‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 8 sur 31 · PRISE DU FORT PARDALERAS · texte numérisé non relu

PRISE DU FORT PARDALERAS

Le 1 1 à midi, le colonel Mocquery commandait la tranchée de l'attaque de droite; celle du centre

était commandée par le colonel Bignoux : ils ayaient pour adjoints le chef de batalHon Armandrin et le capitaine Tressant.

Le général en chef, voulant hasarder un de ces coups audacieux qui réussissent souvent à la guerre, résolut de faire attaquer Pardaleras de vive force. En conséquence, l'artillerie dirigea sur cet ouvrage le feu des batteries des Carabiniers (H) et des voltigeurs (L), commandées par les capitaines l'Espagnol et Quiot. A quatre heures, le chef de bataillon du génie Lamare prit le service de la tranchée, et , de concert avec le colonel Rignoux, il disposa les moyens d'attaque. 4oo hommes, grenadiers et voltigeurs, des ai."*'' et aS."" légers, loo."^ et io3."" de ligne, sous le commandement du chef de bataillon Guérin , et 60 sapeurs sous celui du capitaine .Coste, arrivèrent successivement dans la parallèle, où il furent divisés en deux colonnes, et rangés à droite et à gauche delà capitale du bastion du fort Pardaleras. Vers les sept heures, au signal donné par le colonel Bignoux , ces colonnes sortirent jpar une ouverture pratiquée dans le parapet au point d'intersection M de la capitale et de la parallèle : celle de droite, la gauche en tête, fit son mouvement par le flanc gauche et par file à droite : celle de gauche exécuta le ,sien en même temps par le flanc droit et par file à gauche : les deux êolonries

marchèrent ainsi au pas accéléré, dans le plus grand silence, et à la faveur d'une profonde obscurité, dans le prolongement?^e la capitale jusqu'à la crêtedusaillantdûglacis dufort, où elles prirent

^ chacune une direction divergente à droite et à gauche, en suivant Je glacis, pour forcer l'ouvrage par la gorge, laquelle, par une imprévoyance extrême,n'était fermée que par un simple rang de palissades. Les sapeurs, qui formaient têtes de colonnes, étaient arniés de haches, et l'infanterie portait des fascines. Outre leurs officiers respectifs , ces troupes avaient avec elles les capitaines du génie Andouau et Bagnac, les aidesde-camp du duc de Dalmatie, Petiet, de Choiseul, et Lafitte. La colonne de d^ite s'égara dans sa marche : au lieu de se rendre à la gorge, elle se.jeta dans la place d'armes rentrant^ de la courtine, et descendit dans le fossé par le pas de souris. Le capitaine des sapeurs Coste,qui par son zèle et sa bravoure se signala dans toutes les occasions, sut dans celle-ci profiter de la méprise qui venait de se commettre; et, comme si la fortune eût été d'intelligence avec lui, il découvre une poterne entrouverte près de l'angle flanqué, s'élance Tépée à la main vers la porte, la pousse avec violence, blesse un officier espagnol qui arrivait

; pour la fermer, se précipite dans l'intérieur de l'ouvrage, suivi d'une partie de sa petite colonne,

renverse tout ce qui veut s'opposer à sa marche, monte sur le parapet , et par un -cri dé victoire! annonce que les Français sont maîtres du fort. Ce^ pendant la colonne de gauche arrive à la gorge, les. palissades cèdent bientôt aux coups de haches^ de nos braves sapeurs. La garnison, surprise, épouvantée', se voyant assaillie de toutes parts , prend la fuite par la communication , et se retire dans la placç, laissant quelques morts et plusieurs blessés, 62- prisonniers, dont 4 officiers, 4 pièces de canon, un obusier, un mortier, et quelques munitions.

Cette action nous coûta 2 sapeurs tués et 2 blessés, dont un sergent nommé, Vincent, qui marchait avQp la colonne de gauche ; l'infanterie eut 2 hommes tués et 3o blessés : le.chef de bataillon Guérin et le capitaine Coste le furent aussi légèrement. Les capitaines Stéphani et Fraujou , et le sous-lieuténant Massoni, se distinguèrent particulièrement.

Après cet événement , l'ennemi resta quelques heures dans un état d*ij|action qui^fit présumer que l'échec qu'il venait d'éprouver lui avait causé beaucoup d'effroi et d'abattement. Néanmoins, avant l'aube du jour, il recommença le feu avec une nouvelle ardeur ; mais le chef de bataillon Lamare s'était hâté de faire fermer la gorge de l'ouvrage par un bon retranchement, derrière lequel nos trçupes étaient déjà à couvert : ainsi

tous les efforts de l'ennemi furent inutiles, et il n'osa jamais tenter de nous en déloger. Au jour, l'artillerie essaya de tourner le canoii du fort contre la place; mais le feu continuel de bombes, ^de mitraille et de mousqueterie, la contraignit de suspendre ses travaux. Le capitaine 'd'artillerie Levasseur y fut blessé^ ainsi que plusieurs canonniers.

Douzième nuit, du ii au 1 1 février.

ATTA^OiVE DB GAUCHE. ATTAQITK DU CEITTRE. ATTAQUE DE DROITE.

Le lieutenant Jasînsky était de tranchée à cette attaque avec 5 sapeurs et 5o trayailleurs d*infanr terie, et perfectionna la communication en arrière de la batterie des Fusiliers (K).

L*artillerie , de son côté, commjença une a."* batterie de a pièces cotée Q , pour jprotéger la première contre les V)rties des assiégés : travail dont l'utilité ne fut jao^s démontrée.

