PRIX : 5 F. 50 C
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mansut fils, libraire-éditeur,
Rue de l’École-de-Medecine, n° 4-
Conînrf s ,
A. ALEXANDRE ^ 37. Grcat Russell streel Bloomslmry.
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https://archive.org/details/b22387857
Mon devoir me prescrivait de publier les observations que j’ai été à même de faire sur le fléau qui envahira toute l’Europe. L’Académie royale de Médecine m’écrivit : « Prenez voti'e mission dans votre zèle , et transmettez à F Académie le fruit de vos observations : elle me charge de vous dire quelle les recevra avec
le plus vif intérêt. » Il n’en fallait pas davan-
tage de ia part d’un corps aussi respectable pour exciter mon zèle : aussi ai-je tout fait pour explorer en entier l’épidémie qui se développa dans le sein de la ville de Londres; et je trouve une récompense bien digne de mes travaux, dans l’honneur de présenter à ce corps savant la relation de ce que j’ai observé en Angleterre.
Cependant , si j’ai pu fréquenter avec tant de facilité les hôpitaux destinés à recevoir des cholériques, si j’ai été accueilli avec cette urbanité qui fait honneur à ceux qui l’ont exercée à mon égard, je dois en attribuer tout le mérite et en témoigner publiquement ma reconnaissance au diplomate du siècle, à M. le prince de Talleyrand. Par sa protection, les autorités anglaises me donnèrent toutes les facilités pour remplir ma mission : lord Melbornn , ministre-secrétaire d’Etat aux affaires de l’Intérieur, me fit donner tous les renseignemens qui m’étaient indispensables ; le Conseil de Santé , dont faisait partie le docteur Barry , me permit , par un honneur insigne, de participer à ses travaux.
Plusieurs médecins me protégèrent de leur autorité médicale pour rendre ma tâche plus facile et plus complète : à leur tête je dois placer le docteur Lawrence, chez lequel tout médecin étranger trouvera un appui et un protec-
leur; sir Astley-Cooper et le docteur Mayo me servirent egalement de leurs conseils et de leur expérience; enfin, trois médecins m’accompagnèrent dans toutes mes démarches, l’un , Anglais, M. le docteur Kiernan , que je prie d’acceptericiles témoignages de ma reconnaissance, ainsi que MM. les docteurs Talrich et iïamy , qui me secondèrent de tous leurs efforts; et, si j’ai réussi à publier un travail digne du sujet que j’y traite, si cette production me mérite quelques encouragemens , ils en auront droit à une partie: je la leur olfre comme un gage de toute ma gratitude. C’est enfin à la bienveillance de M. le docteur King, qui fait fleurir à Londres les préceptes de son maître M. le professeur Dupuytren , que je suis redevable d’avoir été nommé membre de la Commission du Choléra de Londres.
En publiant ce travail , mon unique but a été de faire connaître mes recherches sur la nature et !e traitement du Choléra; et, si j’ai
dû à la bienveillance de MM. les médecins anglais la faculté de pouvoir moi-même tenter quelques médications , et recueillir quelques succès dans le traitement de l’épidémie, j’en ai toujours tracé les résultats en homme doutant ,de ses forces, et cherchant moins à expliquer par des idées préconçues qu’à avoir une opinion déduite de faits mûrement observés.
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On concevra sans peine avec quelle ardeur j’ai dû chercher à m’inslruire sur le traitement d’une maladie aussi cruelle. Quel est le médecin qui , par dévoûment pour ses semblables , par attachement pour les personnes qui doivent lui être les plus chères, n'a point fait ses efforts pour surprendre à la nature le mystère
au’elle met à nous cacher la source d’une ma-
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ladie aussi funeste? Pour faire apprécier quel prix les médecins attachent à s’éclairer sur cette affection nouvelle, je ne citerai pas seulement ceux de mes confrères qui, affrontant tous les dangers d’urte -guerre de partis \ al-
lèrent en Pologne, au milieu des camps et des chances de la guerre, étudier avec le calme de Tobseryation les phénomènes d’une calamité nouvelle; mais qu’on se rappelle les premières atteintes de cette affection à Paris, qu’on se souvienne de l’enthousiasme avec lequel les médecins de lu capitale se précipitèrent audevant du monstre pour l’étouffer... Vains efforts! mais leur courage avait brillé de tout son éclat. En même temps qu’ils luttaient contre le fléau , ils résistaient et cherchaient à calmer les désordres d’un peuple qui regardait
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comme autant d’empoisonnemens les phénomènes d’une maladie que sa misère ignorait encore. Qu’on se rappelle ces faits, et l’on aura la mesure de la sollicitude que le médecin apporte pour s’éclairer et secourir. Qu’on se retrace avec quel dévoûment les médecins furent secondés par ces jeunes disciples d’Hippocrate, toujours prêts à se sacrifier pour leurs semblables : tous ces élèves vinrent auprès de leurs
chefs, les supplier de mettre leur zèle à l’épreuve; ils ne démentirent pas un seul instant ce qu’on espérait d’eux , ce qu’on attendait de leurs lumières; et l’on aura une idée du besoin qu’éprouve tout homme qui se livre à l’art de guérir , de prodiguer des secours à ses semblables.
Les Anglais remarquèrent cet élan électrique qui réunit toujours les Français quand il s’agit d’un ennemi commun. J’étais témoin de leur admiration pour mes compatriotes : ils donnèrent encore une fois à la France le nom de grande nation. En présence de cette admiration anglaise pour ma patrie , je fus deux fois heureux : j étais Français! j’étais médecin !!
DU
CIIOLÉRA-MORIÎUS
DK LONDRES.
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