à la sape double du dernier zig^g avec 4o sapeurs et x oo trayailleurs d'infanterie, et se dirigèrent à droite et à gauche du saillant du glacis de la demi-lune des bastions 3, 4» pour conunenoer le couronnement du chemin cçuvert; une trayerse en gabions fut exécutée à droite et deux]autreft k gauche : les gabions étaient remplis par les sapeurs à mesure qu'on les plaçait; après que la seconde trayerse fiit massée , le chef de bataillon Lamare établit lit mineur et fit commencer un puits de mine; ensuite il prU des dispositions pour faire exécuter, ultérieurement uue demi-galerie , afin de ch^mjiner yers la contrescarpe et la reuyerser ayec des fougasses.

Les assiégés ayaii^ abandpu^é le chemin couyert, le capitaine Giilet profita d'un moment fayorablepovr faire la reconnaissance dès fortifications ; il acquit la certitude que Tescarpe de la d/emilline n'était point reyétue , quç la contrescarpe était en bonne maçonneirif dç .6 à 7 pieds -de hauteur, et c^ue les palissades étaient partout en assez bon état ; pour la seconda fois, depuis le commencement du siège cet officier eut son chapeau percé d^une balle.

Le matin, l'ennemi fit une nouvelle sortie : il .« déboucha par le chemin couvert du bastion a , et parvint jusques dans nos ouvrages où il enleva quelques outils; repoussé aussitôt par les gardes de tranchées et les travailleurs, commandés par le général Maransin, il n'eut pas le temps de faire beaucoup de mal. Le capitaine Léry, aide de camp , contribua par sa fermeté à an*éter ses premiers efforts; l'ennemi, en se retirant, laissa plusieurs hommes tués'et blessés sur les glacis et dans la tranchée. La place faisait un feu toujours extraordinaire de ses batteries de canon', surtout de mortiers et de pierriers; notre artillerie, quoique forcée de ménager ses munitions^ ripostait par un feu assez vif; nos perlées augmentaient à mesure que nous approchions du corps déplace. Le capitaine d*artillerie Meunier fut blessé, quatre soldats furent tués et quatorze blessés.

Le Q, le général Brayer, le colonel Hulot, le chef d'escadron Tholosé, le chef de bataillon Lefaivre et le capitaine Latterie, étaient de tran-i çhée av0c deux bataillons de la ligne.

Trente-unième nuit du %au 3..

▲ TTA^QOE pu C]9ICTRE.

sortie.

Le capitaine Lefaivre monta la tranchée à 4 heures, avec l\o sapeurs et 4oo travailleurs

88 SIÈGE DE BÂDÂJOZ.

d'infanterie; il continua à faire réparer les dé^ gradations faites ^ la parallèle et aux zigzags par le feu de la place. Il ouvrit ensuite un nouveau boyau en «rrière du couronnement du chemin couvert pour communiquer plus aisément de ce point à Pardaleras ; mais au jour , il s'aperçut que ce boyau était enfilé par le bastion a : il remédia alors à cet inconvénient en corrigeant le tracé qui fut refait en forme de crémaillère. Pendant la nuit, cet officier employa Its sapeurs et une partie des travailleurs au couronnement , et ce fut avec une peine extrême qu il put les y maintenir; à chaque minute, des bombes de i4 pouces étaient lancées dans les crochets et sur les traverses , et leurs explosions les renversaient entièrement. Dans ce moment difficile, le capitaine Leifaivre montra beaucoup de fermeté et de persévérance; il s'agissait de Tune des opérations les plus importantes du siège : jusqu'au travail de couronnement nous n'avions pas mis le pied sur le domaine proprement dit de la fortification, et l'instant de développer toutes les Ressources de l'art des sièges était arrivé.

