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choses qui répugnaient à nos habitudes et à nos sentimens; mais ce sera le sujet de remarques ultérieures.
Ayant souvent parlé du Krusenstern, je dois dire maintenant que la glace l'avait couvert, et l’avait fait couler à fond. Lors du dégel, 1l remonta sur l'eau et fut porté sur le rivage. Mais la pression qu’il avait soufferte y avait causé plus d’avaries que nous ne nous l’étions imaginé. Une partie de ses bois avaient été brisés. Cependant tout fut réparé avec soin, et il se trouva enfin en meilleur état pour aller à la remorque, qu'il ne l'avait jamais été. Nos autres barques furent aussi mises en bon ordre.
Notre collection d'histoire naturelle s'était accrue, ét, à tout prendre, la chasse avait été heureuse. Indépendamment de nos renards, nous avions apprivoisé un lièvre au point qu'il restait dans la cabane avec nous.
Nous n'avions pas fait beaucoup d'observa- Lions dans le cours de ce mois, tout voyage par terre étant devenu impraticable. I était temps aussi de démolir notre observatoire et de l'embarquer, car il ne nous restait plus que huit semaines de notre court été, après quoi nous serions de nouveau forcés de chercher quelque autre abri pour y passer un second hiver de dix mois,
Il'ine reste à ajouter que le plus haut degré
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*vapar nps emuit ous que dix
gré
de la température en juillet fut 70°; le plus bas, 32°; et la moyenne 44° 57’.
Après le service divin, nous vimes qu’un fort 1“ août. ven: du nord avait enfin mis la glace en mouvement du côté de l’est ; et elle prit alors la forme d'une foule de monticules séparés par des mares d'eau. Ceux qui avaient été à terre , nous dirent qu'elle s'était brisée dans la baie du Nord.
Le thermomètre marquait 39° à minuit. Le 2 août. matin il ne semblait manquer qu'un vent du sud pour disperser les glaces brisées ; car l'effet äu vent du nord était d'en accumuler ensemble les fragmens détachés. Nous primes au filet environ soixante-dix truites, et le lendemain 3 so. nous fimes une pêche presque aussi bonne. Le temps continua à être très-beau.
Il fit encore heau, mais la pêche ne réussit 4 août, pas, sice n'est que nous primes la plus belle truite que nous eussions encore vue ; elle pesait trois livres et demie. Dans la soirée du 5, il tomba une assez forte pluie; mais le temps se remit le lendemain. Nous primes une truite 6 août.
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encore plus belle, pesant près de cinq livres, et une vingtaine d’autres de grosseur ordinaire ; Le Krusenstern fut lancé en mer, et placé bord à bord près de la fictoire.
A cinq heures après midi, il s'éleva du sud- ; où.
ouest une brise fraiche qui dura dix heures ; elle mit la glace en mouvement ; un de nos càblots fut emporté , et le vaisseau fut poussé sur
5 août.
9 août,
410 août,
{4 août,
42 «oût,
les rochers voisins. Nous le remîmes bientôt dans sa première position, et il n'avait souffert aucuneavarie. C'était en quelque sorte une reprise de nos travaux de l'automne précédent, mais d'un genre fort différent, comme nous l’espérions, puisque c'était le commencement de notre délivrance , au lieu d’être celui de notre emprisonnement. Cependant cette glace mobile s’arrêta bientôt pres du rivage ; plus loin elle continua à avancer vers le nord jusqu’à deux heures après midi, et alors la marée, montant à cinq pieds et demi , la repoussa en arriére.
Ce fut un jour de brouillard et de pluie, avec des vents variables. Ceux de nos hommes qui avaient été se promener après l'office divin nous dirent qu'il y avait beaucoup d'eau libre dans la grande baie, mais qu'une barrière de glace s étendait entre les îles de la Furie et de l'Hécla et la pointe. Le temps fut à peu près le méme le jour suwant; le 10 ia pluie augmenta. Elle mit obstacle à la pêche, et nous n'y avions pas été fort heureux les jomrs précédens. Le vent était au nord-est , et il devint assez violent pour serrer la glace tout autour de nous. Nous vimes plusieurs veaux marins, et nous transportâmes à bord une provision d'eas.
