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fonde, nous n'avions plus les mêmes forces, ct il nous fut impossible de marcher plus vite.
Dans le fait, nous avions remarqué qu'une marche de dix heures par jour était trop pour des hommes dont la ration de vivres avait été réduite. Et cependant nous étions encore à quatre-vingts milles du vaisseau ; nous n'avions plus de vivres que pour cinq jours; et nous ne savions pas quels obstacles nous pourrions rencontrer avant d'arriver à Nei-tyel-le. Je vis donc qu'à moins que la côte n’inclinât à l’est le lendemain, il me faudrait abandonner l'intention de reconnaître toute cette ligne de côtes comme je l'avais espéré.
Peu de temps après nous être remis en route dans la soirée, nous arrivâmes à l’entrée d’un grand bras de mer, mais les vapeurs de l’atmosphère ne me permirent pas d’en voir distinctement l’extrémité. Je le traversai, et montant sur la pointe méridionale, je le vis assez bien, du haut d'une montagne, pour m'assurer de la continuité de la terre autour d’une petite baie qui le terminait au Sud. A trois heures après midi, je rejoignis mes compagnons à la pointe orientale de ce bras de mer, et je donnai à cette pointe le nom du capitaine W. H. Smith, de la marine royale. La quantité de glaces raboteuses que nous eùmes à passer, et la profondeur de la neige dans les intervalles, rendirent notre marche si difficile, que nous souffrimes une
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grande fatigue. Deux de nos chiens restérent en arrière.
La côte inclinant encore au sud-sud-est, je pris la résolution de marcher en ligne droite vers Nei-tyel-le, l’état de nos vivres ne nous permettant pas de continuer notre reconnaissance. Nous partimes donc de la pointe Smith à quatre heures, et nous nous dirigeàmes vers la plus méridionale des îles qui formaient un groupe presque à l’est de notre position. Nous y arrivâmes à sept heures du matin. Cette ile, dont la latitude est 69° 59 32", et la longitude 95° 45’ bo”, est très-élevée, et de là mes regards planaient librement sur les îles voisines, et embrassaient une plus grande partie de la côte du continent que de la pointe Smith; mais une légère vapeur qui couvrait la terre m'empécha de la suivre des yeux très-distinctement au sudest. La glace, en plusieurs endroits, était alors divisée en pièces séparées. Nous trouvâmes trois huttes de neige qui avaient été occupées l'hiver précédent par la famille de Kan-ny-yoke; la route qu'ils avaient prise pour se diriger vers le vaisseau sur les bords de la rivière Stanley pouvait se suivre des yeux jusqu'à une certaine distance, à l’aide des marques laissées par les traîneaux. Les traces nombreuses d'Esquimaux, que nous vimes en cet endroit, prouvaient que c'était un de leurs rendez-vous habituels; et trouvant que l'aspect des lieux répondait à la