Le puits de mine entrepris la veille fut achevé j et Ton commença une demi-galerie dirigée perpendiculairement à la contrescarpe; mais les mineurs rencontrèrent dans le massif

du glacis un vieux mur qu'il fallut percer. Cet obstacle et une bombe lancée dans ie puits , qui le détruisit de fon4 ^^ comble et qui tua un sergent de mineurs nomn^é, Valory, causa quelque retard : toutefois des ordres furent donnés pour reprendre ce travail et le continuer sans interruption. Notre perte fut en outre de 5 hommes tués et 19 blessés.

Le 3 à midi 9 le général Pbilippon reprit le commandement; le chef d'escadron Saint-Cba* mans, le chef de bataillon Yoirol et le capitaine Destabenrath étaient de service sous ses 01 ires; les gardes de tranchées étaient établies comme de coutume.

lu assiégé avait acquis chaque jour la certitude que ce ne serait pas seulement à forc^ de projectiles, lancés de ses bs^tteries dai^ nos sapes , qu'il retarderait beaucoup nos progrès, aussi avait-il fuit plusieurs sorties; mais, faiblement soutenues ou hasardées de trop loin , elles ne lui avaient produit que très ^ peu d'avantage : il en essaya une nouvelle qui lui réussit assez pour l'encourager à continuer cet excellent moyen de chicane; mais il oublia plus tard que contre des attaques faites pied à pied , il faut pour prolon-> ger la défense employer souvent les retours offensifs de vive force, tomber sur les têtes de sapes et les culbuter. Cependant il fit un dernier

j)0 SIÈGE DE BADAJOZ.

effort et ne négligea rien pour obtenir un bon '• résultat. Vers les 4 Heures du soir, environ 200 hommes débouchèrent du chemin couvert du front 3 , 3, et se jetèrent avec une extrême vivacité sur les premiers zigzags et sur les batteries des sapeurs et de Grandjean (S. Z ) : après en avoir cliassé les travailleurs et les gardes de trancbées , ils enclouèrent la ou i3 bouches à feu et TransporttTcnt à quelques pas des batteries un petit mortier, puis commencèrent à démolir \ios ouvrages; ce succès fut rapide et court : le colonel Quiot accourut pour l'arrêter avec deux compagnies du G4% il rallia ensuite les gardes de tranchtTS Gtles travailleurs armés, et repoussa l'ennemi, Yépée aux rein&, jusque dans 1<? chemin couvert qu'iNuifitfranchirensautantpardessus les palissades, avec une perte de dix hommes, abandoniiant en outre sur les ^l^is les outils qu'il avait enlevés. Les sapeurs et mineurs qui se trouvaient , dans le couronnement du chemin couvert tinrent ferme , et leur bonne contenance empêcha l'ennemi d y pénétrer et d'y faire aucun mal ; le sergent-major Vallon se distingua particulièrement. Notre perte , pendant cette sortie, fut de 4 hommes tués, iG blessés, et deux sapeurs faits prisonniers. Le cîipitaiiie Pruneau, qui se fît remarquer par sa bravoure , fut du nombre des blessés. I/artillerie désencloua promptement les pièces et recommença le feu.

SijÊGÈ DE BADAJOZ. gt

Le général espagnol Menacho , qui depuis le commencement du siège se montrait digne, par une activité et une opiniâtreté héroïques , de marcher sur les traces des plus célèbres gouverneurs que nous rappelle l'histoire , fut tué par un coup de boulet au moment où il se portait sur les rem*^ parte pour juger de Teffet de la sortie. Sa mort fut bientôt connue : elle plongea la garnison et les habitans dans la douleur etTeffroi^et elle fat regardée par les alliés comrme la cause principale qui acoélérii la reddition de la place de Ba* da}oz.

Trente^deuxième nuit, du S au ^ mars.