Le temps devint meilleur ; nous primes quelques poissons , et un vemt du sud mit les glaces en mouvement. La méme brise continuant le lendemain, en chassa devant elle encore du vai
tage, et l’on voyait, du côté du nord , une étendue d’eau libre d’environ deux milles ; mais le vent ayant passé au nord, chassa les glaces en arriére; et d’ailleurs la marée ne nous aurait pas permis de faire une tentative pour nous mettre en liberté. Depuis plusieurs jours la température , à minuit, était d'environ 38°.
L'observatoire fut transporté à bord. Le temps fut calme, et nul changement ne s'opéra dans les glaces : il n’y en eut pas davantage le 14. La pêche suflisait alors pour fournir à notre consommation journalière. Ce fut un jour mémorable, car c'était l'anniversaire de notre visite à la pointe de la Furie. Le thermomètre, pendant la nuit, tomba à 34°. Il semblait naturel que la nuit devint plus froide dans la position où était alors le soleil ; cependant elle l'était beaucoup moins que lorsque cet astre avait été plus élevé, parce qu alors la terre étant couverte de neige, pouvait conserver pendant la nuit une partie de la chaleur qui Ini avait été communiquée pendant la journée.
La matinée du dimanche s annonçait bien ; une brise venant de l'ouest avait éloigné les glaces de la côte; mais le vent passa au nordest, et elles vinrent reprendre leur première position. La première étoile que nous eussions encore aperçue de l'été, fut visible à minuit ; lu cripérature tomba à la même heure à 6°.
13 août,
414 août.
15 août,
Après une matinée tranquille, et de légères 16 août,
il, 12
Ù w brises venant de l’ouest, levent, vers le soir,
| passa au sud-ouest et prit beaucoup de force. Mais comme la marée était fort basse et que par conséquent les glaces touchaient le fond, elles restèrent immobiles près de nous, quoiqu'’elles
17 août, fussent en mouvement au large. Le lendemain fut un jour doux et calme ; il n’y eut aucun chau- Ô gement dans l’état des glaces, et le thermomètre, à minuit, remonta à 34°. Rien de remarquable
18 voût, n'arriva le 18. Pendant ces derniers jours nous n'eùmes que fort peu de succès à la pêche. Nous eûmes à regretter la perte d’un de nos renards apprivoisés, que nous avions depuis six mois. On sait que l’uniformité de la vue de la mer fait que le vol d'une mouette, ou le saut d'un marsouin, devient un événement important ; mais
h: si l'uniformité de la vue de la neige et de la glace,
nt quand un vaisseau est prisonnier, au lieu d’être
une prison, nest p?s encore pire, cest ce
‘h que je laisse à décider à ceux qui ont été soumis à
| | ces deux épreuves. On nous excusera donc pro-
nb: bablement si la mort de ce maïheureux renard nons parut un des incidens les plus importans de notre vie actuelle.
49 août, Ce fut une belie journée, accompagnée d’une brise venant du nord, mais qui ne changea rien à la triste monotonie de notre existence. Le
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vaisseau ne pouvait rien faire, et il nous restait 20 août, peu de besogne. La pêche de quelques poissons, une pluie qui tomba pendant la nuit, ne variè-
rent guère la journée du lendemain. Le 21 ter- 21 août. mina la semaine; c’était la troisième d’août, et elle nous trouva à la même place que nous occupions depuis septembre, et sans autre perspective que celle que nous avions depuis mai. La hauteur moyenne de la marée pendant ces derniers jours était d'environ six pieds : elle avait monté une fois à plus de sept pieds, et maintenant elle n’était que de cinq. Une brise fraiche continuait à serrer les glaces du côté du nord.
Rien ne changea dans notre situation le di- 22 août. manche, mais après midi il fit plus chaud qu'il ne l'avait fait depuis assez long-temps. Nous vimes du rivage une ouverture d’eau le long de la côte, à l’ouest de la pointe la plus éloignée, qui était visible du côté du nord. Il n’y eut pas 25 août. plus de changement le lundi, mais pendant la
nuit le vent du nord doubla de force, et le len- 24 août.
demain, au point du jour, nous vimes les glaces en mouvement vers le sud. L'intérieur du havre se trouva dégagé, maïs bientôt après un champ de glaces y entra et le remplit complétement, à l'exception de l'endroit où nous étions, qui se trouvait défendu par d'énormes masses de glace échouées.
ie vent soufflant encore avec force du nord- 25 août, esi, la glace continua à s'accumuler dans les environs du vaisseau, de telle sorte qu'il ne restait tout autour qu'un très-petit espace d’eau hbre. Le vent se modéra le lendemain matin, il 96 août,
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28 août,
90 août,
31 août.
août,
y eut de la pluie, mais les glaces restèrent dans la même position. Les deux jours suivans n’offrirent rien de remarquable, si ce n’est que nous eûmes un peu plus de succès à ia pêche et à la chasse, et que nous primes un veau marin; une autre semaine était passée ; le thermomètre, pendant la nuit, varia de 36° à 38°.
