‹ Relation du Détroit et de la baie d'HudsonChapitre 5 sur 5 · LE , LT · texte numérisé non relu

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moyen, auquel ilf convient toute leur. famille. Aprés avoir fait une lougue haranyue dans laquelle ils les invite à se bien comporter et à vivre eu bonne uaion les uns avec jes autres, il choisit celui de ses enfants qu'il aime le mieux, auquel il présente une corde qu’il se .passe Jui-même dans le con, et prie cet enfant de l’étrangler vour ls tirer de ce monde où il n’est plus qu’à charge aux autres. L'enfant charitable ne manque pas aussitôt d'obéir ä son père. et l’étrangle le plus promtement qu’il lui est possible. Les vieillards s’estiment heureux de monrir dans cet âge, parce qu'ils disent que lorsqu'ils meurent bien vieux, ils renaissent dans l’autre monde comme de jeunes enfants à la mamelle, et vivent de même toute l'éternité; au lieu que Jorequ’ils meurent jeunes, ils renaissent vieux, et par conséquent toujours incommodés comme sont toutes les vieilles gens. ;

Us n’ont aucune espèce de religion, chacun 8e fait un Dieu 4 sa mode, à qui ils ont recours dens-leur besoin, surtout Jorequ'ils sont malades, [ls n'implorent que ce Dieu iwaginaire qu'ils invoquent en chantant et en heurlant autour du malade, en faisant des contorsions. et des grimaces capables de Je faire mourir. Il y a des chanteurs de profession parmi eux, auxquels ils ont autant de confiance que nous en avons À nus médecins et chirurgiens. Ils croient avec tant d'aveugiement ce que leürs charlatans leur disent, qu’ils h’osent rien les refuser; de manière que le chanteur a tout ce qu'il veut du malade; et lorsque c'est quelque jeune femme on fillé qui demande la guérison, ce vhanteur ne Je fait point qu’il, n'en ait-reçu quelque faveur. Quuique ces gens-là vivent dans ja dernière des ignorances, ils ont Cependant une cunnaissance confuse de la création du memde et du déluge dont les vieillards fout des histoires tout à fait absurdes aux Jeunes gens qui les evoutent fort attentivement, Ils prennent autant de femmes qu'ils ep peuvent nourrir. et surtout toutes les sœurs, parce qu'ils disent qu'elles s'accommode mieux ensemble que si elles étaient étrangères. ' oo FU k Ds sont fort charitablee envers les veùves et les orphelins; ils c ent tout ce qu'ils ont avec un grand désintéressement.-Ausei sontils tous aussi riches les uns que les autres, tous les metübles étant pour #insi dire communs. Leurs tentes sont de ‘péaux d’orignal ou de caribou, qu'ils portent l’été sur leur dos lorsqu'ils décampenñt d’un endroit pour allér dans un autre, et l'hiver ils jes traiuent fr la neige, Îis se servent de raquettes l'hiver pour marcher sur la neige, comme font Jes Sauvages du Canada, 4 CS qui a au cenP de castors dans ces pays-là, meilleurs que ceux les Sauvages ont rada; mais il est surprenant de voir la peine que

rien lé sc n es prendre l'hives, parce que la peau n'en veut

. glaces à un nt qu il n’a point de poil. II faut qu ils rompent leg Ent eds “ aches et autres ferrements, quelque fois en plus de | FRTOIS, quoique les glaces aient dans le fort de l'hiver plus de +

donn

quatre à cinq pieds d'épaisseur, Ces animaux ont un instinct tout partieuliér pour # loger. {is choisissent une petite rivière qu'ils barrent. dans l’eudrait ls plus étroit pour arrêter l'esu qui leur sert d’étang, au bord’ duquel ils font une cabane qu’ils couvrent de terre assez épaisse, crainte que le froid ne passe à travers, Ils font leur amas de Wranches d’arbres pour en manger l’écorce pendant lhivers "; ee Ts ont divers appartements dans ces cabanes. Ils . point où ils couchent, crainte d'y faire quelque salleté. "Le: jour, ils n’approchent point de leurs lits, que lorsqu'ils ont envie de dormir. Ils sont ordinairement dans ces cabanes, deux, quatre ou eix, toujours. nombre pair, mâles et femelles, parmi lesquels iyaun. maître qui a soin de faire travailler les autres, Et s’il se rencontre quelque paresseux, les autres le battent tant, qu'ils le contraignent d’abandonner st de chercher parti ailleurs. - Les castors ont les jambes fort courtes, de manière que Jeur ventre traîne toujours à terre, [ls ont quatre dents fort grandes, deux dessous, deux dessus, avec lesquelles ils coupent le ‘bois avec tant de

facilité, qu’en très pers de temps ils ont abattu un arbre aussi gros-

* qu'un bomme l’est par le corps. Ils ont la queue platte comuie une truelle de maçon, avec laquelle ils portent la terre, et maçonnent leurs. cabanes et écluses, avec plus d'industrie que les bommes ne pourraient faire. Outre le castor dont il y en a beaucoup, il se trouve des loupscerviers, des ours, des martres. des péquans, des. orignaux où élans, enfin de toutes sortes d'animaux dont les peaux. sont fort recherchées en France, Suivant l'expérience quë j'ai de ce commerce, si: ce poste était bien entretenu de marchandises et qu’il fût encore aux Françxis, je crois que ‘tous Jes‘frais payés, il. donnerait tous les ans plus de 100 009 livres de profit. En 1713; on ne m'avait pas envoyé BOUO livres

de cargaison en tout'et j'ai fait en 1714 pour plus de: 12 0000 livres” . que j'ai apporté avee moi, lorsque j'ai été relevé par les Anglais. Ce . P

ste serait, selon moi un des-meilleurs qu’on ait dans l'Amérique, Pour peu qu'on y|ft de dépenses.

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