A cinq heures, le capitaine Andouaud reprit Iç travail de la tranchée avec le même nombre d'ouvriers que la veille ; il les employa d'abord à réparer les dégradations survenues aux ouvrages par l'effet de la sortie et par le canon dç la place: àhuit heures, il fit travailler au couronnement diu chemin couvert , et tracer en gabions la batterie de brèche contre le bastion 3 ; mais un incident changea tout-à-coup lès dispositions arrêtées pour cette batterie. Le général en chef venait d'être informé , par divers rapports , que les assiégés formaient des retranchements dans les bastions 3, 4 ; ainsi , pour rendre ces nouveaux préparatifs de défense inutiles, Son Excellence avait décidé, sur la proposition du général du génie ,

ça SIÈGE DE BADAJOZ.

que la batterie de brèche serait élevée à la gauche 4u couronnement pour battre la courtine et langle 4'épaule du bastion. En conséquence , on commença à minuit à masser le parapet de cette batf Çerie en b , dite de Napoléon , pour 6 pièces de d4 ; des gabions furent placés à sis ou sept mètres de la crête du glacis de la place d'armes rentrante, parallèlement ^ la courtine , de manière à diriger le feu contre |^ revêtement par Tintervalle du bastion et de la demi^une; les troupes du génie, aidées par des détachemena dinfanterie , mirent une telle activité à ce travail, qu'au jour la bat* terie se trouva très-avancée, quoique les travailleurs eussent étéjnquiétés toute la nuit par le feu le plus terrible de mousquet erie et de projectiles de toute espèce : 3 sapeurs furent tués et 12 blesr ses : l'infanterie eut 4 soldats tués et 31 blessés^ dont un officier du 34®.

Le 4 ^ midi, le colonel Qpiot était de tranchée; il avait sous ses ordres les chefs de batailloq Brun , Pichard et Aspelly ; deux bataillons formaient les gardes.

Trente-troisième nuitj du ^ au 5 mars.

A quatre heures , le capitaine Bagnac monta la tranchée avec 100 hommes des troupes du génie et 4oo travailleurs d'infanterie, dirigés par les capitaines Coste et Lamorlette ; on commença d'à-

SIÈGE DE BADAJOZ. gS

bord par rétablir les boyaux de commun icalion, ainsi que le couronnement, dégradé parla grande quantité de ^ bombes qui y avaient été jetées* A sept heures, on reprit les travaux de la batterie de brèche ; quoique le clair de lune et le feu deâ remparts géùâssent extrêmement les travailleurs , ils n*éu C(Xntinuèréût pas naoîhs leur ouvrage pendant toute la nuit, et la batterie fut entièrement massée avant le jour; le capitajine âagnac montra un sang froid, une activité et une pérsévéraoce dîgties d'éloges ; il fut parfaitement secondé par les officiers de troupes qui étaient de tranchée soùs ses ordres } le sergent-màjor Briault , le caporal firurfot et le sdpeur Jauré se firent remarque* par teùf zêlfe et leur courage. Les mineure ^ furent singulièrement retardés par les bombes qui obstruèreiit phlàietlt^ fois leur travâiK 3 hommes fuient tirés ^t seize hlessés. .

Lfe 5, le côlôiiel Veiland prié Iç commandement; il avait pc/crt' adjoint Te côTônel Uésprés , Icj chféf débâ^àiffott^biïoâ iet le capitaine Pressât. .

Trente-quatrième nuitj du 5 au 6.

A quatre heures, les capitaines Gillet et Amillet:, étàiëht de tràntbée Ëvéc roo hommes des troupes; dti^ériîe, cbmmdtld^s par lé lîèùtéhânt Lessard,, et 5oô travàrlleurs' d'infanterie par leurs officiers» respectifs 5 nia%ré fè feîi eitiraordîhaire des as-

sièges, ou travailla de suite à la batterie de brèche, daus laquelle on pratiqua une traverse en sape double ; l'artillerie participa toute la nuit à ce travail, et commença au jour les embrasures, les plate-formes et tout ce qui était relatif à l'armement; 5o sapeurs furent employés avec les canoniers à ces importans travaux , tandis que d'autres travailleurs étaient répartis sur divers points pour élargir les boyaux où devait, passer l'artillerie , et réparer les dégradations survenues p^r le feu des batteries ennemies. Le capitaine Gillet mit beaucoup de zèle et d'activité à ce travail, et fut très -bien secondé par le capitaine Amillet. i sapeur fut tûé et lo blessés; l'artillerie perdit aussi quelques hommes. Les mineurs, malgré tous leurs efforts, n'arrivèrent aux maçonae* TÎes de la contrescarpe qu'à la pointe du jour.

