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passer ensuite trois Jours sur des lacs , et puis traverser quelques terres basses; qu'on arrivait alors à l’eau salée , et qu il fallait encore voyager plusieurs jours ie long de la côte. Sa femme et son fils étaient alors occupés à plier leur tente, et lorsque nous nous disposämes à nous coucher, ils partirent en disant que nous les trouverions à Tar-rio uit-yoke. Le jour ayant été beau, je fis quelques observations en cet endroit, que les naturels nomment E-nook-sha-lig.
Dans la matinée, quelques femmes nous apportèrent de la graisse de veau marin pour notre feu ; et une autre, qui avait péché pour nous pendant que nous dormions, nous offrit une trentaine de poissons semblables à ceux que nous avions reçus la veille, c'était tout ce qu'elle en avait pris. Comme Je désirais voir si ces présens étaient des marques de reconnaissance pour tout ce que nous leur avions antérieurement donné, ou s'ils nous étaient faits dans l'attente d’une récompense, je voulus qu'on ne leur donnât rien en retour. Néanmoins les femmes qui nous avaient apporté la graisse — c'était ce dont elles semblaient faire le plus de cas, — nous dirent de qui ce serait le tour ensuite de nous en fournir une autre provision. Et dans le fait, elles nous en apportérent à tour de rôle, de trois en trois heures, plus que nous n'en avions besoin. Elles nous fouruirent aussi du poisson en abondance, mais non avec la même régularité. Elles
n'oubliaient pas mème les deux chiens qui nous restaient, leur distribuant leur nourriture deux
fois par jour , et ayant soin d’écarter les leurs, pour qu'ils ne s'emparassent pas des vivres de ceux qui en avaient le plus grand besoin. Nous
ne leur offrîimes pas la moindre chose en retour, et elles n'eurent jamais l'air de s'y attendre. Si donc, en d’autres occasions, nous les avions soupçonnées d'agir par des motifs de cupidité et d'intérêt, elle nous prouvèrent du moins alors leur hospitalité, sinon leur reconnaissance , et encore les relations que nous avions eues avec ve peuple ne suffisaient-elles pas pour nous autoriser à prononcer que cette vertu lui füt in-
connue.
Désirant m'assurer en quel endroit la rivière que j'avais découverte le 8 avril jetait ses eaux
dans la mer,
j'engageai Atayaraktak à me con-
duire jusqu'au bras de mer. 1] me dit qu'il y avaitété quelques jours auparavant pour faire un trou dans la glace afin de pêcher ; qu'il me conduirait volontiers jusque-là, mais que si je voulais aller plus loin, il faudrait qu'il restât en arrière pour s occuper de sa pêche; raison trèssolide, et qui me rappela que notre Hess avait diminué leurs provisions.
Laissant donc mes compagnons occupés à réparer divers objets dont nous avions alors besoin, je partis avec cet homme, et après avoir fait en-
viron cinq milles au sud-sud-ouest, nous arri-