On rétablit à cette attaque la partie de la parallèle dégradée par le feu de la place, ensuite on continua le perfectionnement des ouvrages. En même temps un détachement de sapeurs, dirigé par le lieutenant RifTa, fut employé à la construction de quatre petits ponts N, N, G, G, commencés sur la Rivillas et le Cala-

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Le capitaine Lamorlette était de service à rheure ordinaire, avec 5 sapeurs et loo travailleurs; il les empiéta à rétablir les dégradations faites par le canon de la place aux redoutes et à la ligne de contrevallation, que Ton dut considérer dès ce moment comme achevée. Pendant la nuit, il reçut Tordre de yenir à Pardaleras avec ses travailleurs.

la communication du centre avec la droite.

Les batteries de mortiers F G continuèrent le bombardement. Notre perte pendant les vingtquatre heures fut de 3 officiers légèrement blessés, 5 soldats tués et 43 blessés.

Le i!i, à midi , le colonel Lagarde, du 21."® , prit le commandement de la tranchée; le chef de

SIÈGE DE BADAJOZ. Sg

bataillon Becker et les capitaines Mahon et Ricard lui étaient adjoints.

Treizième nuit, du m au i Zfés^ner.

ATTAQTTB DS GAUCHE. ATTAQUE DU CSimiS. ATTAQUE DB DROITE.

A quatre heures a* près midi, le capitaine Sywaser, avec 5 sapeurs et loo travailleurs y continua le boyau à droite de la batterie des Fusiliers (.K ) , dans la direction de celle des Voltigeurs : travail qui eut pour but de réunir l'attaque de gauche à celle du centre , et de former une parallèle.

Le capitaine Amillet, de servîbe, avec 30 sapeurs et 3 5o travailleurs , commença à la nuit tombante une communication en capitale, pour aller de la parallèle au chemin couvert de Par* daleras : au jour, les travailleurs y étaient à Fabri. En même temps il' faisait ouvrir un boyau transversal dans rintérieor du fort, pour communiquer de la poterne au retranchement de la gorge ; mais les difficultés dû terrain, et le feu extraordinaire de la place, ne permirent pas qu'on le rendît praticable. Le retranchement de la gorge fut aussi épaissi, pour donner plus de sécurité : en outre , le chef de bataillon Lamare attacha le mineur au saillant du bastion du milieu , pour abattre l'escarpe, y pratiquer une rampe , et former un logement dans le terreplein, afin de s'opposer aux sorties des assiégés.

Le lieutenant Lessard , avec 5 sapeurs et loo travailleurs d'infanterie, fit réparer toute la ligne de circonvallation, ainsi que les vedoutes dégradées par le feu considérable de la place. Cette attaque ne devant pas être poussée plus loin, il n'en sera plus question.

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La perte totale des assiégeans, pendant ces vingt-quatre heures, fut d'un homme tué et 4 blessés.

Le i3, le général Maransin comnàandait la tranchée; il avait pour adjoints le chef de bataillon Lalou et le capitaine Bertin.

Pendant la matinée, le général en chef fit lancer de la batterie des Fusilliers (R), ^ur la tête de pont et sur le camp ennemi établi près du fort San Cristoval, 17 boulets de 12 et 6 obus de 8 : ces projectiles tombèrent jusqu'au-delà des bivouacs ennemis, et occasionèrent de la confusion : quelques momens après le camp fut éloigné.

Dans l'après-midi , les pontonniers changèrent le passage établi sur la Guadiana, et portèrent le bac un peu en aval.

Quatorzième nuit y du iZ au \[\ février.

kttUiJl% D£ GlUGHE.

Le capitaine Lefaivre était de service à cette attaque à quatre heures du soir, avec 5 sapeurs et loo travailleurs; il prolongea le boyau de a 4^ mètres à droite de la batterie des Fusiliers (K), pour arriver à une position reconnue propre à rétablissement d'une batterie à ricochet contre le bastion 3 , dont le feu gênait beaucoup notre établissement dans Pardaleras.

^La batterie des Fusiliers (K), fortement dégradée par le feu de

ATTAQUE •U CESTAE.

Le capitaine Martin monta la tranchée à la même heure, à Tattaque du centre , avec a 5 sapeurs et aSo travailleurs. Cet officier fit perfectionner le boyau dirigé de la poterne du fort Pardaleras au retranchement de la gorge ;^ mais la nature du sol , qui est de roc dans cette partie, et le feu terrible de la place, empêchèrent encore de finir ce travail. La poterne étant enfilée par le canon du bastion 3 , on y fit commencer une traverse en

la place, fat céparée par les soins dé rartillerie.

sacs «^ terre pour la couvrir :

ensuite le chef de bataillon Lamare fit sauter le saillant du bastion de Pardaleras, et commença aussitôt une rampe sur les décornières pour monter dans Tin* térienr du fort. Il fît aussi entreprendre deux traverses pour fermer les fossés des deux demibastions, et se garantir des retours offensifs de l'ennemi.

La perte pendant ces vingt-quatre heures , fut de 5 soldats tués, et i4 Blessés; il y eut un cheval d'artillerie tué.

Le 14, àr midi, le général Brayer commandait la tranchée ; le chef de bataillon Brun et le capitaine Bory Saint-Vincent lui. étaient adjoints.

Quinzième nuit^ du \l\au i ^février.

ATTAQUE DE GAUCHE

Le lieutenant Jasinsky fit continuer le boyau dirigé vers Femplaceraeut de la batterie à ricochet R projetée contre le bastion 3 \ mais les travaux furent dérangés mal à propos par un officier de rétât-major du général en chef, qui prit des dispositions-contraires à celles arrêtées par le général, commandant le génie ; et la nuit se passa ainsi en pure perte.

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