Le 6 à midi, le colonel Chasseraux.prit le commandement; le chef d'escadron Tholosé, le chef debatailloa Blondel et le capits^iae JVIahon .étaient sous ses ordres, ainsi que dew bp^fij^lons deg^rdf ^ de tranchée.

Trente-cinquième nuit, du 6 awj mars.

Tandis que l'artillerie Jravaillait avec une ex- ;trême diligence à établir les plate-formes, les blindages et les embrasures de la batterie de brèche, le capitaine Lefaivre, ayec 5o.sa|^urs conduits

SIÈGE DE BADAJOZ. gS

par le capitaine Martin , et 3oo travailleurs par leurs officiers, faisait ouvrir un nouveau boyau pour abréger le chemin du dernier zigzag et faciliter l'arrivée des pièces de si4 j usqu'à leur destination ; ensuite il commença la batterie C pour deux mortiers destinés à agir avec ceux des batteries L,U, contre les bastions 3,4- L© capitaine d'artillerie Jacquot,qui dirigeait les travaux de son arme à la batterie de brèche , eut les jambes fracassées par un éclat de bombe et mourut : c^t officier , qui était d'une valeur éprouvée, fut vivement regretté ;*le capitaine d'André Saint- Victor le remplaça et fut blessé un moment après ; en outre, 5 hommes furent tués et !à4 blessés; ai,i nombre des derniers était un officier du 88®.

Le 7 à l'heure ordinaire, le colonel Remoqd monta la tranchée ; l'adjudant commandant Ayy s, le chef de bataillon Pichard , et le capitaine Kiers? kowski , se trouvaient également de service avec deux bataillons d'infanterie.

Trente-sixième nuit:, du 'j au S.

A quatre heyrçs^ le capitaine Andouaud, avec le même nombre de travailleurs que les jours précédens, et secondé par les lieutenatis Marcelot et Fortin, fit réparer le couronnement du chemin couvert et les communications de la batterie de brèche dégradés de nouveau par la grande quantité

g6 SIÈGE DE BADAJOZ.

de projectiles de toute espèce qui pleuraient plus que jamais sur toutes les parties des ouvrages, aoo hommes furent occtipès à aider les canonniers chargés de tirer à bras les pièces de a4 dont on devait armer la batterie de brèche; ensuite on les employa aux travaux de perfectionnement qui restaient à faire à cette batterie et à la traverse du milieu , contre laquelle on appuya de forts madriers en chêne, disposée en blindages, pour servir d*abri. Notre artillerie, bien iboins notnbreuse que celle des assiégés , avait été forcée de ménager ses munitions; elle bavait pu réussir à éteindre que très^imparfaitement le feu de la place, et cet état de choses octasronnait des ravages excessifs ; les têtes de tranchées étaient sans cesse bouleversées et couvertes de débris ; on rencontrait partout des membres épars et des cadavres mutilés gisant sur les ruines* Les bombes obMruaient le puits de mine , et les mineurs se trouvaient continuellement retardés dans leur travail. Néanmoins ils parvinrent à surmonter les obstacles, et ils se montrèrent en mesure de faire jouer la mine à huit heures du matin , -et de faire sauter la contrescarpe; mais comme l'ouverture qui en serait résultée aurait pu donner accès du fossé dans nos buvrages,le général Léry jugea à propos d'attendre la nuit pour là faire renverser; ce retard ne pouvait avoir aucun inconvénient pour les opérations ultérieures.

