‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 17 sur 31 · DE LA PLÂ.CE DE BADAJOZ · texte numérisé non relu

DE LA PLÂ.CE DE BADAJOZ

Nous Louis- Anne Gouré, adjudant commandant, chef de l'état-major du 5® corps d'armée, officier de la Légion - d'Honneur ^ muni de pleins pouvoirs de S. Exe. le maréchal duc de Trévise,

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commandant les troupes du siège, et le sieur Horé, brigadier des armées espagnoles , lieutenant-colonel du régiment du prince, muni de pleins-pouvoirs de M. le général Imas^ gouverneur de Badajoz ; lesquels , après s'être réciproquement communiqués leurs pleins-pouvoirs en bonne et due forme, sont convenus des articles suivans :

Art. i^'. La place de Badajoz, forts et ouvrages qui en dépendent, seront remis demain , 1 1 mars , à neuf heures du matin , à l'armée française.

Art. a. L'artillerie, les armes, les munitions, magasins^ caisses de l'administration militaire et celles de la province seront remis, aux officiers français qui seront délégués pour les recevoir.

Art. 3. La garnison sera prisonnière et conduite en France; elle sortira de la place avec les honneurs de la guerre , tambour battant , mèche allumée , ayant deux pièces de campagne en tête.

Art. 4« MM. les officiers généraux et officiers de tous grades conserveront leurs équipages et leurs propriétés particulières; les soldats leurs sacs.

Art. 5. Il sera accordé à MM. les officiers et à leurs épouses des moyens de transport autant que les localités le permettront.

Art. 6. Les non-combattans, tels que lesmé-

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decins , les chirui^ens, commissaires des guerres et employés d'administration seront renvoyés chez eux en liberté , en quel lieu que soit leur domicile y et il leur sera accordé des passe-ports à cet effet.

Art. 7. Il est convenu, malgré la tolérance connue des Français, que les habitans de Badajoz ne seront pas recherchés pour leurs opinions politiques; leur religion étant la même que celle ides Français , bien loin d'en gêner l'exercice, on la protégera ; ils ne seront , non plus que les autres habitans de l'Espagne , forcés de prendre les armes contre les Espagnols.

Art. 8. Dès ce soir, et le plutôt possible, les troupes françaises prendront possession du fort San-Christoval, de la tête de pont et de la porte de la Trinité; des ordres seront donnés, pour leur remise, par M. le général Imas, gouverneur.

Art. 9. En conséquence de Fart. 2 , les officiers et membres de l'administration française, qui seront dans le cas d'être envoyés dans la place, y seront reçus à l'heure qu'il plaira à M. le maréchal duc de Trévise de les y faire entrer.

Art. 10. M. le général Imas, gouverneur, sera libre d'envoyer un officier au général en chef Mendizabal,'pour lui donner connaissance de cette capitulation.

La présente capitulation sera ratifiée le plutôt

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possible par S. Exe. le duc de Dalmatie, général en chef de l'année du midi , et par M. le gouverneur de Badajoz»

Signé Gouré et Horjê.

D'après cette capitulation, l'adjudant commandant Gasquet, le chef de bataillon Lamare, le capitaine d'artillerie Desjobert, le commissaire des guerres "Vienne, un détachement des troupes du génie et une compagnie de grenadiers entrèrent dans la place le 1 1 à sept heures du matin , prirent possession de l'arsenal , des magasins de vivres et de munitions , ainsi que des archives et tout ce qui composait le matériel; à dix heures, la garnison , forte de 7880 hommes, sortit de la place par la porte de la Trinidad , défila devant l'armée assiégeante, tambours battants, mèche allumée , déposa les armes sur les glacis, et fut conduite prisonnière en France.

Le général en chef Voulut bien accorder à une compagnie de grenadiers espagnols de sortir par la brèche, eu témoignage de l'estime que les troupes de la garnison lui avaient inspirée. Immédiatement après, S. Exe, accompagnée du duc de Trévise et d'un nombreux état-major , fit son entrée dans Badajoz, à la tête des troupes du cinquième corps , . destinées à former la nouvelle garnison de cette ville. La cavalerie de ré-

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serre et les parcs restèrent dans leurs positions respectives. On trouva dans la place 170 bouches à feu de divers calibres, 80 mille livres de poudre, 3oo mille cartouches, beaucoup de projectiles et deux équipages de pont. On se hâta de fermer la brèche et de faire détruire les ouvrages d'attaque par les troupes du génie et des travailleurs d'infanterie; Tartillerie s'occupa aussi à réarmer les remparts. La ville avait beaucoup souffert du bombardement, notamment les parties voisines des fronts du sud. Des retranchen;iens imparfaits pratiqués dans les terre-pleins des bastions 3 , 4i et des coupures faites dans les rues adjacentes, indiquaient une première intention de défendre pied à pied les ouvrages et même divers quartiers de la ville ; mais cette résolution ne put avoir son effet faute de temps, ou manqua par le défaut d'énet*gie et de persévérance du nouveau gouverneur. Grand nombre d'habitans s'étaient réfugiés en Portugal, avant la bataille du 1 9 avril ; les plus notables de ceux qui étaient restés dematidèrent à capituler, dans la crainte de voir détruire totalement leurs maisons et d'être écrasés sous leurs débris.