Le dimanche nous promit quelque chose de nouveau ; le vent venait du nord-ouest, et avait beaucoup de force. Les glaces commencèrent à se mouvoir avec une grande rapidité , et le havre en fut encore une fois dégagé. Nous essayâmes de nous consoler, en nous rappelant que l’année précédente, à pareil jour, la terre était couverte de neige, et la température de 10° plus basse.
Les glaces continuèrent à marcher vers le sud jusqu'à quatre heures, après quoi elles s'arrétérent et restèrent stationnaires le reste de la journée. Le lendemain, le temps ne changea que vers le soir. Il tomba alors de la pluie, et il y eut une Érise fraiche venant de l’ouest. Nous fimes nos préparatifs pour faire passer le vaisseau dans un espace d’eau libre qui se trouvait au nord de notre position, et d’où il nous serait plus facile de nous tirer du milieu des glaces quand elles nous ouvriraient un chemin. Aïnsi se termina le mois d'août.
Il y avait alors onze mois que nous étions retenus à la même place. Quelque prix que puis-
sent avoir des voyages de découvertes dans ces contrées, celles qu'on peut faire sont certainement achetées assez cher par le temps qu'elles exigent, à part même toute autre considération. Ce temps nous aurait sufli pour faire le tour du monde; et je crois bien que personne ne se soucierait d'essayer le passage au nordouest, quand même nous réussirions à en trouver un.
Je n'ai pas besoin de dire que ce mois fut une suite d'heures et de jours d’inquiétudes, de craintes et d'espérances, et qu'il nous promit souvent ce qu'il ne tint point. Nulle expression ne saurait rendre tout ce qu'il nous fit éprouver. Îl ne restait plus que quatre semaines de cet été encore à venir, de cet été si peu assuré, et dans le fait, nous n'avions pas grand espoir de le voir arriver bientôt. Plusieurs fois nous avions espéré, nous avions presque cru être certains, que le lendemain, le jour suivant, ou un autre peu éloigné, nous tirerait de captivité, et ceux qui réfléchissaient le plus étaient peutêtre ceux qui souffraient davantage de nos désappointemens perpétuels. Quoi qu'il en soit, c'était à moi d'entretenir les espérances de tout l'équipage, et, quand cela devenait trop difficile, de lui trouver de l'occupation , afin d'empêcher qu'on ne songeât trop à l'avenir. La permission que je donnai de pêcher et de chasser m aida
beaucoup à cet égard, et le changememt de
nourriture qui en fut la suite eut aussi de grands avantages. Personne ne se plaignit une seule fois de sa santé pendant tout le cours de ce mois.
La température du commencement du mois était d’un heureux présage ; mais les vents du nord, qui en marquèrent la fin, nous furent extrêmement contraires, en accumulant les glaces près de nous à mesure qu'elles se séparaient. La conclusion qu’on semblait pouvoir en tirer, c’était que l'hiver, dans ces parages, avait été singulièérement rigoureux. Nous avions pourtant autrefois pensé différemment, en voyant la température s'élever quand le vent venait de ce côté. C'était une perspective désagréable, mais il] n’y avait pas de remède. Le plus haut point du thermomètre, pendant le cours du mois, fut de 58°, le plus bas de 33°, et la moyenne de 40° 87.
Toutes les réparations du vaisseau et des barques étaient terminées, et nous étions prêts à mettre à la voile. Jamais /a J’ictoire n'avait été en si bon état, si propre, si bien arrangée, si commode. Le sappression de la machine à vapeur nous avait donné beaucoup de place ; c'était une perte qui du moins n’était pas sans profit, si l'on peut appeler perte la suppression d’une machine qui nous avait été si peu utile, et qui nous avait causé tant d’embarras et d'inconvéuiens. Il était probable que les Esquimaux pro-
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fiteraient long-temps des travaux de MM. Braithwaite et Erickson.
La saison avait été favorable à la végétation ; et notre collection de plantes en contenait plusieurs nouvelles.
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