SIEGE DE BÂDAJOZ. 97

La batterie de mortiers C9 commencée la nuit précédente ,ftit achevée et remise à l'artillerie pour être armée; on en entreprit ensuite une autre en F, destinée à agir également contre les fronts d'attaque. Notre perte à la tranchée fut de 4 hommes tués et 1 8 blessés.

Le 8 , le colonel Lagarde , le chef d'escadron Tholozé , le chef de bataillon Gaud , le capitaine Lafitte et l'adjoint à l'état-major Cachera, étaient chargés du service de la tranchée.

Trente-septième nuity du S au i^ mars.

A quatre heures, les capitaines Bagnac, Goste et Jasinsky, 60 hommes des troupes du génie et 3oo d'infanterie , commencèrent comme les jours précédents par remédier aux dégradations que les ouvrages ne cessaient d'éprouver par le feu teftrible des assiégés : à six heures, le xhef de bataillon Lamare fit jouer une fougasse qui ren-^ versa la contrescarpe de la demi-lune, et pratiqua une ouverture de trois à quatre mètres; imBdédiatement après , le capitaine Bagnac dé^ boucha dans le fossé avec quelques sapeurs , pour qui l'on avait fait un amas de matériaîAs , et. fit commencer une traverse en gabions, qu'on rem* plit aus^tôt de sacs à terré recouverts de lottgue$ fascines. Ce travail fut poussé avec t-aiït de vi* gueur et de diligence que le passage da fossé ,

qui avait vingt mètres de largeur, se trouva effectué avant le jour. Cette opération se fit sans que l'ennemi opposât d'autre obstacle que celui du feu de ses batteries , et sans qu'il osât hasarder aucun mouvement offensif capable de repousser nos ouvriers et de retarder le travail ; de plus il avait commis la faute d'abandonner totalement la demi-lune, et comme elle n'était pas revêtue en maçonnerie, nos sapeurs l'escaladèrent, et sans désemparer creusèrent un nid de pie dans le parapet pour s'y loger. Probablement que l'assiégé ne s'aperçut qu'au jour de notre établissement dans cette demilune: une telle imprévoyance annonçait que, depuis la mort du général Menacho, il avait éprouvé un certain découragement dont l'effet se faisait connaître par l'absence de cette force morale qui fait agir les hommes et qui donne le mouvement et la* vigueur. Les divers échecs qu'il avait essuyés dans les sorties l'avaient rendu défiant ; il n'osa plus, comme on doit pourtant le faire dans ces circonstances, nous attaquer corps à corps, dans nos batteries, dans nos tranchées, afin de détruire en quelques minutes l'œuvre d'un jour ; il ne profita ni de sa force numérique , ni du courage de ses troupes pour prolonger la défense par des moyens de chicane et par des subtilités que. la nécessité et l'industrie font inventer; il se borna simplement à garnir d'hommes les rem-

SipGE DE B ADA JOZ. 99

parts de la place , en continuant le feille plus vifj toutefois nos travaux n'en furent point interrompus , et avancèrent avec la même rapidité que précédemment.

Le général Girard et le prince d'Aremberg, qui avaient suivi avec intérêt toutes les opérations du siège, vinrentà la batterie debrèche et dans la demilune,partager les dangers et encourager les travailleurs par leur exemple. 1 1 hommes furent tués et 47 blessés; parmi ces derniers, ou comptait un officier d'infanterie et un sergent de sapeurs.

Nous devons rappeler ici un nouvel incident qui eut lieu à l'occasion de l'emplacement de la batterie de brèche. Vers les trois heures après midi^ le général en chef, le duc de Trévise, les généraux Léry, Bourgeat , et plusieurs officiers supérieurs, étaient réunis sur le Géro del Viento , à la batterie Cazin (E); ils découvraient de cette hauteur nos ouvrages et une partie de ceux de la place, à une distance d'environ looo mètres, de manière à pouvoir juger de nos progrès et de la situation critique des assiégés. Le général d'artillerie, trompé par les apparences, ouvrit une discussion sur l'assiette de la batterie de brèche, et fit pressentir que le terre-plein de la place d'armes rentrante et les maçonneries de la contrescarpe qui se trouvaient en avant de cette batterie empêcheraient le canon d'atteindre

loo SIÈGE DE BADAJOZ.