Ainsi se termina le siège de Badajoz, entrepris avec des forces très-inférieures à celles des alliés, à plus de 4o lieues du centre ides opérations de l'armée du midi, dans là saison la plus rigou-

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reuse, par des pluies continuelles et dans le temps des débordemens de la Guadiana. Toutefois , Tordre parfait qui régnait dans les administrations, Téconomie des faibles moyens qui étaient à la disposition de l'artillerie et du génie , l'activité et le courage de l'infanterie qui rivalisait avec les troupes des armes spéciales, enfin, la prudence et la fermeté des officiers du génie dans la conduite des travaux , sous le feu à bout portant de la place , où toutes les forces de l'assise étaient concentrées au pjius haut .degré, épargnèrent beaucoup de sang et contiîbuèrent efficacement au succès de cette grande entreprise.

L'artillerie de siège consomma 259400 projectiles de différentes espèces. Le génie employa 1 5,000 sacs à terre, environ 2000 gabions et autant de fascines.

Note succincte sur Badajoz.

Badajoz, capitale de l'Estramadure , est une grande place-forte située sur la rive gauche de la Guadiana, aux confluens de la Gévora et de la Rivillas^ au milieu d'une contrée fertile en blé, en vin et en fourrages, à 4o lieues de Séville , à 36 de Lisbonne , à' 70 de Madrid , et à 35o de Paris. Sa population est de 16 à 17 mille âmes. Son enceinte au sud se compose de huit fronts réguliers bien revêtus en maçonnerie. Les escarpes des

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bastions n«* 3 , 4 ? 5 , 6 , 7 et 8 ont dix mètres de hauteur de maçonnerie ; celles des bastions n*' I, 2 et 9, ainsi que celles des courtines, sont beaucoup moins élevées; une contregarde, une tenaille et huit demi-lunes, encore imparfaites, défendent les approches de ces fronts ; un bon chemin couvert , une contrescarpe revêtue de 6 à 7 pieds de hauteur, excepté en avant du front 8,9, qui n'est entouré que d'un simple glacis, complètent la défense de ces points. Une espèce de redan , également revêtu d'environ 900 mètres de longueur , ferme la place du côté du fleuve et s'appuie à droite au château et à gauche au bastion n° i. Au nord, près l'angle formé par la jonction de la Rivillas et de la Guadiana, s'élève un mamelon d'environ 4o mètres de hauteur au-dessus de la Guadiana, sur lequel est établi un château dont les murailles, mal flanquées, se rattachent au bastion Uo 9 et se présentent à découvert. Ce château , assis sur un espace assez étendu, pourrait, au moyen de quelques travaux, former un réduit capable d'une bonne défense; il renferme des bâtimens militaires et un grand magasin à poudre. Au sud, à 3oo mètres environ en avant du front 4^5, est un ouvrage à couronne ( Pardaleras ), dont l'escarpe est un peu basse et les fossés étroits ; à l'est , en avant du bastion n® 7 et devant la porte de la Trinidad,

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sont deiix lunettes ( cotées i3 et i4) en bon état, liées ensemble par un chemin couvert, et separées de la place par le ruisseau de la Rivillas.

Sur la rive droite de la Guadiana , en face du château et à la distance de 4oo mètres , se trouve le fort San-Christoval, élevé , comme le château , à la hauteur de 4o mètres , et construit sur un rocher escarpé du côté du fleuve ; ce fort est à peu près carré et présente deux petits fronts réguliers avec une demi-lune et chemin couvert; son escarpe en maçonnerie a 6 mètres 5o de hauteur, çt sa contrescarpe environ deux mètres.

On communique de la ville à ce fort par un pont en pierres de 4oo mètres de longueur , construit par les Romains , et fameux par la défaite des Portugais en 1661. Ces CQmmunications sont couvertes par le fort même et par une petite tête de pont. Un redan en terre lie ces deu3^ derniers ouvrages et couvre aussi le chemin qui se trouve au-dessous.

La ville renferme un bel hôpital militaire , des casernes , une cathédrale , plusieurs couvents et un évêché sufiragant de Compostelle. Longitude II*' 24', latitude 38" 3o'.

[ iG État ciiriKâL des omcn'^TAx-MAj. et des tbodpes dk toutes aimes^

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Son Exe. le maréchal Soolt, duc de Dalmade, général en chef de Tannée do midi en Espagne.

AIDES JDS UAKP.

MM

Halot, colonel.

Brun, chef d'escad.

St.-Chamans, îd.

Tholosé, id.

Petiet, capitaine.

Rîcard, . id»

De Choisenl, id.

Lafitte, — id.

Després , colppel , aide de camp.

Son Exe. le maréchal Mortier, dnc de Trévise, commandant le 5 corps.

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