le revêtement de la courtine assez bas pour former une brèche praticable ; les explications que donnèrent les officiers du génie pour écarter cette appréhension furent sans effet , et le sentiment du général prévalut assez parmi quelques personnes qui avaient pris part à la contestation, pour établir une opinion susceptible de donner les plus grandes inquiétudes sur l'état de la batterie, et sur les conséquences qui pouvaient en résulter. Il était absolument impossible d'envoyer un tiers expert examiner de près la place d'armes pour prononcer avec autorité sur une question que la nature de la discussion avait rendue des plus délicates; d'ailleurs la batterie n'était pas entièrement finie, et nous manquions de cotes de nivellement pour dresser un \koG1 et résoudre le problème. Enfin, après divers colloques, le général en chef, voulant trancher le nœud, dit au commandant du génie de faire pousser un rameau vers la partie de la contreescarpe , qui était le sujet des vives inquiétudes de l'artillerie, et de la renverser dans le fossé par le moyen d'un fourneau de mine; mais cet officier ayant fait observer qu'ime telle opération exigerait au moins 60 heures de travail , le maréchal, irrité d'un contre-temps auquel il était loin de s'attendre, au moment où il touchait, pour ainsi dire à la reddition de la place, dit,

SIEGE DE BADAJOZ. loi

avec l'accent le plus vif et le plus prononcé, qu'avant 48 heures il voulait être dans Badajoz ' que Êiute d'autres expédients les maçonneries dé la contrescarpe seraient démolies pendant la nuit par des sapeurs, et qu'il fallait à tout prix assurer le succès de la hatterie de brèche. En même temps , il prescrivit au chef de bataillon Lamare de prendre les mesures nécessaires pour assurer l'exécution de ses ordres; cet officier partit donc aussitôt. Arrivé à la tranchée, il manda le capitaine du génie Gillet et lui fit connaître que le sort l'avait désigné pour diriger ce travail périlleux. Celui-ci fit d'abord remarquer avec rai« son que la contrescarpe était inabordable. Eu effet, les remparts étaient garnis de soldats es-» pagnols qui faisaient un feu de mousqueterie continuel, et la mort ne pouvait manquer d'atteindre ceux qui se montreraient à découvert sur cette contrescarpe ; mais il fallait obéir ! Il est dans le service militaire des cas singuli^s qui sortent par fois des principes généraux. Le capitaine Gillet, fermant les yeux sur le danger imminent qui le menaçait, désigna le lieutenant

' On Tenait d'être informé que Tannée de Portugal effectuait sa retraite, ce qui devait &ire }»'éftttmer que lord Wellington vienifrait incessamment au secours de Badajoz avec des forces supérieures; en effet , le général anglais ne tarda pas à se mettre en mouvement i mais, grâce à la vigueur et à l'activité du maréchal Soult, FarméQ britannique arriva trop tard pour secourir les Espagnols.

loa SIÈGE DE BADAJOZ.

Lessard et 2 5 sapeurs pour le suivre; toutefois le clair de lune le força à retarder son opération jusque vers minuit :^ alors , profitant d'un peu d'obscurité, il se glissa avec eux, le long du terre-plein du chemin couvert jusqu'à l'angle rentrant de la contrescarpe (e) et commença par faire démolir la partie supérieure ; mais aussitôt que le bruit des outils qui frappaient les maçonneries se fut fait entendre, une grêle de balles les assaillit; 16 sapeurs fureiit tués ou blessés et le reste dispersé. Après cette épreuve infructueuse, le capitaine Gillet rentra dans la tranchée, et prouva du moins, par un grand sang froid et par un courage héroïque , qu'il n'était point de péril capable de l'arrêter ^ . Le reste de la nuit se passa sans autres tentatives. Enfin, le jour commençait à poindre quand le capitaine d'artillerie l'Espagnol, officier de distinction, qui s'était déjà conduit d'une manière remarquable au siège d'Olivença, ouvrit le feu de la batterie de brèche avec six pièces de 24, et calma ainsi toutes les anxiétés de la veille en battant vigoureusement et complettement la courtine.

Nous ne sommes entrés dans ces détails que pour remplir fidèlement les obligations de narra-

' Ce brave officier a été tué à la défense de Saint-Sébastien ; il avait été promu au grade de chef de bataillon après la seconde dé« fense de'Badajoz.

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teur et (aire remarquer qu'en génépal il est dangereux de hasarder des objections qui ne sont fondées que sur de simples apparences.

Le général Marausin prit le commandement de la tranchée le 9 à l'heure ordinaire ; les chefs de bataillon Brun, Monnot, et le lieutenant Galabert étaient sous ses ordres ; les gardes étaient de deux bataillons.

Trente-huitième et dernière nuit de tranchée du 9 au 10 mars.

Les travaux de cette nuit furent continués par les travailleurs de l'artillerie^ du génie et de l'infanterie, dirigés comme de coutume par les officiers des armes spéciales.

/ On épaissit la traverse établie dans le fossé de la demi-lune, avec des gabions et des sacs à terre, pour couvrir plus solidement le passage et le garantir des feux du bastion 3 ; en même temps , on élargit l'quverture pratiquée dans la contrescarpe pour faciliter la marche des troupes d'élite destinées à donner l'assaut. Ensuite, d'autres ouvriers exécutèrent un escalier dans les terres de l'escarpe de la demi-lune pour monter au nid de pie. Pendant le cours de ces travaux, les assiégés, favorisés par le clair de lune, faisaient un feu terrible de mousqueterie, de canon , de mortiers et de pierriers , qui foudroyaient nos travailleurs ;

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toutefois nos intrépides sapeurs, profitèrent de quelques heures d'obscurité pour former un logement dans le terre-plein de la demi-lune, et ce logement une fois commencé, ils le continuèrent malgré tous les efforts de l'artillerie de la place pour les en chasser. •

Des blindes avaient été préparées dans les ateliers du génie, par des charpentiers de la marine , pour servir à couvrir le mineur que le général Léry avait eu l'intention d'attacher au pied de l'escarpe de la face gauche du bastion 3, afin d'y pratiquer une brèche par l'effet d'une mine , qui aurait suppléé à l'insuffisance de la batterie de brèche, si à tout hasard elle eût manqué son objet.

Tandis que les travaux se poussaient avec toute la diligence possible, le capitaine l'Espagnol faisait continuer le feu le plus vif contre la courtine, et son zèle était couronné par un succès toujcHU's croissant; à chaque salve d'artillerie , on voymt des quartiers de muraille tomber avec fracas dans le fossé; en même temps, toutes nos autres batteries de mortiers et de ricochets faisaient un grand feu et réduisaient par intervalles celles des assiégés au silence. Néanmoins nos pertes furent à peu près égales à celles des nuits précédentes.

Le lo, à l'aube du jour, le revêtement et le

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parapet de la courtitie, sur une longueur de a 5 à 3o mètres, étaient entièrement renversés, et la brèche paraissait déjà rigoureusement praticable ; le feu ayant continué avec vivacité , à neuf heures elle était aussi large et aussi accessible qu'on pouvait le désirer. D'un autre côté^ le bombardement et le ricochet avaient tout bouleversé sur les remparts, et Textreme diminution du feu des batteries du front attaqué, annonçait une grande détresse dans la place ; elle se faisait connaître par l'espèce d'inertie dans laquelle la garnison était tombée.

. Dans cet état de choses, le général en cl^ef fit suspendre le feu des assiégeans, et il résolut de faire une tentative auprès du nouveau gouverneur, le général Imas,pour le déterminer à capituler avant de soutenir un assaut qui ne pouvait manquer de coûter beaucoup de sang aux deux partis. Dans ce but , le maréchal lui envoya un parlementaire pour le sommer de rendre la place, promettant d'approuver les conditions les plus honorables qu'il serait possible de lui accorder, et le félicitant d'ailleurs sur sa belle et longue résistance. Le gouverneur, après avoir pris l'avis de son conseil, reconnut la nécessité de capituleir pour sauver la ville du sac dont elle était menacée. En effet, il était arrivé au terme d'une défense qui ne pouvait se prolonger sans

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exposer la population de Badajoz aux plus grands malheurs et la garnison à être passée au fil de Tépée , après avoir été enlevée d'assaut; mais , tout en se soumettant à l'empire des circonstances, le général Imas se refusait aux conditions dictées par le maréchal, de sorte que la matinée se passa en pour-parlers et sans aucun résultat. Cependant le général en chef avait de fortes raisons de se rendre maître de la place le plus tôt possible. Comme nous lavons déjà dit, les Anglais étaient près d'arriver; une dépêche télégraphique de lord Wellington avait informé le gouverneur que le prince d'Essling avait commencé sa retraite et que la place serait promptement secourue. Il ne s'agissait donc pas dç perdre du temps en négociations; tout retard eût été une faute; le maréchal était trop habile pour différer un moment, et des ordres furent donnés pour livrer l'assaut à 4 heures du soir. Dans cette attente , l'armée prit les armes , chaque division se mit en bataille en front de bandière; le service de la tranchée fut organisé comme de coutume; mais les travaux et le feu de nos batteries restèrent suspendus à cause de la sommation faite au gouverneur.

A une heure , le général Pépin , qui venait de recevoir le commandement des troupes destinées à monter à lassant, arriva dans la parallèle; il y

avait été précédé , dès le matin , par deiix ba« taillons de fusilUers, huit compagnies de grenadiers ou voltigeurs, et 100 hommes des troupes du génie , dirigés par le chef de bataillon Lamare, les capitaines Lefaivre, et Coste, les lieutenans Fortin et Lessard , ainsi que par les chefs respectifs de chaque corps de la ligtie. Ces colonnes s'avancèrent ensuite dans les zigzags en avant de la deuxième parallèle et jusque dans le fossé de la; demi'lune, attendant avec un noble enthousiasme le signal de la dernière et de la plus hasardeuse de toutes les opérations du siège. En même temps, d'autres détachemens d'infanterie, également précédés par des sapeurs munis d'échelles , à la tête desquels marchaient les ca-* pitaines Axidouaud et Martin, les lieutenants Marcelot et Muller, s'établirent dans le boyau de la batterie (F) et près du confluent de la Rivillas et du Calamon, d'où ils devaient se porter ^imultanéioent et au même signal, les uns au saillant du bastion i et à la porte de las Palmas , et les autres à la gorge de la lunette i3, afin d'attirer l'attention des assiégés sur ces points et profiter de toutes les circonstances favorables pour escalader les remparts pendant que l'assaut se donnerait à. la brèche. Sur ces entrefaites, le général en chef et le duc de Trévise vinrent à la tranchée pour s'assurer si lesdispositions qu'ils avaient

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ordonnées étaient ponctuellement suivies; leur présence excita toutes les émulations ; des cris d'allégresse, présage de la victoire, retentirent de toutes parts et portèrent l'effroi jusque dans le conseil de défense. Enfin, tout était prêt, on n'attendait plus que le signal de l'assaut, lorsque, vers les trois heures, on annonça que la place avait capitulé , résultat d'audace d'une part et de terreur de l'autre. En conséquence le duc de Trévise donna l'ordre au général Pépin de faire occuper de suite la porte de la Trinidad , le fort San-Christoval et la tête de pont par trois compagnies d'élite du io3® régiment. Cette journée vit donc terminer une lutte sanglante dans laquelle les Français et les Espagnols se signalèrent par des traits remarquables de bravoure et de dévouement à jamais mémorables dans les fastes militaires.

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